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Sommaire
Février 2000
Décret d'approbation définitive
des Statuts des Foyers de Charité
Conseil Pontifical pour les laïcs
Rencontre avec les Foyers
de Charité :
Allocution de Mgr RYLKO, le 18 Janvier 2000 à Rome
Agrément du Conseil Pontifical pour
les laïcs
au choix du Père Michon comme successeur du Père
Ravanel
Allocution du Père MICHON
Restez ouverts aux appels
de l'Esprit
Mgr MARCHAND, évêque de Valence
Les Foyers de Charité en pèlerinage à Rome pour le Jubilé 2000
J.M.J. 2000 à Rome : Partir avec les Foyers de Charité
De toutes nations :
Au Foyer de Giheta, au Burundi
Au Foyer de Bujumbura, au Burundi
A Châteauneuf : engagement du Père Giraud, du Foyer de l'Ile Maurice
Allocution de Mgr Rylko, Secrétaire du Conseil Pontifical pour les
laïcs,
le 18 janvier 2000, à Rome
Chers amis,
Je suis heureux de vous transmettre les cordiales salutations du Conseil Pontifical pour les laïcs. Ma présence ici, parmi vous, veut manifester le lien d'amitié qui unit les "Foyers de Charités" et notre Dicastère. En effet, ces dernières années, nous avons eu l'occasion de travailler en étroite collaboration, dans le souci commun de perfectionner la rédaction de vos Statuts, afin qu'ils correspondent toujours mieux à votre charisme originaire.
Nous nous retrouvons aujourd'hui dans des circonstances particulièrement significatives : d'une part, l'Eglise célèbre le Grand Jubilé de l'An 2000 et d'autre part, la vie de votre Communauté est marquée par la réalisation de son Assemblée Générale qui constituera certainement un jalon important dans votre histoire ; en effet, c'est aussi le moment de la remise officielle du Décret d'approbation définitive des Statuts, qui vient couronner vos efforts au cours de ces dernières années. Cet acte est le signe de votre maturité ecclésiale.
L'événement jubilaire
Vous avez voulu faire précéder l'Assemblée Générale par un pèlerinage jubilaire à Rome. Cela montre que vous voulez être pleinement insérés dans le coeur de l'Eglise qui cette année vit un kairos spécial : c'est "l'année de grâce du Seigneur". Dans cette brève réflexion, je m'arrêterai tout d'abord sur cet événement jubilaire. Après en avoir présenté une lecture théologique, je chercherai à spécifier quelques défis se posant actuellement aux communautés nouvelles dans l'Eglise et donc aussi aux Foyers de Charité.
Le Saint Père nous explique le sens de cette année particulière : "Le temps du Jubilé nous introduit dans le vigoureux langage qu'emploie la pédagogie divine du salut pour inciter l'homme à la conversion et à la pénitence, principe et voie de sa réhabilitation, et condition pour retrouver ce qu'il ne pourrait atteindre par ses seules forces : l'amitié de Dieu, sa grâce, la vie surnaturelle, la seule où puissent être satisfaites les aspirations les plus profondes du coeur humain. L'entrée dans le nouveau millénaire encourage la communauté chrétienne à élargir son regard de foi vers des horizons nouveaux pour l'annonce du Règne de Dieu" (Incarnationis mysterium, 2).
Le temps sacré du Jubilé est, pour nous les disciples du Christ, un temps de retour à ce qui fait l'essentiel de notre vocation et de notre mission. C'est le moment privilégié de nous poser des questions fondamentales sur notre vie et sur notre engagement : que veut dire être disciples du Christ ? Que veut dire être chrétiens ? Malheureusement, le monde actuel ne nous rend pas ce devoir facile, parce qu'il nous propose des styles de vie superficiels et distraits, principalement basés sur le désir de consommer et la recherche du plaisir. La société nous propose une façon de vivre sans son fondement primordial qui est Dieu lui-même. Cette conception de la vie est en train de gagner aussi de nombreux chrétiens qui perdent de plus en plus le sens de leur identité.
Aujourd'hui, même dans les pays d'ancienne tradition chrétienne, nous sommes minoritaires. Mais là ne doit pas être notre premier souci. Notre problème principal n'est pas celui d'être des minoritaires dans nos sociétés, mais bien celui d'être marginaux. Et nous devenons marginaux bien souvent par notre faute, parce que nous n'avons plus le courage d'être ce que nous sommes, c'est-à-dire de vrais chrétiens. Le sel est "minoritaire", mais c'est lui qui donne saveur aux aliments. Or, le Grand Jubilé est un cri que lance l'Eglise à tous les baptisés pour leur faire retrouver leur véritable identité de chrétiens, identité devenue trop souvent voilée par l'incohérence et les compromis avec la mentalité du monde. C'est pourquoi le Pape parle avec tant d'insistance de Jésus Christ, le Seigneur de l'histoire, Celui qui est vivant et présent dans la vie de l'homme en toute époque : "La naissance de Jésus à Bethléem n'est pas un fait que l'on peut reléguer dans le passé. Devant Lui, en effet, prend place toute l'histoire humaine : notre présent et l'avenir du monde sont éclairés par sa présence. Il est le Vivant (Ap 1, 18) Celui qui est, qui était et qui vient (Ap 1, 4) ( ... ). En rencontrant le Christ, tout homme découvre le mystère de sa propre vie" (Ibidem, 1).
Le temps du Jubilé est donc un temps d'une nouvelle découverte du mystère du Christ Fils de Dieu fait homme pour notre salut mort et ressuscité pour nous. Et par conséquent c'est aussi le temps d'une nouvelle découverte de la vérité sur nous-mêmes : ce que nous sommes, en tant qu'hommes et en tant que chrétiens.
Pour vivre le mystère du Christ, il nous faut entrer dans l'esprit de Marie, humble servante de Nazareth. Personne au monde n'a su entrer, comme Elle, dans le dessein du Salut qui s'est manifesté dans le mystère de l'Incarnation et celui de la Rédemption. Marie est la première qui a suivi le Christ, elle est notre modèle, elle qui a su "garder et méditer dans son coeur" ces grands mystères de la foi.
Pour redonner vigueur à notre identité de chrétiens, le Saint Père nous propose un examen de conscience très concret. Dans son discours prononcé au cours de la dernière Assemblée plénière du Conseil Pontifical pour les laïcs, il disait entre autres : "Le rendez-vous jubilaire incite donc chaque laïc chrétien à se poser ces questions fondamentales : "Qu'ai-je fait de mon Baptême ? Comment est-ce que je réponds à ma vocation ? Qu'ai-je fait de ma Confirmation? Ai-je fait fructifier les dons et les charismes de l'Esprit ? Le Christ est-il le "Toi" toujours présent dans ma vie ? Mon adhésion à l'Eglise, mystère de communion missionnaire, ainsi que l'a voulu son Fondateur et telle qu'elle est réalisée dans sa Tradition vivante, est-elle vraiment pleine et profonde? Dans mes choix, suis-je fidèle à la vérité proposée par le Magistère ecclésial ?" (L'Osservatore Romano, Edition française, n. 1 Op. 6). C'est le grand défi qui se pose à chacun de nous, pendant cette année jubilaire celui de retrouver une identité chrétienne claire et transparente. Le monde a besoin de nous chrétiens, mais seulement en tant que "sel" et "lumière du monde".
La tâche n'est pas facile, mais le Pape ne se lasse pas d'être un "optimiste de la foi', lorsqu'il affirme dans le même discours : "Avec le Concile Vatican II, grand don de l'Esprit Saint à l'Eglise au déclin du deuxième millénaire (Tertio Millennio adveniente, n. 36), nous avons fait l'expérience de la grâce d'une Pentecôte renouvelée. Nombreux sont les signes d'espérance qui en ont jailli pour la mission de l'Eglise ; je n'ai jamais cessé de les indiquer, de les souligner, de les encourager. Je pense entre autres à la redécouverte et à la mise en valeur des charismes qui ont favorisé une communion plus vive entre les diverses vocations au sein du peuple de Dieu, à l'élan renouvelé de l'évangélisation, à la promotion des laïcs, à leur participation et à la coresponsabilité dans la vie de la communauté chrétienne, à leur apostolat et à leur service dans la société. A l'aube du Troisième Millénaire, ces signes incitent à attendre une épiphanie mûre et féconde du laïcat" (Ibidem, 3).
Que signifie être mouvements et communautés nouvelles dans l'Eglise ?
2. Voilà donc le premier grand défi lancé par ce Jubilé : retrouver et approfondir notre identité de chrétiens. Cependant, cette tâche concerne non seulement les personnes individuellement, mais aussi toute l'Eglise et les communautés chrétiennes qui la composent. Que signifie être Eglise ? Que signifie être mouvements et communautés nouvelles dans l'Eglise ? Ce sera là certainement un des points clés de votre Assemblée Générale. Vous n'ignorez pas en effet combien il est important aujourd'hui pour les chrétiens de prendre toujours plus conscience de la réalité profonde de l'Eglise : cette Eglise qui est sacrement universel du Salut, mystère de communion missionnaire, Corps mystique du Christ vivant aujourd'hui, qui est également institutionnelle et charismatique, Mère et Educatrice, cette Eglise qui resplendit de sainteté et qui est en même temps faite de pécheurs, cette Eglise qui est peuple de Dieu en marche vers la maison du Père. Comme il est important de redécouvrir toutes ces dimensions, toute cette richesse et beauté de l'Eglise du Christ !
Dans cette réflexion, je voudrais m'arrêter maintenant sur la question de la nature des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles qui sont un des signes si éloquents de cette richesse spirituelle de l'Eglise de notre temps. Le Saint Père, vous le savez, accorde une attention toute particulière à ces nouvelles formes de vie communautaire qui font l'objet de son grand souci pastoral. Il les indique comme "don de l'Esprit et motif d'espérance pour l'Eglise et pour les hommes". Nous avons tous très présent encore le souvenir de la rencontre du Pape avec les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles sur la place Saint Pierre, la Veille de Pentecôte 1998, et le Congrès mondial des mouvements ecclésiaux qui l'a précèdè´du 27 au 29 mai), auquel ont pris part quelques représentants des Foyers de Charités. Ce "témoignage commun" des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles a été un événement de grande envergure, sur lequel il conviendra de revenir souvent pour mieux comprendre ce que sont ces communautés nouvelles et ce qu'est leur mission dans l'Eglise et dans le monde.
Dans le cadre de ce Jubilé, on ne peut éviter de se poser la question : que sommes-nous dans l'Eglise en tant que communauté (ou mouvement) et quelle est notre vocation et notre mission spécifique ? Pour définir la nature théologique de ces communautés nouvelles, essayons d'en rechercher les principaux éléments constitutifs. En voici quelques-uns :
a. La personne du Fondateur : le Fondateur est le centre de la vie dans tous les mouvements ecclésiaux et dans toutes les communautés nouvelles, parce qu'il est porteur du charisme qui a donné naissance à ceux-ci et qui continue à les faire vivre. De par sa fonction particulière de fondateur (ou de fondatrice) celui-ci exerce, à l'égard des membres de la communauté, un rôle de paternité (ou de maternité) spirituelle et d'autorité, lié à sa personne. Et là, je dois donner un témoignage personnel à la suite de ma visite à Châteauneuf de Galaure, à la maison de Marthe Robin et au premier Foyer. Une heure passée dans la chambre de Marthe, dans la prière et l'écoute du récit que le Père Ravanel me faisait sur la vie de Marthe, m'a profondément impressionné. Puis j'ai lu ces mots de Jean Guitton qui m'ont frappé : "Marthe était simple. Comme un pain qu'on peut manger à toute heure du jour (..). Cependant, ce qui dominait chez Marthe, c'était son don de sacrifice, à l'imitation du Christ. Elle se sentait directement solidaire des autres. Le salut d'autrui concernait sa propre existence. Le conflit du bien et du mal était une bataille où elle s'exposait en première ligne, s'offrant seule pour l'expiation. Chez Marthe, le don était à l'état pur ; sans arrêt, sans discontinuité". Et les gens le sentaient quand ils venaient la rencontrer et continuent à le sentir encore aujourd'hui, quand ils viennent visiter sa maison.
b. Le charisme originaire : celui-ci est étroitement lié à la personne du fondateur et il est source de force spirituelle et de ce qui fait la nouveauté de cette communauté (ou mouvement ecclésial). En réalité ce type de charisme à l'origine d'une fondation donne vie à un nouveau mode de suivre le Christ et de participer à la mission de son Eglise. Le Pape décrit ainsi l'action d'un tel charisme : "De nos jours également, nous pouvons voir s'épanouir divers charismes parmi les fidèles laïcs, hommes et femmes. Ils sont donnés à une personne déterminée, mais ils peuvent être partagés par d'autres, de sorte qu'ils se maintiennent à travers le temps comme un héritage vivant et précieux, qui engendre une affinité spirituelle particulière entre de nombreuses personnes" (Christi fideles laici, n. 24). Par conséquent le charisme fait naître une communauté de personnes qui le vivent. Donné pour le bien de toute l'Eglise, le charisme a un caractère d'une portée universelle ; il attire, rassemble et entraîne les personnes les plus différentes de par leur culture, leurs traditions, leur âge. En tant que don de l'Esprit, il porte toujours une nouveauté de vie qui vient bouleverser radicalement la vie des personnes et l'histoire. Nous savons qu'il nous rejoint toujours comme un don gratuit qu'il nous appartient d'accueillir, mais n'oublions pas que, comme tout charisme, il doit être soumis au discernement et à une reconnaissance de la part des Pasteurs de l'Eglise (cfr. Christi fideles laici, n. 24). Pour ce qui est des communautés nouvelles cette reconnaissance se concrétise par tout ce qui est nécessaire pour procéder à l'approbation juridique des Statuts de la part de l'autorité ecclesiastique compétente. C'est seulement de cette façon que l'on obtient une garantie explicite de l'authenticité d'un charisme, et c'est ce qui s'est passé précisément dans votre cas. C'est alors que se présentent des tâches bien concrètes : chercher à connaître toujours mieux le charisme propre de la communauté (ou du mouvement), lui garder la plus grande fidélité, de la part de chaque membre individuellement comme de la communauté en tant que telle (ou mouvement) dans ses différentes expressions, et chercher à traduire en formes de vie et en actions concrètes. Toute Assemblée Générale offre aux membres l'occasion privilégiée d'une vérification dans ce sens.
c. Le ministère de Pierre : Les communautés nouvelles (ou mouvements) tout en vivant bien enracinées dans les Eglises locales, restent cependant très ouvertes à la dimension universelle de l'Eglise. C'est pour cette raison qu'elles ont une relation avec la personne du Successeur de Pierre. Le Cardinal J. Ratzinger a écrit à ce sujet : "La papauté n'a pas créé les mouvements, mais a été leur soutien essentiel à l'intérieur de la structure de l'Eglise, leur pilier ecclésial. En ceci se manifeste, plus que jamais le sens le plus profond et la véritable essence du ministère de Pierre" (Les mouvements ecclésiaux et leur lieu théologique, dans "Don de l'Esprit. Espérance pour les hommes" Ed. Des Béatitudes, 1999 p. 40). Tout cela explique non seulement le vif intérêt de Jean Paul Il envers les mouvements et les communautés nouvelles, mais aussi cette tendance naturelle des mouvements et des communautés nouvelles à s'adresser directement au Successeur de Pierre. Je crois que c'est aussi à cette lumière qu'il faut voir le sens de votre pèlerinage à Rome cette année.
Voici donc à grands traits votre identité en tant que communauté nouvelle au coeur de l'Eglise. Le Grand Jubilé est un puissant appel à approfondir cette dimension.
Le thème de l'identité chrétienne nous ouvre directement à celui de la formation
3. Le thème de l'identité chrétienne nous ouvre directement à celui de la formation. C'est un des défis les plus importants que doit affronter l'Eglise au seuil du troisième millénaire. En effet, les Evêques de tous les continents qui viennent au Conseil pontifical pour les laïcs, à l'occasion de leur visite ad limina, nous le confirment tous. Il existe aujourd'hui une nécessité urgente de nouveaux projets et méthodes de formation, devant correspondre aux conditions des hommes et des femmes de notre époque tellement marquée par le relativisme, la confusion et l'incohérence, par la "pensée faible" et par la "personnalité faible" (même parmi les chrétiens). C'est justement dans ce domaine, si important, que les communautés nouvelles (et les mouvements) offrirent à l'Eglise une contribution vraiment providentielle. Au cours de la Rencontre avec les mouvements d'Eglise, le 30 mai 1998, le Pape déclarait : "Dans notre monde, souvent dominé par une culture sécularisée qui crée et promeut des modèles de vie sans Dieu, la foi de tant de personnes est mise à dure épreuve et souvent étouffée et éteinte. On ressent donc, avec urgence, la nécessité d'une annonce forte et d'une formation chrétienne solide et approfondie. Et voici, alors, les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles : ceux-ci sont la réponse, suscitée par l'Esprit Saint, à ce défi dramatique de fin de millénaire" (Discours du 30 mai 1998, n. 7). La formation chrétienne est le domaine où l'originalité des méthodes pédagogiques propres aux différents charismes des communautés nouvelles s'exprime dans une grande variété. J'ai pu moi-même le constater au cours de ma visite à Châteauneuf de Galaure et à La Flatière : je crois que la formation des fidèles laïcs constitue le charisme principal des Foyers de Charité : je pense en particulier aux retraites spirituelles et à vos écoles dans plusieurs pays du monde. Votre charisme se situe donc au point plus névralgique de la mission de l'Eglise. Et c'est là aussi un grand signe d'espérance : un grand nombre de fidèles laïcs ressent une profonde exigence de formation et de lieux où trouver une solide nourriture spirituelle. Les Foyers de Charité sont des oasis d'espérance. A vous il est donné de servir et d'accompagner les plus grands miracles qui se réalisent dans les âmes de nombreuses personnes qui viennent chez vous pour une retraite. La conversion d'une personne est un grand événement, même si habituellement elle a lieu dans le silence et reste dans le secret du coeur. J'ai pu écouter à La Flatière des témoignages très émouvants de bien des personnes à la fin d'une retraite conduite par le Père Ravanel... C'est la meilleure preuve que la route que vous parcourez avec tant de générosité est bien juste. La moisson est vraiment abondante !
La formation proposée par différentes communautés nouvelles et mouvements ecclesiaux revêt différentes caractéristiques et il vaut la peine d'en souligner quelques-unes :
a. Formation christocentrique : Il s'agit d'une formation basée sur l'essentiel, sur la vocation qui découle de notre baptême. L'important est notre rencontre profonde avec la personne de Jésus-Christ, rencontre qui change radicalement notre vie, et porte à une authentique conversion.
b. Pédagogie intégrale et radicale : cette formation concerne toutes les dimensions de la personne. Les communautés nouvelles n'ont pas peur de proposer des exigences radicales, et c'est peut-être justement là le secret de leur expansion. Autrement dit, l'Evangile est pris au sérieux et on cherche à le vivre à fond. Et ce style de vie est source d'une véritable joie spirituelle : "Nous sommes des chrétiens heureux !" confiait un des participants du Congrès mondial des mouvements ecclésiaux.
c. Une forte identité chrétienne : c'est une formation qui fait grandir, chez de nombreux fidèles, une conscience vive et claire de leur vocation et de leur mission dans l'Eglise et dans le monde. Elle forme donc des personnalités chrétiennes mûres, ayant le sens d'une forte appartenance à l'Eglise et d'une fidélité inconditionnée à son magistère.
d. Une formation orientée vers la mission : les mouvements et les communautés nouvelles ont une capacité extraordinaire de réveiller chez les fidèles un grand élan apostolique et courage missionnaire. Ils aident à dépasser les barrières de la timidité, de la peur et des complexes d'infériorité vis-à-vis du monde. Ils visent surtout à l'annonce directe de la Parole de Dieu et la forme privilégiée de l'annonce est souvent le kerigma comme du temps des Apôtres. Avec audace, ils recherchent la nouveauté des moyens et des méthodes pour communiquer l'Evangile.
Avant d'achever mes réflexions, je voudrais répéter une fois encore que de nos jours il est extrêmement nécessaire d'offrir des lieux de formation chrétienne très vivants, où les chrétiens puissent redécouvrir la beauté, la fraîcheur et la nouveauté surprenante de l'Evangile et de la vocation chrétienne. Et pour cela il ne me reste qu'à vous souhaiter à tous que selon le souhait de Marthe Robin et en suivant fidèlement son charisme les Foyers de Charites sachent répondre toujours mieux à leur mission dans l'Eglise.
Remise du Décret d'approbation définitive des
Statuts
4. Aujourd'hui, avec la remise du Décret d'approbation
définitive de vos Statuts de la part du Conseil Pontifical
pour les laïcs, se tourne une page importante de votre histoire...
Quel sens donner à cet acte ? De la part de l'Eglise c'est
une claire expression de confiance à l'égard des
Foyers de Charité. Par ce Décret, l'Eglise vous
donne un nouveau signe de garantie de l'authenticité de
votre charisme et vous confirme dans le chemin que vous parcourez.
De là doit naître chez tous les membres une certitude
renouvelée de la validité et de l'importance de
la mission à laquelle ils se sont consacrés. La
remise du Décret d'approbation est donc un don particulier
du Seigneur qui s'inscrit profondément dans le cadre de
ce moment historique que nous sommes en train de vivre dans l'Eglise,
c'est-à-dire du Grand Jubilé. Comment ne pas remercier
le Seigneur pour un tel don jubilaire ! Notre Dicastère
s'unit volontiers à votre prière de gratitude et
de louange au Seigneur.
Mais, vous le savez, ce don est aussi quelque chose qui entraîne des devoirs. Dans la vie des Foyers de Charité se termine en effet une étape, mais il s'en ouvre une autre, non moins importante. L'effort de fidélité au charisme qui vous a été donné par l'Esprit Saint à travers la vie et l'uvre de Marthe Robin, avec l'aide du Père Finet, doit se poursuivre ou plutôt il doit devenir plus intense. De même en ce qui concerne le sens d'appartenance à l'Eglise et l'engagement généreux à sa mission. Vous devez continuer à suivre avec une attention vigilante la question de la formation des Membres des Foyers, et toutes les autres questions importantes dont nous avons beaucoup parlé ensemble au cours de ces dernières années.
En ce moment, je voudrais remercier tout spécialement
votre Conseil Central et en particulier le Père Jacques
Ravanel, pour l'esprit de collaboration, grâce auquel nous
avons pu arriver à l'heureuse conclusion des travaux préparatoires
à l'approbation canonique définitive Foyers de Charité.
Et n'oubliez pas que le Conseil Pontifical pour les laïcs
vous est toujours ouvert pour vous soutenir dans votre mission.
Que le lien d'amitié établi entre nous puisse continuer
dans l'avenir. Nous serons toujours heureux de recevoir vos nouvelles
sur la croissance et le développement de l'uvre qui a pris
naissance du charisme extraordinaire de la "petite Marthe"
pour la béatification de laquelle beaucoup sont en train
de prier. Bonne fin de pèlerinage et que le Seigneur vous
bénisse et vous éclaire avec les dons de son Esprit
à l'occasion de votre très prochaine Assemblée
Générale.
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Restez ouverts aux appels de l'Esprit |
Homélie de Mgr Didier-Léon
MARCHAND,
évêque de Valence, le 23 janvier 2000
En ce dimanche de joie, la Parole de Dieu nous
dit des choses importantes qui vont rejoindre votre assemblée
de tous les Foyers du monde. Cette Parole est un Appel puissant
qui s'adresse à Jonas, à Simon et André,
à Jacques et Jean et à chacun de nous.
En ce jour d'Assemblée des Foyers du monde, laissons donc
résonner en nous cette Parole, cette Bonne Nouvelle. Laissons-nous
séduire par cette Parole. Laissons-nous saisir, une fois
de plus et d'une manière encore plus totale par l'Esprit
qui guide l'Eglise et oriente la marche des Foyers.
Ecoutons de nouveau les appels de Dieu.
"Lève-toi, va à Ninive la grande ville païenne, proclame le message que je donne pour elle". Et "Jonas se leva et partit" "Venez derrière moi" dit Jésus à Simon et André et aussitôt "laissant leurs filets, ils le suivirent". Jésus appelle encore Jacques et Jean, et "laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent. derrière lui". Marthe aussi a répondu à l'appel de Dieu :"je ne demande rien, ni vivre, ni mourir, ni guérir, écrit-elle dans son cahier intime; et si je le pouvais, s'il m'était permis de choisir, je crois que je ne choisirais rien. Car ce que j'aime, c'est ce que Dieu fait en moi et pour moi ; c'est ce qu'il me demande pour lui en faveur des âmes".
Chacun et chacune de vous, membres des Foyers, Jésus vous a appelés et vous avez répondu. Et vous voilà ici, renouvelant votre réponse, la rendant encore plus totale. Et les Foyers eux-mêmes sont bien une réponse à un appel, une réponse vivante et concrète à ce qui était demandé à Marthe: "C'est alors que Jésus me parla de l'Oeuvre splendide qu'il voulait réaliser ici, à la gloire du Père, pour l'extension de son Règne dans toute l'Eglise et pour la régénération du monde tout entier..." Dés lors, avec le Père Finet, les Foyers commencent et prennent leur essor, cette nouvelle Pentecôte, bientôt se répand sur les cinq continents.
Et cette année 2000 voit l'Eglise donner
son décret d'approbation définitive pour les Foyers,
comme pour sceller en quelque sorte, d'une manière plénière
l'existence des Foyers au sein de l'Eglise.
A vous maintenant de produire des fruits nouveaux liés
à cette reconnaissance pour la "régénération
du monde entier". C'est là, oeuvre d'évangélisation.
A vous maintenant de prendre votre place sans peur dans les Eglises
locales comme dans l'Eglise universelle, avec le seul souci de
continuer à répondre à l'appel de Dieu avec
la même passion que Marthe.
A vous de faire en sorte que les Foyers soient "le refuge
des grandes détresses humaines qui viendront y puiser la
consolation et l'espérance" suivant l'expression
de Marthe. A vous enfin, de continuer à faire en sorte
que les Foyers soient éclatants de "lumière,
de charité et d'Amour". Qu'ils deviennent de plus
en plus la "Maison du coeur de Dieu ouverte à tous".
A vous d'accueillir et de faire rayonner cette nouvelle Pentecôte
d'Amour. Rappelez-vous cependant que "la mesure de votre
fécondité est proportionnée et s'adapte à
la mesure de votre sainteté". Rappelez-vous que vous
ne serez Foyer de Lumière, que si la transparence existe
entre vous membres d'un même Foyer et entre vous Foyers
présents à travers le monde. Rappelez-vous aussi
que vous serez Foyer de Charité que si vous êtes
dans l'unité - Foyer d'Amour que si vous êtes communautés
dans lesquelles se vit une vraie vie de famille comme le demandent
vos statuts en vous "efforçant de faire le Foyer"
dans l'amour fraternel.
Oui, la réponse totale à l'Appel de Dieu conduit aussi à ce que nous voyons aujourd'hui dans les Foyers. Restez donc "ouverts aux appels de l'Esprit" comme le demandent vos statuts, aujourd'hui définitivement adoptés. Car l'Appel de Jésus n'a jamais fini de retentir en nous. La réponse qu'il vous faut sans cesse réactualiser vous invite à être dans l'Eglise des lieux de ressourcement spirituel pour tous ceux et toutes celles qui viendront "chercher la lumière du Christ et recevoir l'enseignement de l'Eglise" (Décret de 1986). Cette réponse vous engage à vous sanctifier sans cesse et à mettre en oeuvre les exigences d'une formation continue pour vous tous, et une formation initiale pour les nouveaux membres. Cette formation spirituelle vous permettra de répondre aux appels d'hommes et de femmes en manque de sens. Elle vous permettra d'évangéliser ceux et celles qui viennent et par eux d'apporter des réponses et de proposer la foi dans la société actuelle, ce monde a besoin d'être transformé, "Le monde tel qu'il est, nous dit St Paul, est en train de passer". En Jésus les espérances humaines peuvent trouver sens, car l'Evangile est le salut définitif apporté à l'homme par Jésus Christ. Tous ceux que vous accueillez viennent de ce monde d'aujourd'hui. En repartant de chez vous, nourris de la Parole de Dieu, réconfortés par les sacrements, enrichis du message de l'Eglise, ils sont replongés dans la société actuelle, avec la capacité que donne la grâce, d'être ferment et lumière. Cela exige que, comme les premiers chrétiens, vous soyez fascinés par l'Evangile, et que vous vous redonniez, jour après jour à Celui qui vous a appelés, Jésus le Christ.
Dans cette famille des Foyers, Marie est la Mère. Regardons Marie avec les yeux de Marthe. "La belle mission de Marie est d'amener à Jésus tous ceux qui vont à elle. Faisons-nous bien petits dans les bras de notre Mère aimée. Plaçons-nous tout près d'Elle. Elle nous apprendra notre devoir. Elle nous dira que notre devoir, et tout notre devoir de chrétiens est de ressembler à Jésus, et qu'il n 'y a toujours, en tout temps et en tout lieux qu'une manière de lui ressembler : se renoncer à soi-même, prendre sa Croix et le suivre. Mais elle nous dira aussi ce qu'elle sait par expérience ; c'est qu'avec Jésus, se renoncer, prendre sa Croix et le suivre en la portant, ce n'est pas mettre des boulets à ses pieds, mais des ailes à son coeur, de la joie, du bonheur, du ciel dans sa vie. C'est monter, c'est se rapprocher de Dieu pas à pas... "
Chers amis des Foyers du monde, je vous souhaite
une joyeuse année jubilaire pleine des grâces
que le Seigneur attache à ce jubilé. Tous ensemble
nous rendons grâce pour ce que le Seigneur fait par vous.
Nous rendons grâce pour tous les Pères des Foyers
et spécialement le Père Finet, le Père Ravanel
qui termine aujourd'hui la charge qu'il a reçu et qu'il
a accomplie avec beaucoup de compétence, de dévouement
et d'amour, et le Père Michon qui vient de recevoir cette
mission pour les années qui viennent. Celui qui reçoit
la charge, reçoit aussi la grâce. Qu'il assume donc
cette charge sans crainte, dans le dialogue, l'écoute et
le souci de garder le cap. Marthe est là aussi.
Enfin que ce Sanctuaire du Foyer-centre, que j'ai choisi comme
un des lieux jubilaires du diocèse de Valence, soit lieu
d'accueil, de réconciliation, de miséricorde. Qu'il
soit le lieu du pardon. Qu'il soit lieu d'engagement et de fécondité
du Foyer au sein de notre Eglise diocésaine. Et que tous
les Foyers soient dans leur Eglise diocésaine, de vrais
centres où brille la flamme de l'Amour de Dieu pour tous.
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Avec le Coeur des Foyers au Coeur de l'Eglise
Ce n'était pas une visite ordinaire à Rome. C'était un jubilé qui nous mettait en route, un pèlerinage aux tombes de Pierre et de Paul. Nous avons fêté leur martyre et avons été fortifiés dans la certitude que le Dieu vivant est avec nous, tous les jours jusqu'à la fin du monde. Comme des frères dans la foi, nous avons franchi ensemble la Porte Sainte, comme une seule grande famille venue de tous les coins du monde.
Nous avons vécu des jours inoubliables. Le soleil brillait en abondance dans le ciel bleu, mais aussi dans nos coeurs. Dans la Semaine de Prière pour l'Unité des chrétiens, nous avons pu goûter l'unité des Foyers répandus dans les différents continents. Dans leur diversité, les délégués des Foyers rayonnaient l'unité que le Christ a voulu donner.
Beaucoup de points culminants se sont succédés, mais tous avaient comme fondement de nous confirmer dans notre vocation de Foyer. Au coeur de l'Eglise nous avons goûté la valeur de l'héritage que Marthe et le Père Finet ont laissé à l'Eglise d'aujourd'hui et de demain. Le Coeur des Foyers battait au Coeur de l'Eglise L'approbation définitive des Statuts par le Conseil Pontifical pour les laïcs ne pouvait être donnée à un meilleur moment. Avec confiance et pleins de dynamisme, nous continuons le travail pour la Grande uvre que Jésus a confiée à Marthe.
Père Moonen et Rachel
Vivre l'événement jusqu'à la source
Au retour de quelques jours de pèlerinage
à Rome, les souvenirs sont encore présents, colorés,
ensoleillés et nombreux. Mais plus qu'un souvenir, je garde
surtout l'impression d'avoir vécu l'événement
au quotidien, jusqu'au bout.
Vivre l'événement continuellement.
Et dès le début, lorsque venant de tous les Foyers,
nous nous sommes retrouvés tout petit peuple mais belle
famille, diverse, de toutes langues et expressions.
Vivre ensemble ce début d'année jubilaire, pour franchir la Porte Sainte et accueillir cette première grâce de la rencontre ; au coeur de la chrétienté à St Pierre de Rome.
Vivre l'événement dans la rencontre avec le Saint Père, au cours de l'audience hebdomadaire peut-être, mais unique, chaque fois renouvelée.
Loin de cette foule joyeuse et du Protocole, l'événement fut aussi familial, lorsque, nous ayant apporté nos Statuts définitivement adoptés, le Cardinal Stafford et Mgr Rylko ont partagé simplement notre dîner, et se sont prêtés de bonne grâce à la présentation des membres de Foyer, continent par continent. Faire Eglise au quotidien avec les Pasteurs qui nous sont donnés, en faisant se rencontrer des personnes aussi éloignées géographiquement, nous donne la mesure de l'importance de cet instant.
Vivre encore l'événement avec Jean-Paul II à St Paul hors les Murs pour l'ouverture de la quatrième Porte Sainte, qui, par la célébration qui suivait, lançait la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens. Mais plus qu'une semaine, cette célébration cuménique nous laissait réellement une image forte d'une ouverture sur une année d'espérance, d'avancée vers l'unité. N'avons-nous pas entendu :"Il n'y a qu'une seule Eglise du Christ Le Christ n'est jamais divisé !"
Témoigner de l'événement vécu, et nous replonger dans l'expression de la Foi des premières communautés romaines. C'est là que nous avons achevé notre pèlerinage au Baptistère de St Jean de Latran. Dans la petite chapelle attenante, des lambeaux de fresque accrochés aux murs rappellent l'existence de ces communautés.
Dans le Baptistère, autour duquel nous nous sommes retrouvés pour prier en plusieurs langues, cette inscription :"Née de l'Esprit fécondant les eaux, ici se trouve la source de vie elle donne naissance à l'homme nouveau un seul baptême, un seul Esprit, une seule foi."
L'événement nous a conduit jusqu'à la source, et j'ai trouvé que c'était là une belle conclusion à notre pèlerinage ; pour nous qui, dans chacun de nos Foyers, invitons les retraitants de tous âges à reprendre conscience de la grâce de leur baptême, pour en vivre chaque jour.
En sortant du Baptistère le soleil, qui ne nous a jamais fait défaut, lâchait ses derniers rayons, et une dernière fois attirait nos yeux sur les merveilles d'architecture.
Guénolé
Place St Pierre Porte Sainte
Mes souvenirs de St Pierre à Rome étaient liés à la foule massée sur la place, attendant le St Père. Mais ce mardi 18 Janvier, après un réveil très matinal, quelle surprise lorsque notre chauffeur de car nous laisse sur la place au lever du jour : lumière extraordinaire, calme, silence, paix ; nous sommes seuls ! Le temps de goûter cette atmosphère, nous nous dirigeons vers le narthex pour un moment d'attente émouvante devant la Porte Sainte. J'ai dans les yeux l'image du Saint Père, la nuit de Noël, ouvrant la Porte Sainte et je pense à tous ceux qui, durant cette année jubilaire, feront la même démarche que nous tous ceux aussi qui ne pourront venir et que nous portons dans nos coeurs.
Les prêtres arrivent et, aidés par une prière pénitentielle, invités à une purification de la mémoire (Père Ravanel et Père Rio), nous franchissons la Porte Sainte par continent, par Foyer. Là, seul Jésus (la Porte par excellence) pourrait dire ce qui habitait le coeur de chacun au moment de pénétrer dans la Basilique ; l'émotion se lit dans les yeux, et nous nous retrouvons devant la "Pietà" pour prier notre consécration à Jésus par Marie. Nous sommes vraiment de la même famille. Marie est vraiment notre Mère, à tous et à chacun.
Vient la procession des prêtres "de toutes, races, peuples et nations" à travers la Basilique. Marcher sur les pas de Saint P!erre, ici, à Rome, quel symbole pour un prêtre. Nous sommes d'Eglise, enracinés dans l'Eglise !
Nous célébrons la messe entre
nous et, pressés par l'horaire, nous devons à regret
quitter ces lieux bénis (nous pourrons y revenir l'après-midi,
merci !) mais nous aurons tout le temps de continuer l'Action
de grâces à Saint Paul hors les Murs en attendant
le Saint Père. "Béni soit Dieu, le Père
Père de notre Seigneur Jésus-Christ".
Isabelle
Nous avons franchi la Porte Sainte par continent., ce fut un moment fort où chacun était ému, vivait l'action de grâce avec le Seigneur. Dans mon coeur montait cette prière :"Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché ce mystère aux sages et aux savants, et de l'avoir révélé aux petits. Oui, Père, je te loue, je te bénis, je t'adore." Puis, nous avons eu une très belle Messe entre nous, Foyers, à l'autel du Bernin.
Auréa
La grâce du Jubilé
En visitant les catacombes l'après-midi
du lundi 17 janvier 2000, touchant les loculi qui ont embrassé
le corps de tant de martyrs, je pensais à notre Eglise
qui aussi a souffert maintes persécutions. Mais une réplique
est survenue en ma pensée : depuis les origines, l'Arbre
de l'Eglise a été arrosé du sang des martyrs,
votre Eglise n'est est qu'une branche. La persécution est
bien le garant de la fécondité de votre Eglise;
ayez confiance !
Le mardi 18 janvier, à la Messe à la Basilique St
Pierre, quand je montais au chur pour la lecture, une grande émotion
m'a rempli le coeur. A cet autel, à ce même endroit
ont célébré l'Eucharistie combien de successeurs
du 1er Pape St Pierre ! Et je voyais ce que proclame l'Eglise
dans le Credo:" Je crois en l'Eglise, une () et apostolique".
Oui, authentiquement apostolique !
En entrant à la Basilique St Paul-Hors-les-Murs par la
Porte Sainte le 18 Janvier, quand je me mettais à genoux
sur le seuil, je pensais à une parole du St Père
Jean-Paul II que le père Ravanel venait de rappeler :"La
purification de la mémoire", et moi de supplier :
"Seigneur Jésus ! Revêtez-moi de Vous-même
afin que, franchissant cette porte, ce ne soit plus moi qui vive
!"
Ces impressions ne m'ont pas seulement frappé, mais ont déclenché quelque chose dans le plus profond de moi-même, est-ce la grâce du Jubilé
Denis
Aux Catacombes
Pour moi, ce qui m'a le plus touchée
a été le temps où nous sommes allés
dans les Catacombes. Comme nous descendions l'escalier, je pensais
aux premiers chrétiens, à leur humilité,
leur simplicité, emplis d'amour et de courage pour garder
leur foi vivante et la faire croître par leurs prières,
spécialement dans l'Eucharistie comme une famille. Je crois
que bien qu'ils priaient ensemble dans leurs vies, ils proclamaient
le Christ par leurs paroles et leurs actions, et le peuple était
attiré et les suivait. Ceux qui les écoutaient devenaient
comme eux, ils n'avaient pas peur de proclamer leur foi, bien
qu'obligés de se cacher, eux aussi, dans leurs vies parce
qu'ils croyaient que le Christ était en eux.
Nous, Foyers de Charité, nous sommes répandus à
travers le monde : tandis que certains restent cachés,
en prière, dans certains lieux, faisons briller la lumière
du Christ dans les coeurs de nos frères afin que l'amour
du Christ rayonne en tous.
Nelie
Soyons artisans de paix
En attendant la visite des Catacombes St Callixte, ma joie était cette découverte de nos frères et surs aînés qui vivaient une foi très profonde. L'apprendre dans l'histoire de l'Eglise est une chose mais le voir, c'est autre chose.
Le mardi, c'était aussi le jour de l'ouverture de la cérémonie cuménique à St Paul. Il y avait un monde fou, impossible de voir le St Père bien que nous étions à l'intérieur. Nous avons suivi à la télévision. Le moment fort a été le baiser de paix. Je voyais le message intérieur du St Père : la paix, c'est toi ; la paix, c'est moi. c'est la paix, nous ensemble. Soyons artisans de paix dans ce monde déchiré par la guerre.
Aurea
Au Baptistère de St Jean de Latran
C'était la première fois de ma
vie que je voyais un baptistère où les anciens dans
la foi faisaient leur démarche. J'ai bien vu les trois
marches pour y entrer et les trois marches pour en sortir.
C'est vraiment au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit
qu'on reçoit le baptême et la Parole reçue
par Jésus retentit aussi à nos oreilles : "Celui-ci
(celle-ci est mon fils (ma fille) bien-aimé" (e).
Le baptême est vraiment la base de notre vocation dans les
Foyer : ce rôle baptismal qui va de pair avec le rôle
sacerdotal du père afin d'aider à notre tour et
de dire à tous les baptisés qu'ils ont à
s'offrir au Seigneur eux aussi pour devenir Roi Prophète
et Prêtre dans leur vie quotidienne.
Marie Noël
A l'Audience
Quand nous étions à l'audience du Pape Jean-Paul II, je fus bouleversée de voir autant de joie, d'amour, de paix et de bonheur en voyant tous ces peuples de différentes parties du monde qui étaient là, juste pour voir le Pape, le Christ visible. Comme nous aimions le Pape, chantant, criant :" Alléluia" "Viva Papa". Oui, nous proclamions notre foi au Seigneur criant nos louanges et notre action de grâce Christ proclamé dans toutes les parties du monde, Christ le Sauveur.
Nous prêchons, nous évangélisons
:"Christ est le Seigneur"
Nous enseignons : "Christ est le Maître"
Nous travaillons "Christ est le travailleur"
Nous soignons "Christ est le grand guérisseur"
Car le Christ est "la Lumière du monde".
Nelie
Je me souviens de ce mercredi matin 19 où
nous nous sommes levés de bonheur. Il fait très
noir dehors mais à l'intérieur on éclate
de joie, car c'est le départ pour l'audience du St Père.
C'était beau ! J'ai observé une chose : le Saint
Père est très aimé. L'impression que j'avais,
c'était comme dans l'Evangile lorsque la foule courait
derrière Jésus pour toucher son manteau.
Allons plus loin, avec cette force d'amour qui nous habite.
Auréa