Nuit d'adoration
|
![]() Sanctuaire Sainte Marie Mère de Dieu - Châteauneuf de Galaure |
|
Jésus, mon bien-aimé Seigneur Jésus, que votre nom soit le premier qui sorte de mes lèvres en cette nouvelle année ;
que votre adoration soit mon premier acte.
Je Vous aime de toutes mes forces, de toute mon âme et de tout mon esprit ; je Vous adore au plus profond de mon âme.
Bienheureux Charles de Foucauld
Sommaire
I Venez, adorons-Le ! avec Charles de Foucauld
Sa vie
1. La conversion
2. L'imitation du Christ
3. L'adoration eucharistique
4. Le sacerdoce
5. Le frère universel
Chapelet avec
Charles de Foucauld
Sa prière
Mon Père, je m'abandonne à Toi
II Histoire et rituel de l'adoration
III Venez, adorons-Le ! avec Marthe Robin et le Père Finet
Chapelet avec des méditations de Marthe
1. Quelques prières
et conseils de Marthe
2. Quelques enseignements du Père
Finet
IV Florilège de textes et de prières
1. Qu'est-ce
qu'adorer ?
2. En présence du Saint Sacrement
3. Adorer en esprit et en vérité
4. Adorer l'Epoux
5. L'adoration, acte missionnaire
6. L'adoration ouvre aux besoins des hommes
7. Autres bienfaits de l'adoration
L'Eucharistie est un trésor inestimable : la célébrer, mais aussi rester en adoration devant elle en dehors de la Messe permet de puiser à la source même de la grâce
Jean-Paul II - L'Eglise vit de l'Eucharistie
Le pape Jean-Paul II a remis sa vie à Dieu, comme une offrande eucharistique, dans le milieu de l'année que lui-même avait consacrée à l'Eucharistie.
Le pape Benoît XVI a fait des Journées Mondiales de la Jeunesse de Cologne une invitation forte et claire à se mettre en marche à la suite des Rois Mages, pour aller adorer le Seigneur.
Au Foyer de Charité de Châteauneuf
de Galaure nous voulons prolonger ces deux moments importants
de la vie de l'Eglise, dans cette nuit d'adoration du 31 décembre
2005.
Nous passons d'une année à l'autre, mais aussi de
l'action de grâce pour ce qui a été vécu,
à l'absolue confiance pour ce que le Seigneur nous demandera
de vivre, et nous désirons le remettre entre ses mains.
Ainsi, dans l'adoration du Dieu Vivant, nous venons à une Source inépuisable et toujours nouvelle.
Je suis ému de voir comment
se réveille partout dans l'Eglise
la joie de l'adoration eucharistique et d'en voir les fruits.
Benoît XVI, le 22 décembre
2005
lors de la traditionnelle rencontre de Noël avec les Cardinaux
et la Curie Romaine
I Venez, adorons-Le ! avec Charles de
Foucauld
Charles de Foucauld est né à
Strasbourg, le 15 septembre 1858. Il a une soeur, Marie, de trois
ans plus jeune que lui, qui épousera en 1884 Raymond de
Blic. Les deux enfants deviennent orphelins en 1864. Charles a
alors six ans. Son grand-père maternel le recueille avec
sa soeur et se charge de leur éducation. Après la
guerre de 1870 et l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne, il choisit
pour eux la nationalité française et vient habiter
à Nancy.
Charles continue ses études au lycée de cette ville.
La formation chrétienne de son enfance lui permet de faire
une première communion fervente en 1872, mais pas assez
solide pour l'aider dans son adolescence, et, à partir
de 1874, il perd la foi.
Il prépare son entrée à l'Ecole de Saint-Cyr
pour devenir militaire et y est admis en 1876. Sous-lieutenant
de cavalerie, il mène une vie assez désordonnée,
ce qui ne l'empêche pas de se montrer courageux dans les
opérations militaires auxquelles il participe dans l'ouest
de l'Algérie.
En 1882, il donne sa démission de l'armée et entreprend
un voyage d'exploration dans le Maroc. La réussite de cette
périlleuse expédition lui vaut honneurs et estime,
lui ouvrant les portes du monde des géographes et des explorateurs.
Mais il est habité alors par une quête religieuse.
Sous l'influence discrète de sa famille qu'il a retrouvée
à Paris, il cherche à avoir des cours de religion
et demande l'aide d'un prêtre. Il parle ainsi à l'abbé
Huvelin, à la fin du mois d'octobre 1886, à l'église
Saint-Augustin à Paris. Au lieu de lui donner un cours
de religion, le prêtre l'invite à se confesser et
à communier : pour Charles, qui a 28 ans, c'est la conversion
qui bouleverse le cours de sa vie.
Aussitôt que je crus qu'il
y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement
que de ne vivre que pour Lui.
Lettre du 14 août 1901
Charles fait le pèlerinage de
Terre Sainte. Il y découvre quelle fut la vie humble et
cachée du Fils de Dieu, incarné en Jésus,
pauvre ouvrier à Nazareth.
Pour répondre à l'appel à suivre Jésus
dans cette vie cachée, il entre en 1890 au monastère
de Notre-Dame-des-Neiges, puis à sa fondation encore plus
pauvre d'Akbès, en Syrie. Six ans plus tard, il demande
à quitter la Trappe ; on le lui accorde, et en février
1897, il est autorisé à suivre sa vocation personnelle.
Suivant le conseil de l'abbé Huvelin, il se rend à
Nazareth, demande à loger à la porte du couvent
des Clarisses et se fait leur domestique.
J'ai embrassé l'existence
humble et obscure de Dieu, ouvrier de Nazareth,
Lettre du 12 avril 1897
Il vit ainsi en ermite dans la prière, la pauvreté et la recherche de la volonté de Dieu. Au bout de trois ans, son désir d'imiter Jésus dans sa charité universelle lui fait accepter la perspective du sacerdoce. Il s'y prépare à la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges, et, le 9 juin 1901, il est ordonné prêtre du diocèse de Viviers ; c'est pourquoi il a été béatifié avec la qualification de « prêtre diocésain ».
Pour faire rayonner la charité
divine et porter la présence eucharistique aux pauvres
des régions non-évangélisées, il pense
aller au sud du Maroc, où il a voyagé autrefois,
et s'établit pour cela à Beni-Abbès, aux
confins algéro-marocains. Il ne pourra pas réaliser
ce projet, mais Mgr Guérin, le premier préfet apostolique
du Sahara, acceptera qu'il aille dans le sud algérien.
Charles se fixe en 1905 à Tamanrasset, dans le Hoggar,
au pays des Touaregs. Il apprend leur langue pour devenir proche
de tous et sauver leur culture. Il cherche, en utilisant au mieux
les ressources apportées par la nation colonisatrice qu'est
la France, à promouvoir leur progrès humain, intellectuel
et moral, les préparant ainsi à découvrir
un jour ce qui fait le secret de sa vie religieuse.
Par la prière prolongée, souvent la nuit, un amour
passionné de l'Evangile, dans le rayonnement de la présence
eucharistique, par une humble vie de travail, l'accueil de tous,
avec une prédilection pour les petits et les plus pauvres,
Charles de Foucauld répond à sa vocation : devenir
un autre Christ, devenir le frère universel qui aime
intensément tous les hommes avec le Coeur même du
Christ, Jesus Caritas.
A Tamanrasset comme à Beni-Abbès, les compagnons
espérés ne viendront pas ; il y reste seul, mais
il veut qu'en France on partage la responsabilité missionnaire
qui est la sienne, et il envisage dans ce but une « confrérie
» qui unirait toutes les bonnes volontés chrétiennes
dans un grand réseau au service de ces pays en cours de
développement et non touchés par le message évangélique.
Il meurt dans un guet-apens devant son ermitage, victime d'un
coup de feu, le 1er décembre 1916. Il avait écrit
quelques heures auparavant :
Notre anéantissement est le
moyen le plus puissant que nous ayons de nous unir à Jésus
et de faire du bien aux âmes.
Lettre du 1er décembre
1916
Vous qui êtes là, à trois mètres
de moi
Mon Créateur, mon Père,
mon Bien-Aimé, Vous qui êtes là, à
trois mètres de moi, sous l'apparence de cette Hostie,
Vous êtes la beauté suprême ; toute beauté
créée, beauté de la nature, du ciel au coucher
du soleil, de la mer unie comme une glace sous un ciel bleu, des
forêts sombres, des jardins fleuris, des montagnes, des
grands horizons, des déserts, des neiges et des glaciers,
beauté d'une belle âme se reflétant sur un
beau visage, beauté d'une belle action, d'une belle vie,
d'une grande âme, toutes ces beautés ne sont que
le plus pâle reflet de la Vôtre, mon Dieu. Tout ce
qui a charmé mes yeux en ce monde n'est que le plus pauvre,
le plus humble reflet de votre beauté infinie !
Mon Dieu, daignez me donner ce sentiment continuel de Votre présence,
de Votre présence en moi et autour de moiet, en même
temps, cet amour craintif qu'on éprouve en présence
de ce qu'on aime passionnément, et qui fait qu'on se tient
devant la personne aimée, sans pouvoir détacher
d'elle les yeux, avec un grand désir et une volonté
de faire tout ce qui lui plaît, tout ce qui est bon pour
elle et une grande crainte de faire, dire ou penser quelque chose
qui lui déplaise ou lui fasse du mal En Vous, par Vous
et pour Vous. Retraite à Nazareth, 1897
Aimer comme Il nous a aimés
Hymne écrite par Frère
David,
moine bénédictin d'En Calcat
et petit-neveu de Charles de Foucauld
Aimer
Comme Lui nous a aimés,
Et par amour, choisir
La dernière place,
Etre pauvre et serviteur,
Frère de Jésus
Chercher
Comme Lui la vie cachée
Et par amour, partir
Où l'Esprit appelle.
N'être rien qu'un voyageur
Passant dans la nuit.
Prier
Longuement le Bien-Aimé,
Et par amour s'ouvrir
Au plus grand silence,
Adorer Jésus Sauveur
Dans l'Eucharistie
Porter
L'Evangile aux affamés
Et par amour, cueillir
Tous les mots d'un peuple
Où le Verbe aussi demeure
Et germe sans bruit
Donner
Jusqu'au bout sa vie donnée
Et par amour, mourir
En offrant au Père
L'abandon jailli d'un coeur
Libre à l'infini
Lors de son expédition au Maroc, Charles de Foucauld est mis en contact avec un Islam qui le fascine ; il écrira plus tard :
La vue de cette foi, de ces âmes vivant dans la continuelle présence de Dieu, m'a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines. Je me suis mis à étudier l'Islam puis la Bible.
Cache-moi, Seigneur,
Dans le secret de ta Face !
Libère-moi du tumulte de ce monde,
Abrite-moi en ton sanctuaire,
Loin des paroles mauvaises.
Mon coeur aspire ardemment vers Toi !
Guillaume de Saint-Thierry
L'expérience du désert le bouleverse profondément et change ses aspirations :
Ce besoin de solitude, de recueillement, de pieuses lectures, ce besoin d'aller dans vos églises, moi qui ne croyais pas en Vous, ce trouble de l'âme, cette angoisse, cette recherche de la vérité, cette prière : « Mon Dieu, si Vous existez, faites-le moi connaître » ! Tout cela c'était votre oeuvre, mon Dieu, votre oeuvre à Vous seul
[Le Seigneur me fit la grâce de
m'inspirer cette pensée] :
Etudions cette religion, prenons un professeur de religion catholique,
un prêtre instruit, et voyons ce qu'il en est, et s'il faut
croire ce qu'elle dit ; et la grâce de m'adresser, pour
avoir ces leçons de religion, à Monsieur l'abbé
Huvelin. En me faisant entrer dans son confessionnal, un des derniers
jours d'octobre, entre le 27 et le 30, je pense, Vous m'avez donné
tous les biens, mon Dieu : s'il y a de la joie dans le ciel à
la vue d'un pécheur se convertissant, il y en a eu quand
je suis entré dans ce confessionnal ! Quel jour béni,
quel jour de bénédictionet depuis ce jour, toute
ma vie n'a été qu'un enchaînement de bénédictions
! Vous m'avez mis sous les ailes de ce saint et j'y suis resté
; Vous m'avez porté par ses mains depuis ce temps et ce
n'a été que grâce sur grâce ; je demandais
des leçons de religion, il me fit me
mettre à genoux et me fit me confesser, et m'envoya communier
séance tenante Je ne puis m'empêcher de pleurer en
y pensant, et ne veux pas empêcher ces larmes de couler,
elles sont trop justes mon Dieu. Quel ruisseau de larmes devrait
couler de mes yeux au souvenir de telles miséricordes !
Que Vous avez été bon ! Que je suis heureux ! Qu'ai-je
fait pour cela ?
Retraite en Terre sainte, novembre 1897
O mon Dieu
Un jour viendra
où je pourrai voir
ce visage,
ces yeux qui me voient
jusqu'au fond,
à qui rien n'échappe.
Ces yeux si rayonnants d'amour, de paix
et de douceur
Qui semblent me dire :
« Viens à Moi ! »
Seigneur,
je T'adore en ton mystère.
Sans ton mystère
incompréhensible,
Tu ne serais pas Dieu.
Comment Celui qui est l'Infini
serait-Il autre chose
que mystère pour moi ?
Cardinal John-Henri Newman
L'imitation est inséparable de
l'amour, tu le sais : quiconque aime veut imiter. C'est le secret
de ma vie : j'ai perdu mon coeur pour ce Jésus de Nazareth
crucifié il y a 1900 ans et je passe ma vie à chercher
à l'imiter autant que le peut ma faiblesse.
Lettre à un ami de lycée, 1902
J'ai bien soif de mener enfin la vie que je cherche depuis plus de sept ans, que j'ai entrevue, devinée, en marchant dans les rues de Nazareth que foulèrent les pieds de Notre Seigneur, pauvre artisan perdu dans l'abjection et dans l'obscurité.
Pour moi, chercher toujours la dernière des dernières places, pour être aussi petit que mon Maître, pour marcher avec Lui, pas à pas, en fidèle disciple, pour vivre avec mon Dieu qui a vécu ainsi toute sa vie et m'en donne un tel exemple dès sa naissance.
Le suivre, c'est L'imiter, c'est imiter Jésus en tout, partager sa vie comme le faisaient la sainte Vierge, saint Joseph, les apôtres, c'est-à-dire, d'une part, en conformant comme eux notre âme à la sienne, rendant autant que possible notre âme semblable à son âme infiniment parfaite ; d'autre part, en conformant comme eux notre vie extérieure à la sienne, partageant comme ils l'ont fait, sa pauvreté, son abjection, ses travaux, ses fatigues, enfin tout ce qui fut le côté visible de sa vie Soyons unis, soyons un avec Jésus ; et pour cela, aimons-Le, obéissons-Lui, imitons-Le.
Dans le doute s'il faut faire une chose
ou non, se demander ce que Jésus aurait fait à notre
place et le faire. Imiter non tel ou tel saint, mais Jésus
seul. Remercier Jésus de ce que je mène la vie cachée
à Nazareth, ce qui est me donner conformité avec
Lui, et Le prier de m'y garder autant que cela Le glorifiera.
Lire et méditer et relire les saints Evangiles, les livres
saints qui parlent de Jésus, tout ce qui peut nous faire
connaître Jésus et son Esprit : Lui demander de Le
connaître et d'avoir son Esprit Faire tout son possible
par la prière et les autres oeuvres pour être aussi
conforme que possible à Jésus à l'intérieur
et à l'extérieur, en Lui, par Lui et pour Lui. Amen.
Retraites en Terre Sainte
Une méditation du Père Michel Lafon, successeur
d'un des premiers disciples de Charles de Foucauld, Albert Peyriguère,
à El Kbab, Maroc :
Point n'est besoin pour moi, Seigneur
Jésus, de Te chercher en dehors de moi. Tu es en moi, non
pas comme un joyau dans son écrin, mais comme une source
de vie, comme la sève qui irrigue la vigne jusqu'au plus
petit des sarments. Quand je parle d'imitation, je ne vise pas
à reproduire les traits d'un modèle extérieur,
mais c'est de l'intérieur, comme par une poussée
de vie divine, que Tu veux accomplir par moi tes paroles et tes
actes, toute ta ressemblance. Ta vie, limitée à
trente-trois ans, Tu la continues, Tu la prolonges, à travers
le temps et l'espace, en tous ceux et celles que Tu divinises.
Alors toutes leurs actions, des plus géniales aux plus
ordinaires, qui sont humaines, deviennent en même temps
des actions divines. Eplucher des pommes de terre, ou psalmodier
l'office liturgique, c'est le Seigneur Jésus qui assume
en nous ces activités, comme Il le fait de nos joies et
de nos peines quotidiennes. Même dans notre voiture, le
Seigneur ne nous quitte pas : et sa présence au volant
métamorphose notre conduite sur la route ! Cette prodigieuse
divinisation de chacun de nous se réalise dans la variété
de nos tempéraments et l'immense éventail de nos
cultures. Le Seigneur fait siens l'existence d'une mère
de famille ou celle d'un cosmonaute, le travail d'un paysan ou
celui d'un ingénieur, la condition d'un pygmée ou
d'un mongol
Prier 15 jours avec Charles de Foucauld
Prière d'abandon à la Vierge Marie
Faites que je sois votre digne enfant,
le digne enfant de saint Joseph,
le vrai petit frère de notre Seigneur Jésus.
Je remets mon âme entre vos mains,
je vous donne tout ce que je suis
pour que vous fassiez de moi
ce qui plaît le plus à Jésus.
Charles de Foucauld,15 août 1905
Toute notre vie, si muette qu'elle soit, la vie de Nazareth, la vie du désert aussi bien que la vie publique, doivent être une prédication de l'Evangile par l'exemple. Toute notre existence, tout notre être doit crier l'Evangile sur les toits. Toute notre personne doit respirer Jésus ; tous nos actes, toute notre vie doivent crier que nous sommes à Jésus, doivent présenter l'image de la vie évangélique. Tout notre être doit être une prédication vivante, un reflet de Jésus, un parfum de Jésus, quelque chose qui crie Jésus, qui fasse voir Jésus, qui brille comme une image de Jésus.
Méditations sur l'Evangile,
314ème
Approchons-nous du Christ
Et nous serons illuminés !
Il est notre lumière et notre vie.
Laissons-Le vivre en nous
Laissons-Le poursuivre en nous sa vie cachée de Nazareth
Approchons-nous du Christ
Et nous serons illuminés !
Il est notre lumière et notre vie.
Laissons-Le continuer en nous sa vie
d'universelle charité
Laissons-Le continuer en nous sa vie de pauvreté
Approchons-nous du Christ
Et nous serons iluminés !
Il est notre lumière et notre vie.
Laissons-Le prolonger en nous sa vie
d'humilité
Laissons-Le, par notre fidélité,
achever en nous ce qui manque à ses souffrances
Approchons-nous du Christ
Et nous serons illuminés !
Il est notre lumière et notre vie.
Laissons-Le, par notre zèle des
âmes,
continuer à allumer le feu sur la terre
Laissons-Le, par nos prières,
continuer en nous à passer les nuits à prier Dieu
Seigneur Jésus,
Je lève les yeux vers cette hostie toute blanche et je
T'adore.
Je ne vois qu'un peu de pain, mais je crois
Tu es là, vivant, si près de moi.
Dans cette Eucharistie, Tu t'offres à ton Père,
Comme jadis au Cénacle et au Calvaire, avec un immense
amour.
Cette hostie, c'est ton corps livré pour mes péchés,
ton corps ressuscité et source de vie.
En la regardant avec foi,
Je voudrais me laisser gagner par ton influence,
M'ouvrir à ton action transformante,
M'unir de plus en plus à Toi,
Mon Seigneur et mon Dieu.
Prière du Sacré-Coeur de Montmartre
Quel bonheur ! Dieu avec nous, Dieu
en nous. Dieu dans lequel nous nous mouvons et nous sommes, Dieu
qui est à deux mètres de moi dans le tabernacle,
ô mon Dieu, que nous faut-il de plus ? Que nous sommes heureux
! Emmanuel, « Dieu avec nous », voici pour ainsi dire
le premier mot de l'Evangile « Je suis avec vous jusqu'à
la consommation des siècles », voici le dernier.
Que nous sommes heureux ! Que Vous êtes bon !
L'Eucharistie, c'est Jésus, c'est tout Jésus ! Dans
la sainte Eucharistie, Vous êtes tout entier, tout vivant,
mon bien-aimé Jésus, aussi pleinement que Vous étiez
dans la maison de la sainte Famille de Nazarethque Vous étiez
au milieu des apôtres. De même Vous êtes ici,
mon Bien-Aimé et mon Tout !
Vous êtes là, Seigneur JésusQue Vous êtes
près, mon Dieu ! mon Sauveur ! mon Jésus ! mon frère
! mon Epoux, mon Bien-Aimé ! C'est grande folie si nous
croyons qu'il y a quelque chose de mieux pour sa gloire que d'aller
à ses piedsAimons-Le le plus possible, c'est tout ce qu'il
nous faut dans le temps et dans l'éternitéQuand
on aime, ne trouve-t-on pas bien, parfaitement employé
tout le temps passé près de ce qu'on aime ? N'est-ce
pas le temps le mieux employé, sauf celui où la
volonté, le bien de l'être aimé nous appelle
ailleurs.
Méditations de 1897
Au matin de Pâques 1898,
devant le tabernacle :
Moi aussi je suis à vos pieds,
moi aussi, je Vous vois ressuscité
Et Vous ne m'avez pas seulement apparu,
Vous ne m'avez pas seulement donné vos pieds à baiser,
Vous m'avez serré dans vos bras comme la très sainte
Vierge
Et Vous êtes toujours là, devant moi.
Oh ! Que je suis heureux !
Jésus mon Bien-Aimé, vous êtes devant moi,
ressuscité
Et Vous ne mourrez plus
Vous, qui êtes là devant moi, Vous êtes bienheureux
pour l'éternité Que cela est doux de Vous voir !
de Vous regarder
Mon bonheur, c'est surtout le vôtre, le bonheur du ciel,
C'est surtout qu'on Vous aime et qu'on Vous voit heureux.
Les Clarisses de Nazareth ont gardé du frère Charles le souvenir de son exceptionnelle assiduité au pied du Saint Sacrement :
Lorsqu'on ne lui indiquait pas un travail
à faire, il passait tous ses instants dans une profonde
adoration aux pieds de Jésus-Hostie. La révérende
Mère favorisait son attrait eucharistique, sachant bien
qu'une seule âme de cette trempe est plus utile à
la sainte Eglise et glorifie Dieu plus que des milliers d'autres,
et que sa puissance sur le divin Coeur peut obtenir grâce
et miséricorde pour l'humanité entière.
Le principal emploi de frère Charles fut de s'occuper de
la sacristie et de servir la sainte messe chaque matin. Avec quel
amour et quel respect il s'en acquittaitCe n'était pas
un homme près de l'autel, mais un ange. Son respect et
sa foi se reflétaient dans tout son être.
Tous les dimanches et invariablement plusieurs fois dans la semaine,
lorsque le Saint Sacrement était exposé, frère
Charles ne quittait pas la chapelle de toute la journée,
sauf pour le petit moment où il prenait son morceau de
pain sec avec de l'eau. Il se tenait à genoux constamment,
ou debout lorsqu'il était fatigué. Ses yeux ne quittaient
pas l'Hostie. Les soeurs tourières avaient remarqué
que parfois, lorsque le soir arrivait, la fatigue l'emportant,
il appuyait un peu sa tête sur le haut de la stalle.
La première fois qu'il passa sa journée devant le
Saint Sacrement, notre Révérende Mère s'informa
vers quatre heures de l'après-midi de frère Charles.
On lui dit que depuis le matin, il n'avait pas bougé de
la chapelle. Craignant pour sa santé, notre mère
ajouta : « Mais allez lui dire
qu'il aille prendre l'air ! ». A cette insinuation, frère
Charles remercia, disant, « Ma soeur, je n'en sens pas le
besoin ». Mais la soeur insista : « Notre Révérende
Mère le veut absolument ». Alors frère Charles
sortit par obéissance et alla simplement dans son ermitage,
puis revint aussitôt. Depuis lors, on le laissa suivre son
attrait.
Ah ! disait-il un jour, pour pouvoir rester seulement cinq minutes devant le Saint Sacrement, on devrait faire des lieues et des lieues.
De cette obscurité fuse toute
lumière,
De cette source ignorée coule la paix
Dans cette immobilité la vie reçoit énergie
De ce temps perdu toute action recueille efficacité
Dans ce repos tout notre travail prend valeur
Dans ce silence mûrit la parole qui portera du fruit
De ce creux profond sourdent les fontaines qui abreuvent l'univers
et renouvellent notre jeunesse.
D'après Soeur Jeanne d'Arc, Un coeur qui écoute
Jésus-Christ, Parole de mon Dieu
Je veux passer le temps de ma prière
A Vous écouter,
Me faire entièrement docile,
Afin d'apprendre tout de Vous, Vous fixer sans cesse
Et me laisser fasciner par Vous,
Pour ne jamais échapper à votre rayonnement.
Charles de Foucauld
A Béni-Abbès, Charles de Foucauld exprime ainsi son programme missionnaire :
Porter le plus avant possible parmi
les infidèles la divine Hostie, le saint tabernacle, afin
d'augmenter la zone où elle rayonne.
Lettre à l'abbé Huvelin, décembre 1904
L'évangélisation non par la parole, mais par
la présence du Très Saint Sacrement, l'offrande
du divin Sacrifice. Lettre de juin 1901
Après avoir apporté pour la première
fois le Saint Sacrement en pays touareg, en juillet 1904, Charles
de Foucauld écrit dans son journal :
Coeur Sacré de Jésus, merci pour ce premier tabernacle en pays touareg ! Qu'il soit le prélude de beaucoup d'autres et l'annonce du salut de beaucoup d'âmes !
Coeur Sacré de Jésus, rayonnez du fond de ce tabernacle sur le peuple qui Vous entoure sans Vous connaître. Eclairez, dirigez, sauvez ces âmes que Vous aimez. Convertissez les Touareg, le Maroc, le Sahara, les infidèles, tous les hommes ! Envoyez de saints et nombreux ouvriers évangéliques chez les Touareg, au Sahara, au Maroc, partout où il en faut : envoyez-y de saints Petits Frères et Petites Soeurs du Sacré Coeur, si c'est votre volonté. Convertissez-moi, misérable que je suis.
Coeur Sacré de Jésus ! A Vous louange, gloire et bénédiction dans les siècles des siècles !
L'adoration perpétuelle du Saint Sacrement est le but des instituts religieux dont Charles de Foucauld projette l'établissement. Le règlement des Petits Frères du Sacré Coeur, rédigé à Nazareth en 1899, et révisé à Beni-Abbès en 1902, est très explicite à cet égard :
Les Petits Frères du Sacré Coeur de Jésus ont pour vocation particulière d'imiter la vie cachée de Notre Seigneur à Nazareth, d'adorer jour et nuit le Très Saint Sacrement exposé et de vivre dans les pays de missionLeur but est de glorifier Dieu en conformant leur vie à celle de Notre Seigneur Jésus, en adorant la sainte Eucharistie et en sanctifiant les peuples infidèles par la présence du Très Saint Sacrement, l'offrande du Divin Sacrifice et la pratique des vertus évangéliquesLe Très Saint Sacrement sera exposé perpétuellement nuit et jour dans chaque fraternité et il y aura toujours deux petits frères en adoration devant Lui. Tous les jours, il sera donné une bénédiction du Très Saint Sacrement.
Jésus, Tu es le Modèle unique
la Voie unique
le Maître unique
Devenez mes disciples, car Je suis
doux et humble de coeur,
et vous trouverez le repos de vos âmes.
Jésus, Tu es ma seule pensée
mon seul amour
mon seul désir
mon seul nécessaire
Devenez mes disciples, car Je suis
doux et humble de coeur,
et vous trouverez le repos de vos âmes.
Jésus, je mets mes pas dans tes
pas
ma main dans ta main
ma vie dans ta vie
que tes traits se reproduisent en moi
Devenez mes disciples, car Je suis
doux et humble de coeur,
et vous trouverez le repos de vos âmes.
Jésus, que ton Esprit pénètre
en moi, pour qu'avec ta grâce
et de toutes mes forces,
je pense tes pensées
je dise tes paroles
je fasse tes actions
Devenez mes disciples, car Je suis
doux et humble de coeur,
et vous trouverez le repos de vos âmes.
Jésus, je veux disparaître
pour Te laisser parler et agir
avec ton coeur et selon ta volonté. Amen.
D'après un texte de petite Soeur Madeleine
Charles de Foucauld est porté de l'adoration du Saint Sacrement au désir du sacerdoce, en vue de glorifier Dieu par l'offrande de l'Eucharistie. Il écrit en janvier 1897 :
Le prêtre fait tous les jours
de sa vie, aussi bien au fond d'un couvent qu'au dehors, ce que
Jésus a fait pendant les trois ans de son ministère.
Il apprend aux hommes à connaître, à aimer,
à servir leur bon Maître. Quelle vocation ! Il aide
le divin Pasteur à garder ses brebis, porte avec Lui sur
ses épaules les brebis malades, cherche avec Lui les égarées.
Ces hommes, pour qui Jésus a vécu, a tant souffert,
est mort, ces hommes que son Coeur Sacré aime d'un amour
si ardent, si enflammé, pour le salut de chacun desquels
Il voudrait souffrir et être percé encore, c'est
le prêtre qui les sauve. Enseigner l'Evangile, sauver les
enfants de Jésus, leur distribuer de ses mains le corps
du Christ ! Quelle vocation !
Une fois, j'ai regretté de ne pas l'avoir reçuec'est
au fort de la persécution arménienne. J'aurais voulu
être prêtre, savoir la langue des pauvres chrétiens
persécutés, et pouvoir aller, de village en village,
les encourager à mourir pour leur Dieu. Je n'en étais
pas digne
Lettre de Rome au P. Jérôme
C'est à Nazareth que frère Charles décide d'être prêtre. En 1900, le pèlerinage français de Pâques, dirigé par les Assomptionnistes, visite le monastère des Clarisses, où Charles de Foucauld était revenu depuis un an. A la chapelle, un prêtre prêche aux pèlerins sur « ce que vaut une messe », avec tant de conviction, que les soeurs, plus de cinquante après, semblent encore entendre sa voix. Les Clarisses témoignent :
Frère Charles, retiré
dans un coin de la chapelle, était tout yeux et tout oreilles
pour écouter le prédicateur. Que se passa-t-il dans
son âme ? Dieu seul le sait, mais nous pouvons dire en toute
vérité, qu'Il se servit de la parole de ce prêtre
pour manifester sa sainte volonté à frère
Charles et l'attirer définitivement au sacerdoce, afin
d'accomplir la mission à laquelle Il le destinait. Le serviteur
de Dieu aspirait depuis longtemps à cette immense faveur,
mais son humilité profonde l'en faisait se trouver indigne.
L'Esprit Saint avait parlé, il n'y avait plus de doute
dans son âme.
Dès le lendemain, il demanda à voir la Révérende
Mère et lui dit : « Ma Révérende Mère,
avez-vous entendu hier ce que vaut une messe, le
prix d'une messe ? » Alors, il lui fit connaître sa
détermination de recevoir au plus tôt les saints
ordres et en informa ensuite son directeur, l'abbé HuvelinTout
d'abord, son désir fut de revenir en Terre Sainte et d'y
continuer sa vie solitaire .
Il est ordonné prêtre à Viviers, en Ardèche, le 9 juin 1901,
pour ressembler plus encore à
Jésus.
Lettre du 14 août 1901
Une seule messe glorifie plus Dieu que
ne ferait le martyre de tous les hommes, uni aux louanges de tous
les anges et de tous les saints. Que les Frères prêtres
qui, comme Marie et Joseph, ont chaque jour Jésus entre
leurs mains, qui, comme sainte Madeleine, ont la meilleure part
et peuvent sans cesse se tenir aux pieds de Jésus, soient
« le sel de la terre » ; qu'ils fassent luire leurs
bonnes oeuvres devant les hommes pour que ceux-ci glorifient Dieu
; qu'ils meurent à tout ce qui n'est pas Jésus,
puisque « le grain de froment qui ne meurt pas reste
seul, celui qui meurt rapporte beaucoup de fruit » ;
qu'ils se souviennent qu'on fait du bien aux autres dans la mesure
de celui que l'on a en soi, de l'esprit intérieur et de
la vertu ; l'eau s'écoule dans les canaux dans la mesure
de son abondance dans le bassin. Que ceux qui se croient appelés
au sacerdoce ou à la vie religieuse, ou qui ont près
d'eux des âmes peut-être appelées au sacerdoce
ou à la vie religieuse, se souviennent du devoir en pareil
cas. Les humains n'ont pas à « choisir » leur
vocation ; la vocation étant un appel, les mots «
choisir sa vocation » sont un non-sens. On ne choisit pas
sa vocation, on la reçoit, et on doit chercher à
la connaître, prêter l'oreille à la voix de
Dieu, guetter les signes de sa volonté, employer les moyens
connus du prêtre pour savoir ce qu'Il veut de l'âme,
et, une fois la volonté de Dieu connue, la faire, quelle
qu'elle soit, coûte que coûte, voilà le devoir
de l'âme.
OEuvres spirituelles, Projets de fondations
Verbe éternel,
qui de toute éternité accueilles l'amour du Père
et réponds à son appel,
ouvre le coeur et l'esprit des jeunes,
afin qu'ils apprennent à se laisser aimer
par Celui qui les a pensés à l'image de Son Fils,
et, se laissant aimer,
qu'ils aient le courage de réaliser cette image qui est
la tienne.
Rends-les forts et généreux, capables de se risquer sur ta parole,
libres de voler haut, fascinés par ta beauté au
point de Te suivre.
Suscite parmi eux les annonciateurs
de ton Evangile,
qui sachent à leur tour, par leur vie,
appeler et proposer de suivre le Christ Sauveur.
Vierge Sainte,
jeune fille d'Israël que le Père a choisie comme Epouse
de l'Esprit,
pour engendrer son Fils sur la terre,
engendre chez les jeunes ce même courage hardi qui fut le
tien.
Ce courage qui te rendit libre de croire à un projet plus
grand que toi,
libre d'espérer que Dieu allait le réaliser.
Toi qui es la mère du Prêtre éternel,
nous te confions les jeunes appelés au sacerdoce.
Toi qui es la première consacrée du Père,
nous te confions les jeunes gens et jeunes filles qui choisissent
d'appartenir totalement au Seigneur, unique trésor,
bien suprêmement aimé, dans la vie religieuse et
consacrée.
Toi qui as vécu comme aucune créature
la solitude de l'intimité la plus entière avec le
Seigneur,
nous te confions ceux qui quittent le monde
pour consacrer toute leur vie à la prière de la
vie monastique.
Toi qui as engendré et assisté l'Eglise naissante
avec un amour maternel,
nous te confions toutes les vocations de cette Eglise,
afin qu'elles annoncent à toutes les nations,
que Jésus Christ est le Seigneur, dans l'Esprit Saint,
à la gloire de Dieu le Père ! Amen.
Congrès européen sur les vocations en Europe,
mai 1997
Ma vie, d'un calme incomparable, dans
la clôture idéale et sans murs, mais réelle,
aux pieds du très Saint Sacrement, partagée entre
ces petits travaux et mes pauvres prières, serait la solitude
rêvée, s'il n'y avait un point attristant, celui
de ne pouvoir que bien rarement célébrer la sainte
messe. Je n'ai pas le droit de le faire sans un chrétien,
quel qu'il soit, comme assistant ; depuis le mois de juillet,
je n'ai vu qu'un chrétien, il a passé quelques jours
ici, j'ai pu célébrer cinq fois ; c'est la volonté
du Bien-Aimé. Il lui serait bien facile de disposer les
choses autrement.
Tamanrasset, novembre 1907
Noël. Cette nuit, pas de messe,
pour la première fois depuis vingt-et-un ans : que la volonté
du Bien-Aimé se fasse Dans sa miséricorde, Il me
conserve le très Saint Sacrement. Jusqu'à la dernière
minute, j'ai espéré qu'il viendrait quelqu'un, mais
rien n'est venu, ni un voyageur chrétien, ni un militaire,
ni la permission de célébrer seul. Il y a trois
mois, plus de trois mois que je n'ai reçu de lettres.
Noël 1907
Je viens d'avoir un très grand bonheur, Monseigneur Guérin a obtenu pour moi de Rome la permission de célébrer la sainte messe absolument seul, sans servant ni assistant. Je puis donc désormais célébrer le saint Sacrifice chaque jour : grand changement, grande grâce pour moi et pour la contrée entière. Depuis fin octobre, je n'avais pu célébrer la sainte messe, étant seul au milieu des musulmans. Depuis le premier février, je la dis chaque jour, c'est une nouvelle vie pour moi et une grâce infinie pour ce pauvre pays.
Tamanrasset, lettre à l'abbé Huvelin, février 1908
Prière pour l'unité
Seigneur, Tu as envoyé ton Fils
Jésus
Pour qu'Il rassemble en un peuple
Tous les hommes qu'Il veut sauver.
Fais nous rejoindre la prière universelle de ton Eglise
pour l'unité.
Nous T'en supplions, hâte le jour
Où, d'un seul coeur, d'une seule voix,
Nous pourrons te servir et T'adorer,
Dans la paix et l'unité, en Eglise .
L'homme contemporain croit plus les
témoins que les maîtres, l'expérience que
la doctrine, la vie et les faits que la théorie. Pour pouvoir
annoncer à chacun de ses frères qu'il est aimé
de Dieu et qu'il peut lui-même nous aimerLe missionnaire
est le frère universelspécialement pour les
plus petits et les plus pauvres. Il est signe de l'amour sans
aucune exclusion ni préférence.
Jean-Paul II, Redemptoris Missio, 1990
La sainteté de Charles de Foucauld
a bien des aspects :
sainteté au coeur du quotidien, avec la spiritualité
de Nazareth ;
sainteté au coeur de l'apostolat, qui s'enracine dans l'Eucharistie
et l'adoration eucharistique ;
sainteté vécue dans le compagnonnage des plus pauvres
et la spiritualité du petit et du frère ;
sainteté en terre d'Islam, tournée vers la prière
et l'amitié fraternelle.
Sa vie a été une présence aimante, offrante
et adorante. Peu à peu, il est passé de l'Eucharistie
à une vie eucharistique, comme il est passé de l'exposition
du Saint Sacrement à une vie exposée.
Mgr Boulanger, colloque de Lisieux, mai 2005
De Frère Charles :
Il faut aller non là où la terre est la plus sainte, mais là où les âmes sont dans le plus grand besoin.
Mon apostolat doit être l'apostolat de la bonté. En me voyant, on doit se dire : « Puisque cet homme est si bon, sa religion doit être bonne ». Je voudrais être assez bon pour qu'on dise : « Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître ! ».
Se faire tout à tous, pour les
donner à Jésus, en ayant avec tous bonté
et affection fraternelle, en rendant tous les services possibles,
en prenant un contact affectueux, en étant un frère
tendre pour tous, pour amener petit à petit les âmes
à Jésus, en pratiquant la douceur de Jésus.
Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans,
juifs et idolâtres, à me regarder comme leur frère,
le frère universel. Ils commencent à appeler la
maison « la Fraternité », et cela m'est doux.
Lettre à Marie de Bondy, janvier 1902
Tout chrétien doit donc être
apôtre : ce n'est pas un conseil, c'est un commandement,
le commandement de la charité.
Etre apôtre, par quels moyens ? Par ceux que Dieu met à
sa disposition : les prêtres ont leurs supérieurs
qui leur disent ce qu'ils doivent faire. Les laïcs doivent
être apôtres envers tous ceux qu'ils peuvent atteindre
: leurs proches et leurs amis d'abord, mais non eux seuls ; la
charité n'a rien d'étroit, elle embrasse tous ceux
qu'embrasse le Coeur de Jésus.
Par quels moyens ? Par les meilleurs, étant donné
ceux auxquels ils s'adressent : avec tous ceux avec qui ils sont
en rapport sans exception, par la bonté, la tendresse,
l'affection fraternelle, l'exemple de la vertu, par l'humilité
et la douceur toujours attrayantes et si chrétiennes ;
avec certains, sans leur dire jamais un mot de Dieu ni de la religion,
patientant comme Dieu patiente, étant bon comme Dieu est
bon, aimant, étant un tendre frère, et priant ;
avec d'autres, en parlant de Dieu dans la mesure qu'ils peuvent
porter ; dès qu'ils en sont à la pensée de
rechercher la vérité par l'étude de la religion,
en les mettant en rapport avec un prêtre très bien
choisi et capable de leur faire du bien.
Surtout voir en tout humain un frère - « Vous êtes
tous frères, vous avez un seul Père qui est aux
cieux » - voir en tout humain un enfant de Dieu, une âme
rachetée par le sang de Jésus, une âme aimée
de Jésus, une âme que nous devons aimer comme nous-même
et au salut de laquelle nous devons travailler.
Lettre à J. Hours
Mes dernières retraites de diaconat
et de sacerdoce m'ont montré que cette vie de Nazareth,
ma vocation, il fallait la mener non dans la Terre Sainte tant
aimée, mais parmi les âmes les plus malades, les
brebis les plus délaissées. Ce banquet divin, dont
je suis le ministre, il fallait le présenter non aux frères,
aux parents, aux voisins riches, mais aux boiteux, aux plus aveugles,
aux âmes les plus abandonnées, manquant le plus de
prêtres.
Dans ma jeunesse, j'avais parcouru l'Algérie et le Maroc
: au Maroc, grand comme la France avec dix millions d'habitants,
aucun prêtre à l'intérieur. Au Sahara algérien,
sept ou huit fois grand comme la France et plus peuplé
qu'on ne croyait autrefois, une douzaine de missionnaires. Aucun
peuple ne me semblant plus abandonné que ceux-ci, j'ai
sollicité et obtenu du préfet apostolique du Sahara
la permission de m'établir dans le Sahara algérien.
Lettre à Mgr Caron, avril 1905
C'est l'évangélisation
non par la parole, mais par la présence du Saint Sacrement,
l'offrande du divin sacrifice, la prière, la pénitence,
la pratique des vertus évangéliques, la charité,
une charité fraternelle et universelle, partageant jusqu'à
la dernière bouchée de pain avec tout pauvre, tout
hôte, tout inconnu se présentant, et recevant tout
humain comme un frère bien-aimé.
Lettre à Henry de Castries, juin 1901
Etre frère universel exige pour Charles de Foucauld un profond respect de l'homme, jusque dans ses racines, dans sa culture :
Dans l'intérêt général,
et de la science, et du peuple touareg, et de la bonne administration
de ce qui appartient à ce peuple, avant que les vieillards
ne disparaissent, il serait très intéressant d'écrire
comme la mémoire de quelques-uns d'entre eux, sous leur
dictée, et aussi de recueillir, de leur bouche, des renseignements
sur l'histoire passée du pays et ses anciennes coutumes.
Lettre à M. Mercier
Il n'y a pas, je crois, de parole de l'Evangile, qui ait fait sur moi une plus profonde impression et transformé davantage ma vie que celle-ci : « Tout ce que vous faites à l'un de ces petits, c'est à Moi que vous le faites ». Si on songe que ces paroles sont celles de la Vérité incréée, celle de la bouche qui a dit : « Ceci est mon corpsceci est mon sang », avec quelle force on est porté à chercher et à aimer Jésus dans « ces petits », ces pécheurs, ces pauvres, portant tous ses moyens spirituels vers la conversion des âmes, tous ses moyens matériels vers le soulagement des misères temporelles.
Lettre à Louis Massignon, Tamanrasset, août 1916
Puisse JESUS régner en ces lieux où son règne
passé est si incertain ! Sur la possibilité de son
règne à venir, ma foi est invincible : Il a répandu
son sang pour tous les hommes, sa grâce est assez puissante
pour éclairer tous les hommes, « ce qui est impossible
aux humains est possible à Dieu » ; Il a commandé
à ses disciples d'aller à tous les hommes : «
Allez par toute la terre prêcher l'Evangile à
toute créature » ; et saint Paul a ajouté
: « la charité espère tout »J'espère
donc de tout mon coeur pour ces musulmans, pour ces Arabes, pour
ces infidèles de toutes races.
Lettre à M. de Castries, juin 1902
Seigneur Jésus,
aide-moi à vaincre
les obstacles
sur le chemin difficile de l'amour de tous mes frères
Seigneur Jésus,
apprends-moi l'humble et patient respect de l'autre
Seigneur Jésus,
apprends-moi l'amour gratuit de mon frère,
à l'image de notre Père, qui aime chacun de nous
infiniment.
Seigneur Jésus,
je crois que Tu veux agir par moi,
fais que je sois transparent et que je sois un reflet de Toi.
Seigneur Jésus,
fais que, par ma vie, je prêche l'Evangile en silence chaque
jour.
Oraison de la messe du bienheureux Charles de Foucauld :
Dieu notre Père,
Tu as appelé le Bienheureux Charles à vivre de ton
amour
dans l'intimité de ton Fils, Jésus de Nazareth.
Accorde-nous de trouver dans l'Evangile
le fondement d'une vie chrétienne de plus en plus rayonnante,
et dans l'Eucharistie, la source d'une fraternité universelle.
Par Jésus Christ
Chapelet : les mystères joyeux avec Charles de Foucauld
L'Annonce de l'ange à Marie
Vous êtes, mon Seigneur Jésus,
dans la sainte Eucharistie. Vous êtes là, à
un mètre de moi, dans ce tabernacle. Votre corps, votre
âme, votre Humanité, votre être tout entier
est là, dans sa double nature ; que Vous êtes près,
mon Dieu, mon Sauveur, mon Jésus, mon Frère, mon
Epoux, mon Bien-Aimé ! Vous n'étiez pas plus près
de la sainte Vierge, pendant les neuf mois qu'elle Vous porta
dans son sein, que Vous ne l'êtes de moi quand Vous venez
sur ma langue dans la Communion. Que je suis heureux !
Une communion, c'est plus que la vie, plus que tous les biens
du monde, plus que l'univers entier, c'est Dieu Lui-même,
c'est Moi, Jésus. Peux-tu Me préférer à
quelque chose ? Peux-tu, si tu M'aimes tant soit peu, perdre volontairement
la grâce que Je te fais d'entrer ainsi en toi ?... Aime-Moi
de toute l'étendue et dans toute la simplicité de
ton coeur.
La Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth
C'est la fête de Marie portant
Jésus en elle, comme nous après la sainte communion.
Ô Mère bien-aimée, vous qui portiez Jésus
si bien, apprenez-nous à Le porter quand nous venons de
Le recevoir et toujours ; quand nous venons de communier, Il est
en nous comme Il était en vous par son corps : toujours
Il est en nous comme Il fut en vous aussi, par son essence divine
Apprenez-nous à Le porter avec votre amour, votre recueillement,
votre contemplation, votre adoration continuelle, et en L'honorant
par cette couronne de toutes les vertus dont vous Lui faites comme
un lit de fleurs dans votre âme
Apprenez-nous à marcher dans les voyages que nous ferons
sur la terre et aussi dans tout le voyage de la vie, comme vous
marchiez dans vos voyages et comme vous fîtes tous les jours
de votre existence, les yeux sans cesse fixés sur Jésus
qui illumine notre âme comme une gerbe de feu. Oh oui, mon
Dieu, que tout ce qui n'est pas Vous nous soit comme une nuit
obscure, et que Vous, Vous illuminiez le fond de nos âmes
de votre clarté délicieuse.
La Nativité de Jésus à Bethléem
C'est à côté de
la crèche, entre Marie et Joseph, que je vous écris.
Il fait bien bon : au-dehors, c'est le froid et la neige, images
du monde. Mais dans la petite grotte, éclairée par
Jésus, qu'on est bien, comme elle est douce, chaude, lumineuse
!
Depuis un mois que je veille à ses pieds, la nuit, entre
ses saints parents, quand je Le regarde, quand Il vient dans mes
bras, sur mon coeur et dans mon coeur par la sainte communion,
Il me répète : « Volonté de Dieu, volonté
de Dieu ».
La Présentation de Jésus au Temple
Sainte Vierge, saint Joseph, présentez-moi,
présentez-nous à Jésus. Offrez-moi, offrez-nous
avec Jésus pour tout ce que s'offre Jésus, en union
totale avec Jésus, et à Jésus.
Offrez-moi dans la mesure où c'est la volonté de
Jésus, pour tous ceux pour qui je dois m'offrir plus particulièrement
; offrez-moi spécialement pour tous ceux pour qui il plaît
à Jésus que je m'offre spécialement, pour
les Algériens, les Marocains, les Sahariens, les Touareg
et les autres, que vous savez que Jésus veut. Priez pour
moi et pour eux. Offrez-moi maintenant, tous les jours de ma vie
et à l'heure de ma mort, à Jésus, pour Jésus,
pour tout ce que veut Jésus, comme victime appartenant
à Jésus.
Le Recouvrement de Jésus au Temple
« Ne saviez-vous pas que Je
me dois aux affaires de mon Père ? ». Mon Dieu,
que Vous êtes bon, Vous qui nous permettez de Vous appeler
« Notre Père » ! Qui suis-je pour que mon Créateur,
mon Roi, mon Maître souverain me permette de L'appeler «
Mon Père » ? Et non seulement me le permette,
mais me l'ordonne ! Mon Dieu, que Vous êtes bon ! Combien
je dois me souvenir, tous les moments de ma vie, de cet ordre
si doux ! Quelle reconnaissance, quelle joie, quel amour, mais
surtout quelle confiance il doit m'inspirer. Puisque Vous êtes
mon Père, mon Dieu, combien je dois toujours espérer
en Vous ! Mais aussi puisque Vous êtes si bon pour moi,
combien je dois être bon pour les autres ! Puisque Vous
voulez être mon Père et celui de tous les hommes,
combien je dois avoir pour tout homme, quel qu'il soit, quelque
mauvais qu'il soit, les sentiments d'un tendre frère !
Notre Père, notre Père, apprenez-moi à avoir
ce nom sans cesse sur les lèvres avec Jésus, en
Lui et par Lui, puisque pouvoir le dire est mon plus grand bonheur
Notre Père, notre Père, puissè-je vivre et
mourir en disant : Notre Père ; et par ma reconnaissance,
mon amour, mon obéissance, être vraiment votre fils
fidèle, un fils qui plaise à Votre Coeur. Amen.
Mon Père,
je remets mon esprit entre tes mains (Lc 23,46)
Mon Père
je m'abandonne à Toi,
fais de moi ce qu'Il te plaira.
Quoi que Tu fasses de moi, je Te remercie,
je suis prêt à tout, j'accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi,
en toutes tes créatures,
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains
;
je Te la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon coeur,
parce que je T'aime,
et que ce m'est un besoin d'amour de me donner,
de me remettre entre tes mains sans mesure,
avec une infinie confiance,
car Tu es mon Père.
II Histoire et rituel de l'adoration
1. Repères historiques
A partir de l'article « Eucharistie » dans le Dictionnaire de Spiritualité
L'Eglise a vu peu à peu les bienfaits de l'adoration eucharistique.
I ers siècles
Le Saint Sacrement est conservé
pour permettre aux malades et aux mourants de communier, c'est
le « pain de la route » : le viatique.
IV ème siècle
Dans les Constitutions apostoliques,
vers 370 : « Les diacres prendront les restes des saintes
espèces et les mettront dans le tabernacle ». On
prend l'habitude de s'agenouiller en signe d'adoration devant
le tabernacle.
L'adoration se manifeste aussi très tôt à
la messe, au moment de la communion : avant de communier, on s'incline
ou on se prosterne dans un geste d'adoration.
Saint Augustin le souligne : « Personne ne doit manger
la chair du Christ s'il ne l'a pas d'abord adorée. Non
seulement il n'y a pas péché à adorer avant
de manger, mais il y a péché à manger sans
adorer».
X-XI èmes siècles
C'est l'époque des grandes
controverses eucharistiques, où la foi en la présence
réelle est très attaquée.
XIII ème siècle
En réponse à ces
controverses se développe peu à peu le culte eucharistique
en dehors de la messe. Les fidèles demandent de plus en
plus à voir le corps du Christ : fixer les yeux sur l'hostie
est une profession de foi concrète. Alors les évêques
encouragent les célébrants à lever l'hostie
après la consécration, ainsi que le calice. De cette
époque date l'élévation.
En Belgique naît la Fête-Dieu, fête du Saint
Sacrement, qui est étendue, en 1264, à l'Eglise
tout entière. Il manquait au calendrier liturgique une
fête annuelle en l'honneur de Jésus tout entier présent
dans l'Eucharistie. L'exposition du Saint Sacrement devient alors
une pratique courante.
XVI ème siècle
Concile de Trente : l'Eucharistie
est sacrifice et mémorial, où les fidèles
reçoivent le Christ tout entier, réellement présent
sous le signe du pain et du vin.
Le bien-fondé de l'adoration apparaît clairement.
Sur cette base doctrinale, le culte eucharistique prend son essor.
C'est ainsi qu'en 1538 commence, à Rome, l'adoration nocturne,
ce qui rend possible l'adoration perpétuelle.
XVII ème siècle
L'adoration perpétuelle
se répand dans plusieurs communautés religieuses.
XIX ème siècle
En 1856, Pierre-Julien Eymard
fonde, en Isère, la congrégation des Pères
du Saint-Sacrement et des Servantes du Saint-Sacrement, dont la
mission est d'adorer perpétuellement. En 1885 commence
l'adoration perpétuelle au Sacré-Coeur, à
Paris. C'est le début d'une vague puissante de dévotion
eucharistique, qui touche aussi bien les congrégations
que les paroisses où les laïcs s'organisent en associations
d'adorateurs, les « confréries du Saint Sacrement
». L'adoration eucharistique tient alors une grande place
dans la prière des saints de ces siècles : le curé
d'Ars, saint Pierre-Julien Eymard, le bienheureux Charles de Foucauld.
Et viennent les fruits : l'adoration est la source des grands
ordres missionnaires. C'est en s'imprégnant du Seigneur
qu'on reçoit le désir et la force de Le transmettre
à ceux qui ne Le connaissent pas encore.
Aujourd'hui, l'adoration eucharistique
connaît un véritable renouveau, dans le monde entier,
souvent à partir des enfants. Plus de 2500 paroisses à
travers le monde pratiquent l'adoration perpétuelle. En
France, l'institution de l'adoration eucharistique régulière
est aussi à l'origine de la régénération
de nombreuses paroisses.
L'enseignement du Concile de Trente
Décret sur le très Saint Sacrement de l'Eucharistie, 11 octobre 1551
« Le saint Concile enseigne et
professe ouvertement et sans détour que, dans le vénérable
sacrement de la sainte Eucharistie, après la consécration
du pain et du vin, notre Seigneur Jésus Christ, vrai Dieu
et vrai homme, est vraiment, réellement et substantiellement
contenu sous l'apparence de ces réalités sensibles.
Il n'y a en effet aucune opposition à ce que notre Sauveur
Lui-même siège toujours dans les cieux à la
droite du Père, selon un mode d'existence qui est naturel,
et à ce que néanmoins Il soit pour nous sacramentellement
présent en de nombreux autres lieux en sa substance, par
un mode d'existence que nous pouvons à peine exprimer par
des mots, et que nous pouvons cependant reconnaître et constamment
croire comme possible à Dieu, par notre pensée éclairée
par la foi.
Notre Sauveur, allant quitter ce monde pour le Père, a
institué ce sacrement dans lequel Il a en quelque sorte
répandu les richesses de son amour divin pour les hommes,
laissant un mémorial pour ses merveilles, et Il nous a
donné dans la réception de ce sacrement de célébrer
sa mémoire et d'annoncer sa mort jusqu'à ce qu'Il
vienne pour juger Lui-même le monde.
Il a voulu ce sacrement comme aliment spirituel des âmes
qui nourrit et fortifie ceux qui vivent de sa vie, Lui qui a dit
: « Qui Me mange vivra lui-même par Moi »,
et comme antidote nous libérant des fautes quotidiennes
et nous préservant des péchés mortels.
Il a voulu, en outre, que ce soit le gage de notre gloire à
venir et de notre félicité éternelle, en
même temps que cet unique corps dont Il est Lui-même
la tête et auquel Il a voulu que nous, en tant que ses membres,
nous soyons attachés par les liens les plus étroits
de la foi, de l'espérance et de la charité, en sorte
que nous disions tous la même chose et qu'il n'y ait pas
de divisions parmi nous.
La très sainte Eucharistie a, certes, ceci de commun avec
les autres sacrements qu'elle est le « symbole d'une réalité
sainte et la forme visible d'une grâce invisible ».
Mais ce que l'on trouve en elle d'excellent et de particulier
est que les autres sacrements ont la vertu de sanctifier lorsque
quelqu'un y a recours, alors que dans l'Eucharistie se trouve
l'auteur même de la sainteté avant qu'on ne la reçoive.
En effet, les apôtres n'avaient pas encore reçu l'Eucharistie
de la main du Seigneur qu'Il affirmait pourtant que c'était
vraiment son Corps qu'Il présentait ; et ce fut toujours
la foi dans l'Eglise de Dieu que, immédiatement après
la consécration, le véritable corps et le véritable
sang de notre Seigneur se trouvaient sous les espèces du
pain et du vin en même temps que son âme et sa divinité.
Certes, si le corps se trouve sous l'espèce du pain, et
le sang sous l'espèce du vin par la vertu des paroles,
le corps lui-même est aussi sous l'espèce du vin,
le sang sous l'espèce du pain, et l'âme sous les
deux espèces, en vertu de cette connexion naturelle et
de cette concomitance qui unissent entre elles les parties du
Christ Seigneur qui, ressuscité des morts, ne meurt plus
».
Le Corps mystique de Jésus Christ et notre union en Lui
Pie XII, Lettre encyclique Mystici Corporis Christi, 29 juin 1943
Le Christ nous embrasse d'une connaissance infinie et d'un amour éternel
C'est dès avant l'origine du
monde que le Fils unique de Dieu nous a embrassés de sa
connaissance éternelle et infinie et de son amour sans
fin. Et c'est afin de manifester cet amour d'une manière
visible et vraiment admirable qu'Il s'est uni notre nature dans
l'unité de sa personne.
Par la vision bienheureuse dont Il jouissait déjà,
à peine conçu dans le sein de sa divine Mère,
Il se rend constamment et perpétuellement présent
tous les membres de son Corps mystique, et Il les embrasse de
son amour rédempteur. O admirable condescendance envers
nous de la divine tendresse ! Et dessein inconcevable de l'immense
charité ! Dans la crèche, sur la croix, dans la
gloire éternelle du Père, le Christ connaît
et se tient unis tous les membres de son Eglise, d'une façon
infiniment plus claire et plus aimante qu'une mère ne fait
de son enfant pressé sur son sein, et que chacun ne se
connaît et ne s'aime soi-même.
De tout ce que nous venons de dire,
il est facile de comprendre pourquoi saint Paul écrit si
souvent que le Christ est en nous et que nous sommes dans le Christ.
On peut encore le prouver par une raison plus subtile : le Christ
est en nous, par son Esprit même, qu'Il nous communique,
et par lequel Il agit en nous de telle sorte que tout ce que le
Saint-Esprit opère en nous de divin, il faut dire que c'est
le Christ qui l'y opère. « Si quelqu'un n'a pas
l'Esprit du Christ, dit l'Apôtre, celui-là n'est
pas du Christ ; mais si le Christ est en vousvotre esprit est
vie à cause de la justice », Rom. VIII, 9-10.
C'est par cette même communication de l'Esprit du Christ
qu'il se fait que l'Eglise est comme la plénitude et le
complément du Rédempteur ; car tous les dons, toutes
les vertus, tous les charismes qui se trouvent éminemment,
abondamment et efficacement dans le Chef, dérivent dans
tous les membres de l'Eglise et s'y perfectionnent de jour en
jour, selon la place de chacun dans le Corps mystique de Jésus
Christ : ainsi peut-on dire d'une certaine façon que le
Christ se complète à tous égards dans l'Eglise.
Et par ces mots, nous touchons la raison même pour laquelle
le Chef mystique qu'est le Christ et l'Eglise, qui sur terre est
comme un autre Christ et en tient la place, constituent un homme
nouveau unique dans lequel le ciel et la terre s'allient pour
perpétuer l'oeuvre de salut de la croix : à savoir
le Christ, Tête et Corps, le Christ total.
L'habitation du Saint-Esprit dans les âmes
Il importe de remarquer qu'il s'agit
ici d'un mystère caché qui, dans l'exil de cette
terre, recouvert qu'il est d'un certain voile, ne pourra jamais
être totalement pénétré et exprimé
en langage humain. Les personnes divines sont dites habiter en
nous ; en tant que présentes d'une façon impénétrable
dans les créatures vivantes douées d'intelligence,
elles s'en laissent atteindre par voie de connaissance et d'amour,
mais d'une manière qui dépasse toute la nature et
qui est absolument intime et unique.
Si nous voulons pourtant tenter d'en avoir au moins quelque idée,
nous ne devons pas négliger cette méthode que dans
de pareils sujets recommande le Concile du Vatican : pour s'efforcer
de trouver la lumière qui permettra de discerner au moins
un peu les secrets de Dieu, comparer les mystères entre
eux et avec la fin dernière à quoi ils sont ordonnés.
Notre très sage prédecesseur, Léon XII, d'heureuse
mémoire, a donc raison, en parlant sur le même sujet
de notre union au Christ et de l'habitation en nous du Saint-Esprit,
de tourner nos regards vers cette vision béatifique où,
dans le ciel, cette même union mystique trouvera sa consommation
et son achèvement :
« Cette union admirable qu'on appelle inhabitation, dit-il,
ne diffère que par la condition ou l'état de celle
où Dieu embrasse ses élus en les béatifiant
».
C'est dans cette vision que, d'une façon inexprimable,
il nous sera donné de contempler le Père, le Fils
et l'Esprit divin des yeux de notre esprit renforcés d'une
lumière divine, d'assister nous-mêmes de très
près pendant toute l'éternité aux processions
des Personnes divines, et d'être comblés d'une joie
très semblable à celle qui fait le bonheur de la
très sainte et indivisible Trinité.
'
L'Eucharistie, signe d'unité
Ce que nous avons exposé jusqu'ici
de cette très étroite union du Corps mystique du
Christ avec son Chef nous semblerait incomplet si nous n'ajoutions
au moins quelques mots sur la sainte Eucharistie, par laquelle
une telle union trouve comme son sommet en cette vie mortelle.
Car, par la volonté du Christ Notre Seigneur, ce lien admirable,
qu'on n'exaltera jamais assez, qui nous unit entre nous et avec
notre divin Chef, est manifesté d'une manière spéciale
aux fidèles par le Sacrifice eucharistique.
Là, en effet, les ministres sacrés ne tiennent pas
seulement la place de notre Sauveur, mais de tout le Corps mystique
et de chacun des fidèles ; là encore, les fidèles
eux-mêmes, unis au prêtre par des voeux et des prières
unanimes, offrent au Père éternel l'Agneau immaculé
rendu présent sur l'autel uniquement par la voix du prêtre
; ils le Lui offrent par les mains du même prêtre,
comme une victime très agréable de louange et de
propitiation, pour les nécessités de toute l'Eglise.
Et de même que le divin Rédempteur mourant sur la
croix s'est offert, comme Chef de tout le genre humain, au Père
éternel, ainsi, en cette offrande pure, non seulement Il
s'offre comme chef de l'Eglise au Père céleste,
mais en Lui-même Il offre aussi ses membres mystiques, puisqu'Il
les renferme tous, même les plus faibles et les plus infirmes,
dans son Coeur très aimant.
Le sacrement de l'Eucharistie, tout en constituant une vive et
admirable image de l'unité de l'Eglise - puisque ce pain
destiné à la consécration est formé
de beaucoup de grains - nous communique l'auteur même de
la grâce céleste pour que nous puisions en Lui cet
esprit de charité par lequel nous vivons, non plus notre
vie, mais la vie du Christ, et par lequel aussi, dans tous les
membres de son Corps social, nous aimons notre Rédempteur
Lui-même.
Si donc, dans les circonstances si tristes qui nous angoissent
à l'heure présente, beaucoup s'attachent au Christ
Notre Seigneur caché sous les voiles eucharistiques, au
point que ni la tribulation, ni l'angoisse, ni la faim, ni la
nudité, ni les périls, ni la persécution,
ni le glaive ne puissent les séparer de son amour (Rom.
VIII, 35), alors sans aucun doute la sainte communion, providentiellement
ramenée de nos jours à un usage plus fréquent
même dès l'enfance, pourra devenir la source de cette
force qui va souvent jusqu'à exciter et entretenir l'héroïsme
chez les chrétiens.
2. Le rituel de l'adoration eucharistique
Notes pastorales sur l'adoration du Saint Sacrement
Extraits - du Rituel de l'Eucharistie
en dehors de la messe, 1983
- de l'instruction Redemptionis sacramentum, 2004
I La messe et l'exposition du Saint Sacrement.
a. La messe est la source, le sommet et le centre de toute la vie chrétienne, car l'Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l'Eglise : le Christ lui-même. Lui qui est immolé dans le Sacrifice de la messe, Lui, l'Emmanuel, est au milieu de nous et habite parmi nous, plein de grâce et de vérité. A Lui est dû le culte d'adoration que l'on doit au vrai Dieu, sans oublier qu'il a été institué par le Seigneur pour être mangé.
b. L'adoration du Saint Sacrement conduit et favorise la communion avec le Christ, dont le sommet est la communion sacramentelle. Elle y conduit et/ou la prolonge. Il ne peut y avoir exposition du Saint Sacrement et célébration de la messe en un même lieu et au même moment. Il est bon de consacrer à la messe l'hostie qui sera ensuite adorée tout au long de l'exposition.
c. La contemplation de Jésus présent dans le Saint Sacrement, en tant qu'elle est communion de désir, unit étroitement le fidèle au Christ.
II La mission du pasteur auprès des fidèles
a. « Le culte rendu à l'Eucharistie en dehors de la messe est d'une valeur inestimable dans la vie de l'Eglise. Ce culte est étroitement uni à la célébration du Sacrifice eucharistique. C'est pourquoi il convient de garder l'Eglise ouverte au moins quelques heures par jour. Il revient aux pasteurs d'encourager, y compris par leur témoignage personnel, le culte eucharistique, particulièrement les expositions du Saint Sacrement, de même que l'adoration devant le Christ présent sous les espèces eucharistiques », Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, § 25
b. Nourrir les fidèles (chants,
parole de Dieu, homélie, exhortation, intercession) et
garder un silence sacré.
c. Si on prie le rosaire en présence du Saint Sacrement,
il faut mettre en lumière la nature de cette prière
comme contemplation des mystères de la vie du Christ Rédempteur,
en recourant principalement à des lectures choisies dans
la Sainte Ecriture.
III La dimension commune
a. L'exposition solennelle et prolongée permet à la communauté des fidèles de méditer et d'adorer ce mystère plus longuement. Ainsi, elle favorise, nourrit et signifie l'esprit d'unité et de charité au sein de la communauté.
b. La forme d'adoration où les membres d'une même communauté se succèdent est digne d'éloge pour signifier qu'ils adorent et prient le Christ Seigneur au nom de toute la communauté et pour toute l'Eglise.
c. L'exposition faite uniquement pour la bénédiction est interdite.
IV Les formes différentes d'adoration
a. La visite au Saint Sacrement.
« Qu'au cours de la journée, les fidèles ne
négligent point de rendre visite au Saint Sacrement, car
la visite est envers le Christ notre Seigneur, présent
en ce lieu, une marque de gratitude, un gage d'amour et un hommage
de l'adoration qui lui est due ».
Paul VI, Mysterium Fidei, 1965
b. Les processions eucharistiques.
« La participation des fidèles à la procession
du Saint Sacrement lors de la solennité du Corps et du
Sang du Christ est une grâce du Seigneur qui remplit de
joie chaque année ceux qui y participent ».
Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia
c. L'exposition du Saint Sacrement.
Pour souligner la solennité de l'exposition, le ministre
revêt l'aube et l'étole. Le Saint Sacrement est exposé
sur l'autel principal, avec des cierges allumés et la possibilité
d'encenser. Le geste qui convient est la génuflexion, et
si possible un instant d'adoration à genoux.
V Oraisons pour la bénédiction du Saint Sacrement
Seigneur Jésus Christ,
dans cet admirable sacrement,
Tu nous a laissé le mémorial de ta passion.
Donne-nous de vénérer d'un si grand amour
le mystère de ton corps et de ton sang
que nous puissions recueillir sans cesse
le fruit de ta rédemption.
Toi qui règnes pour les siècles des siècles.
Amen.
***
Dieu notre Père,
nous croyons et nous affirmons que ton Fils, Jésus,
né pour nous de la Vierge Marie, mis en croix pour nous,
est présent dans le sacrement de l'Eucharistie.
Fais-nous trouver à cette source divine notre salut pour
toujours.
Par Jésus le Christ notre Seigneur.
***
Accorde-nous, Seigneur notre Dieu,
de célébrer comme il convient l'Agneau immolé
pour nous,
présent dans l'obscurité de ce mystère.
Nous pourrons alors Le contempler quand Il dévoilera Sa
gloire
Lui qui règne avec Toi pour les siècles des siècles.
***
Toi qui nous as donné, Seigneur,
le vrai pain du ciel,
accorde-nous de trouver dans cet aliment la force de ton Esprit,
pour vivre en Toi dès maintenant
et pour ressusciter dans la gloire au dernier jour.
Par Jésus le Christ notre Seigneur.
Que la foi nous éclaire, Seigneur,
et que l'amour nous brûle,
afin que nous puissions adorer en esprit et en vérité
Celui que nous reconnaissons dans ce sacrement
comme notre Seigneur et notre Dieu.
Lui qui règne avec Toi
***
Que le sacrement de l'Eucharistie, Seigneur,
où Tu veux bien refaire nos forces,
emplisse nos coeurs de Ton amour,
et nous fasse désirer les richesses du Royaume.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
***
Dieu qui as racheté tous les
hommes
par le mystère pascal du Christ,
protège en nous l'oeuvre de ton amour :
que nous puissions célébrer le mystère de
notre salut
de manière à en recueillir tous les fruits.
Par Jésus le Christ notre Seigneur.
III Venez, adorons-Le !
avec Marthe Robin et le Père Finet
Chapelet avec Marthe
et sa méditation du 13 octobre 1930
1. Dimanche. Cette journée s'est
passée dans une sainte joie que seul Dieu peut inspirer.
O Jésus, radieuse aurore des âmes qui Vous aiment,
illuminez ma voie.
Demain je vais recevoir la plus grande grâce qui peut être
accordée ici-baspuisque mon Sauveur et mon Dieu va venir
à moi. Que demander à Jésus si ce n'est qu'Il
s'empare réellement de mon coeur. Plus on donne à
Jésus, plus on aime à Lui donner ; et plus on aime
à Lui donner, plus Il aime à combler.
Résolution : redoubler de ferveur envers Jésus Eucharistie
et d'amour envers la sainte Vierge.
2. Sainte Communion. Que le Seigneur est admirable dans tout ce qu'Il fait, particulièrement dans l'Eucharistie ! Avec elle nous recevons toute la grandeur et la majesté de Dieu, toute la plénitude de sa Divinité ; toutes les vertus, toutes les perfections de sa Très Sainte Humanité, toute sa bonté et sa libéralité, toute sa miséricorde et tout son amour, enfin tous ses mérites qui sont inconcevables. Notre coeur devient le temple vivant de sa Divinité. Ce doux Sauveur prend ses délices quand le coeur Lui reste fidèle, et Il trouve ses délices en lui.
3. Qu'une âme est heureuse dans
ce « seul à seul » avec son Sauveur, dans le
sanctuaire de ce temple spirituel qui est son coeur.
Que je ne sois pas moins jalouse de garder mon coeur tout à
Dieu qu'Il ne l'est Lui-même de le posséder sans
partage.
Non, le Seigneur ne pouvait nous donner rien de plus que de se
donner à nous, nous ne pouvons nous-mêmes rien Lui
donner de mieux que notre coeur et tous les trésors de
notre coeur.
Jésus, le pain de qui je vis, l'eau vive qui apaise l'ardeur
de ma soif !
4. Vierge sainte ! Aujourd'hui, venez à mon aide, préparez
mon âme, qu'en tout j'accomplisse parfaitement la sainte
volonté de Dieu et que j'observe dans toute sa sublimité
la charité par l'amour. Apprenez-le moi bien, ô Vierge
!
Esprit Saint, accordez à mon âme indigente vos dons
précieux, afin qu'à l'instant où Jésus
va descendre, Il y trouve autant d'amour qu'Il en désire.
Mon Roi, mon Seigneur, mon Dieu ! Donnez-moi la simplicité,
la fidélité, la persévérance et toujours
plus d'amour, une plus solide union dans l'oraison et la sainte
communion. Que je vive toute fixée en Vous.
5. Marie, pleine de bonté, faites
les derniers préparatifs pendant que j'attends Jésus.
Maintenant, Seigneur, descendez dans le coeur de votre enfant.
O Jésus ! ma vie et mon courage, venez, j'ai tant besoin
de Vous pour résister aux attaques du démon et rester
vaillante et aimable envers tous. Faites que je Vous imite ! J'espère
tout de votre Bonté !
Âmes qui lirez ces lignes, aimez, suivez toujours Jésus
!
Quelques prières et conseils de Marthe pour adorer
Ô Marie ! ô ma sainte et bonne Mère ! donnez-moi, donnez à tous de comprendre la grande valeur du silence dans lequel on entend Dieu ! Apprenez-moi à me taire pour écouter la Sagesse Eternelle. Apprenez-moi à tirer du silence tout ce qu'il renferme de grand, de saint, de surnaturel, de divin ; aidez-moi à en faire une prière parfaite, une prière toute de foi, de confiance et d'amour [] capable de glorifier Dieu et de sauver les âmes. Ma vie vaudra ce que vaudra mon oraison.
12 janvier 1930
Ô mon Jésus ! ô mon
Maître adoré ! Je me donne, je me redonne, je m'abandonne
librement à votre miséricorde, à votre amour,
à votre intimité heureuse, douloureuse et glorieuse...
à votre intimité eucharistique.
26 janvier 1930
Puisque nous devons prier, puisqu'il faut prier : prions !... Prions avant de parler, avant de travailler ; prions dans l'action, prions dans le repos, prions au milieu des foules, prions dans la solitude, prions partout, prions sans interruption. La prière est une puissance d'apostolat mise à notre disposition. S'il y avait quelque chose de meilleur pour nous que la prière, notre Seigneur nous l'aurait appris ; mais Il a enseigné et Il nous recommande surtout de veiller et de prier... de faire pénitence.
29 janvier 1930
Ne récitons pas notre prière,
prions-la. C'est l'âme qui doit commander nos mouvements.
C'est l'âme qui doit ployer nos genoux, incliner notre corps.
C'est l'âme qui doit joindre nos mains, abaisser nos paupières
ou plonger nos regards vers le Ciel. C'est l'âme qui, montant
vers Dieu, entraîne tout l'être à sa suite.
C'est l'âme qui adore, qui glorifie, qui demande à
son Dieu pardon pour les péchés de tous, pour ses
péchés à elle.
29 janvier 1930
Ô ma Mère, demandez bien
à Jésus d'habiter en moi, près de moi, avec
moi, toujours avec le Père et le Saint-Esprit ! Faites
de moi une âme eucharistique.
18 février 1930
Que manque-t-il aux hommes pour qu'ils
retrouvent le bonheur ? []
Il leur manque le désir et la volonté de s'instruire
dans la science du divin amour. Il leur manque peut-être
aussi d'être assez humbles pour s'approcher de Dieu, pour
se laisser enseigner par Dieu.
22 février 1930
Si le monde désaxé court
à la dérive, c'est en grande partie parce qu'il
y a trop de mouvements, pas assez de prière, trop d'action
et pas assez d'adoration, trop d'oeuvres et pas assez de vie intérieure.
4 mars 1930
Dieu ne fera jamais rien de grand d'une
âme qui ne s'efforce pas de vivre tous les jours dans son
intimité.
8 avril 1930
Tous les jours où je n'ai pas
le suave bonheur de recevoir la Sainte Eucharistie et plusieurs
fois dans la journée, je fais la communion spirituelle,
la communion d'esprit et de coeur. Dans ma vie de malade, qu'il
m'a été doux de communier de désir En communiant
ainsi je ne dérange pas mon père, je n'occupe personne,
je ne dépends que de mon doux Jésus. Si je n'avais
pas su cette manière de faire la communion, je n'aurais
pas pu vivre.
Ma prière principale dans la communion est de demander
au Dieu Tout Puissant et distributeur de toutes grâces de
me faire avancer dans la voie montante de la croix, d'être
toujours plus pure, d'augmenter mon amour, car je veux faire par
amour tout ce que l'amour me commande.
Il n'est point d'autre façon où notre Sauveur nous
donne une plus éclatante preuve de son amour et de sa tendresse
que dans le sacrement de l'Eucharistie, dans cet anéantissement
de Lui-même pour se donner en nourriture à nos âmes.
Ô Jésus ! Soyez dans mon coeur, soyez dans toutes
mes oeuvres []. Mon Sauveur a tout accepté pour l'amour
de nous, je veux faire tout ce qu'Il voudra pour l'amour de Lui.
7 septembre 1930
Contempler Dieu longuement... Le contempler tout le temps. L'âme devient belle en se nourrissant de la Beauté... elle devient bonne en s'abreuvant à la Bonté elle devient aimante en s'inondant dans l'Amour.
15 janvier 1931
Si je suis l'ostensoir de Dieu, si je
veux Le faire aimer, Le voir régner, je dois Le porter
en moi, non comme un mort dans son linceul, mais comme l'hostie
dans l'ostensoir.
26 février 1932
La méditation a pour
fin de rendre à Dieu nos devoirs, et le premier devoir
dû à Dieu est l'adoration.
N'est-il pas juste en approchant de Dieu de Le saluer par les
titres qu'Il a bien voulu nous faire connaître ? Il est
notre lumière, notre consolation, notre force, notre soutien,
notre protecteur, notre aliment, notre vie.
Ne ferions-nous que répéter lentement et respectueusement
chacun de ses titres en ajoutant à chacun : « ayez
pitié de nous », qu'il y aurait quelque chose de
bien pieux, de bien doux, de bien utile pour nous.
Le second devoir dû à Dieu
est la louange.
N'est-il pas juste aussi en nous approchant de Dieu de Le louer
?... Il est la souveraine Beauté, la souveraine Sagesse
[] ! Il est la Miséricorde qui ne s'épuise jamais...
la Bonté qui ne défaille pas [].
Et ne ferions-nous que Lui dire : ô Dieu, nous Vous louons
!... ô Dieu nous Vous aimons... nous Vous bénissons...
nous Vous rendons grâce ! N'y aurait-il pas quelque chose
de bien vertueux, de bien généreux, de bien aimant
?
Le troisième devoir envers Dieu,
c'est la reconnaissance.
N'est-il pas juste encore en approchant de Dieu de Le remercier
? Que de grâces dans notre vie : grâce du saint Baptême,
grâce de l'éducation chrétienne, de la première
communion, de la conversion, de la vocation, de la persévérance.
Grâces de l'intelligence, du coeur, de l'âme, de l'esprit,
du corps... Grâces pour ceux qui nous sont chers, pour nos
proches, pour tous.
Ne ferions-nous après l'énumération de toutes
ces grâces - et chacun en a de spéciales pour lui
- que répéter : merci mon Dieu ! Il y aurait quelque
chose de bien beau, de bien grand, de bien saint !
Le quatrième devoir dû
à Dieu est l'offrande de nous-même !
Il est très juste en nous approchant de Dieu, de nous rappeler
que [] nous nous sommes tout spécialement donnés
et consacrés à Lui [] pour qu'il fasse de nous tout
ce qu'Il voudra.
Il est mon Maître [], Il est mon
guide [], Il est mon directeur [], Il est
mon Père, mon Ami, mon Frère... Il est mon Dieu
[], je suis donc à Lui en toutes choses.
(non daté)
Une prière de saint Thomas d'Aquin que Marthe a méditée
Ô Vous qui m'aimez tant, Jésus
ici véritablement Dieu caché,
que votre bon plaisir soit mon plaisir, ma passion, mon amour
!
Vous avez vos desseins sur moi, faites-les moi bien connaître,
Donnez-moi de les suivre jusqu'au salut définitif de mon
âme.
Rendez-moi amère toute joie qui
n'est pas Vous,
impossible tout désir hors de Vous,
délicieux tout travail fait pour Vous,
insupportable tout repos qui n'est pas en Vous.
Faites-moi bien sentir
que toute oeuvre qui n'est pas faite pour Vous est inutile.
Que ma piété soit moins une habitude qu'un élan
du coeur.
Ô Jésus, mes délices
et ma vie, donnez-moi
d'être sans recherche dans mon humilité,
sans dissipation dans mes joies,
sans abattement dans mes tristesses,
sans rudesse dans mon austérité.
Donnez-moi de parler sans détour, de craindre sans désespoir,
d'espérer sans présomption, d'être pur et
sans tache,
de reprendre sans colère, d'aimer sans faux-semblants,
d'édifier sans ostentation, d'obéir sans réplique,
de souffrir sans murmure.
Bonté suprême, ô
Jésus, je Vous demande un coeur épris de Vous,
qu'aucun spectacle, aucun bruit ne puissse distraire ;
un coeur fidèle et fier qui ne s'abaisse jamais ;
un coeur indomptable toujours prêt à la lutte ;
un coeur libre jamais séduit, jamais esclave ;
un coeur droit, qu'on ne trouve jamais dans les voies tortueuses.
Quant à mon esprit, Seigneur,
faites que tourmenté du besoin de Vous connaître,
ardent à Vous chercher,
Il sache Vous rencontrer, Vous la sagesse suprême.
que, confiant et calme, il attende vos réponses,
et que sur votre parole, tranquillement il repose.
Extraits de sa conférence sur la prière, lors de la retraite fondamentale
Il n'y a pas de méthode d'oraison.
Il faut accepter d'être toujours pauvre et de recommencer
tous les jours, car on n'est jamais des spécialistes de
l'oraison. On a la tentation d'abandonner, parce qu'on n'acquiert
pas une possession, un avoir, mais tout se fait sous le souffle
de l'Esprit Saint [].
L'oraison, c'est la transformation de notre coeur dans le Coeur
du Christ. C'est un mystère de noces, Jésus est
l'Epoux et nous l'épouse. Nous apportons notre bonne volonté,
l'eau, comme le serviteur à Cana. Jésus transforme
cette bonne volonté en son amour, le vin, qui prend possession
de notre coeur dans son Coeur : unité d'amour divin qui
prend tout. Marie est le milieu divin de notre oraison. Invitons-la
toujours. Elle peut pacifier notre imagination pour un silence
plus profond d'amour. Elle est la « conseillère des
noces » (saint Thomas d'Aquin). Elle présente notre
âme à Dieu pour hâter l'heure de l'unité,
de l'union de l'Epoux et de l'épouse []
Pour entrer dans l'oraison, il y a deux voies. La première
: la méditation, et la deuxième, l'adoration. J'insiste
ici sur l'adoration.
L'adoration
C'est un acte volontaire très simple. Il dépend de ma liberté, de ma volonté d'adorer. Tout le monde peut adorer. C'est la volonté de remettre tout ce que nous sommes dans les mains du Père. Elle nous met immédiatement en présence de Dieu.
Commençons toujours notre prière
par des actes d'adoration : « Seigneur, je veux Vous adorer,
Vous êtes mon Créateur, à qui je veux tout
donner : coeur, intelligence, volonté ». C'est la
pauvreté radicale.
Supplions Jésus de nous aider. Dès que Jésus
est présent, nous sommes dans le silence de Dieu, silence
d'amour. Il ne faut pas chercher en premier lieu le silence, car
la nature a horreur du vide. Si on cherche pour prier à
arrêter les sens externes, l'imagination bat la campagne.
Le silence ne doit pas précéder l'amour. Le silence
est un fruit de l'amour. Cherchez d'abord le coeur à coeur
de l'amour : cela vous établira dans le silence. Il faut
chercher à rejoindre Jésus pour une rencontre personnelle
d'amour.
Regardez ces deux fiancés qui parlent entre eux, le soir,
sur la route. Peu à peu, quand ils découvrent le
coeur à coeur, ils sont en silence : un silence d'amour.
Le silence est un fruit de l'amour. Quand on aime, on a le silence
intérieur. Donc, aimons toujours plus.
L'adoration est la première purification de notre vie.
Elle nous dépouille de nous-même pour voir Dieu.
Elle nous fait mourir à nous-même pour nous plonger
en Dieu totalement. C'est une mort anticipée. Il faut mourir
à soi-même pour se plonger en Dieu.
C'est pour cela qu'il ne faut pas avoir peur de proposer l'adoration
aux jeunes, car les jeunes meurent à eux-mêmes beaucoup
plus facilement que les vieux. Il ne faut pas avoir peur de parler
d'adoration, même à des enfants. L'enfant y est très
sensible.
N'ayez pas peur de beaucoup développer
chez l'enfant le sens de l'admiration. L'enfant admire, et admirer,
c'est contempler. Surtout, n'éteignez pas chez les enfants
le sens de l'admiration C'est extraordinaire !
« Admirer, c'est sortir de soi, c'est exploser vers l'autre.
Dès qu'il y a direction vers autrui, orientation vers l'autre,
il y a admiration ; et la connaissance, comme l'amour, implique
cette sortie de soi et cette explosion au-dehors. Les âmes
médiocres, repliées sur elles-mêmes, ne sont
pas capables d'admiration : qui ne veut rien perdre de soi ne
peut s'agrandir d'autrui » (Jean Lacroix).
C'est pour cela que l'enfant admire très facilement. Mais
il y a certaines mamans qui ne savent dire que trois choses à
leurs enfants : « Reste tranquille », « Tais-toi
», « Ne mets pas tes doigts dans le nez »On
éteint les enfants ! Dans notre classe maternelle, que
de fois nous sommes obligés de rallumer des enfants qu'on
nous donne comme élèves : on a tué en elles
l'admiration.
C'est tellement beau de voir, par exemple, une maman qui monte
là-haut sur la colline, au printemps, son enfant de quatre
ans est à côté d'elle. Il admire tout, il
ramasse toutes les fleurs des champs, et avec quelle fierté
il donne son bouquet : « Tiens, c'est pour toi ! ».
Moi, je prends ce bouquet et je le mets dans un très beau
vase, pour respecter l'admiration de l'enfant. Souvent on dit
: « Oh, c'est bien joli », et puis on le pose n'importe
où, sans faire attention Voyez comme il faut développer
le sens de l'admiration dans le coeur des enfants. C'est extrêmement
important [].
Admirer, c'est contempler. Quand on admire ses parents, on leur
ressemble. Quand on admire Jésus, on Lui ressemble.
Admirer, c'est devenir.
On peut toujours adorer, car l'adoration est un acte de notre
liberté.
« Esprit Saint, viens par le don de piété
au secours de notre faiblesse. Fais que ce don se prolonge en
attitude intérieure ».
Il faut faire des actes d'adoration tout le long du jour : sept
fois par jour.
Je cite ce chiffre parce qu'un Père qui venait juste d'être
nommé Père Abbé de sa Trappe avait remarqué
que ses trappistes étaient très affairés
à leur travail, mais que cela manquait plutôt d'intériorité.
Il les a appelés, chacun en particulier, mais sans le dire
aux autres : « Pendant ta journée de travail, tu
feras sept actes d'adoration profonde ». Après quelques
mois, le climat de la Trappe était totalement changé
: beaucoup plus spirituel.
Notez qu'un acte d'adoration est plus profond qu'une simple oraison
jaculatoire. Une oraison jaculatoire, c'est une ou deux secondes.
Un acte d'adoration, c'est facilement de quinze à trente
secondes pour vous resituer en face de Jésus. Il est tellement
nécessaire d'être des âmes d'adoration dans
ce monde qui n'adore plus.
C'est la remise totale de notre vie à Dieu. Nos actes d'adoration
sont à lier à l'adoration du Christ pour adorer
comme Lui, avec Sa Lumière, Son Esprit. Un seul acte d'adoration
du Christ pouvait racheter l'univers tout entier. Nous ne sommes
rien : Dieu nous a tout donné et nous dépendons
actuellement de Lui. Cela suppose une attitude d'abandon. L'adoration
nous met dans une attitude d'abandon.
Cette attitude d'abandon est très
nécessaire pour lutter contre l'angoisse. Nous sommes dans
un monde qui n'adore plus, un monde d'angoissés. L'adoration
aide à lutter contre l'angoisse.
Que de fois me dit-on : « Mais je ne peux pas sortir de
l'angoisse! ». Faites des actes d'adoration, de temps en
temps, plusieurs fois par jour, lentement Cela nous met dans l'abandon
à la volonté de Dieu. Cela nous sort de nous-mêmes
« Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-Le »
Encore un bref extrait des enseignements que le Père
Finet donnait le lundi en réunissant la communauté
du Foyer :
Le temps que tu passes à exposer ton âme aux radiations divines de l'hostie est plus avantageux pour toi que des travaux poursuivis fébrilement en dehors de Moi.
Je pense que cette citation restera
dans vos coeurs. Retenez-la bien.
Parfois, on est devant le Saint Sacrement et on ne trouve rien
à dire, mais on expose son âme aux radiations divines
de l'hostie. C'est bien dit, et c'est quelque chose de très
précieux pour nos âmes. Il ne faut pas croire que
votre prière est toujours bonne quand vous parlez, parlez,
parlezIl faut savoir se taire devant le SeigneurDieu seul connaît
la valeur de notre prière Même s'il nous semble que
nous sommes des bûches devant le Seigneur. Le seul jugement
que nous puissions porter sur notre prière, c'est sa fidélité.
Insistons sur la fidélité.
Je pense qu'étant parfois moins surmenés, il faut
alors renforcer la prière et parsemer nos journées
d'adoration.
13 septembre 1976
IV Florilège de textes et de prières
J'ai demandé une chose au
Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m'attacher à
son temple.
Ps. 26
Si nous savions adorer,
nous traverserions le monde
avec la tranquilité des grands fleuves.
Eloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre
Tant que l'Eucharistie est gardée
dans les églises et oratoires, le Christ est vraiment l'Emmanuel,
le « Dieu avec nous ». Car, jour et nuit, Il
est au milieu de nous et habite avec nous, plein de grâce
et de vérité ; Il restaure les moeurs, nourrit les
vertus, console les affligés, fortifie les faibles, et
invite instamment à L'imiter tous ceux qui s'approchent
de Lui, afin qu'à son exemple ils apprennent à être
doux et humbles de coeur, à chercher non leurs propres
intérêts, mais ceux de Dieu. Ainsi quiconque entoure
le vénérable Sacrement d'une dévotion particulière
et tâche d'aimer d'un coeur généreux le Christ
qui nous aime infiniment éprouve et comprend pleinement,
non sans joie intime ni fruit, le prix de la vie cachée
avec le Christ en Dieu ; il sait combien il est précieux
de s'entretenir avec le Christ et qu'il n'est rien de plus doux
sur la terre, rien de plus apte à faire avancer dans les
voies de la sainteté.
Vous savez aussi que l'Eucharistie est gardée dans les
églises et les oratoires comme centre spirituel de la communauté
religieuse et paroissiale, et même de l'Eglise universelle
et de l'humanité entière, parce que, sous le voile
des Saintes Espèces, elle contient le Christ, chef invisible
de l'Eglise, Rédempteur du monde, centre de tous les coeurs.
Par suite, le culte eucharistique porte vigoureusement les âmes
à l'amour « social », en vertu duquel nous
préférons le bien commun au bien particulier, faisant
nôtre la cause de la communauté, de la paroisse,
de l'Eglise universelle, et étendons la charité
au monde entier, sachant que partout il y a des membres du Christ.
Paul VI, Mysterium Fidei, 3 septembre 1965
Les différents sens du mot adoration, en grec et
en latin :
Le mot grec est proskynesis.
Il signifie le geste de la soumission, la reconnaissance de Dieu
comme notre vraie mesure, dont nous acceptons de suivre la règle.
Le mot latin est ad-oratio - contact bouche à bouche,
baiser, accolade et donc en définitive amour. La soumission
devient union, parce que celui auquel nous nous soumettons est
Amour. Ainsi la soumission prend un sens, parce qu'elle ne nous
impose pas des choses étrangères, mais nous libère
à partir du plus profond de notre être.
Benoît XVI
Célébration eucharistique, Marienfeld, 21 août
2005
Invocations à Jésus au Très Saint Sacrement
Ô Jésus, en cette hostie
où Tu es adorablement présent,
dans ce divin sacrement de ton amour,
Ô Jésus, je T'adore et je T'aime.
Sacrement d'amour infini,
oblation d'un Dieu qui s'offre comme victime pour nos péchés,
Ô Jésus, je T'adore et je T'aime.
Miracle au-dessus de tous les miracles,
force de notre faiblesse, Ò
plénitude de tous les dons,
Ô Jésus, je T'adore et je T'aime.
Insondable océan d'amour, de
pardon, de miséricorde,
Verbe pour nous fait chair,
Ô Jésus, je T'adore et je T'aime.
Pain vivant descendu du ciel,
don précieux qui surpasse tous les dons,
souvenir de ta Passion,
Ô Jésus, je T'adore et je T'aime.
Ô Jésus, par ton corps,
ton sang, ton âme, ta divinité,
ici présent sur l'autel,
sois le gage de notre immortalité future,
Ô Jésus, je T'adore et je T'aime.
Lecture de saint Thomas d'Aquin pour l'Office du Corps du Christ
Le Fils unique de Dieu, voulant nous
faire participer à sa divinité, a pris notre nature
afin de diviniser les hommes, Lui qui s'est fait homme.
En outre, ce qu'Il a pris de nous, Il nous l'a entièrement
donné pour notre salut. En effet, sur l'autel de la croix,
Il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père
afin de nous réconcilier avec Lui ; et Il a répandu
son sang pour qu'il soit en même temps notre rançon
et notre baptème : rachetés d'un lamentable esclavage,
nous serions purifiés de tous nos péchés.
Et pour que nous gardions toujours la mémoire d'un si grand
bienfait, Il a laissé aux fidèles son corps à
manger et son sang à boire, sous les dehors du pain et
du vin.
Aucun sacrement ne produit des effets plus salutaires que celui-ci
: il efface les péchés, accroît les vertus
et comble l'âme surabondamment de tous les dons spirituels
!
Il est offert dans l'Eglise pour les vivants et pour les morts
afin de profiter à tous, étant institué pour
le salut de tous.
Enfin, personne n'est capable d'exprimer les délices de
ce sacrement, puisqu'on y goûte la douceur spirituelle à
sa source ; et on y célèbre la mémoire de
cet amour insurpassable que le Christ a montré dans sa
passion.
Il voulait que l'immensité de cet amour se grave plus profondément
dans le coeur des fidèles. C'est pourquoi à la dernière
Cène, après avoir célébré la
Pâque avec ses disciples, lorsqu'Il allait passer de ce
monde à son Père, Il institua ce sacrement comme
le mémorial perpétuel de sa passion, l'accomplissement
des anciennes préfigurations, le plus grand de tous les
miracles ; et à ceux que son absence remplirait de tristesse,
Il laissa ce sacrement comme réconfort incomparable.