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SOMMAIRE
La mission des Ecoles du Foyer
Père Bernard MICHON
Le Père et
Marthe, éducateurs
Françoise DEGAUD
Présentation
des Ecoles aujourd'hui
Un climat familial
Former des Hommes et des Femmes, des chrétiens pour demain
Puissance de la prière des enfants, des jeunes
Marie éducatrice
Présence d'un prêtre, témoin de Dieu Père
Marthe Robin est présente aujourd'hui
Témoignages :
d'élèves et d'anciens
de parents
d'un prêtre, ancien élève
Comment prient les enfants ?
Père OSSEMANN
De toutes nations :
les Ecoles de Foyers
Foyer de Courset
Foyer de Roquefort-les-¨Pins
Foyer de la Réunion
Foyer du Pérou
Foyer de Païpa, en Colombie
Foyer de Bucaramanga en Colombie
Foyer de Binh Trieu, au Vietnam
Foyer de Cao Thai, au Vietnam
Apostolat auprès des jeunes dans d'autres Foyers
Engagements à Châteauneuf
Au Foyer de Thorn, en Hollande
Françoise DEGAUD
Le Père FINET et Marthe ROBIN ont toujours été,
l'un et l'autre, passionnés par l'éducation des
enfants et des adolescents.
Dès les premiers mois de ministère exercé à Oullins, et plus tard à Lyon, le jeune abbé Finet, ordonné en 1923, accordait une grande importance non seulement à l'instruction religieuse des jeunes mais aussi, avec beaucoup de soin, à la formation de leurs consciences. A la sous-direction de l'enseignement libre du diocèse de Lyon - St-Etienne il trouva ensuite un grand champ d'action éducatrice. Et toujours, quel que soit son ministère, il avait recours à la prière des enfants lors de difficiles démarches d'apostolat.
De son côté, vers les années
30, Marthe fut de plus en plus sensibilisée aux questions
d'éducation par les prêtres qui la connaissaient
et venaient la voir avec les enfants du catéchisme ou les
enfants de choeur et conseillaient aux institutrices et directrices
de patronage d'aller la voir. Elle fut ainsi préparée
pour accueillir le projet d'une école libre à Châteauneuf
et oser en faire la demande à l'abbé Faure, curé
de la paroisse. Et c'est pour cette bien modeste école
qu'elle demanda le tableau de la Sainte Vierge, apporté
par l'abbé Finet, occasion de leur rencontre décisive
du 10 Février 1936.
L'École devint donc École de Foyer de Charité.
Comment le Père et Marthe réalisèrent-ils
cette mutation ?
"Etre avec", "Vivre ensemble", "Faire la famille de l'École", ces mots semblent banals. L'expérience, la réflexion, l'aide de l'Esprit Saint en font percevoir la profondeur.
Ce sont tous les membres d'une communauté éducative de Foyer de Charité qui accueillent les enfants dans cette maison dont la Sainte Vierge Marie est Mère et Reine. Combien d'entre eux ont entendu Marthe leur dire :"Ce n'est pas par hasard que vous êtes ici, c'est la Sainte Vierge qui vous a amené(e)". Chaque membre, à sa place, par sa prière, son enseignement, ses services, participe à la formation des jeunes.
Le Père et Marthe savaient combien ce qui nous est demandé est exigeant : être avec les enfants, dans les temps d'enseignement, bien sûr, cours et études, mais aussi dans les moments de repos, dans les dortoirs, les temps de détente, le ménage des lieux scolaires, ceci dans un climat formateur, pas dans un but seulement utilitaire.
En vivant ensemble, en travaillant ensemble, en priant ensemble, en se divertissant ensemble, on s'apprivoise réciproquement, on apprend à se connaître, on crée des liens. "Soyez avec eux, proches d'eux" disait Marthe. "Ne surveillez pas" disait le Père "Veillez sur eux afin de prévenir pour n'avoir pas à intervenir", ce qui n'est point signe de faiblesse bonasse. "Soyez bonnes et fermes" disait Marthe. Et le Père répétait : "Donnez aux enfants qui vous sont confiés une colonne vertébrale" c'est-à-dire l'amour de la vérité dans la loyauté, l'habitude d'exercer leur volonté et leur maîtrise d'eux-mêmes. "Faites-en des hommes et des femmes capables de prendre leurs responsabilités"..A ce propos Marthe nous a dit souvent qu'on n'élève pas les garçons et les filles de la même manière, qu'ils ont droit, les uns et les autres à l'éducation qui leur convient. L'un et l'autre recommandaient : "Osez reprendre, et, s'il le faut, punir" mais pas de punition stérile, faire réparer positivement et toujours pour faire grandir l'enfant, selon l'esprit de Saint Jean Bosco.
"Soyez disponibles, disponibles à Dieu prochain", un des conseils pressants du Père qui nous en a donné l'exemple. Malgré la surcharge de ses horaires, il a toujours réservé , en dehors des semaines de retraite, un long temps d'accueil des enfants, toujours fidèle à l'apostolat de la formation de la conscience des jeunes.
"Un père qui accueille, qui éclaire, qui pardonne, qui vous dynamise, qui n'avait rien de laxiste, et qui sans cesse vous construisait. Quelle merveilleuse paternité !" écrit une ancienne élève. Et une autre :"Avec le Père Finet, j'ai découvert comme élève de 4e ce qu'était la paternité... Il prenait le temps de nous recevoir, nous connaissait chacune, savait nous situer dans nos familles, dans nos paroisses. Nous étions présentes dans son coeur". Pour Marthe , l'accueil des jeunes était soumis à ses possibilités de recevoir mais quelle joie pour elle quand une classe pouvait monter la voir. Tout de leur vie l'intéressait : programmes scolaires, activités diverses, joies, difficultés et elle ne manquait pas d'aider à grandir. Au petit garçon qui lui demandait ce qu'il faut faire pour être un saint : "Aimer, aimer, aimer, toujours aimer. Aimez-moi, dit Jésus, aimez les autres.". A une enfant de 2e qui venait d'affirmer que les membres de Foyer sont au service des élèves : "Ah ! non, ma petite , elles sont au service de Dieu".
Etre avec les enfants dans tous les services divers, c'est bien mais nous disait Marthe "les enfants ont besoin de vous voir prier". Les moments de prière communautaire - eucharisties, prière mariale - l'écoute, ensemble, de la Parole de Dieu, les temps personnels d'adoration, tout cela crée le climat porteur de la Bonne Nouvelle, terreau de l'évangélisation. "Les enfants sont vos petits retraitants" disait Marthe. Et le Père insistait pour souligner tout le temps qu'ils passent à l'École du Foyer et permet de leur donner - en quelque sorte en goutte à goutte - toute la synthèse doctrinale que lui-même transmettait en une semaine, et pas seulement par la catéchèse mais par osmose dans la vie familiale.
"L'Oeuvre ne pouvait commencer autrement
que par la prière des enfants" disait le Père. "Le Foyer de Charité
est pour l'humanité; il a commencé par l'école.
J'en suis toujours aussi émue", dit Marthe à
des jeunes de 3e, Les enfants des écoles des Foyers participent
à la vie des Foyers; ils prient pour les retraitants, correspondent
avec les membres des Foyers lointains qui ne manquent pas de venir
les rencontrer dans leurs classes lors de leurs séjours
en France. Au cours des grandes Assemblées, ils voient
concrètement que l'Oeuvre est implantée dans quatre
continents, ce qui les ouvre à l'universalité de
l'Église et à l'urgence de la Mission.
Et vous les enfants des hommes ,
Bénissez le Seigneur!
"Ce qui appartient en propre à l'Ecole catholique, c'est de créer pour
la communauté scolaire une atmosphère animée
d'un esprit évangélique de liberté et de
charité, d'aider les adolescents à développer
leur personnalité en faisant en même temps croître
cette créature nouvelle qu'ils sont devenus par le baptême
et finalement d'ordonner tout la culture humaine à l'annonce
du salut, de telle sorte que la connaissance graduelle que les
élèves acquièrent du monde, de la vie et
de l'homme, soit illuminée par la foi. L'Ecole catholique,
en s'ouvrant comme il convient aux progrès du temps, forme
les élèves à travailler efficacement au bien
de la cité terrestre.
En même temps, elle les prépare à travailler
à l'extension du Royaume de Dieu, de telle sorte qu'en
s'exerçant à une vie exemplaire et apostolique ils
deviennent comme un ferment de salut pour l'humanité.
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Présentation des Ecoles aujourd'hui
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Comme le souhaitaient le Père Finet et Marthe Robin les écoles de Foyers continuent à être des lieux de formation pour des jeunes chrétiens ouverts sur l'Eglise et le monde au même titre que les retraites d'une semaine le sont pour des adultes. Aujourd'hui encore nous vivons une profonde communion dans ces missions aux rythmes si différents.
Voici quelques conseils de Marthe et du Père Finet.
"Le Foyer de Châteauneuf a commencé par l'Ecole. J'en suis toujours émue", confiait Marthe à des élèves de 3e.
Un climat familial
Le Foyer de Charité est une Famille
: Vivez au milieu des enfants pour leur apprendre à aimer,
à prier".
"C'est son troupeau le plus cher que le Seigneur vous confie".
"On obtient des grâces extraordinaires en priant ensemble".
"Il faut voir en chaque enfant le Seigneur qui habite cette
âme, le regarder avec les yeux de Jésus, avec les
yeux de la Sainte Vierge".
"Votre rôle d'éducateur c'est d'ouvrir le chemin
qui mène au coeur, l'important c'est le coeur. C'est lui
qu'il faut toujours chercher à rejoindre".
Avec les familles
Marthe nous disait : "Ne laissez pas les parents en-dehors".
A l'occasion d'une réunion de parents
en vue de la Profession de Foi, Marthe donnait ce conseil :"Il
faut les aider à voir leur responsabilité de parents
et de chrétiens..., qu'ils se préparent aussi avec
leurs enfants à cet engagement".
Former des Hommes et des Femmes, des chrétiens
pour demain
"Vous n'êtes pas venus seulement
dans une école, vous êtes venus aussi dans un Foyer
de Charité.
Ne vous plaignez pas de nos exigences : c'est notre vocation.
Eduquer votre volonté c'est notre devoir".
"Nous voulons une jeunesse qui ait du caractère, une
colonne vertébrale pour vivre déjà la vie
quotidienne avec exactitude".
"Ce qui compte c'est la persévérance, la fidélité".
Formation de la conscience, formation à l'intériorité
"Ne laissons pas les enfants dans leur
sincérité. Nous sommes un Foyer de Lumière
et de Vérité." "Souvent, disait Marthe, on n'a pas appris à l'enfant
à regarder droit. C'et lentement qu'il apprendra à
le faire".
"Nous sommes appelés à former leur conscience,
à développer leur intériorité".
"Il y a l'heure de Dieu sur les élèves. Il
faut peut-être bien la respecter. Dieu est tellement patient
avec nous".
Marthe insistait : "Il faut former leurs consciences" ; c'est le chemin pour apprendre à être libre.
Formation et éveil de la foi
"Vous êtes venus ici pour apprendre
à vivre chrétiennement : c'est-à-dire par
amour dans tout ce que vous faites : travail, détente,
repos, prière, services, faits par amour".
"Pour mettre de l'Amour partout il faut des temps forts pour
l'Amour. Laissez-vous régénérer par la prière,
les Sacrements, des temps de retraites. Notre mission est de faire
de vous des enfants de Dieu".
Former au témoignage
L'école est aussi un Centre d'Apostolat, c'est une Oeuvre d'Evangélisation. Il s'agit de former des jeunes qui seront témoins du Christ et s'engageront dans la transformation du monde. On est témoin par rayonnement.
"Nous ne cherchons pas un 'résultat immédiat mais nous travaillons pour l'avenir".
Puissance de la prière des enfants, des jeunes
"La prière des enfants est toute
puissante sur le coeur de Dieu"
"Priez beaucoup avec eux, faites-leur aimer la prière".
Marie éducatrice
La Vierge Marie a toujours été
reconnue par Marthe comme l'éducatrice qui configure chacune
de nos vies à la Volonté de Dieu : "C'est par
Marie, avec Marie et en Marie que j'irai à Jésus
et serai toute à Lui".
"Elle est la Maman" disait-elle, "Elle
nous conduira à Jésus".
"Dans un Foyer il faut une Mère pour former les enfants
: la Sainte Vierge nous tient par la main mais aussi par le coeur".
"Il faut leur apprendre pourquoi on
dit le chapelet: parce qu'on aime la Sainte Vierge, parce qu'on
rejoint Jésus.
Marie chemine sans cesse avec nous dans la vie".
Présence d'un prêtre,
témoin de Dieu Père
"Un Foyer c'est tout d'abord le coeur d'un Prêtre.". "Ce sont les enfants qui lui tirent la Paternité du coeur".
Marthe désirait, grâce à cette découverte et à cette expérience, que les enfants des écoles connaissent Dieu comme un Père, qu'ils vivent, sentent son Amour et entrent ainsi dans la Paternité de Dieu.
Aujourd'hui en 2001, qu'en est-il des Ecoles du Foyer à Châteauneuf ? Nous accueillons environ 1100 élèves dans nos 3 Ecoles :
- une école de filles à Châteauneuf,
avec des classes primaires en partie mixtes, un collège
et un lycée d'enseignement général.
-
une école de garçons à Saint-Bonnet avec
des classes primaires, un collège et un lycée d'enseignement
général.
- un lycée technique
agricole mixte aux Mandailles.
A Courset
L'école Sainte Odile a commencé en septembre 1975. Elle accueille les élèves du CP à la 3°, presque exclusivement en internat.
Bien sûr, comme dans toute école, le travail est à l'honneur : "Exactement et jusqu'au bout," disait le Père Finet. L'acquisition de solides méthodes de travail est un de nos premiers soucis pédagogiques, ainsi que l'éducation à la réflexion.
Comme dans toutes les écoles de Foyer,
les élèves vivent une vie de famille avec le Père
et la communauté. Tous, nous nous retrouvons chaque semaine
pour la messe, pour un temps d'adoration, et chaque jour pour
célébrer la Vierge Marie par une dizaine de chapelet.
A Roquefort-les-Pins
L'école a été créée
en 1954 à la demande des habitants de Roquefort les Pins.
La communauté éducative, primitivement composée
presque uniquement de membres de Foyer, s'est élargie au
fil des années à des institutrices, aides maternelles,
intervenants extérieurs. Ainsi, ce qui se vivait tout naturellement
dans la vie du Foyer a dû être remis à plat
et étudié en tenant compte des nouvelles données.
Nous avons donc élaboré un nouveau projet éducatif,
fruit du travail de tous les partenaires: enseignants, personnel
non enseignant, parents d'élèves, élèves,
organisme de gestion et communauté du Foyer.
A la Réunion
Notre école s'est ouverte en 1989. Au départ, trois membres de la communauté ont fait partie de l'équipe enseignante. Une d'entre elles continue à assurer soutien et rattrapage au primaire.
Nous avons à coeur de donner une éducation humaine et chrétienne évangélique. Nous devons "ramer" à contre courant, vue l'influence de notre société matérialiste, et l'impact important des médias, très perceptible dans une petite île éloignée.
Au Pérou
L'école est un prolongement de l'Oeuvre
Je voudrais me référer aux paroles
de Marthe aux premiers membres du Foyer :
"Faites briller la flamme de la foi partout où
vous irez et que tous ceux qui vous approchent reçoivent
d'elle son ineffable et divine clarté".
Ce texte me paraît si actuel et je sens
qu'il touche les coeurs de tous ceux qui travaillent à
l'Ecole, car, de plus en plus, nous sommes attachés au
Projet de l'Oeuvre du Foyer à laquelle nous avons été
appelés, nous qui venons d'horizons différents pour
vivre le même objectif : former une grande Famille avec
vocation d'Amour et de service envers les enfants, les jeunes
et les pères et mères de famille ; tout cela trouve
son fondement dans les moments forts de prière dans les
retraites en silence, moments forts que peu à peu nous
assumons comme une nécessité pour respirer le même
Esprit.
En Colombie à Païpa
L'Ecole du Foyer de Charité de Païpa
a commencé en 1965, sur l'initiative de Leticia van Hissenhoven
et du père Samuel Santamariía, avec la première
classe du primaire.
La prière des enfants a beaucoup aidé le Foyer.
Au début, des professeurs extérieurs à la
communauté faisaient l'apostolat avec les enfants ; le
père était toujours là pour l'enseignement
religieux.
Chaque année l'école a grandi pour arriver, en 1969,
aux cinq classes du primaire.
En 1971, un membre de la communauté est détaché
comme professeur, pour un an. Il se consacre à la catéchèse
dans chaque classe. C'est ainsi que, peu à peu, les élèves
apprennent à mieux aimer l'Oeuvre du Foyer, et découvrent
la prière et l'offrande pour les retraitants.
En 1988 on crée la classe maternelle, en 1996, on commence
les premières classes secondaires, en 2001, nous avons
les classes de la Maternelle à la Terminale.
Et à Bucaramanga
Eb 1985 le Foyer de Bucaramanga a créé l'Ecole Primaire "El Rinconcito del Foyer" pour répondre au besoin d'éducation pour les enfants de la campagne et des alentours, lesquels n'ont aucune possibilité pécunière pour accéder à l'instruction de base. Grâce à la générosité de ceux qui ont bien voulu se lier à cette Oeuvre sociale, la communauté a pu réaliser son souhait : la formation de ces enfants. Mais diverses situations dramatiques causées par la violence, la dislocation des familles, l'extrême pauvreté, et bien d'autres faits graves qui leur portent préjudice, ont fait que la communauté a étudier comment établir un programme qui tienne comte non seulement de l'éducation, mais encore comment trouver des moyens pour fortifier ces jeunes qui auront à affronter une vie difficile.
C'est alors qu'est né en 1994 le Foyer des enfants "Père Finet", qui accueille actuellement 25 enfants à temps complet. Nous leur procurons amour, protection, éducation, soins médicaux et activités socioculturelles, qui leur permettent d'améliorer leur qualité de vie et celle de leurs familles et proches. Ces enfants ont entre 3 et 18 ans.
Nous, membres de cette Famille des Foyers,
nous avons la conviction profonde que Dieu habite le coeur de
ces enfants.
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Témoignages |
Le Foyer de Charité de Châteauneuf et les Ecoles sont une communauté au sein de la nouvelle paroisse de la vallée de la Galaure : Saint Joseph de la Galaure. Le curé de la paroisse et un ancien élève ; au moment de changer de ministère, il a accepté de nous donner son témoignage de pasteur.
La situation a quand même quelque chose de comique : un ancien élève de Saint-Bonnet, Ecole du Foyer, curé de Châteauneuf, lieu de fondation du premier Foyer de Charité... Au-delà du côté humoristique de ce rapprochement par l'histoire, il y a eu pour moi une authentique richesse dans le ministère que je viens de vivre neuf années durant : çà n'est pas partout qu'un prêtre diocésain est appelé à exercer le ministère de curé dans des paroisses ayant en leur sein un centre spirituel comme les Foyers de Charité. Il est vrai que mes quatre années de lycée à Saint-Bonnet (de 1980 à 1984) m'auront sans aucun doute permis de connaître les Foyers et de me préparer ainsi à devenir curé dans la vallée de la Galaure dès la sortie du séminaire (de 1992 à 2001).
"Et avec le Foyer et les écoles, comment çà se passe?" Plusieurs fois la question m'a été posée. Chaque fois, ma réponse était la même : çà se passe bien. L'état d'esprit qui reste imprimé en moi aujourd'hui pourrait s'exprimer ainsi :
- respect compréhensif de la vocation
de chacun,
- accueil fraternel,
- célébration commune de la même foi chrétienne,
- coopération dans l'annonce de l'Evangile.
En effet, dans les respect compréhensif des vocations de chacun, avec des accents différents certes, nous nous sommes efforcés de mieux nous connaître afin de pouvoir ensemble - communautés paroissiales et communautés du Foyer : donner un témoignage de vie en Eglise le plus authentique possible. Pour cela il aura fallu de nombreuses collaborations volontiers mises en oeuvre, certaines ayant commencé bien avant mon arrivée : rencontres pastorales diverses sur la vallée (avec des adultes ou des enfants) auxquelles participent des membres de Foyer, parfois dans les locaux mêmes des Ecoles du Foyer toujours accueillantes, célébrations au Sanctuaire pour les 15 villages de la vallée (à commencer par mon ordination diaconale...), repas pris en commun, développement d'un accueil pastoral les dimanches après-midi au Sanctuaire depuis l'année du Jubilé, collaborations concrètes dans le domaine de la catéchèse avec le diocèse, dans la célébration des messes dominicales, pour le sacrement du pardon dans les Ecoles et les paroisses, etc...
La liste pourrait encore s'allonger... Curieusement j'ai l'impression que je ne suis pour rien dans tout ce que nous avons vécu de si riche : j'ai pris le train en marche, apportant ma contribution, et les choses se sont développées d'elles-mêmes, chacun y mettant du sien.
Aujourd'hui, dans la paroisse nouvelle "saint Joseph de la Galaure", regroupant les 15 villages de la vallée, comment envisager l'avenir de notre témoignage ?
Le Foyer n'est pas une paroisse. Au sein de la paroisse, constituée elle aussi de plusieurs communautés, la vocation du Foyer est avant tout d'offrir un temps de ressourcement aux baptisés ou de découverte de la vie chrétienne. Et les écoles du Foyer se situent bien dans cet esprit avec comme double perspective d'offrir aux jeunes un cadre d'enseignement et de formation fidèle à la vocation des Foyers d'une part, et de développer une vie de prière dans un souci missionnaire d'autre part, en communion avec les retraitants de Châteauneuf et les différents Foyers à travers le monde.
Le ministère de curé de paroisse ne peut se comprendre que comme "coopérateur" de l'Evêque (Concile Vatican II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres, n° 2). Ainsi, c'est dans l'appartenance au diocèse de Valence, dans une pluralité de vocations au service de la mission que les liens Paroisse-Foyer trouveront toujours de bonnes raisons d'exister, de s'affermir.
Patrice Grève, prêtre du
diocèse de Valence
Je suis né dans la Galaure et c'est là que j'ai mes racines.
J'ai suivi ma scolarité dans les trois écoles des
Foyers de Charité. Un prêtre disait : "Vous
n'êtes pas venus au Foyer par hasard". Je pense
que Dieu à travers Marthe a un projet sur nous par ces
écoles. Ce projet est différent pour chacun et nous
avons des grâces personnelles pour l'accomplir. Ce que Dieu
veut dans ces écoles ne relève pas forcément
du domaine scolaire, cela peut être familial, relationnel,
spirituel., cela peut se manifester à travers un échange
fort avec un membre du Foyer, un temps de retraite du 8 décembre
ou une amitié...
Mes premières années d'école se sont déroulées
paisiblement à Châteauneuf de Galaure jusqu'au CP.
J'ai fini mon primaire à Saint Bonnet, c'est là
aussi que j'ai suivi le collège. A ce moment, les choses
se sont durcies, c'était pour moi le début de l'adolescence,
l'âge où on ne sait pas bien où en en est.
Au niveau scolaire, je n'en garde pas de bons souvenirs.
En contre partie, la rencontre avec un prêtre a été
un tournant dans ma vie, ce fut un grand départ spirituel.
Mon Amour pour Dieu a grandi, ma personne s'unifiait grâce
aux questions que me renvoyait le prêtre. Ces rencontres
m'ont permis de changer des choses dans mon comportement humain
et dans ma relation à Dieu.
J'étais passionné aussi par l'éducation affective
où l'on nous parlait de la sexualité de façon
claire et en vérité. Je pouvais entendre dans la
bouche d'un adulte ce que j'avais au fond du coeur. Par exemple
ceci, qu'il est possible, avec l'aide de Dieu, de se préparer
à dire une fois : "Je t'aime". Cette certitude
et cette espérance sont maintenant devenues pour moi réalité.
Aujourd'hui, je peux dire que Saint-Bonnet
m'a permis de grandir en humanité, dans ma relation aux
autres. J'y ai appris le pardon, le partage, la fraternité
: une réelle formation pour la vie.
Ensuite, une orientation m'envoie, devinez où ? ... au
lycée technique des Mandailles de Châteauneuf de
Galaure. Le passage dans cette école est pour moi l'occasion
de réussir dans les études. Cet épanouissement
me permet de mieux profiter des différents temps forts,
comme les retraites du 8 décembre, la rencontre avec des
témoins : Tim Guénard, Denise Legrix... c'est aussi
les temps de réflexion sur des questions fondamentales
qui m'ont aidé à grandir dans la foi et à
construire ma vie.
Que ce soit dans une des écoles ou en retraite au Foyer
de Charité, j'ai vécu avec des personnes qui donnent
leur vie à Dieu. Quelque soit la forme du service rendu,
chacun a le souci de donner le meilleur de lui-même (enseignants,
associés à la communauté ou membre de Foyer).
Chacun a le désir de former des hommes et des femmes qui
seront capables de faire du bien autour d'eux sans oublier d'être
responsable.
Le Foyer de Charité reste pour moi un lieu où l'on
peut rencontrer Dieu et recevoir la force, le courage et la persévérance
de l'annoncer. C'est un lieu où la relation humaine est
privilégiée, où l'on veut te comprendre et
t'aider.
Tout cela est né de la Plaine, de cette petite chambre
où une femme a prié, prié, prié. Et
cette terre restera à jamais marquée de la présence
de Jésus-Christ.
Lilian.
Pourquoi sommes-nous dans les écoles du Foyer ?
- Pour consolider notre vie chrétienne dans une école à valeur humaine et relationnelle qui nous aporte un soutien spirituel.
- Pour recevoir des "bases solides qui nous apprendront à être les adultes de demain". Ces bases sont aussi bien l'apprentissage du sens de la responsabilité et du respect de l'autre que le développement du sens pratique quand nous faisons le ménage ou la vaisselle (pas toujours sans râler).
Qu'est-ce que c'est être élève de Châteauneuf ?
- C'est accepter la vie en communauté, parfois difficile mais très enrichisssante.
- C'est prier pour tous les retraitants qui viennent se ressourcer tout au long de l'année.
- C'est vivre des temps forts qui nous soudent
- C'est s'engager dans les temps spirituels et dans le travail.
En cette fin de terminale, nous gardons aussi les lumières reçues pour commencer à discerner les vocations qui sont les nôtres.
Claire, Marie et Isabelle.
D'autres communautés de Foyers ont un apostolat auprès des jeunes
- L'Ecole Sainte-Marie, en lien avec le Foyer de Port-au-Prince, en Haïti.
-Le Foyer Sainte Thérèse de Ngaoundéré, au Cameroun : internat pour jeunes orphelins.
- Le Foyer de Zipaquira, en Colombie : accueil et internat de jeunes filles orphelines ou en difficulté.
- Le Foyer d'Antsirabé, à Madagascar : alphabétisation et éducation des enfants adorateurs.
- Le Foyer du Cap des Biches, au Sénégal : accueil et scolarisation de jeunes de Guinée-Bissau avant leur entrée au Grand Séminaire.