![]() ![]() |
SOMMAIRE
L'Eglise comme communion
Mgr Louis PORTELLA, évêque de
Kinkala, au Congo
Beauté de l'Eglise
Père Pierrick RIO
Pourquoi je t'aime,
toi, l'Eglise, ma Mère
Père Jacques BEAUDRY
Témoignages
Etre diacre permanent
aujourd'hui
Un laïc au service des affaires financières d'un diocèse
La Foi et l'Amour de l'Eglise ont grandi ensemble
Communier fait grandir
l'Eglise
Père FINET
Témoin de l'aurore
L'Eglise et les Eglises. Réflexion oecuménique
Père Robert LIOTARD
La Parole de Dieu dans
la vie paroissiale
Père Joseph ANTIN
La Parole de Dieu pour les enfants du catéchisme
L'équipe liturgique dans la paroisse
Mgr Louis PORTELLA
Evêque de Kinkala, au
Congo-Brazza,
ordonné par Jean-Paul II le 6 janvier 2002 à Rome.
Mgr Portella était Père du Foyer de Charité de Liambou, près de Pointe-Noire
Ces quelques lignes ne constituent pas une étude, mais plutôt le témoignage d'une foi qui m'anime, d'une conviction qui m'habite, d'une passion qui me dévore.
L'idée qui polarise mon attention spirituelle et intellectuelle, à propos de l'Eglise, est celle de la Communion (Koinônia).
L'Eglise est communion
Les pères participant à l'Assemblée extraordinaire du Synode des évêques de 1985 (20 ans après le Concile) avaient reconnu que ce thème constituait l'"argument central" de l'ensemble des documents du Concile.
Cela ressort de manière claire dans la Constitution dogmatique "Lumen Gentium" au 1er chapitre, qui présente l'Eglise en quelque sorte comme le sacrement, c'est-à-dire, le signe et le moyen de l'union des hommes à Dieu et de l'unité du genre humain.
Cette quasi définition (présentation) fait apparaître deux dimensions fondamentales de cette communion : la dimension verticale de l'union à Dieu et la dimension horizontale de l'unité des hommes entre eux.
En soulignant la dimension verticale, Lumen Gentium cite cette parole de St Cyprien déclarant que l'Eglise tient son unité de l'unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
On veut ainsi nous faire comprendre que la source de la communion qu'est l'Eglise est bel et bien la communion trinitaire, caractérisée, à la fois, par l'unité la plus forte qui soit : l'unité substantielle (un seul Dieu, une seule nature, une seule substance), et par la pluralité la plus profonde : la trinité des personnes, principes de relation et d'action.
L'Eglise se reçoit donc de la Sainte
Trinité, qui lui donne d'être ce qu'elle est et ce
qu'elle doit être, qui en constitue par le fait même
le modèle. C'est le sens même de la prière
de Jésus avant sa passion :
"... Qu'ils soient tous Un, comme nous sommes Un, moi
en eux et toi en moi, ainsi ils atteindront l'unité parfaite,
et le monde croira que tu m'as envoyé et que tu les as
aimés comme tu m'as aimé". (Jn 17, 22-23).
La communion trinitaire est essentiellement une communion d'amour (c'est presque une tautologie), puisque "Dieu est Amour" (1 Jn 4,8) : le Père aime le Fils (Jn 5,20), comme le Fils aime le Père (Jn 14,31), dans l'unité de leur Amour commun qui est l'Esprit Saint, Esprit du Père et Esprit du Fils. Nous comprenons donc pourquoi Jésus a tant insisté sur le commandement "nouveau" de l'amour.
"Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Ainsi le monde reconnaîtra que vous êtes mes disciples". (Jn 13, 34-35).
L'Eglise est au service de la communion
L'Eglise est donc essentiellement une communion d'amour. C'est cela qui la caractérise de la manière la plus profonde : c'est cela qu'elle doit s'efforcer de devenir, par une conversion permanente. Tout, en elle : structures, organisation, etc..., ne doit se justifier que pour servir et promouvoir cette communion d'amour dont la source - cela va sans dire - est en Dieu. Et j'aime bien cette manière de présenter le ministère ordonné comme le service de la communion ecclésiale. En effet, le ministre ordonné, en tant que "sacrement" de la présence du Christ, seule Tête et Souverain Pasteur, venu pour servir et non pour être servi (Mt 20,28), ne doit pas avoir d'autre préoccupation que de promouvoir cette communion, dans la fidélité à la parole du Maître et Seigneur (Jn 13, 13-14).
Pour moi, c'est un défi majeur pour l'Eglise aujourd'hui, à l'heure de la globalisation : nos communautés chrétiennes doivent briller comme des feux, par leur manière d'être "communion", avec tout ce que cela implique d'amour fraternel, d'accueil réciproque, de dialogue, de respect des diversités de dons, de charismes et de fonctions, de solidarité effective, de corresponsabilité, le tout convergeant vers la promotion du bien commun (1 Co 12).
Seules de telles communautés sont en mesure d'accomplir la mission confiée à l'Eglise : annoncer, par le témoignage de vie et la parole, la Bonne Nouvelle du Royaume qui n'est autre que la communion de Vie divine à laquelle Dieu veut faire participer tous les hommes, en faisant d'eux des fils.
Une telle perspective missionnaire met l'Eglise en demeure de s'engager pour que, partout, les hommes vivent en frères et que, partout, triomphent l'amour, la justice, la vérité, la paix.
Et comment ne pas comparer les communautés ecclésiales à des foyers pleins de lumière qui, au milieu de la nuit du monde, veillent, dans la prière et l'action, appelant de toutes leurs forces ce monde nouveau qui émerge lentement et criant vers Celui qui doit venir : "Maranatha ! Oui, Viens, Seigneur Jésus !" (Ap. 22, 20).
C'est passionnant d'être en Eglise ! C'est une grâce, c'est une responsabilité !
3
Père Pierrick RIO
Foyer de Ronciglione - Italie
Qu'elle est belle l'Eglise !
Le 6 Janvier, le Saint-Père consacrait 10 nouveaux évêques
dont le Père Portella, du Foyer de Pointe-Noire, au Congo-Brazza.
En ce jour de l'Epiphanie plein de soleil, la douceur de Noël
enveloppait la basilique Saint-Pierre, et la joie se lisait sur
les visages, joie semblable peut-être à celle de
ceux qui, il y a deux mille ans, furent guidés jusqu'à
l'Enfant et sa Mère.
C'était Jésus qui rassemblait ses frères pour cette ordination épiscopale, à laquelle participaient un grand nombre d'évêques, successeurs des Apôtres, autour du Pape Jean-Paul II, pierre sur laquelle le Maître et Seigneur poursuit l'édification de son Eglise (cf Mt 16,18), afin que son Amour soit contemplé et répandu aujourd'hui encore, jusqu'aux extrêmités du monde. Il nous était donné d'entrevoir par le coeur la beauté de l'Eglise, grande lorsqu'elle demeure dans l'humilité, riche lorsqu'elle se donne, évangélisatrice lorsqu'elle contemple, féconde lorsqu'elle est crucifiée. Le Saint-Père, courbé sous le poids de l'âge et de la maladie, semblait rejoindre plus que jamais le Maître, lorsqu'aux yeux des hommes Il devient impuissant, portant sur ses épaules le bois de la croix pour ramener au bercail toute brebis perdue - mystérieuse fécondité de la souffrance offerte.
Oui, elle est belle notre Eglise, où l'Enfant de Bethléem est Roi de l'univers, où Pierre dans sa vieillesse, guidé par l'Esprit Saint et la Vierge Marie, avec les évêques du monde entier qui lui sont unis, la conduit vers Celui qui en est l'unique Pasteur, Jésus le Bien-aimé.
N'est-elle pas la plénitude du Christ ? Nous ne pouvons penser l'Eglise sans le Christ, ni Jésus sans l'Eglise. Et cette unité est scellée en son sang versé, sang de l'Alliance éternelle, et toujours renouvelée dans le mystère de la Sainte Eucharistie. En effet chaque messe édifie l'Eglise, car c'est Jésus qui se donne : au Père pour chacun de ses frères en humanité, à ses frères pour leur faire goûter l'amour du Père.
Durant son procès Jeanne d'Arc s'exprimait ainsi : "Et m'est avis que c'est tout un et même chose, de Dieu et de l'Eglise, et que de cela on ne doit pas faire difficulté"... "Quant à l'Eglise je l'aime et je voudrais la soutenir de tout mon pouvoir pour notre foi chrétienne" ("Jeanne d'Arc" - Régine Pernoud). Devant ses accusateurs, tous hommes d'Eglise, Jeanne exprimait mieux que quiconque la profonde unité entre l'Eglise et Jésus. Laissons-nous émerveiller par la beauté de l'Eglise qui rassemble tous les pauvres pécheurs que nous sommes, car en elle passe la vie de son Chef, et par elle cette vie nous est donnée. A nous de l'accueillir... "Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance". (Jean 10,10).
Si parfois la faiblesse des hommes vient défigurer à nos yeux cette beauté du Corps du Christ qu'est l'Eglise, Jésus demeure présent en elle, et par elle, purifie, illumine, sanctifie, unifie chacun de ses membres faisant surabonder la grâce là où le péché abondait (cf Rm 5,20).
Pouvons-nous prétendre être disciples de Jésus sans accueillir l'enseignement de l'Eglise, dans le respect et la confiance ? C'est l'Esprit Saint qui habite en elle et la guide au milieu des tempêtes de ce monde. "Qui vous écoute m'écoute, et qui vous rejette me rejette". (Luc 10,16).
Aimons l'Eglise, elle est la famille de
Dieu sur la terre, où le Père
de miséricorde nous rassemble en Son Fils unique, le bien-aimé,
où Marie accueille dans son amour maternel chacun des frères
de son Fils, où nous sommes invités à vivre
le commandement d'amour : aimer comme Il nous a aimés.
Et dans cette Famille chacun a une place de choix, qu'il soit
fils prodigue ou toujours près du Père. Avec Marie,
la Mère de l'Eglise, témoins des merveilles de Dieu,
nous pourrons annoncer à nos frères l'immense Amour
miséricordieux qui l'habite, afin qu'il soit donné,
répandu en abondance dans le coeur de ceux que le Seigneur
recherche, de ceux qui cherchent le Seigneur.
Père Jacques BEAUDRY
Foyer de Port au Prince, en Haïti
La grande passion de Marthe était (et est toujours) d'« aimer Jésus et de Le faire aimer. » Dès lors elle n'a pas manqué d'aimer aussi son Épouse, l'Église, et de la faire aimer, car l'Église est celle que « Jésus a aimée jusqu'à se livrer pour elle. » (Ep 5, 25) Quand le Père Finet disait : « Nous sommes d'Église ! », il le disait toujours avec une conviction profonde souvent doublée d'un geste significatif.
Aussi cette passion brûle-t-elle également au cur
de chaque Foyer de Charité pour la faire partager à
tous ceux qui viennent y rencontrer Jésus, se réchauffer
dans « la Maison de (Son) Coeur ouvert à tous.
» Nos statuts en font foi : « Chaque Foyer de
Charité...vit en communion avec l'Église universelle,
au sein de l'Église diocésaine dans laquelle il
est implanté... De ce fait, tout en conservant son originalité
propre, chaque Foyer de Charité fait partie du troupeau
confié à l'Évêque du diocèse,
qui exerce sur lui sa vigilance pastorale... L'ensemble des Foyers
vit dans la soumission filiale au Pasteur universel de l'Église
: le Pape. » (art. 5) C'est pourquoi « leur enseignement
veillera à garder toujours une grande fidélité
aux orientations données par le Pape et le Magistère
universel, ainsi qu'aux orientations pastorales du diocèse.
» (Statuts, p. 20) Et le Père Finet d'ajouter : «
Si nous sommes fidèles à l'Église nous serons
de plus en plus éclairés. » (19-5-69).
Nonobstant l'universalisme de sa mission, « Comme l'Église
locale elle-même, chaque Foyer a sa physionomie propre selon
les pays et leur culture. » (Statuts, p. 21) Comme les Églises
où les ils sont implantés, les Foyers « empruntent
aux coutumes et aux traditions de leurs peuples, à leurs
arts et à leurs disciplines, tout ce qui peut contribuer
à confesser la gloire du Créateur, mettre en lumière
la grâce du Sauveur et ordonner comme il faut la vie chrétienne.
» (A.G. 22) Ainsi la chapelle du Foyer de Port-au-Prince
(Haïti) ne ressemble pas à celle de Bex (Suisse),
les tambours de l'Uganda ne sont pas l'orgue de Châteauneuf,
la langue et le vocabulaire de Vellore (Inde) ne sont pas ceux
du Brésil. Pourtant c'est le même Christ et son même
message d'amour qui sont partout annoncés, c'est la même
Église, la même Épouse du Christ, que chaque
Foyer s'efforce de faire connaître et aimer.
Mais qui est cette Église que Jésus a tant aimée
?
Vu de l'extérieur, avec les lunettes du monde, Jésus apparaissait pour les uns comme un homme ordinaire venu de Nazareth d'où rien de bon ne pouvait sortir (cf. Jn 1, 46), pour d'autres comme un « possédé de Béelzéboul », « le prince des démons » (Mc 3, 22; Mt 12, 24). Certains voyaient en Lui un grand thaumaturge, un prophète revenu sur terre après être monté au ciel dans un char de feu (2 R 2, 11). Mais quand Jésus demande à ses apôtres : « Pour vous, qui suis-je ? » et que Pierre lui répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », alors Jésus lui déclare : « Ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont inspiré ces paroles, mais mon Père qui est dans les cieux. » (cf. Mt 16, 15. 16. 17) Oui, il n'y a que la foi qui permet de toucher Dieu aussi sûrement que lorsque nous touchons de l'eau, on ne peut en retirer sa main sans qu'elle soit mouillée, comme aimait à le répéter le P. Marie-Eugène, o.c.d., fondateur du l'Institut Notre-Dame de Vie.
De même il n'y a que la foi qui permet de reconnaître
l'Église telle que Dieu la voit. Autrement, on peut y voir
une organisation humaine comme les autres. En général
le monde la considère comme une organisation de bienfaisance
ou une religion de grande qualité. Mais seule la foi en
Jésus nous permet de voir dans l'Église un mystère
d'amour, l'Épouse bien-aimée de Jésus, son
Corps immense à travers lequel Il agit pour continuer son
uvre de salut. N'est-ce pas seulement de l'intérieur qu'on
peut percevoir la beauté lumineuse des vitraux d'une cathédrale?...
« Nul n'a vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné
vers le sein du Père, lui, l'a fait connaître. » (Jn 1, 18) C'est pourquoi il a dit : « Qui
m'a vu a vu le Père. » (Jn 14, 9) Et saint Paul
d'ajouter qu'« Il est l'image du Dieu invisible. »
(Col 1, 15) Mais désormais nous ne voyons plus Jésus.
C'est pourquoi Il nous a laissé l'Église en disant
à ses apôtres : « Qui vous écoute
m'écoute ! » (Lc 10, 16) Il n'a pas osé
dire : « Qui vous voit me voit », car Il savait les
limites des pécheurs qui composent son Église. Pourtant,
en priant son Père, Il a crié son rêve : «
Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi
soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé...
et que tu les as aimés comme tu m'as aimé »
(Jn 17, 21.23) C'est la mission des apôtres et de leurs
successeurs d'être la Voix de Jésus et c'est la volonté
de Jésus que, malgré nos faiblesses, nous devenions
son image, que nous devenions le signe visible de sa présence
au milieu du monde.
L'Église, comme l'a répété le Concile
Vatican II plus de trois cents fois, est aussi « le
Peuple de Dieu », le Peuple de ceux qui ont Dieu
pour Père, Jésus comme frère et même
comme époux, et l'Esprit Saint comme Hôte de leurs
âmes en lesquelles Il verse l'amour. Oui, l'Église
est le Peuple où la puissance de l'amour de Dieu travaille
inlassablement pour sauver le monde. C'est un Peuple qui a commencé
tout petit, comme un grain de sénevé destiné
à devenir un grand arbre, comme un levain dont la mission
est de faire lever toute la pâte humaine, comme un mince
filet d'eau devenu un torrent infranchissable en l'espace de deux
kilomètres. En effet, quand Jean a contemplé le
Coeur ouvert de Jésus et qu'il en a vu couler du sang et
de l'eau (Jn 19, 34), ce n'est pas pour rien qu'il a insisté
pour dire « celui qui a vu rend témoignage, son
témoignage est véritable et celui-là sait
qu'il dit vrai. » (Jn 19, 35) C'est que ce spectacle
lui rappelle que Jésus s'est dit le vrai temple de Dieu,
ce temple d'où Ezéchiel a vu sortir l'eau lustrale
pleine du sang des sacrifices, une eau qui est devenue torrent
et s'est engouffrée dans la mer morte pour assainir ses
eaux et les rendre sources de vie à tel point que "le
poisson y sera abondant". (Ez 47, 9.12.13)
L'Église appelée « Peuple de Dieu » pour montrer sa grandeur est aussi appelée « la Famille de Dieu » pour montrer qu'elle partage la vie intime de Dieu, son Père, qu'elle est conçue d'un même baptême, et que l'Esprit Saint est son âme, Celui qui la vivifie en la remplissant de ses dons.
Unie au Christ, faisant un seul corps avec lui, l'Église
est aussi appelée « l'Épouse »
bien-aimée de Jésus qui « s'est livrée
pour elle afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d'eau
qu'une parole accompagne; car il voulait se la présenter
à lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride
ni rien de tel mais sainte et immaculée. » (Eph
5, 26-27) Cette Épouse unique unie à son divin Époux,
modèle de tous ceux et celles qui se marient dans le Seigneur
(d'où l'impossibilité du divorce), est celle dont
Bossuet a dit qu'elle est « Jésus-Christ répandu
et communiqué ».
C'est à travers elle que Jésus aujourd'hui continue
son travail de « Bon Pasteur », si bien que
le chef de l'Église universelle c'est Jésus qui,
à travers le Pape, continue à « paître
son troupeau », le chef de l'Église locale et paroissiale
c'est encore Jésus qui, à travers l'Évêque
et les prêtres, donne la vie par sa Parole et les Sacrements.
On peut même ajouter que le chef de la petite Église
familiale (l'ecclesiola) c'est encore et toujours Jésus,
qui la guide à travers le père épaulé
par son épouse.
L'Église n'est donc pas une série d'individus à
qui Jésus parle dans une vision ou à travers les
Saintes Écritures. C'est Jésus qui parle aux membres
de son Corps, qui leur transmet et leur explique son message d'amour
à travers des personnes qu'Il a choisies pour Lui servir
d'instruments, de haut-parleurs et de vitrails, - ce qui correspond
bien à ce que nous sommes, corps et âmes, sensibles
à l'audio-visuel. C'est le mystère de l'incarnation
qui continue. Ainsi l'Église est le « sacrement de
Jésus », celle qui a mission de nous montrer Jésus
et de nous mettre en contact avec Lui, dans ce temps où
nous ne pouvons plus Le voir comme il y a vingt siècles.
Mais comme autrefois, c'est toujours la foi qui nous permet de
Le rencontrer.
Jésus est donc l'unique Médiateur venu nous unir
au Père et répandre le feu de l'amour et de la vérité
sur la terre. Pourtant chacun de nous, comme Marie et comme l'Église
tout entière, est aussi médiateur et médiatrice
dans l'unique Médiateur. En effet, de même que le
Père n'a qu'un Fils, comme nous le proclamons dans le Credo,
et que le baptême nous fait pourtant devenir enfants de
Dieu dans le Fils unique du Père, de même nous devenons
médiateurs dans l'unique Médiateur, comme divers
morceaux de fer deviennent aimants au contact d'un seul aimant.
Comme autrefois Jésus a voulu se servir de la boue ou des
franges de son manteau pour opérer des miracles, ainsi
veut-Il se servir des chrétiens, malgré leur pauvreté
native, pour transmettre sa parole et sa grâce.
L'Eglise porte en elle un germe inaltérable
On trouve parfois que l'Église sent le péché,
et c'est bien vrai : elle est faite des pécheurs que nous
sommes. Mais on devait aussi trouver que Jésus sentait
le poisson, au sortir de la barque de Pierre; on trouvait d'ailleurs
qu'Il sentait le péché en mangeant avec les pécheurs,
à tel point qu'on L'a même appelé «
Béelzéboul, le prince des démons. »
(Mt 10, 25; 12, 24) Pourtant personne ne peut vraiment Le convaincre
de péché (cf. Jn 8, 46). C'est qu'Il se présente
comme le médecin des hommes. « Ce ne sont pas,
dit-Il, les gens bien portants qui ont besoin de médecin,
mais les malades... Je ne suis pas venu pour les justes mais pour
les pécheurs. » (Mt 9, 12.13) Et ces malades
que nous sommes, Jésus les rassemble dans son Église
comme dans un vaste hôpital pour les y guérir. N'est-il
pas normal de rencontrer des malades dans un hôpital et
d'y sentir flotter l'odeur des plaies purulentes et des médicaments
qu'on y verse ?
En vérité, quoi qu'il en soit
de ses faiblesses et de ses lenteurs, l'Église porte en
elle un germe inaltérable et souverainement efficace que
Jésus par l'Esprit Saint a injecté en elle depuis
le jour de la Pentecôte et qui la fait Une, Sainte, Catholique
et Apostolique. Aussi, dès ce jour inaugural, voit-on les
trois mille premiers convertis, qui se firent baptiser après
avoir accueilli la parole de Pierre, se montrer « assidus
à l'enseignement des apôtres (à qui Jésus
avait dit : « Qui vous écoute m'écoute
» : 'Apostolique'), fidèles à la communion
fraternelle ('Catholique', rassemblant des juifs et des gens
de partout, des riches et des pauvres, des esclaves et des hommes
libres, des gens cultivés et des analphabètes qui
veulent accueillir l'intégralité du message de Jésus),
à la fraction du pain (l'Eucharistie, source première
de l'Unité, corroborée par le charisme de Pierre,
responsable de conforter et de rassembler ses frères)
et aux prières (contacts incessants avec le Dieu Saint
qui sanctifie ceux qui le prient). » (Ac 2, 42) Ces quatre
germes sont autant de bijoux que Jésus a posés
sur le cur de son Épouse pour qu'on puisse la reconnaître,
quoi qu'il arrive. Quelles que soient ses faiblesses dues à
la nature humaine fragile de ceux qui la composent, l'Église
ne pourra jamais perdre les charismes qui lui ont été
donnés pour qu'elle puisse être à la hauteur
de sa mission. Il peut même lui arriver (et cela lui arrive,
hélas) que ses membres tombent dans la boue du péché.
Alors les bijoux de l'Épouse s'en trouvent salis, on ne
voit plus leur beauté, mais ils sont toujours là,
intacts, car le péché ne peut s'incruster en eux
et ils n'ont besoin que d'être essuyés pour réapparaître
dans toute leur splendeur. Souvent ce sont les persécutions
subies par l'Église qui ne font que laver ses bijoux en
cherchant à la détruire. Comme le dit si bien le
Père Cantalamessa : « Le démon 'veut le mal
mais fait le bien', car Dieu permet désormais son action
uniquement pour 'la purification et l'humilité' de ses
élus... Comme le disent les paroles d'un 'spiritual', 'Ce
vieux satan est fou, il m'a tiré dessus pour tuer mon âme.
Il a mal visé, et il a tué mon péché
!' »
Étant « d'Église », et voulant
« réaliser avec Marie comme Mère la famille
de Dieu sur la terre », les Foyers de Charité
ont le souci de développer en eux tout ce qui a trait à
ces quatre bijoux. C'est pourquoi les membres du Foyer s'engagent
avant tout : « à être à l'écoute
de la Parole du Seigneur dans la prière et l'adoration
(apostolique et sainte), à vivre la vie fraternelle
dans l'unité (catholique et une)..., à offrir
leur travail quotidien, leurs responsabilités professionnelles,
leur prière et leur vie » pour « la régénération
du monde tout entier » (Statuts, art. 33 et texte fondateur),
plaçant « au sommet de la prière personnelle
et communautaire du Foyer, le Christ Seigneur dans sa présence
réelle eucharistique (une et sainte). » (Statuts,
art 6, par. 2)
Il serait trop long d'exposer en détail les mille feux
de ces bijoux. Je me contenterai de partager avec vous ce que
je notais dans mon journal, il y a vingt ans, au terme d'une retraite
particulièrement difficile : « Cette retraite m'a
fait suer. La pâte est lourde, lourde, les esprits sont
épais, imperméables à la poésie qui
chante dans le fond de leurs propres curs. Mon homélie
de ce matin était presque un cri de désespoir. Comme
Diogène avec son fanal allumé en plein jour, je
cherchais un homme, un être spirituel, capable de vivre
au dedans et non au dehors de lui-même comme le font les
bêtes. Pourtant j'ai en même temps envie de dire à
cette portion d'Église et à l'Église tout
entière : 'Je t'aime !'
« Oui, je t'aime, mon Église, toi la bien-aimée de Dieu, l'Épouse de Jésus, le sanctuaire de l'Esprit. Je t'aime parce que tu es ma Mère, toi, l'Église aux millions de membres où coulent la sève divine, le sang de Jésus, malgré les milliers d'entraves du malin qui t'empêchent de laisser percer la fibre intime de ton être profond. Je t'aime car Jésus t'a aimée et t'aime éternellement en se livrant corps et âme pour toi. Je t'aime car tu as besoin de l'être pour prendre conscience de ta beauté véritable couverte de la lourde boue de tous ces péchés collectifs qui rendent aveugles, tièdes et insensibles. Je t'aime parce que j'ai besoin de t'aimer pour devenir pleinement moi-même. Je t'aime parce qu'en dehors de toi il n'y a pas d'espoir : si tu ne peux découvrir toute la beauté qui est en toi, le monde est irrémédiablement perdu, rivé aux apparences et exilé loin du seul trésor qui peut le faire vivre.
Père Joseph ANTIN
La vie paroissiale, à quoi peut-on la comparer? Je pense à un arbre. Cet arbre a une grande diversité dans ses branches, un feuillage abondant et plus ou moins de fruits visibles. Cet arbre est irrigué par une même sève comparable à l'Esprit Saint ! L'Esprit Saint nous transmet son dynamisme et il nous rappelle sans cesse la vie et les enseignements de Jésus notre Sauveur. Nous avons besoin pour cela d'accueillir la Parole de Dieu qui rend fécond notre apostolat. Dans une paroisse il y a des groupes, des équipes, ou des mouvements qui se nourrissent régulièrement de la Parole de Dieu, suivant en cela l'attitude de la Vierge Marie, et il y en a d'autres qui y sont moins attentifs. Ces derniers sont appelés à progresser. Soyons aussi dans l'action de grâce pour la diversité des fruits que le Seigneur suscite dans son Eglise.
Le Dimanche
Un curé de paroisse, en lien avec les
laïcs qui portent avec lui la charge pastorale et avec les
équipes liturgiques, est habité chaque semaine par
le Jour du Seigneur que sera le dimanche qui vient. Ce jour-là
tous les baptisés sont rassemblés par le Seigneur
Jésus Ressuscité. Afin que le Seigneur puisse nourrir
et interpeller son Eglise, il faut veiller à beaucoup d'aspects
au long de l'année et au cours de la semaine :
- Que l'équipe liturgique se soit vraiment nourrie de la
Parole en préparant la liturgie.
- Que les lecteurs proclament bien la Parole de Dieu.
- Quant au prêtre lui-même, il va méditer les
textes de la Parole, il va ruminer cette Parole dans son coeur
en la rapprochant de la vie des paroissiens et des évènements
que vivent les hommes afin d'être le plus possible serviteur,
dans l'homélie, de ce que le Seigneur Jésus veut
communiquer à son peuple aujourd'hui.
Si après la liturgie, des enfants, des jeunes ou des adultes tiennent à remercier le prêtre pour tel ou tel aspect de la célébration ou de son homélie, il aura à coeur d'entrer tout de suite dans la louange et l'action de grâce car il sait d'expérience que ce n'est pas sa parole à lui qui touche les coeurs ; mais le Seigneur lui-même.
En catéchèse
C'est une joie de prendre le temps avec les catéchistes
de vivre un partage d'Evangile ou de prendre le temps de les initier
aux quatre dimensions de la lecture chrétienne de la Bible.
Très souvent le prêtre est présent aux nombreuses
célébrations qui rythment les étapes du parcours
catéchétique. C'est l'occasion de bien mettre en
valeur la Parole de Dieu avec des signes et des gestes liturgiques
; de même que de bien expliquer cette Parole aux enfants
à ce moment-là. Plusieurs fois j'ai été
très touché par la manière dont les enfants
ont gestué tel ou tel passage de l'Evangile, formés
à cela par leur catéchiste.
Avec les adolescents et les jeunes
- Au printemps dernier, j'ai participé à un camp de collégiens organisé par leur aumônerie. J'ai constaté une nouvelle fois combien la découverte pour les jeunes d'un autre cadre de vie, beaucoup plus proche de la nature, les rend plus disponible à saisir le mystère de la création et à accueillir la parole de Dieu. L'Eucharistie a été célébrée au bord de la mer sur une plage. Les jeunes et leurs animateurs pouvaient contempler la mer durant la célébration. Il y avait un recueillement et un silence qui ont permis à la proclamation de l'Evangile comme à l'homélie d'être savouré. Il y a eu aussi ces temps spécifiques que sont les fins de veillées autour d'un feu, là aussi les jeunes sont très réceptifs.
- J'ai eu plusieurs fois la joie d'accompagner des jeunes de 16 à 20 ans qui se préparaient à la Confirmation à travers un parcours de deux ans. Nous avions régulièrement des récollections d'un jour et demi dans un monastère. Nous avons expérimenté la manière dont la Parole de Dieu, annoncée, expliquée et illustrée par des témoignages, formait progressivement ces jeunes aussi bien personnellement qu'en tant que groupe comme disciples du Christ.
- Il y a plus de 20 ans, étant prêtre depuis six mois, je participai au pèlerinage diocésain à Lourdes avec le projet de rassembler les jeunes et d'ouvrir avec eux l'Evangile en lien avec le message de Lourdes. Quelle n'a pas été ma surprise de constater, au retour dans le train, que plusieurs d'entre eux dirent :" Nous ne pouvons pas nous arrêter là, nous devons nous rencontrer à nouveau sur nos lieux de vie afin de continuer à nous épauler mutuellement". A partir de là un groupe nouveau est né sur le diocèse. Il a été le lieu de formation et de partage de très nombreux jeunes durant plus de 20 ans, en se renouvelant chaque année grâce aux nouveaux membres qui venaient le rejoindre. L'Esprit Saint les a saisis et appelés à travers la Parole de Dieu annoncée. Dès le départ et tout au long du parcours, la Vierge Marie a toujours été très présente, nul doute qu'elle ait beaucoup aidé ces jeunes dans l'accueil de l'Evangile.
Dans les groupes ou mouvements d'adultes
- Groupes bibliques : Pour un prêtre, c'est une expérience passionnante d'animer un groupe biblique. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de le faire. La préparation est très exigeante, cela demande d'y passer du temps. Ce qui est formidable, c'est de faire découvrir aux paroissiens, après leur avoir donné les clés d'une lecture chrétienne de la Bible, qu'ils sont capables eux aussi de dégager le sens du texte ainsi que les enseignements et la nourriture qui en jaillissent. Il y a un émerveillement et un enrichissement à travers le partage de ce que chacun a préparé et de ce que l'Esprit Saint nous fait comprendre.
- Groupes de prière : les groupes de prière font partie des lieux où les baptisés découvrent et goûtent la Parole de Dieu ; surtout si une exhortation accompagne les textes qui sont proclamés. Beaucoup de paroissiens découvrent par leur groupe de prière le goût d'une fréquentation quotidienne de la Parole de Dieu.
- Equipes d'Action catholique : la pédagogie de l'Action catholique nous apprend à faire révision de vie ou une relecture de ce que nous avons vécu. Nous pensons à la démarche de la J.O.C. : Voir, Juger, Agir. Ainsi dans une équipe d'Action catholique, lorsqu'un fait de vie est retenu ; chacun exprime les questions que cela lui pose et à un moment de la réflexion, il s'agit, à travers un texte biblique, de laisser la Parole de Dieu apporter un éclairage, une remise en cause, un appel. Ceci dans l'esprit de se laisser interroger par le Seigneur au coeur de nos vies. Le risque existe d'utiliser la Parole de Dieu pour justifier ses positions ; au prêtre d'aider l'équipe à ne pas tomber dans ce travers.
Equipes de préparation et de célébration des funérailles
Dans les paroisses du diocèse de Grenoble, la préparation
et la célébration des funérailles sont très
souvent confiées à des laïcs qui se sont formés
à ce service. Assez rapidement c'est l'occasion de redécouvrir
le ministère de la Parole qui a été confié
aux prêtres et aux diacres. Il s'agit alors de tout faire
pour que ce ministère s'exerce le plus souvent et le plus
largement possible. Lorsque effectivement aucun ministre ordonné
ne peut être présent, le prêtre veillera à
ce que la proclamation et la méditation de la Parole, faite
ce jour-là par un laïc, soient bien reliées
à son ministère et donc préparées
avec lui.
Le prêtre dans sa charge pastorale a
un souci constant de ce que dans toutes les activités,
les services et les rencontres de la vie paroissiale, la Parole
de Dieu soit accueillie, méditée, proclamée
et priée. Je constate que ce souci rencontre un écho
grandissant chez les baptisés qui d'une manière
ou d'une autre participent à la vie de la paroisse. N'est-ce
pas là un signe que la redécouverte de l'apostolat
des laïcs à laquelle le Concile nous a invités
est bien en marche ?
![]() |
fait grandir l'Eglise
|
Parole du Père FINET
Quand on communie, on nourrit Jésus,
on fait grandir l'Eglise.
Ah ! La responsabilité missionnaire de nos communions !
Une de mes joies et de voir que beaucoup de retraitants repartent
avec le désir de la communion fréquente dans leur
vie. Quelle grâce et quelle bénédiction !
Lorsqu'un petit enfant a besoin d'être nourri, c'est sa
maman qui y veille. Or la maman de Jésus, c'est la Sainte
Vierge. Et Jésus est encore un enfant dans son Corps qui
est l'Eglise. Il n'a pas fini sa croissance. C'est pour cela que
la Maman de Jésus vous regarde et vous dit : "Mon
enfant Jésus, mon petit enfant Jésus a besoin de
grandir".
Et Elle vous regarde chacun et chacune en particulier,
et Elle vous dit :"Veux-tu Le nourrir?"
![]() |
Témoignages |
Etre diacre permanent aujourd'hui
Cadre dirigeant d'une organisation au service des producteurs de Champagne, marié et père de cinq filles, j'ai été contacté, un jour, par le curé de notre paroisse m'a demandé un jour si j'accepterais de cheminer vers le diaconat. Quelle réponse donner à cet appel de l'Eglise ?
Voilà que l'Eglise ne s'intéressait pas seulement aux pauvretés matérielles mais qu'elle percevait le besoin de présence auprès des hommes là où ils travaillent et spécialement auprès des dirigeants souvent seuls pour prendre leurs décisions à la lumière de l'Evangile.
J'ai donc accepté de réfléchir avec un groupe de témoins amis, les prêtres responsables du diaconat et, en premier lieu, avec mon épouse Florence.
La possibilité d'être ordonné diacre, c'est à dire configuré au Christ serviteur, n'était envisageable qu'à condition de compléter, d'élargir notre sacrement de mariage. De plus, l'avis de nos enfants était important car il ne s'agissait pas de sacrifier l'équilibre familial en mettant en péril leur foi en construction.
Après quatre ans de formation, nous avons été trois à être ordonnés en novembre 1994 par Mgr Balland, Archevêque de Reims. Ce jour-là, le Seigneur m'a fait la grâce d'une joie exceptionnelle, signe merveilleux et surabondant de son Amour.
Revenons sur terre, la condition de diacre, très chargé professionnellement, est par bien des aspects celle de tout baptisé qui veut vivre de Jésus-Christ.
Etre diacre, c'est être engagé par la prière de l'Eglise ; c'est tenter de vivre de l'Evangile sans le trahir dans le quotidien ; c'est comme témoin visible de l'Eglise, être accessible à ceux qu'il m'est donné de rencontrer au bureau, à la paroisse, comme aumônier d'une équipe d'Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens (EDC).
Pour dire vrai, des soucis de santé et mes limites humaines - oui les défauts ne disparaissent pas avec l'ordination - me laissent souvent le sentiment de ma pauvreté à faire rayonner l'Evangile. Ce dont je suis sûr, c'est que le Fils de Dieu qui s'est fait fragile et démuni dans la crèche pour rejoindre chacun d'entre nous, m'accompagne chaque jour et m'emploie à son oeuvre. J'ai eu le grand bonheur de baptiser trois de nos quatre petits enfants, de marier des couples qui voulaient sceller leur amour avec l'appui du Seigneur, de recueillir en confidence des fardeaux lourds à porter.
Il n'y a rien d'extraordinaire ou de méritoire dans tout cela, mais le Christ en m'acceptant comme serviteur me fait grandir en humanité.
Ce chemin n'aurait pas été possible sans l'acceptation et le soutien permanent de mon épouse Florence.
La femme du diacre n'a pas une place facile. L'Eglise respecte son opinion car il n'est pas envisageable d'être ordonné sans son "Fiat". Mais une fois ordonné, elle est la femme du diacre. Et bien souvent elle n'est qu'indirectement mêlée à la mission confiée à son mari. L'équilibre du foyer, la relation avec les enfants puis avec les petits enfants, dépendent beaucoup de la manière dont elle assume et partage l'engagement de son mari. Là encore, au fil du temps, la grâce de l'ordination apporte un soutien décisif.
Etre diacre, c'est pour moi rejoindre des hommes et des femmes éloignés de la pratique religieuse ou vivant toutes sortes de pauvretés. Réconforter, donner confiance, relancer afin que chacun se sache aimé.
André ENDERS, diacre
La Foi et l'Amour de l'Eglise ont grandi ensemble
Née dans une famille chrétienne ouvrière, la Foi a "imprégné" ma vie d'enfant. L'école près de l'église, un paysage journalier comme la prière en famille.
Aujourd'hui je peux dire, ma Foi a grandi avec la découverte de l'Eglise, de sa mission. Mon coeur est plein de reconnaissance pour le prêtre de la paroisse celui qui m'a donné d'aimer la Parole de Dieu, de recevoir les sacrements, de m'apprendre à vivre en enfant de Dieu. Je courais dans le quartier porter les convocations de Mr le Curé, heureuse de rendre service.
L'étape de la J.O.C. m'a lancée à la suite de Jésus, Vivre l'Evangile. "Que ferait Jésus à ma place" pour aimer les autres. J'ai découvert que pour accomplir sa Mission, l'Eglise avait besoin de moi, de nous. L'Eglise devient vivante, au point de laisser mon métier pour être plus au service des jeunes. Le jour où la JOC m'a demandé de partir en Afrique, c'était un choix difficile : Pourquoi partir au loin ? La lumière s'est faite en moi lorsque j'ai pu à nouveau prier le Notre Père, surtout "que ton règne vienne".
Le Oui prononcé m'a fait entrer dans l'Amour de Dieu, il est pour tous, pays, races. L'Eglise a une Mission universelle et continue d'appeler.
De retour en France, c'est par l'Afrique que j'ai connu Claire Amitié : un Evêque m'ayant remis un document à porter à Thérèse Cornille, concernant l'implatation du 1er Foyer Clair Logis au Sénégal. Un an après avec joie, je retournais en Afrique avec la première Equipe Claire Amitié.
L'Association Claire Amitié, fondée par Thérèse Cornille, est reconnue par le Conseil Pontifical pour les laïcs. Claire Amitié concrétise pour moi l'Eglise au cur du monde par l'accueil et l'éducation intégrale des jeunes filles les plus démunies. Son nom se traduit ainsi : Lumière et amour, puisés en Dieu, Père,Fils, Esprit Saint. Notre vocation d'animatrice comporte ce témoignage de l'Amour Trinitaire.
Afin d'animer les activités éducatives des jeunes, il nous faut d'une part approfondir l'Evangile, les encycliques, prendre le temps de la prière, de l'eucharistie, et, d'autre part, adapter le projet de Promotion de la Femme à l'aujourd'hui en Afrique, au Cambodge, au Brésil, en France.
Notre mission remplit bien notre vie, elle unifie, c'est simple et exigeant. Il est bon et utile de remettre toute la Vie dans le regard de Dieu : une conversion pour plus de clarté et vérité en nous-même et dans le dialogue fraternel avec les jeunes musulmanes, bouddhistes, chrétiennes, pour que chacune trouve un sens à la Vie et découvre qu'elle est créée par Amour, à l'image de Dieu. Enfant. Enfant de Dieu, Homme et Femme Il nous fit.
La prise de conscience du rôle de la femme dans le monde nous vient comme une grâce du charisme de Thérèse Cornille. Dès le début des Foyers, Thérèse a confié les jeunes filles accueillies à Marie notre Mère, la nommant Reine et Responsable. Par elle nous renouvelons le Oui à Jésus chaque jour. C'est elle qui épanouit en nous la vie et l'Amour de Dieu et de son Eglise.
Salomé ZGIRSKA, de Claire Amitié
L'équipe liturgique dans la paroisse
C'est la sortie de notre messe dominicale. Devant le parvis de l'église, les conversations vont bon train. A mon tour je franchis la porte et là tout d'un coup je sens, je sais que cette paroisse ou communauté paroissiale n'est plus une entité théorique mais une réalité palpable où j'ai ma place, avec tous et au milieu de tous.
Après être restée plusieurs années spectatrice de cette vie d'Eglise, il me serait maintenant impensable de ne pas y prendre part. Comme dans une famille, notre communauté paroissiale a besoin que chacun de ses membres s'investisse, à sa mesure, mais en lui consacrant un peu de temps. Il y a tellement de façons différentes de le faire.
Lorsque nous essayons de "cataloguer" tous les mouvements, activités, services d'Eglise auxquels nous pouvons participer, il n'y a souvent que l'embarras du choix. Pour moi, c'est la partie visible de l'iceberg. Et une première constatation s'impose. Les responsables de ces différents services ou activités, depuis combien de temps disent-ils "présent !" ? N'auraient-ils pas besoin de renouveler leur équipe ? Mais le peuvent-ils ? Les candidats ne sont pas nombreux car il est si facile de consommer et de laisser faire.
Et pourtant ces lieux de vie en Eglise sont essentiels à la construction et à la vie de notre communauté. Faut-il avoir des dons particuliers pour en faire partie ? Il faut surtout accepter de donner un peu de son temps, accepter de se mettre au service de cette communauté, s'exprimer, s'écouter, construire peu à peu une équipe à laquelle les temps de travail, de réflexion, de prière mais aussi de convivialité donneront corps.
Mais pour moi la partie cachée et pourtant essentielle de cette vie paroissiale ce sont les équipes liturgiques, appelées aussi équipes de quartier. C'est le point de départ qui, en nous faisant sortir de notre cocon familial, va nous aider à vivre notre foi au quotidien en étant attentif à la vie, aux événements heureux ou malheureux de nos voisins ou des habitants de notre commune. Et c'est le vécu de ce quotidien que nous essaierons de présenter lorsque nous aurons à préparer l'assemblée dominicale.
Notre participation à une équipe liturgique va nous apprendre à aimer notre communauté telle qu'elle est, avec ses couleurs et ses épines. Elle va nous aider à devenir sensible à ses besoins et à nous mettre à son service.
Geneviève