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Numéro 223
Juillet 2004 |
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SOMMAIRE
Juillet 2004
Actualité : Vivre l'Evangile de l'Espérance
Pour une évangélisation en notre
temps : Que faut-il faire ?
Cardinal Henri SCHWERY, évêque émérite
de Sion
Témoignages de retraites en Europe
« Lève-toi
et va ! »
Extraits de l'homélie du Cardinal Henri Schwery
Témoignages de retraites en Europe
Annoncer l'Evangile
de l'Espérance
Père FINET
Grâces et faveurs obtenues par l'intercession de Marthe Robin
De toutes nations
Au Foyer de Chicoutimi, au Canada
Au Foyer de l'Ile d'Orléans, au Canada
Au Foyer de Zipaquira, en Colombie
Au Foyer de la Part-Dieu, en France
Au Foyer de Rogow, en Pologne
A Dieu au Père Gustave Mbatsogo-Messi, au Cameroun
Semaine missionnaire mondiale (17-24 octobre 2004)
Programme des Retraites Août -Septembre
- Octobre 2004
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"Lève-toi et va !"« |
Extraits de l'homélie du Cardinal Schwery, évêque émérite de Sion, en Suisse
à Châteauneuf de Galaure, le 8 juin 2004, lors de la rencontre des Foyers de Charité d'Europe
Sans aucun doute, nous sommes une génération-charnière dans l'histoire. Mes neveux et nièces prennent pour une affabulation ce que je leur raconte du contexte familial, social et culturel que j'ai partagé avec leurs parents. Entre mes grands-parents et eux, on est passé du Moyen-Age aux Temps modernes. Dans tous les domaines, de nombreux faits s'accumulent avec une accélération exceptionnelle, un peu comme des nuages d'un soir d'été avant l'orage. Cela nous rappelle les pharisiens et sadducéens qui mettaient Jésus à l'épreuve en lui demandant un « signe venant du ciel. Jésus leur répondit : Le soir, vous dites Il fera beau, car le ciel est rouge ; et le matin : Il y aura de l'orage aujourd'hui, car le ciel est d'un rouge sombre. Vous savez discerner l'aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps ! » (Mt 16, 1-3).
Jésus nous demande donc d'élever nos observations au-dessus du niveau des « faits divers » et de les recevoir comme des signes.
Par exemple, il y a à peine 5 jours, le service d'information du Vatican communiquait que « Le Cardinal Paul Poupard, Président du Conseil pontifical pour la culture, a inauguré ce matin le congrès interdisciplinaire sur « Science et Foi », organisé en collaboration avec l'Académie slovène des Sciences et Arts : « La responsabilité éthique dans un monde en mutation » (Ljubljana : 3-6 juin). » (Vatian.va, le 03.06.04. VIS).
Entre 1800 et 2000 : l'industrialisation, le progrès accéléré de sciences et techniques, l'émancipation des peuples, la démocratisation, l'accès généralisé aux informations immédiates, les performances encore en pleine expansion des médias, et divers facteurs cumulés ont fait subir à notre culture relativement stable depuis 16 siècles, une réelle mutation.
A titre d'exemple encore et au risque de me répéter, demandons-nous comment nos grands-parents, ou même nos parents s'y retrouveraient dans leur catéchisme s'ils entendaient les expressions des commentateurs de l'actualité politique ou sportive : On a dépassé depuis longtemps le « baptême de l'air » ou le « chapelet d'injures ». Si Zizou a marqué un but exceptionnel, c'est qu'il était en « état de grâce », alors que le tour de France venait de connaître son « calvaire » au Col des Aravis. La « grand'messe du folk » entraîne des retombées chaque année plus désagréables. Inutile d'en rajouter, car le match de foot-ball entre Monaco et Porto à deux minutes de la fin fait conclure le commentaire par une expression d'autant plus dépitée qu'elle n'est pas en latin : « la messe est dite ».
L'épreuve du désert
Non par hasard, mais par Providence, les textes bibliques de notre liturgie nous posent la question : Où en sommes-nous, nous les disciples de Jésus que l'Esprit Saint a faits, pour notre temps, les prophètes du Très-Haut ?
Certains diraient : c'est la traversée du désert ! Et avec raison, du double point de vue : historique et spirituel.
Historique, puisque d'une façon généralisée notre mutation culturelle inquiète, trouble et souvent décourage. Et spirituel, puisque le désert a toujours été le passage obligé des prophètes. Jésus s'y est soumis après Jean-Baptiste, Moïse et tant d'autres. Or voici que c'est Elie qui est proposé à notre méditation.
Flavius Josèphe confirme qu'il y eut bien une sécheresse historique de plusieurs années, au IXe siècle avant notre ère. Des villes ont été rayées de la carte, des populations décimées par la famine. Cette catastrophe, plus qu'un fait divers dans l'histoire, devient un signe dans le contexte pédagogique de la Révélation. Saint Jacques en parle. Saint Luc rapporte que Jésus cite ces trois ans et demi de famine comme épreuve du prophète qui n'est généralement pas reconnu dans son propre pays (cf. Luc 4,25-26).
"Lève-toi et va !" (1R 17,7-16)
Le contexte politique, religieux, économique et écologique du prophète Elie le déboussole et l'inquiète. C'est pour lui l'épreuve du désert au sens propre comme au sens figuré. Que résulte-t-il de ce passage au creuset ? - gémissements, nostalgie du passé ne servent à rien. Résignation et attente passive non plus. Le message est clair : « Lève-toi et va ! »
C'est la première leçon de ce texte : Dieu seul et maître des événements, donc confiance !
Confiance, mais non « confort ». C'est l'exil, une forme de pauvreté évidente. Exilé, Elie expérimente aussi la pauvreté de l'humiliation : pour survivre, le voici « mendiant ». Il est réduit à s'adresser à une femme, une païenne, en terre étrangère (Sarepta, au sud de Sidon, n'est pas en Israël).
Et, comble de paradoxe, le Seigneur l'envoie survivre aux dépens d'une veuve dont les réserves alimentaires sont épuisées. La démarche ne va-t-elle pas provoquer la mort de la mère et de son enfant, alors que la Loi de Moïse prescrivait justement une protection spéciale pour les veuves, comme pour l'étranger et l'orphelin ? (cf. Ex 22, 20-23).
A cette femme aussi Dieu demande la foi, qui s'exprime par la confiance. Mais nous sommes hors d'Israël, dans un contexte de culture païenne. Le peuple élu doit en prendre de la graine, ce qui n'a pas l'heur de lui plaire, encore 9 siècles plus tard, quand Jésus ose lui rappeler au début de sa mission en Galilée, - en citant Elie et la veuve de Sarepta, Elisée et le lépreux Syrien, - que la sollicitude de Dieu se porte sur ceux qui Lui font confiance.
Le sel, c'est vous-mêmes !
Voilà le cadre de la vocation d'Elie : désorientation, désert, pauvreté, confiance, et proclamation de la Bonté de Dieu ailleurs et autrement.
Le cadre de notre vocation chrétienne dans le monde actuel lui est semblable : désorientation des parents, des pasteurs, prêtres et éducateurs, désertification non seulement des églises mais du milieu culturel, pauvretés multiples jusqu'à la perte du sens de la vie. Nous entendons l'appel : « Lève-toi et va ». Il y a donc un ailleurs, mais celui-ci n'est plus géographique.
Pardonnez-moi une image facile, mais pas si loin de l'Évangile. J'ai été habitué à apprécier une soupe chaude, parfumée à souhait, salée correctement. Or on nous sert un breuvage insipide et sans sel. Nous voici devant un choix : la tentation ou la vocation.
La tentation est de fait une alternative : ou bien nous pleurons de nostalgie en nous racontant la saveur des soupes d'autrefois, ou bien nous allons les chercher dans un ailleurs ou un futur qui n'existent pas.
A l'opposé de la double tentation il y a l'éternel « Lève-toi et va ! »
« Lève-toi et va ! » signifiera de moins en moins le déplacement vers de nouveaux ou vers d'anciens îlots de chrétienté traditionnelle, où la société, sa législation et ses coutumes encadraient les croyants comme les observances traditionnelles relatives aux coupes et cruches et autres rites encadraient la religiosité des juifs.
La soupe n'est plus la même. Ce n'est pas une raison pour changer de restaurant. Inutile de prier le maître queux de mieux gérer ses condiments. Il nous est demandé, à nous, de rester où nous sommes, dans le même bain, ou la même soupe ( !), que tout le monde, mais au lieu de pouvoir compter sur un appui social et culturel, toujours bienvenu d'ailleurs, le Seigneur nous rappelle qu'Il s'est incarné, Lui, le Verbe de Dieu.
Il nous interpelle pour que nous l'imitions à la mesure de nos moyens et fidèles à nos vocations. Le mot d'ordre est clair : « Lève-toi et va ! ». Où et comment, c'est tout aussi clair : le sel c'est vous-mêmes !
Dussiez-vous en subir le sort du sel qui s'incarne au point de s'évanouir et d'être avalé avec le reste, qu'importe si la soupe a pris du goût !
Sel et lumière. En deux phrases Jésus
nous en dit l'essentiel : d'une part à quoi ils servent
et, d'autre part, à quels degrés d'intégrité
et de vérité ils doivent se maintenir, - par le
retour aux sources, - par la fidélité à Celui
qui en est l'origine éternelle et permanente. Lui fera
le reste. Par sa Grâce, les hommes rendront gloire au Père
qui est aux Cieux. Amen.
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Annoncer l'Evangile de l'Espérance |
Père FINET
Jean-Paul II disait à une audience du mercredi:"C'est l'heure des chrétiens authentiques, forts dans la foi, audacieux dans l'espérance, généreux dans la charité, ardents par conséquent pour rendre témoignage au Christ".
Il nous faut faire passer la Lumière divine à tous les hommes.
Lorsqu'il s'agit d'hommes qui n'ont pas encore la foi, nous devons d'abord leur porter ce témoignage que Dieu existe. Ensuite, le second témoignage qu'il faut leur donner, c'est que Dieu est Père...
Lorsque Philippe rencontre un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, Reine d'Ethiopie, qui revient de Jérusalem, assis sur son char et lisant le prophète Isaïe (Actes 8,26 et suiv.), il monte près de lui, et lui explique comment le prophète a annoncé le Christ. Il témoigne ! Il montre comment les prophéties s'appliquent à Jésus. Si bien que l'eunuque, en arrivant à un point d'eau, demande à être baptisé. Porter témoignage partout et toujours; même pendant l'auto-stop !
Il faut porter témoignage pour rétablir le vrai message du Christ. Tant de gens se fabriquent une fausse image de Dieu. Dans nos pays, on n'adore pas les animaux, ni des idoles de bois mais nous nous fabriquons de faux dieux dans des raisonnements philosophiques !
On doit donner ce qu'on a reçu. Celui
qui a reçu un talent doit en donner deux. Mais ceux qui
ont reçu davantage doivent donner plus. Si nous sommes
des baptisés, des eucharistiés, quel témoignage
devons-nous porter ?
Saint Paul nous le dit dans l'Epître aux Romains:"Tous
ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu sont enfants
de Dieu. Car vous n'avez pas reçu un esprit de servitude
pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit
d'adoption qui vous fait vous écrier :"Abba, Père!"
Voilà votre témoignage. Vous devez vous écrier dans le monde:"Abba, Père, notre Père!"
Pensez que vous êtes des baptisés et que l'Esprit Saint est descendu en vous comme Il est descendu sur le Christ lors de son Baptême dans le Jourdain, sous la forme d'une colombe! Par le baptême "l'Esprit Saint Lui-même se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants et donc héritiers; héritiers de Dieu, et co-héritiers du Christ, si du moins nous souffrons avec Lui pour être glorifiés avec Lui".
Quel sera donc notre témoignage ?
D'abord que le message de Jésus doit nous permettre de vivre bien, de nous bien comporter sur cette terre. pas de "bien-vivre", mais de "vivre bien". Et le témoignage de Jésus est véritable.
Lui-même l'affirme à Nicodème
:
"En vérité, en vérité, Je
te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons
ce que nous avons vu... Personne n'est monté au Ciel, si
ce n'est Celui qui est descendu du Ciel, le Fils de l'Homme qui
est au Ciel". (Jn 3, 11 et 13).
Qu'est-ce donc que les hommes ne savaient pas
et qu'ils avaient besoin d'apprendre ? Quelle est la "Lumière
qu'apporte Jésus?", lumière qui était
déjà annoncée par les Prophètes :
"Le peuple de Dieu marchant dans les ténèbres
a vu une grande lumière; sur les habitants du sombre pays,
une lumière a resplendi... Car un enfant nous est né,
un Fils nous a été donné; Il a reçu
l'empire sur les épaules, on Lui donne ce nom "Conseiller
merveilleux, Dieu fort, Père Eternel, Prince de la Paix".
(Is, 9, 1 et 5).
Mais nous bien comporter, "vivre bien" sur cette terre c'est vivre suivant la Justice. Jésus est donc venu remettre toutes choses à leur place et nous donner un enseignement de vie qui s'applique à tous les domaines et, avant tout, nous mettre dans la justice, en face de Dieu, source de toute justice véritable, hors de tous les appétits et combinaisons.
Et ce message de Lumière et d'Amour,
il faut qu'il soit répandu partout
car la Lumière ne doit pas être
mise sous le boisseau. Partout, c'est-à-dire dans tous
les domaines, dans toutes les classe sociales, dans toutes les
institutions, dans les milieux économiques et sociaux eux-mêmes.
Jésus nous a ordonné de prêcher
la Vérité toute entière.
On nous a traités de tout ? Jésus aussi, les apôtres
aussi... Voyez-vous, nous mourrons de chrétiens bien raisonnables
... ou trop raisonneurs !
Et de la prêcher "dans le monde tout entier" a dit Jésus. En Amérique aussi bien qu'en Europe et en Afrique aussi bien qu'en Asie, oui; mais, c'est également dans le monde ouvrier aussi bien que dans le monde bourgeois. "Et vous leur enseignerez TOUT ce que J'ai dit" Mais comment vont-ils accueillir mes paroles si je leur dis TOUT ce que Jésus a dit ? Jésus a répondu ainsi:" Et je serai avec vous pour toujours". Alors, je leur prêche tout : la totalité du Message.
Et vous aussi vous serez des témoins; et vous irez dans le monde tout entier, dans tous les milieux de vie, notamment, là où Dieu vous a placés. Et vous enseignerez, vous serez les témoins !
... Quand Jésus était sur la terre, son action était limitée en un temps, en un lieu, en un pays. Et si Jésus a emporté son Corps dans le ciel, c'est pour prendre résidence dans les membres de Son Corps Mystique et, par eux, continuer Son action dans le monde tout entier.
Est-ce que vous avez bien compris que Jésus continue à regarder Ses frères par vos yeux de baptisés? A les écouter par vos oreilles, à les aimer par votre coeur, à aller vers eux par vos pieds ?
Nous avons là une responsabilité terrible...
Et c'est nous qui avons la charge d'être la lumière du monde. Ce n'est pas Jean-Baptiste qui est venu apporter la lumière :
"Il n'était pas la lumière, mais le témoin de la lumière. Le Verbe était la Lumière véritable qui éclaire TOUT homme" (Jn 1,8-9).
Tout homme : tous, tous. Nous devons faire en sorte de permettre à tout homme d'être éclairé.
Attention à nous qui avons reçu ce Message d'Amour, à ne pas retenir la vérité captive !
Il faudra que notre vie fasse choc, pour devenir la lumière de ces hommes. Le choc de Dieu est un choc d'Amour. Votre choc ne peut être que d'Amour, car Jésus est Amour.
Nous rendrons témoignage, nous aussi,
selon la Parole de Saint Jean qui écrit dans sa première
Epître:
"Ce que nous avons entendu, vu de nos yeux, ce que nos
mains ont touché... nous vous en rendons témoignage,
afin que vous soyez aussi en communion avec nous !
Quant à notre communion, elle est avec le Père,
et avec Son Fils Jésus-Christ". (1 Jn 1,3).
(Extraits d'une conférence -
1978)
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Témoignage |
Se laisser réconcilier par le Christ, un chemin de bonheur
Début octobre 1996, je m'inscrivis à une retraite fondamentale dont le thème était dans la droite ligne des propos que tint le Pape à Reims lors de son voyage en France : comment aborder le troisième millénaire en tant que chrétien ?
Cette retraite a été décisive : j'eus d'abord pendant les trois premiers jours le « syndrome de la valise », me disant que je ne tiendrais jamais jusqu'au bout. Cependant en persévérant j'eus la joie de redécouvrir le sacrement de réconciliation et le bonheur qu'il y a d'être pardonné par ce Père qui nous aime. Je redécouvris aussi la Présence réelle et en pris de plus en plus conscience. J'eus enfin une surprise qui ne fut pas des moindres : découvrir la proximité du Saint-Esprit et Le prier comme une personne à part entière et non comme une espèce d'abstraction.
La retraite se terminant, la vie professionnelle
reprenait son cours, mais elle était très différente
: l'espérance m'animait. Désireux d'être porteur
de cette espérance, je décidai de participer un
peu plus activement à la vie de la paroisse en suivant
le partage d'évangile hebdomadaire et en allant visiter
des malades par le biais du service paroissial des malades. Simultanément,
je m'aperçus, d'une part, qu'au travail j'abordais avec
les uns ou les autres des sujets relatifs à la religion,
à la foi sans aucune peur ou crainte, et que, d'autre part,
mes interlocuteurs n'y étaient pas indifférents.
J'essayais aussi de concilier avec ma vie professionnelle la messe
en semaine et des temps d'adoration.
Laissez-vous transformer par le Christ, Lui seul peut combler
vos attentes et vous faire découvrir votre vraie vocation
Emmanuel, bientôt ordonné diacre
en vue du sacerdoce - Foyer de Baye