Numéro 222

Avril 2004

 

 

 

 

 

 

SOMMAIRE

Avril 2004

 

Dossier

L'Eglise, mystère de communion
Père Dominique BOSTYN

Témoignages :
« Une belle aventure intérieure »
Lucletia

« Vivre la différence »
Père Jacques LEVRAT

 

Actualité

Les disciples de Jésus « bougent »
Père de COUËSSIN

Témoignage :
« Rencontre avec la spiritualité maronite au Liban »
Geneviève Rudloff

La Journée missionnaire à Châteauneuf

La mission des 72 disciples
Père Georges FINET

 

Grâces et faveurs obtenues par l'intercession de Marthe Robin

 

De toutes nations

Au Foyer de Medrano, en Argentine

Au Foyer de La Flatière

Au Foyer de Courset

Adieu au Père Truchon, père du Foyer de Mahobong, au Lesotho

Programmes des retraites Mai-Juin-Juillet 2004



 


 

 

 



 

L'Eglise,

mystère de communion

 

Père Dominique BOSTYN
Foyer Notre-Dame de Lacépède

(Extraits)

 

En prenant le temps de vivre un pèlerinage ''sur les pas'' de St Paul, et en essayant de pénétrer ce que fut la vie de nos Pères dans la Foi, nous pouvons toucher du doigt ce qu'est la réalité de l'Eglise : un Mystère, un tissu de Communion. Nous voyons que St Paul n'a pas agi tout seul mais qu'il a eu tout un ensemble de collaborateurs. Il a eu besoin d'eux, comme ils ont eu besoin de lui.

Les actes de réconciliation que le Pape Jean-Paul II a posés durant l'année jubilaire pour effacer les déchirures de l'Eglise du Christ, nous ont rappelé que nous devons être des artisans de communion. Lors de son propre pèlerinage en Terre Sainte, il nous a transmis, alors qu'il était au Cénacle, la ''Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint'' : il nous a rappelé l'importance de l'institution de l'Eucharistie et du Lavement des pieds qui a eu lieu au cours du repas de la Cène, et il a attiré notre attention sur le fait que l'Eglise tire sa source, et vit un mystère de cohésion, de communion, de la Trinité elle-même : ''Les grands discours qui, dans l'Evangile de Jean, suivent le Lavement des pieds, et qui en sont comme le commentaire, se présentent comme une introduction au mystère de la Communion trinitaire à laquelle le Père nous appelle en nous greffant sur le Christ par le don de l'Esprit. Cette Communion doit être vécue selon la logique du Commandement nouveau : 'Comme je vous ai aimé, aimez-vous les uns les autres' (Jn 13, 34), Le Christ ne voulant rien d'autre que faire participer ses disciples à son unité avec le Père : ' Comme Toi Père, Tu es en moi et moi en Toi, qu'eux aussi soient un en nous' (Jn 17,21). A partir du noyau des disciples qui écoutèrent ces paroles, c'est toute l'Eglise qui s'est formée, s'étendant à travers le temps et l'espace comme 'un peuple rassemblé par l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit Saint'
(St Cyprien, la prière du Seigneur, 23).'' (Jean-Paul II : Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint, 23 Mars 2000).

 

Vivre un mystère de communion

A la fin de l'Année Jubilaire il nous rappelle que l'Eglise a pour vocation de vivre un mystère de communion. ''Faire de l'Eglise la maison et l'école de la communion, tel est le grand défi qui se présente à nous dans le millénaire qui commence, si nous voulons être fidèles au dessein de Dieu et répondre ainsi aux attentes profondes du monde.'' (Lettre apostolique Novo Millennio ineunte : au début du nouveau millénaire § 43).

Vue dans la foi, l'Eglise de Dieu n'est rien d'autre que la communion des disciples de Jésus, en tant que par l'Esprit elle se trouve saisie dans l'intégrale relation du Père et du Fils. ''C'est un commandement nouveau que je vous donne : que vous vous aimiez les uns les autres COMME je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. C'est en cela que tous sauront que vous êtes mes disciples si vous vous manifestez de l'amour, de la charité, les uns envers les autres'' (Jn 13,34-35). Ce devoir d'aimer, Jésus le définit comme un précepte, un commandement. Et l'on doit assurément conserver au terme grec (ENTOLE) sa force impérative de commandement. Il faut aussi comprendre que si cet amour fraternel est un commandement, une charge, une fonction, que Jésus impose à son Eglise, plus encore qu'une règle générale, c'est une ''économie'' nouvelle comportant doctrine et morale, une ''institution'' définissant à la fois la constitution de la communauté chrétienne et toute la vie de chacun de ses membres. Ce que St Paul avait appelé dans tous ses enseignements la ''loi du Christ''.: ''Portez les fardeaux les uns des autres, accomplissez ainsi LA LOI DU CHRIST''. (Ga 6,2)

La fraternité qui constitue la communauté chrétienne comme un groupe distinct par rapport au monde grâce à la foi en Jésus-Christ, se caractérisera par l'amour fraternel : ''Que l'amour fraternel vous lie d'une mutuelle affection, rivalisez d'estime réciproque'' (Rm 12,10, mais c'est tout le contexte qu'il faudrait relire). L'affection fraternelle des disciples est spécifiquement différente de tout autre amour humain : ''Aimez vous les uns les autres COMME je vous ai aimés'', le COMME est la mesure de l'Amour, c'est un amour divin qu'il nous faut d'abord recevoir. C'est un don de Dieu, c'est l'amour d'Agapè, qui est répandu dans les curs par le don du Saint-Esprit. C'est la sève qui, du Christ, donne vie aux sarments et saveur aux fruits. Et tous les sarments, tous les membres sont unis entre eux dans la mesure de leur union au Christ.


L'Eglise, Corps du Christ

St Paul parlant de l'Eglise comme d'un Corps, nous dit qu'il ne s'agit pas d'un corps flasque, d'une espèce de méduse sans consistance, mais St Paul parle de ligaments qui permettent au corps de vivre une cohésion : ''Le Corps tout entier pourvu et bien uni, grâce aux articulations et aux ligaments, tire la croissance que Dieu lui donne. Et c'est de Lui, le Christ, que le Corps tout entier coordonné et bien uni grâce à toutes les articulations qui le desservent selon une activité répartie à la mesure de chacun, réalise sa propre croissance pour se construire lui-même dans l'Amour'' (Col 2,19 ou 1,18).

La structure hiérarchique de l'Eglise n'est pas considérée au sommet d'une pyramide mais bien dans le Corps, comme les ligaments ou les articulations, veillant à sa consistance et n'étouffant pas les différents membres qui gardent leur spécificité et leur diversité. Pour vivre cela les apôtres ont reçu du Seigneur la plénitude du Saint-Esprit, donc de l'Esprit d'amour et de Sagesse avec tous les dons nécessaires pour travailler à la cohésion du Corps. Ils sont un peu comme le ciment qui va permettre aux différentes pierres vivantes de l'édifice spirituel qu'est l'Eglise de vivre ensemble, de trouver sa cohésion. Ce ministère, vécu dans la grâce de l'Esprit Saint, ne peut être exercé que dans un esprit de charité, ce qui permettra aussi à tous les membres de l'Eglise d'être reliés les uns aux autres dans cet esprit de communion.

 

La communion avec les apôtres

Lorsque le Seigneur appelle les apôtres à sa suite pour être avec Lui, et par la suite, les envoyer prêcher, Il est dit qu'Il en institua 12. Et par la suite, dans l'Evangile et les Ecrits du Nouveau Testament, on parlera DES 12. Chacun des apôtres n'exerce son ministère qu'en communion avec les 11 autres apôtres. Les évêques actuellement, successeurs des apôtres, exercent ce ministère les uns avec les autres, c'est ce qu'on appelle la Collégialité, et non pas de manière isolée comme des francs-tireurs.

Un jour à Marseille, au moment où il allait oindre un garçon pour le sacrement de la confirmation, ce garçon demanda au Cardinal Etchegaray, les yeux dans les yeux, : ''Monseigneur, de quel apôtre descendez-vous ?'' Il avait appris au catéchisme que les évêques sont successeurs des apôtres, et, du tac au tac, le Cardinal lui répondit : ''Des 12 à la fois !'' Il commentait cela en disant qu'il ne peut exercer son ministère épiscopal que dans un ''Nous'' qui seul donne sa signification au ''Je'' individuel. Et il précisa que chaque évêque ne garde son être d'Eglise qu'à travers ses liens de communion aux autres Eglises, et à l'Eglise de Rome de façon privilégiée.


Donc c'est encore cet esprit de communion qui prévaut pour le ministère des 12, de leurs successeurs, et de celui de leurs collaborateurs les prêtres, les diacres, et d'une manière générale pour tout ministère qui est toujours au service de la croissance et de l'unité du Corps entier. Un très beau signe de cela nous est donné au moment de l'ordination du prêtre, lorsque le prêtre met ses mains dans les mains de l'évêque, en signe de communion.

 

L'Eglise-fraternité (adelphotès)

Les liens de communion qui sont tissés les uns avec les autres et qui permettent de constituer ce grand filet qu'est l'Eglise, ces liens sont qualifiés dans la Bible comme des liens fraternels. Jésus nous a révélé que nous sommes tous fils du même Père. Nous sommes donc tous frères. Et on peut dire que la communion fraternelle a été l'une des idées maîtresses de l'ecclésiologie primitive. Le mot FRERE est couramment utilisé pour désigner les disciples de Jésus. C'est le terme que Jésus emploie dans son avertissement à Pierre : ''Et toi quand tu seras revenu, affermis tes FRERES'' (Lc 22,32). De même lorsque Jésus ressuscité rencontre Marie de Magdala : ''Pour toi va trouver mes FRERES et dis-leur que Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu'' (Jn 20,17). Ce mot FRERE est plus qu'une simple appellation ou dénomination, il a un enracinement dans le Christ, le Christ est ''le premier-né d'une multitude de FRERES'' (Rm 8,29). Jésus rappelle de nombreuses fois cette réalité dans son enseignement évangélique. Retenons cette simple remarque de Jésus : ''Pour vous ne vous faites pas appeler maître car vous n'avez qu'un seul maître et vous êtes tous FRERES'' (Mt 23,8).

Quand nous parcourons tous les écrits du Nouveau Testament, nous constatons que le mot FRERE désigne couramment le disciple du Christ. St Paul désigne ses lecteurs en les appelant ADELPHOÏ, c'est à dire FRERES, une centaine de fois dans ses grandes épîtres. Bien plus encore : la 1ère communauté primitive ne se contente pas de parler des FRERES, elle emploie aussi le terme générique : la FRATERNITE pour parler de l'Eglise, de la communauté locale : ADELPHOTES. C'est vrai de la communauté ecclésiale particulière, c'est vrai aussi de l'Eglise dans son ensemble qui est appelée ADELPHOTES : ''Résistez à l'adversaire, fermes dans la foi, sachant que les mêmes souffrances assaillent votre FRATERNITE dans le monde.'' (1 P 5,9).

Nous retrouvons ensuite ce terme de FRATERNITE dans l'Eglise des 1ers siècles, et d'un bout à l'autre du monde méditerranéen connu, depuis Rome jusqu'à Lyon en passant par Alexandrie, Carthage et toute l'Asie mineure. A la fin du 1er siècle l'épître de St Clément de Rome, utilise le terme ADELPHOTES pour désigner l'Eglise de Corinthe. Le but de cette lettre écrite vers 96, est de résoudre un grave conflit qui a mis en cause la structure hiérarchique de la communauté et qui bouleverse l'unité de ''l'Eglise de Dieu qui séjourne à Corinthe''.

En introduction, St Clément exprime son étonnement et sa peine qui sont d'autant plus grands que le comportement chrétien de cette Eglise fondée par Paul, était justement très célèbre : ''Vous agissiez en tout sans faire acception de personne. Vous marchiez selon les prescriptions de Dieu, une paix profonde et joyeuse avait été donnée à tous, une abondante effusion de l'Esprit Saint s'était répandue sur tous.'' C'est dans cette litanie de qualités que nous voyons la communauté prier pour l'unité et le salut des élus de Dieu : ''Vous étiez en combat jour et nuit en faveur de la FRATERNITE afin que soit sauvé le nombre de ses élus dans l'affection et dans l'accord des consciences.''


Prenons encore l'exemple des martyrs de Lyon, de l'an 177. Dans la lettre que les Eglises de Vienne et de Lyon ont envoyée aux FRERES d'Asie et de Phrygie, les chrétiens de Gaule désignent clairement leur communauté du nom de FRATERNITE à propos des fidèles qui, ayant apostasié devant les menaces des persécuteurs, allaient ensuite se ressaisir et confesser glorieusement leur foi. Nous lisons cette phrase introductive : '' Ici se produisait une grande intervention de Dieu et se manifesta une miséricorde sans mesure de Jésus telle qu'elle arriva rarement dans notre FRATERNITE, mais bien conforme à l'art du Christ.''

Pour les chrétiens des premiers siècles ce nom donné à l'Eglise est un nom tout rempli d'affection. Nous percevons combien ils aimaient l'Eglise et combien pour eux toucher directement à l'unité de l'Eglise revenait à toucher au coeur même du Christ.

 

Conclusion

"Au Concile Vatican II, l'Eglise a pris plus vivement conscience de son mystère et de la tâche apostolique que le Seigneur lui a confiée. Cette prise de conscience engage la Communauté des croyants à vivre dans le monde en sachant qu'il faut être ''le ferment et pour ainsi dire l'âme de la société humaine destinée à être renouvelée dans le Christ et à être transformée en famille de Dieu'' (Gaudium et Spes § 40). Pour correspondre efficacement à cet engagement, elle doit demeurer dans l'unité et développer sa vie de communion''. (Jean-Paul II, Incarnationis Mysterium, 29/11/98).

 

 

 

 

 

La mission des 72 disciples

 

Père FINET

 

«Je suis la Route... »

Quand Jésus réunit ses apôtres autour de Lui, le Jeudi-Saint, Il leur dit : " Je suis la Voie, la Vérité et la Vie " (Jn 14,6).
En araméen, il n'y a pas beaucoup d'adjectifs, mais si je vous traduis avec des adjectifs, cela donne : Je suis la Route Vivante et Vraie. Et Jésus ajoute : « Nul ne va au Père que par Moi ».

La route atteint maintenant partout : le macadam, le chemin de fer, l'avion, la télévision, le téléphone... Nous avons la possibilité de rejoindre tous les peuples : Jésus doit être annoncé dans toutes les parties du monde : « Je suis la Route Vivante et Vraie ». Nous sommes dans la période missionnaire.

Si Jésus est la Route, Il est également la Lumière. La Lumière, c'est l'enseignement de Jésus. Mais la Lumière n'est pas faite pour être prise en elle-même, mais pour éclairer la Route. Avec la Lumière que vous avez reçue, vous devez marcher à la suite de Jésus et proclamer partout la vraie Lumière.

 

Rayonner l'esprit du Christ

Qu'est-ce qui doit caractériser le chrétien dans son apostolat ? Le chrétien témoigne par le rayonnement de l'esprit du Christ à la place de l'esprit du monde. Quel est l'esprit qui va régner demain ? Est-ce l'esprit du monde, ou l'esprit du Christ ? A nous de faire rayonner l'esprit du Christ. Voilà notre responsabilité d'apôtre.

Jésus nous a donné une leçon sur l'esprit. Vous vous rappelez ce passage de Saint Luc (ch. 9, 1 à 6) où Jésus envoie ses apôtres deux par deux pour préparer son cantonnement dans les villages où il doit se rendre. Jésus envoie Jacques et Jean, les deux frères, en Samarie, pour préparer son arrivée. Et comme les Samaritains n'aiment pas beaucoup les Galiléens, ils se font expulser promptement, si bien qu'ils sont furieux. Avant même que d'être le disciple de l'Amour, Jean est le fils du Tonnerre ! Revenant vers Jésus, il Lui raconte sa mésaventure et Lui dit:« Fais donc tomber le feu du ciel sur ces gens-là ! ». Et Jésus de répondre : «Jean, Jean, tu ne sais pas de quel esprit tu es... ».

Il faut faire très attention à cela : ne pas avoir des réserves de feu du ciel pour ceux qui ne veulent pas nous écouter, une manière de dire : «Vous allez voir ce qui va vous arriver si vous ne m'écoutez pas ».
Il ne leur arrive rien du tout, car Dieu fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les justes et les injustes. Dieu est un Père très patient qui attend tout le temps ses enfants, même ceux qui Lui tournent le dos, espérant toujours qu'Il les aura un jour auprès de Lui dans son ciel.

 

Les soixante-douze disciples

Donc, les apôtres ayant échoué, qu'a fait Jésus ? A la place des apôtres, Il a envoyé les 72 disciples pour faire de l'apostolat mieux que les apôtres. Il leur a donné ses consignes : Luc, 10, 1 a 12.

Vous irez deux par deux
Pourquoi deux par deux ? Parce que le chrétien doit agir par le rayonnement d'un esprit, celui de la charité fraternelle. Pour rayonner la charité fraternelle, encore faut-il la pratiquer. Vous irez deux par deux pour que, dans votre apostolat, vous ayez à vous supporter mutuellement. C'est pour cela que la Légion de Marie envoie toujours ses apôtres deux par deux. C'est peut-être pour cette raison que vous êtes deux dans le mariage, pour que mari et femme rayonnent vraiment le support mutuel de la charité fraternelle.

Vous irez comme des agneaux au milieu des loups
Quelle est la mission de l'agneau au milieu des loups ? Se faire manger. Autrement dit, vous irez vous donner à vos frères. Votre vie doit être mangée. Par notre dévouement, on se fait manger par ses frères. Mais, dans ce cas, lorsque l'agneau se fait manger par le loup, ce n'est pas l'agneau qui devient loup, c'est le loup qui devient agneau. En vous faisant manger par vos frères, vous les convertissez. Seulement, pour vous faire manger, encore faut-il être appétissant par votre charité fraternelle !

Vous irez ainsi dans les maisons pour porter la paix
La paix sera reçue, ou non. Si on la reçoit, on doit vous loger et vous nourrir, car l'apôtre doit être aidé, soutenu. Mais si on ne reçoit pas la paix divine que vous apportez dans les maisons, vous devez essuyer la poussière de vos souliers et porter la paix ailleurs. Trop souvent on maintient indéfiniment des apôtres dans des endroits où on ne veut pas d'eux, et on les laisse dans la solitude. Je crois qu'on ferait mieux de les envoyer ailleurs, ne serait-ce que là où ils seraient bien reçus : en mission.

Vous irez sans bourse, ni besace
Vous ne serez pas préoccupés par les biens matériels. Cela veut-il dire que l'on doive négliger les biens matériels ? Non ! mais il ne faut pas leur donner la première place. « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu, le reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33). Et cela aura une efficacité extraordinaire du point de vue rayonnement. C'est pour cela I'apôtre doit rester indépendant pour rayonner l'esprit du Christ à la place de l'esprit du monde.

S'il y a des malades, vous les soignerez
Jésus donne encore à ses disciples une dernière consigne : « S'il y a des malades, vous les soignerez ».
Les 72 sont partis ainsi et ils sont revenus avec un succès extraordinaire. Et Jésus leur a dit : «Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Aussi bien vous ai-je donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions et toute puissance de l'Ennemi, et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux».

Toutes ces consignes vous seront utiles pour votre apostolat.

(Extraits d'un enseignement - 1978)

 

 

 

Témoignage

 

Voici le témoignage de Luclétia qui, baptisée, a redécouvert le Christ en suivant les pas de la Vierge Marie qui l'a guidée vers son Fils.
Protestante, elle a voulu approfondir sa foi chrétienne, elle a suivi le catéchuménat et a souhaité faire sa première communion et être confirmée.
Elle a participé aux JMJ à Manille aux Philippines. Elle est revenue bouleversée par sa rencontre avec les populations des bidonvilles, son regard sur la vie a changé.
Elle s'est engagée dans un groupe de prière et participe régulièrement aux sessions et formations à Paray le Monial. Elle est membre « d'une maisonnée » dans la communauté de l'Emmanuel.

 

Une belle aventure intérieure

« La vie est belle... faut-il encore que nous ayons la chance d'avoir à nos côtés des personnes qui nous communiquent ce bonheur d'avoir la vie.
Nous ne choisissons pas d'arriver un jour sur terre et encore moins nos familles respectives. Au début tout va bien et ensuite c'est le trou noir ou encore pour d'autres c'est la traversée du tunnel dès la naissance.

Nous venons dans ce monde. Nous grandissons au fil des années, des rencontres, à la recherche de l'amour, parfois sans même le savoir.
Je suis venue au monde, moi aussi, un jour, dans une famille. Je suis l'aînée puis j'ai eu des frères qui ont suivi. Et un jour très sombre, j'ai dû me séparer de cette famille.

Alors je me suis retrouvée face à moi-même, seule face à mes difficultés dans une solitude amère et profonde, me posant mille problèmes, me trouvant vingt milles solutions. Je ne savais jamais quelle solution prendre, laquelle était la bonne ? J'avais 19 ans, j'étais perdue, plus de famille pour m'épauler ou me conseiller... De toutes les façons, la lumière de l'amour familial qui régnait était éteinte.

Mais la vie est belle, tout de même, car j'ai croisé sur mon chemin des personnes, des regards, regards d'Afrique, du Maghreb, de l'Asie, de France... On m'a proposé de vivre avec d'autres jeunes qui, comme moi, étaient sans toit, sans personne pour les aimer, pour les regarder, pour les aider ! Elles arrivaient de tous les pays, nous étions 12 sur 18 de pays différents !

La maison Clair Logis est ce lieu où le regard que l'on pose sur vous vous fait tout de suite exister, vous entrez dans une famille, la famille Claire Amitié.

J'ai dit OUI, OUI pour partager ma vie, mon avenir, mon quotidien avec les jeunes et les animatrices.
Ce oui fut et demeure le plus beau OUI de ma vie. J'ai été accueillie telle que j'étais, avec mes problèmes, sans espoir. J'ai été aidée dans la recherche d'une formation, j'ai passé mon diplôme de BEATEP, j'ai trouvé un travail, puis un appartement. Mais le plus important pour moi c'est que j'ai découvert, à travers le témoignage des jeunes, des animatrices , qui est le Christ.
Car ce n'est pas seulement une maison, un emploi que j'ai trouvé mais c'est quelque chose de plus important...l'Amour.

J'ai rencontré des mères....animées d'un amour pur et vrai, puisé à la source de la Trinité, prenant comme modèle Marie et qui ont su par ce qu'elles ont vu en moi de meilleur me communiquer la beauté de la vie. Des mères à l'écoute, sincères, et qui ont toujours eu le souci de mon bonheur. Thérèse Cornille en créant le 1er foyer avait déclaré la Vierge Marie « Mère et Reine des foyers ».

Cela existe vraiment encore aujourd'hui, me demande-t-on ? « Oui »... allez voir à Claire Amitié. Vous y trouverez des animatrices qui illuminent votre coeur d'une belle lumière...celle de la vie.
Il y eut des moments difficiles mais, aussi et surtout, tellement de joies. Je participais à tout ce que les animatrices me proposaient dans une confiance totale (les fêtes : Immaculée Conception, Noël, Pâques, Pentecôte, les anniversaires, les soirées de formation...). Et tous les grains semés avec leur aide me donnent jusqu'à ce jour des fruits magnifiques.

Claire Amitié c'est une belle aventure intérieure...

« Dieu fait tout en temps voulu. Jamais ce qu'il fait n'est hors du temps, mais toujours absolument au moment propice, et tout advient pour moi au bon moment» St Ambroise, évêque de Milan (339-397) .

Luclétia