L'essentiel de la grâce
de Châteauneuf et de tous les Foyers
pour vous Parents, avec vos enfants et nous tous.
Le charisme des Foyers de Charité
Quel est donc le charisme
des Foyers de Charité ? Je le dirai avec un mot qu'on trouve
dans la 1ère épître de saint Pierre et qu'on
retrouve dans une révélation privée de Jésus
à Marthe, parlant de l'OEuvre des Foyers : « C'est
alors que Jésus me parla de l'OEuvre qu'il voulait réaliser
ici pour l'extension de son règne dans toute l'Eglise et
pour la régénération du monde tout
entier. »
1 Pierre 1, 3-9 : « Béni soit le Dieu et Père
de Notre Seigneur Jésus-Christ : dans sa grande miséricorde,
il nous a ré-engendrés (régénérés)
par la résurrection de Jésus Christ d'entre les
morts pour une vivante espérance, pour un héritage
exempt de corruption, de souillure, de flétrissure, et
qui vous est réservé dans les cieux, à vous
que, par la foi, la puissance de Dieu garde pour le salut prêt
à se manifester au dernier moment. Vous en tressaillez
de joie [cf. la joie des retraitants le samedi et le dimanche],
bien qu'il vous faille encore quelque temps être affligés
par toutes sortes d'épreuves [NB : on n'est pas sur un
nuage à la fin d'une retraite on reste bien dans le monde,
avec ses difficultés], afin que bien éprouvée,
votre foi, plus précieuse que l'or périssable que
l'on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange,
de gloire et d'honneur, lors de la Révélation de
Jésus-Christ. Sans l'avoir vu, vous l'aimez. Sans le voir
encore, mais en croyant, vous tressaillez d'une joie indicible
et pleine de gloire, sûrs d'obtenir l'objet de votre foi
: le salut des âmes. »
Voilà la première encyclique, voilà la grâce
du Foyer
Nous avons dans les Foyers
un autre vocabulaire pour dire presque la même chose : Foyer
de Lumière, de Charité et d'Amour (dans le "texte
fondateur") :
« Je compris à ce moment ce que je n'avais jamais
osé ou plutôt ce que je m'étais refusée
de croire jusqu'alors, c'est-à-dire que c'était
dans la paroisse même que devait s'accomplir cette OEuvre
que le Seigneur appelait : " la grande OEuvre de son amour
" [1° Marthe elle-même a eu besoin de temps, pour
découvrir peu à peu 2° le Seigneur a voulu que
l'OEuvre démarre dans cette paroisse-ci, et pas ailleurs
; 3° " la grande OEuvre de son Amour " : des mots
pleins, dont le contenu est encore à préciser] demandant
que l'on fasse sans tarder la première fondation par la
création d'une école pour enfants et jeunes filles
qu'Il promettait avec la Très Sainte Vierge de combler
de son amour et de leur divine protection, en disant que l'école
serait un jour une des branches de l'OEuvre d'un rayonnement efficace
[c'est-à-dire "qui porte des fruits"]. Après
cela, Jésus reparla de l'OEuvre : " sa création,
dit-Il, sera le refuge des grandes détresses humaines qui
viendront y puiser la consolation et l'espérance. Je veux
qu'elle soit un Foyer [noter le singulier] éclatant
de lumière, de charité, d'amour ; le centre
unique [au sens admiratif et non pas quantitatif] des grandes
résurrections spirituelles [cf. les retraitants, les élèves
aussi] après la défaite matérielle des peuples
et de leurs erreurs sataniques ; la maison de mon Coeur ouvert
à tous [nuance : ce n'est pas la maison qui est ouverte
à tous, mais le Coeur] Qu'on l'édifie donc sans
arrêt ! N'est-ce pas aux époques les plus mouvementées
et les plus troublées que s'est épanouie l'immense
et admirable floraison de mes oeuvres divines et de mon amour
? " ».
Foyer de Lumière : cette Lumière, c'est le
Christ, c'est tous les enseignements, les catéchèses,
les temps de prière, les retraites (y compris celles du
8 décembre avec les élèves). Nous mettons
l'accent sur la lumière. Voilà pourquoi des évêques
disent que les Foyers de Charité sont des "centres
de formation". Cette Lumière est la grâce de
tous les Foyers, sous toutes les latitudes et formes apparentes
extérieures.
Foyer d'Amour : Le but de cette Lumière n'est pas
d'accumuler des connaissances ou de savoir son catéchisme
par coeur Le but de cette Lumière est de découvrir
ou redécouvrir Dieu comme Amour. Les enseignements sont
à la fois le plus important de la retraite, mais ils ne
sont pas le sommet. Cette Lumière nous amène à
une relation et pas simplement à une compréhension.
Ou dit autrement: le but de la compréhension, c'est la
conversion, c'est le coeur, c'est la rencontre avec Dieu-Amour,
la découverte de la paternité de Dieu.
Foyer de Charité : Pour passer de la Lumière
à l'Amour, nous avons besoin de la " Charité
". Charité au sens de "communauté"
et non au sens humanitaire. Pour passer de la Lumière à
l'Amour, il faut le témoignage d'une communauté.
Un Foyer de Charité n'est pas un prédicateur tout
seul. C'est d'abord des personnes, une communauté de consacrés
dont un prêtre fait partie. Une communauté de "consacrés"
: les membres de Foyer ne sont pas là pour faire la cuisine,
nettoyer les couloirs, mais pour se donner totalement, du matin
au soir, à Jésus, à cette mission d'évangélisation
avec le prêtre, en complément les uns des autres,
et cela passe aussi par la cuisine et les couloirs.
Marthe était très attentive à ce que les
retraitants mangent bien, à ce qu'il puissent se reposer.
A un moment donné elle voulait qu'il y ait un fauteuil
dans chaque chambre, parce que la retraite c'est un tout. Ce n'est
pas seulement une session, avec de bons cours, des topos, etc
Non, une retraite c'est une régénération
de tout l'être. Donc c'est aussi pour le corps, pour la
vie intérieure, la vie personnelle. Or pour cela, il faut
le témoignage : ce que le prédicateur enseigne,
la communauté le vit. Ainsi, dans le silence, les retraitants
voient l'illustration, le vécu de ce qu'ils viennent d'entendre
de manière un peu "théorique" dans l'enseignement.
Dans les écoles du Foyer : quelle éducation ? quelle formation ?
Dans les écoles du
Foyer, nous visons une formation "intégrale"
c'est-à-dire une formation de la personne, dans ses
dimensions essentielles.
1- Pour nous, dans les écoles du Foyer, la religion
n'est pas un "secteur", un paramètre, elle
ne relève pas de la vie privée, comme dans la société
qui nous entoure. C'est l'âme de toute la personne, de chaque
enfant, de chaque élève. L'âme de toute la
personne actuelle et future.
2- C'est une éducation qui "met en place"
(un mot évangélique : « cherchez d'abord le
Royaume, et tout le reste se-mettra-en-place ») l'humanité
de quelqu'un. Une éducation de l'intelligence, de la volonté,
du corps, de la sexualité, de l'affectivité.
3- Apprendre à travailler, car c'est dans
ses activités qu'un être humain commence à
se réaliser et se sanctifie.
4- Nous visons aussi la formation de la conscience
: c'est bien autre chose que d'accumuler des informations (qu'on
peut trouver partout). C'est ce qui permet à l'élève
de devenir peu à peu responsable de soi, de ses choix,
de ses activités. En formant leur conscience, nous leur
apprenons à servir (un autre mot évangélique,
que Jésus a employé pour lui-même : «
le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour
servir, et donner sa vie ») : à la maison (ne pas
prendre la maison pour un restaurant ou un hôtel) ; servir
un projet à plusieurs ; servir une profession (= être
compétent) ; une famille ; l'Eglise, et même pour
certains, s'y consacrer.
Sans écarter ni les parents, ni les professeurs, le plus fort du témoignage dans les écoles vient de la présence constante et concrète des membres de Foyer au milieu des élèves. Il ne s'agit pas de parler de religion, ni de dire tout le temps des prières Il s'agit de travailler, de jouer et d'apprendre plein de choses en discipline personnelle. Et ça, c'est la mission des membres de Foyer. On n'éduque pas en profondeur en passant, ou avec simplement des flashs Un témoin exceptionnel peut éblouir par son témoignage, mais c'est la sainteté et l'amour exigeant au quotidien et dans les petites choses qui marque le plus les élèves. Souvent les anciens élèves nous disent : « Des bons profs, j'en ai rencontré ailleurs, des bons éducateurs aussi, mais cette manière d'être et de témoigner, au milieu de nous, du matin au soir, complètement disponibles, complètement présents, ça c'est quelque chose d'unique. Dans le fond, ici, j'ai été aimé. » Les beaux témoignages qui éblouissent éveillent, stimulent, mais on n'éduque pas un enfant avec des témoins qui passent. On éduque un enfant avec cette vie quotidienne qu'on vit ensemble et dans laquelle on l'appelle à grandir. C'est ce que je dis aux membres de Foyer en début d'année scolaire : si vous voulez que les élèves grandissent, commencez, vous, par grandir Voilà pourquoi notre vocation est splendide, mais très exigeante et totale.
Pour exprimer les qualités
qu'il faut aux membres de Foyer dans les écoles, je reprends
saint Paul, 1 Cor 13 : « L'amour est patient, serviable,
il ne fanfaronne pas [= ne se met pas en avant], il trouve sa
joie dans la vérité ».
Notre vocation est un don de soi en permanence, aux élèves,
tels qu'ils sont (chacun, et tels que sont les jeunes aujourd'hui),
à travers des contraintes de tous ordres (administratifs,
financiers, ), avec dans le coeur un but, une ambition : qu'ils
deviennent des hommes, des femmes sur qui la société,
une famille, l'Eglise, pourra compter.
Pour réaliser cela, nous avons un double "secret" :
Notre relation à Jésus, chaque semaine, comme Marthe l'a vécue pendant plus de 50 ans. Les formes extérieures ne sont pas pareilles, mais ce qui marque chacune de nos semaines, c'est une union exceptionnelle à Jésus à partir du jeudi soir, jusqu'au dimanche. Là est le Kérygme de la foi et de notre vie chrétienne.
Notre docilité reconnaissante, aimante, même amoureuse, à Marie, parce qu'elle est, elle, la Mère et l'Educatrice de toute l'Eglise (« Femme, voici ton Fils » : et c'est chacun de nous). Voilà pourquoi tous les matins nous disons la prière de consécration. Pour nous ce n'est pas une formule, mais c'est pour que nous, pères et membres du Foyer, nous soyons dociles à la grande Educatrice que Dieu a voulue pour les disciples et tous les chrétiens.
Les Ecoles du Foyer cherchent simplement, complètement, à être des Ecoles chrétiennes.
Aux Parents. Extraits. Ce
dimanche 25 novembre 2007
Père Bernard MICHON