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Sommaire
Où en est l'oecuménisme aujourd'hui
?
Mgr DUPREY
Expo-Bible : une expérience cuménique
dynamisante
Père Emmanuel BINDER
Le Foyer de l''Unité à l'Ile
Maurice et l'cuménisme
Père GIRAUD
La dimension interreligieuse
du Jubilé
Père Jacques LEVRAT
L'oecuménisme, une réalité
vécue à l'Arche
Geneviève MATHIAN
Le mystère de
l'Amour : la Sainte Trinité
Père FINET
Témoignage : une Parole d'authentique Vérité
J.M.J. 2000 à Rome : Partir avec les Foyers de Charité
Fête Missionnaire 2000 à Châteauneuf
Au Foyer de Charité de Gowripatnam, en Inde
Père Jacques LEVRAT
Fès, Maroc
Le 27 octobre 1986, le Pape Jean-Paul II ouvrait une nouvelle page de la vie de l'Eglise rassemblant à Assise des responsables des diverses religions du monde pour une journée de jeûne et de prière. Geste d'une grande portée symbolique, permettant à l'Eglise de se situer devant Dieu, au milieu des autres religions, fraternellement, en signe de réconciliation.
Commentant cet événement, dans un discours à la curie romaine, le Pape a eu ces paroles très fortes : "En ce sens on doit encore dire que l'identité même de l'Eglise catholique et la conscience qu'elle a d'elle-même ont été renforcées à Assise... Nous avons mieux compris à la lumière de l'événement, quel est le vrai sens du mystère d'unité et de réconciliation que le Seigneur nous a confié et qu'il a exercé en premier lorsqu'il a offert sa vie "non seulement pour le peuple, mais aussi pour réunir les fils de Dieu qui étaient dispersés" (Jn 11,52) D.C. 1987, du 01.02.87.
La rencontre interreligieuse à Rome: "premier acte" du Jubilé.
Depuis ce rassemblement historique, chaque année, le 27 octobre, des célébrations sont organisées, un peu partout dans le monde, par des chrétiens mais aussi par des croyants d'autres religions pour garder vivant cet 'esprit d'Assise'.
Dans le cadre du Jubilé de l'an 2000, le Saint Père a voulu marquer, plus solennellement, cet anniversaire. Il en a confié la réalisation au Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux qui a invité 200 croyants, représentant les diverses traditions religieuses, à Rome du 24 au 29 octobre 1999, pour qu'ils se rencontrent durant quatre jours, prient et jeûnent ensemble, se rendent en pèlerinage à Assise, et adressent un message au monde.
Cette rencontre s'est tenue quelques semaines avant l'ouverture de l'Année Sainte - l'anniversaire de la naissance de Jésus ne concernant directement que les chrétiens - mais en lien avec cet événement. Ce lien a été clairement affirmé par le Cardinal Etchegaray, Président du Comité central pour le grand Jubilé, qui, lors de la séance de clôture, devant le pape, n'a pas hésité à présenter cette rencontre comme le 'portique', le 'premier acte' par lequel l'Eglise voulait entrer dans l'Année Sainte : "Cette Assemblée est bien plus qu'un simple lever du rideau au programme du Jubilé, elle en constitue comme le premier acte en provoquant l'Eglise à approfondir le sens de sa présence et de sa mission au sein de la caravane humaine où la pluralité des religions s'impose comme un fait et encore plus comme un mystère, le mystère divin de salut de l'histoire de l'humanité".
Une expérience humaine et spirituelle très forte.
Les 200 invités venaient de plus de cinquante pays et représentaient pratiquement toutes les traditions religieuses du monde ; chacun étant personnellement impliqué dans le dialogue interreligieux. Cette Assemblée était déjà, en elle-même, le signe d'une diversité, d'un pluralisme voulu, accepté, reconnu, vécu sereinement. Le signe sensible qu'il est possible de vivre ensemble, en frères, dans le respect des différences.
Ayant eu la chance d'être invité à participer à cette rencontre - depuis plus de trente ans je suis profondément engagé au Maroc dans le dialogue islamo-chrétien - je dois dire que ce fut pour moi une expérience humaine et spirituelle très forte, une confirmation de mon engagement dans le dialogue interreligieux et un appel à le poursuivre plus intensément.
Nous étions invités, par les organisateurs, à adresser un message à tous nos frères les hommes. Nous nous sommes donc mis au travail et, ainsi, nous avons fait connaissance les uns les autres. Ce fut une joie de découvrir des croyants si divers, mais tous également convaincus de leurs responsabilités dans la construction d'un monde plus fraternel ! Lucides sur les conflits et les injustices qui déchirent le monde, nous savions combien, dans l'histoire humaine, les religions avaient pu être des facteurs de rivalités, d'exclusions, voir même de confrontations violentes. Nous voulions, en cette occasion solennelle, uvrer pour que nos expériences religieuses, dans leurs diversités, puissent être un facteur de paix, de réconciliation, au service de l'humanité.
Chacune de nos réunions commençant par un vrai temps de recueillement silencieux qui nous permettait de nous situer ensemble sous le regard de Dieu et en solidarité avec nos frères les hommes. Ainsi se créait un climat de gravité et de responsabilité qui a marqué nos rencontres et notre travail.
La beauté était aussi au rendez-vous sous diverses formes : la place Saint Pierre et la Basilique finement restaurées, les vêtements chatoyants de nos frères bouddhistes et hindous... mais aussi un magnifique concert de chants et musiques religieux donné, pour l'Assemblée, par des exécutants juifs, musulmans, hindous, bouddhistes et chrétiens... une partie de ce concert étant reprise, lors de la cérémonie de clôture, devant la Basilique Saint Pierre.
La cérémonie de clôture, place Saint Pierre : un message d'espérance
La cérémonie de clôture, retransmise en mondiovision, a été l'occasion d'entendre divers messages : entre autres ceux d'une amie très proche de Gandhi, d'un musulman noir, du grand Rabbin Sirat, français originaire du Maghreb... mais aussi un discours du Pape et la lecture du message officiel de l'Assemblée.
Dans son discours Jean-Paul II a eu quelques phrases particulièrement éclairantes:
- Il existe bien une crise de civilisation qui ne peut être résolue que par une nouvelle civilisation de l'amour, fondée sur les valeurs universelles de la paix, de la solidarité, de la justice, de la liberté.
- La conscience que l'Esprit de Dieu est à l'uvre là où il veut... suscite la reconnaissance de ce qui se cache dans le cur des autres. Cela ouvre la voie à la réconciliation, à l'harmonie et à la paix. De cette conscience spirituelle jaillit la compassion et la générosité, l'humilité et la modestie, le courage et la persévérance.
Le message final, élaboré et approuvé par les 200 membres de l'Assemblée interreligieuse, a été largement diffusé. Il n'est donc pas nécessaire de le présenter ici. En voici, simplement, quelques extraits qui en rendent bien l'esprit :
- Nous sommes conscients qu'il est urgent de travailler ensemble pour affirmer la dignité humaine comme base des droits humains et des devoirs qui en découlent, dans le combat en faveur de la justice et de la paix pour tous.
- Nous apprenons à nous respecter les uns les autres en tant que membres d'une unique famille humaine.
- Nous apprenons à apprécier à la fois nos différences et les valeurs communes qui nous lient les uns aux autres.
- Nous savons que les problèmes dans le monde sont si grands que nous ne pouvons pas les résoudre seuls. C'est pourquoi la collaboration interreligieuse s'impose de toute urgence.
- C'est avec joie et dans un esprit de gratitude - la plupart d'entre nous diraient en rendant tout spécialement grâce à Dieu - que ceux qui sont réunis en cette Assemblée religieuse offrent à leurs frères et surs ce message d'espérance.
Jacques Levrat
Fès, mars 2000
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Le mystère
de l'Amour : La Sainte Trinité |
Père Finet
Le grand mystère de l'Amour s'appelle le mystère de la Sainte Trinité. Parce qu'il est Amour, Dieu est trois: Père, Fils et Saint-Esprit.
Qu'est-ce que l'amour d'un père ?
Un amour de père, c'est un amour donné. Quand il
s'agit d'un père dans une famille humaine, il est de l'amour
donné. Mais quand il s'agit du Père dans la Sainte-Trinité,
le Père est TOUT l'Amour donné.
Qu'est-ce que l'amour d'un fils ?
Un amour de fils, c'est l'amour reçu. Quand il s'agit d'un
fils dans une famille humaine, il est de l'amour reçu.
Quand il s'agit du Fils dans la Sainte-Trinité, II est
TOUT l'Amour reçu. C'est parce qu'il est tout l'Amour reçu
qu'il est l'Unique. Le Père n'a qu'un Fils unique, Jésus,
en qui Il épuise éternellement sa nature et sa vie.
Autrement dit, si vous êtes capables d'avoir plusieurs enfants,
c'est parce que vous n'êtes pas parfaits. Comme vous n'êtes
que de l'amour donné, vous pouvez avoir d'autres enfants.
Mais si vous étiez tout l'Amour donné, votre enfant
serait forcément unique. Vous comprenez donc pourquoi le
Fils est unique dans la Sainte-Trinité.
Et qu'est-ce que l'esprit ?
L'esprit, c'est l'amour échangé. Quand il s'agit
de l'Esprit dans la famille éternelle en Dieu, Il est TOUT
l'Amour échangé.
Le Père est TOUT l'Amour donné. Le Fils est TOUT l'Amour reçu. L'Esprit est TOUT l'Amour échangé.
Mais, s'il s'agit de l'esprit, dans le sens humain, par exemple l'esprit de famille. De quoi est-il fait ? de l'amour échangé du père, de la mère et des enfants. C'est cet échange d'amour qui constitue l'esprit de famille. Et si un père voit, par exemple, autour de la table de famille, son enfant de 14 ans qui fait la tête, au milieu du repas il lui dira : " Dis donc, tu n'as pas bientôt fini ? " - " Mais je ne fais rien ! " - " C'est précisément parce que tu ne fais rien, que tu fais tout ! Si tu continues ainsi, je vais te passer à la porte".
C'est insupportable d'avoir dans une communion familiale quelqu'un qui fait la tête, qui se refuse à l'échange d'amour. C'est un désastre ! Combien c'est important de veiller sur cet échange d'amour dans la famille humaine. Ce qui fait l'esprit et la joie d'une famille, c'est l'amour échangé.
Dans la Sainte Trinité, l'Esprit est TOUT l'Amour échangé. Et dans une famille, il est de l'amour échangé.
Mais n'oublions pas une chose : c'est que l'Esprit-Saint, qui est TOUT l'Amour échangé, depuis le baptême, habite en nos coeurs.
Qu'est-ce qu'il est dans nos coeurs ? Il est de l'amour échangé avec notre Père qui est dans les cieux : esprit filial, et de l'amour échangé avec nos frères : esprit fraternel.
Nous comprenons que si nous nous refusons à cet échange d'Amour avec notre Père, quand nous ne prions plus, nous perdons l'Esprit de Famille, et si nous nous refusons à cet échange d'amour avec nos frères, nous perdons l'Esprit-Saint, nous perdons l'esprit chrétien.
D'où l'importance de la prière et du service de nos frères ; sinon nous sortons de l'esprit chrétien.
Le Père est la Source de l'Amour
Tout Amour vient du Père.
Quand les Anciens, en Egypte, voyaient le Nil sortir d'une grande forêt de papyrus et s'étendre sur 300 km avec toutes ces petites rivières qui se rejoignaient pour le former, ils ne savaient pas d'où il venait et ils affirmaient: le Nil, c'est le fleuve des dieux. Mais voici qu'on en a fait le tour en passant par le Zaïre et le Rwanda, où l'on découvre tous ces petits bras qui se rejoignent pour former le Nil de l'autre côté de la forêt, et on a retrouvé la source du Nil.
Eh bien, nous sommes restés longtemps dessourcés par rapport au Père. Aux XVlle, XVllle et XlXe siècles, on avait perdu le Père. Actuellement, nous retrouvons la source, car le Père est la Source de l'Amour. D'où l'importance d'avoir une catéchèse qui reprenne tout l'enseignement de Jésus, sur le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Le Fils est la Gloire de l'Amour
" Celui-ci est mon Fils unique, en qui Je me glorifie ".
(Matt. 3, 17). Le Fils est la Gloire de l'Amour.
Il est normal que des parents se glorifient de leurs enfants. Ils trouvent leur gloire dans leurs enfants à condition, toutefois, que ceux-ci s'en rendent dignes. Si les enfants sont ratés ou déviés, il manque quelque chose à la gloire de leurs parents. Et c'est douloureux.
Le Fils, c'est la Gloire de l'Amour, de même que votre fils de chair vous glorifie.
Quand Jésus est venu parmi nous, Il a dit : " Père, glorifie-moi de la Gloire que J'avais auprès de Toi avant que le monde fût. J'ai appris Ton Nom aux hommes que Tu M'as donnés. Ils savent maintenant que Tu es Mon Père et leur Père et que Je suis descendu de Toi " (Jn. XVII, 5).
Vous sentez que notre union dans le Christ est le grand plan de Dieu : " Nous récapituler tous en Jésus " (Eph. I, 10) pour nous permettre de glorifier notre Père des Cieux... Et si nous sommes infidèles, si nous manquons à cette union dans le Christ et que nous abîmons notre foi en ne priant plus, nous sommes un artisan de destruction de la gloire de Dieu. Comme c'est grave le péché, comme c'est grave !
Au contraire, notre fidélité glorifie le Père. Et dans la fidélité au Christ et dans la fidélité à la Sainte Vierge, vous êtes la gloire du Père.
L'Esprit est la Joie de l'Amour
N'oubliez pas cela : le fruit de l'Amour, c'est toujours la joie. Le fruit de l'instinct, c'est le plaisir, ce n'est pas du tout pareil.
Qu'est-ce que c'est que l'amour ? Si vous êtes dans l'esprit d'amour, vous êtes dans l'amour échangé. Mais s'il n'y a pas échange : si, par exemple, le mari va d'amour vers sa femme, et si dans le coeur de sa femme ne remonte pas la reconnaissance, c'est boiteux, et ce foyer n'est pas dans la joie.
Si un professeur se donne à ses élèves
de toute son âme, et si les élèves remontent
en reconnaissance au coeur de leur professeur, il y a amour échangé
: elles travaillent dans la joie. Mais si, au contraire, les élèves
ne remontent pas de reconnaissance au coeur de leur professeur,
il n'y a pas échange : on travaille dans la contrainte
et non dans la joie. Vous voyez comme c'est important.
C'est ainsi que le Saint-Esprit est la Joie de l'Amour.
Le but universel de Dieu.
Son but, c'est sa Gloire.
Comment peut être glorifié Dieu ? par la louange.
Qu'y a-t-il à louer en Dieu ? LUI, c'est-à-dire
sa vie, son être, sa nature, ses Personnes, c'est-à-dire
l'Amour, car " Dieu est Amour ".
La glorification de Dieu, c'est la louange de l'Amour.
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| Témoignages |
Avec le Coeur des Foyers au Coeur de l'Eglise
Une parole d'authentique vérité
Pour un étudiant, les fruits d'une retraite fondamentale sont doubles : pour soi d'abord, car elle permet de s'arrêter un peu dans une vie qui va à 100 à l'heure, d'ordonner la très riche expérience que constitue souvent une vie étudiante, et de mettre Dieu au cur des importantes décisions qui doivent être prises, notamment lorsqu'on arrive à un tournant ou à la fin de ses études. Et puis lorsqu'on passe 10 mois de l'année à se former pour l'avenir, prendre une semaine pour nourrir sa Foi comme on nourrit son intelligence le reste du temps ne semble pas nécessairement incongru, bien au contraire : c'est une question d'équilibre...
Mais la grâce de formation de la retraite
nous tourne aussi vers les autres :"Soyez toujours prêts
à rendre compte de l'espérance qui est en vous devant
ceux qui vous en demandent raison", nous écrit St
Pierre (1 Pierre 3,15). La soif parmi les jeunes de quelque chose
de grand, de solide et d'éternel est immense, et il n'est
nul besoin de provoquer les questions : elles viennent d'elles-mêmes,
avec la simplicité et le naturel dont savent faire preuve
les jeunes. Et face à cette demande, une foi au rabais,
une foi que l'on sentirait plaquée sur quelques souvenirs
de catéchisme jamais réellement approfondis ni "intégrés",
une telle foi ne "passe" pas : la demi-mesure n'est
pas possible, elle est décelée et rejetée
immédiatement, car les jeunes sont "entiers".
Dans des lieux où le culte du "paraître",
le "politiquement correct" et une certaine pensée
unique font la loi, une parole d'authentique Vérité,
celle qui "nous rendra libres" (Jean 8,32) peut donc
être particulièrement bien reçu, car elle
apparaît comme un souffle d'air pur qui remet toute chose
à sa place et donne un sens à notre vie.
Régis, 23 ans.
"Nous sommes le Corps du Christ"
La retraite, c'est tout un climat. Vous me direz:"C'est Marthe Robin"". Oui, mais avec Dieu, c'est vous tous, en nommant quand même, en personne, le prédicateur Il nous a pris en charge, nous a guidés, enseignés, éclairés. Il nous a beaucoup demandé, par exemple l'oraison. Nous ne sommes pas encore sortis de notre retraite et nous ruminons la Parole.
Le dernier soir, il nous a demandé d'exprimer une phrase qui nous a marqués. La première qui me soit venue à l'esprit fut :" Nous sommes, nous devenons le Corps du Christ". Et cela - vraiment - nous entraîne très loin : notre regard sur les autres, la prière, notre comportement dans les difficultés et les relations avec les autres membres du Corps du Christ - la société...
Lorsque nous communions : toute l'assemblée si diverse, comme nous - en même temps - reçoit le Corps du Christ.
Et aussi nous avons bien un Seul et même Père. Notre Père qui es aux cieux... Il nous a adoptés. Comment, sans Lui, lui répondre présent ! impossible.
Vous tous nous avez donc tant apporté ! Le Sanctuaire, les repas ensemble, les conférences, les temps d'adoration, l'onction des malades, les prières, les chants - car chanter c'est prier deux fois. J'allais oublier tous les élèves qui sont venus se joindre à nous pour chanter et prier, et enfin les témoignages de tous : le Corps du Christ ! Et maintenant en route.
Claude