Numéro 226

 

Décembre 2004

 

SOMMAIRE

Actualité : Qui nous fera voir le bonheur ?

Toussaint 2004 : Les Foyers de Charité à Paris

« Va ! Dis aux hommes combien je les aime »
Béatrice, pour l'équipe Toussaint 2004
Témoignage

Dossier : l'Année de l'Eucharistie

L'Eucharistie, sommet et source de la vie chrétienne
Mgr Raymond BOUCHEX

Témoignages

Eucharistie et communauté paroissiale
Père Marcel BOURLAND

Témoignage

« Je suis le Pain de Vie »
Père Georges FINET

Témoignages

Au Foyer de La Flatière :

Extraits d'une homélie pour l'émission "Le Jour du Seigneur"

Père Stan Rougier

De toutes nations

Au Foyer de Bujumbura, au Burundi

JMJ 2005 à Cologne « Nous sommes venus L'adorer » : notre programme

Programme des Retraites Janvier- Février 2005

 

 



 

Toussaint 2004 à Paris

 

Congrès international

pour la Nouvelle Evangélisationn

 

 

« Va ! dis aux hommes combien je les aime... »

Béatrice, membre de Foyer,
pour l'équipe Toussaint 2004

Comment annoncer Jésus et sa Bonne Nouvelle de salut dans les mégapoles européennes, carrefours de nationalités, de religions, de conditions sociales très diverses ?
Sur le thème « Qui nous fera voir le bonheur ? », à l'invitation du Cardinal Lustiger, les paroisses de Paris ont ouvert largement leurs portes et, comme tant de communautés, mouvements, groupes, nous, Foyers de Charité, avons répondu à l 'appel.

Nous avons vu Jésus annoncé et reconnu, imploré, célébré, adoré deviné, peut-être, par des coeurs encore assoiffés de Le connaître vraiment. Jésus, l'unique Chemin du bonheur, l'unique Chemin vers le Père.

Par leurs Pères ou par leurs membres, de façon constante ou épisodique, 7 de nos Foyers de Charité ont été « sur le terrain », toute la semaine. A nous tous, nous avons vécu « le Foyer » en mission dans la ville : quelle grâce jaillie du coeur de Marthe !


Deux «bases» nous ont été offertes, dans les 16ème et 20ème arrondissements.

*A Notre-Dame de Lourdes (20ème arr. ), le Foyer a travaillé en complet partenariat avec le Père Stéphane Esclef, curé, et sa communauté paroissiale si accueillante. Animation des messes, des offices matin, midi et soir veillée mariale bénédiction eucharistique du quartier prière sur les frères spectacle-prière du Fils prodigue en marionnettes à taille humaine, les « marottes » (de Tressaint) Journée de récollection dans le style de nos maisons...

Il y a eu là grande joie à oeuvrer vraiment en famille, rassemblés autour de la Vierge Marie, Notre Dame de Lourdes pour Mère, et avec le curé, un Père pour sa communauté paroissiale, au sens où nous l'entendons à la suite de Marthe : une paroisse « comme un Foyer de Charité » QUEL BONHEUR !

La paroisse comme une vie de famille autour du Pain de Vie, proposé toute la journée à l'adoration des fidèles et partagé à la Messe comme nourriture quotidiennela mission paroissiale puissante de sa puissance à Lui, Jésus, qui rejoint tout homme dans des initiatives audacieuses permises par la collaboration de toute une équipe, prêtres et laïcs ensembleun renouveau des coeurs dans la grâce du pardon, particulièrement célébré le vendredi l'accueil simple et chaleureux dans les familles, le travail d'intendance des paroissiens « en base arrière » dans la joie de servir

Témoignage :
« Inconsolable du deuil de mon frère, je suis entré dans cette église là, j'ai été bouleversé d'entendre la mélodie d'un chant hassidique(air de : « ô, ô prends mon âme ») qui redonne espérance en Yahvé. Vers Toi, je lançai mon cri, et Toi, Dieu, Tu m'as répondu ».
Un monsieur juif du quartier

*A St Honoré d'Eylau (16ème arr.), nous avions une base de lancement pour une mission plus dispersée à travers la capitale...
Dans la paroisse même, nous avons eu la grâce d'animer, auprès des reliques de Ste Thérèse, deux temps de prière, l'un avec des enfants et des jeunes, l'autre avec de nombreux adultes... Il fallait bien que la petite Thérèse, Patronne des missions, fût présente dans la ville « en mission »... ne convenait-il pas aussi qu'elle le fût avec Marthe dont on connaît la confidence : « La coquine, elle m'a tout laissé après » , se rapportant à la « visite » de son amie de cur dans la petite chambre de La Plaine.

Là également, nous avons proposé deux journées de récollection, mais aussi à Ste Jeanne de Chantal et St Christophe de Javel... au prix d'une performance évidente pour les Pères qui ont assuré ce ministère de prédication à tous vents. Nombre d'anciens retraitants et anciens élèves (Courset) ont été heureux de nous rejoindre... d'autres personnes, de nous découvrir.

Un espace de silence, d'enseignement, de célébration eucharistique, de prière mariale au cur de la ville : c'était bien signé « Marthe » : QUEL BONHEUR !

"Qui nous fera voir le bonheur ?"

L'Eglise propose une réponse : la rencontre avec le Christ.

PARIS-TOUSSAINT 2004, c'est un grand souffle sur la ville de Paris pour proposer à chacun la rencontre unique de Jésus par les multiples chemins que suscite l'Esprit au coeur de ce temps. Quelle richesse, quels trésors d'inventivité dans les propositions faites dans TOUTES les paroisses, où se sont exprimés les talents les plus divers : débats, concerts, animations culturelles, célébrations, prières, catéchèses, spectacles, animations de rues, expos., fêtes, conférences, convivialité, relais pour les enfants, rencontres cuméniques, veillées, chants, danses et puis, partout, l'adoration et le sacrement du pardon ; l'interpellation des coeurs dans le silence.

PARIS-TOUSSAINT 2004, c'est un cycle de conférences et de témoignages à Notre Dame de Paris pour des milliers de congressistes de diverses nationalités, sur le thème de l'évangélisation. A travers la ville, dans les transports, on repère les congressistes à leur écharpe colorée.

PARIS-TOUSSAINT 2004, c'est « le livre de Vie », dans chaque paroisse, où tous sont invités à confier joies et souffrances, intentions pour les vivants et les défuntslivres qui convergeront à Notre-Dame de Paris pour le pèlerinage-rassemblement de clôture puis retourneront dans les paroisses afin d'y alimenter la prière dans la suite des jours.

PARIS-TOUSSAINT 2004, c'est, au collège Stanislas (6ème), une galerie de stands pour présenter communautés et oeuvres d'Eglise dans un climat de grande bienveillance fraternelle.
Là, joie pour nous, dans les nombreux contacts, de voir Marthe connue, aimée, priéeet joie d'accueillir la confidence de nombreuses personnes heureuses de nous dire la transformation de leur vie à partir d'une retraite dans un Foyer de Charité. QUEL BONHEUR !

PARIS-TOUSSAINT 2004, c'est un immense chantier d'environ 300 ateliers-forums, vaste partage d'expériences sur le thème de l'évangélisation.
Trois après-midi, le Père Alain Bandelier a animé, avec des retraitants et des membres, une rencontre sur la retraite comme lieu de formation. Belle écoute, en particulier de la délégation portugaise. A quand la fondation au Portugal ? Rendez-vous au congrès l'an prochain à Lisbonne ! Ces échanges nous ont plongés dans l'action de grâces pour notre vocation à la suite de Marthe au service de la transformation des coeurs par le Christ en vue de la transformation du monde. QUEL BONHEUR !


Témoignages :
- « Je suis un produit de mai-68 Ces journées actuelles, à Paris, j'ai beaucoup demandé pardon en voyant une belle jeunesse renaître de ce que nous avons saccagé et laissé en cendres ; quel mystère !
Alors que je ne voulais plus vivre, ivre de l'absurde, c'est le va-tout d'une retraite à Châteauneuf qui m'a redonné le sens, l'orientation de ma vie. Mon fiancé, alors que je multipliais les séjours à Châteauneuf, a bien su venir me rechercher Ma vocation, finalement, n'a pas été celle du mariage. Ce que je suis aujourd'hui, debout, c'est par la grâce de Marthe et des Foyers de Charité, alors merci ».

- « Au fond du gouffre par la dépression, je pars en retraite à la proposition de notre curé avec une quarantaine d'autres paroissiens Grâce de la retraite dans le climat du Foyer de Tressaint, grâce aussi d'un « après » avec toute la communauté paroissiale unifiée par cette expérience spirituelle ; d'un « après » aussi, avec mon mari, dans la fréquentation des Foyers de Charité. »

PARIS-TOUSSAINT 2004, c'est « Holywins » à St Sulpice, sur le parvis et dans l'église : rock-chrétien en concert au-dehors et Roc-le Christ en personne, au-dedans, dans un gigantesque et magnifique ostensoir. Comme la veille (vendredi, journée du pardon dans toutes les paroisses), ce samedi soir, des milliers de petites flammes allumées attestent le nombre de confessions.
« La place de la ville est d'or pur ; son temple, c'est le Seigneur, le Dieu tout-puissant et l'Agneau. La ville n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'illumine et son flambeau, c'est l'Agneau. »
Ap 21,22-23

PARIS-TOUSSAINT 2004, un événement historique et prophétique Des cardinaux, des évêques, des prêtres, des religieux, des fidèles laïcs relèvent le défi de la nouvelle évangélisation : QUEL BONHEUR !




 

 

 

 

 

Parole du Père Finet

 

"Je suis le Pain de Vie" (Jn 6)

L'Eucharistie est la nourriture propre de nos âmes ; c'est le point sur lequel il est nécessaire d'insister très particulièrement Cette nourriture, c'est la Chair et le Sang de Jésus même. Celui qui a pu dire en toute vérité : « Je suis la Vie », s'est fait Lui-même, pour nous, aliment de vie. C'est là un fait qui nous fait toucher du doigt l'extrême pointe de son Amour ; mais c'est le fait lui-même, avec les conséquences logiques qu'il entraîne, qu'il faut d'abord retenir

Remarquons la façon dont Jésus Lui-Même le souligne. Il faut lire, à ce sujet, le chapitre 6 tout entier de l'Évangile de Saint Jean, celui de la Promesse de l'Eucharistie, et il faut le relire souvent. Comment se déroule ce chapitre 6 ?

 

"Je suis le Pain de Vie"

D'abord, Jésus est entouré de la foule, et, en sa faveur, Il multiplie les pains et les poissons, symbole de la multiplication future du Pain eucharistique. Ensuite, comme la foule veut le faire roi, Jésus s'échappe et va passer la nuit en prière sur la montagne.

Le lendemain matin, Il retrouve ses apôtres qui sont en bas, sur le lac de Tibériade, et Il arrive vers eux en marchant sur les eaux. Dès qu'Il est entré dans la barque, voici que la barque se dirige, d'elle-même jusqu'à Capharnaüm, au nord du lac. Là, Jésus descend de la barque, et ils sont rejoints par toute la foule, pour laquelle Il a multiplié les pains, la veille. Ils sont heureux de retrouver Jésus, et parlent tous de cette multiplication des pains.

Et c'est à ce moment-là que Jésus fait la promesse du véritable pain eucharistique. Il leur dit : « Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera ».

Attention ! C'est ce qui demeure pour la vie éternelle, qui commence dès cette terre. Alors les Juifs demandent : « Mais quelle sera donc cette nourriture? ».

Oh ! mais quelle aubaine, quand nous allons recevoir cette nourriture, mais quelle économie ! On ne sera plus obligés d'aller tout le temps chez le boulanger acheter du pain ! Et ils font toutes sortes de suppositions... Ils pensent que ce sera peut-être la manne, comme celle que leurs Pères ont reçue dans le désert pendant 40 ans.
Et Jésus leur coupe la parole et leur dit : « Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel ». Vous voyez comment Jésus appelle : le Pain du ciel.

Ne parlez pas tant à vos petits enfants de la Sainte Eucharistie, parlez-leur du Pain de Vie, du pain de Dieu. C'est beaucoup plus direct, ils comprendront beaucoup mieux.

« C'est mon Père qui donne le vrai pain du Ciel. Car le pain de Dieu, c'est le pain qui descend du ciel et qui donne la vie au monde ».

Alors, qu'ont dit les Juifs ? Nous l'aurions dit nous-mêmes : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain ».

Jésus fait une réponse qui les stupéfie : « Ce pain, c'est Moi. Je suis le pain de Vie ».
Dès qu'Il a dit cela, ils font un mouvement de recul.

Comment ? Il est le pain ? Qu'est-ce que cela veut dire ?

Nous sommes en face du mystère de la foi : «Venez à Moi, croyez en Moi, demeurez en Moi ».

Et Jésus continue : « Celui qui vient à Moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en Moi n'aura jamais soif. Mais je vous l'ai dit, vous m'avez vu et vous ne croyez point »...
Jésus s'adresse tout de suite à leur foi. Ils ont tendance à ne pas croire et à s'éloigner de Lui.

Les Juifs murmuraient à son sujet parce qu'Il avait dit : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel », et ils disaient : « N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment donc peut-il dire : Je suis descendu du ciel ? " Et Jésus à nouveau répliquait : « Ne murmurez point entre vous. Nul ne peut venir à Moi si le Père qui M'a envoyé ne l'attire, et Moi, Je le ressusciterai au dernier jour... En vérité, en vérité, Je vous le dis : celui qui croit en Moi a la vie éternelle ».

Il faut croire en Lui : Il a donc la vie divine en son âme... « Je suis le pain de vie ». Jésus le répète à nouveau. Cela demande un acte de foi : croire en Lui.

« Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Voici le pain descendu du ciel, si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Donc il aura la vie divine dans son âme dès cette terre, et elle durera éternellement dans le ciel. « Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement et le pain que Je donnerai, c'est ma chair pour le salut du monde ».

Là-dessus : mouvements, agitation, disputes. « Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger ? » Nous ne sommes pas des anthropophages ! Quel scandale ! ils ne se sont pas trompés : c'est bien de chair dont il s'agissait.

 

"Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui"

Continuons le texte. « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? " Mais Jésus d'insister, sans souci du scandale qu'il cause : « En vérité, en vérité, Je vous le dis : si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et Moi Je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang un breuvage ».

Peut-on parler d'une manière plus claire ?
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en Moi, et Moi en Lui ».

Voilà, le mot est dit. Car Jésus est venu pour nous récapituler tous en Lui, pour demeurer en nous et nous en Lui, si bien qu'après avoir communié, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. C'est pour cela qu'Il a dit : « Venez à Moi, croyez en Moi, demeurez en Moi ».

Car tout amour tend à la communion. Tout amour humain y tend par la communion d'âme, d'esprit, de coeur et de corps. Si bien que c'est l'époux qui rencontre l'épouse, et de même, c'est Jésus qui rencontre l'humanité, dans son sang, son corps et sa divinité : dans l'Eucharistie.
Vous comprenez ainsi ce qu'est le grand mystère de l'amour.

Peut-on imaginer affirmation plus catégorique ? Peut-on imaginer même, spectacle plus émouvant que celui de Jésus aux prises avec des âmes toutes préoccupées de pensées matérielles et leur livrant le plus sublime mystère de son amour, sans réussir à autre chose qu'à troubler et à déconcerter ses amis eux-mêmes : « Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent et n'allaient plus avec Lui » (Jn 6, 66).

Scandalisés, la plupart de ses amis l'ont quitté, sauf les apôtres...

Il ne voulait pas qu'on pût s'y tromper ; c'est bien de sa chair et c'est bien de nourriture qu'Il voulait parler et Il ne voulait pas qu'on en ignorât la nécessité absolue. « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous ».
Vous n'avez pas la vie divine en vous.

L'Evangile ne laisse pas supposer qu'Il en ait parlé à nouveau, au moins publiquement, avant son institution, le jeudi soir, avant sa Passion. Mais alors, c'est encore de nourriture qu'Il parle, uniquement : « Prenez et mangez, ceci est mon Corps ; prenez et buvez, ceci est mon Sang, le Sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour la multitude en rémission des péchés ». (Mat 26, 26-28).

Mettre l'accent sur un autre point, ce serait manifestement déformer sa pensée et risquer de très fâcheuses conséquences.

Comment est reçue cette miséricorde de Dieu ? Par la communion.

 

Quand on communie, on nourrit Jésus, on fait grandir l'Eglise

Grâce au Décret sur la communion fréquente du 20 décembre 1905 publié sous les auspices du Pape Pie X, beaucoup ont compris et ont communié souvent : cela fait grandir l'Église.

La croissance de l'Église continue parce qu'on s'est mis à communier. On en a eu des manifestations merveilleuses. Par exemple, le miracle de la croissance de l'Église en Afrique. Si bien que l'on peut penser que vers l'an 2000, la communauté africaine sera peut-être la plus chrétienne et la plus nombreuse de toute l'Église. On a vu la même chose dans certaines îles d'Océanie.

En France, on a vu beaucoup d'apôtres dans le laïcat. C'est un grand phénomène qui caractérise beaucoup I'Église d'aujourd'hui : le laïcat missionnaire, « apôtre et témoin ».

Et puis, surtout, on a vu le Concile Vatican II qui orientait toutes les vies vers l'apostolat missionnaire, notamment du laïcat : « Le peuple de Dieu » qui doit se répandre dans le monde tout entier.

Voilà à peu près ce que nous constatons de nos jours. Et c'est une richesse magnifique pour l'Église.

Et on voit monter même, de plus en plus, l'amour de la Sainte Vierge dans les coeurs, Elle qui nous a donné son Pape, Jean-Paul II, ce fervent de Marie. Il est le grand don de Marie à son Eglise. Et il va certainement - et c'est déjà commencé - réaliser des merveilles.

Si bien qu'il y a une grande espérance qui monte, et l'Église est certainement en grande évolution en ce moment.

Une de mes joies est de voir que beaucoup de retraitants repartent avec le désir de la communion fréquente dans leur vie.
Quelle grâce et quelle bénédiction !

Extraits d'une conférence (1978)

 

Erratum : Dans l'Alouette d'octobre 2004, N° 224-225, dans « Parole du Père Finet », il fallait lire : « l'âme habitée de bruits, et non

« abritée ».





 

 

 

 

 

 

L'Eucharistie,

sommet et source

de la vie chrétiennee

 


Mgr Raymond BOUCHEX

Evêque émérite d'Avignon

Dans la Constitution du Concile de Vatican II sur l'Eglise, nous lisons: l'Eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (L'Eglise, n° 10). Le synode des évêques, qui aura lieu à Rome au mois d'octobre 2005, aura pour thème : « L'Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise ». D'où vient la place première que l'Eglise accorde à l'Eucharistie dans sa vie, et que nous devons lui accorder dans notre vie ?

La mort et la glorification de Jésus sont le sommet de son sacrifice et la source du salut

Toute la vie de Jésus a été un unique sacrifice. Commencé au moment où le Fils de Dieu se fait chair,- « Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté » (He 10, 7))-, son sacrifice atteint son sommet dans sa mort, sa résurrection et son exaltation à la droite du Père. En s'offrant librement au Père, en aimant les hommes avec le Père jusqu'au bout (Jn 13, 1-2), en étant accueilli par le Père comme le Fils pleinement obéissant, Jésus fait du crime commis contre lui le sacrifice parfait. Celui-ci est l'accomplissement plénier de l'oeuvre que lui a confiée le Père. « Je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant en plénitude l'uvre que tu m'avais confiée » (Jn 17, 4).

En étant le sommet de son sacrifice, la mort et la glorification de Jésus sont la source de tous les biens dont Dieu son Père a voulu et veut toujours combler l'humanité et l'univers. Ces biens, ce sont : l'Esprit Saint et, par là, l'Alliance nouvelle et éternelle, l'Eglise, la foi, l'espérance et l'amour, la rémission des péchés, les sacrements, la prière, la réconciliation avec Dieu et entre hommes, l'unité des enfants de Dieu dispersés, la vie éternelle, la résurrection de la chair, le don de Marie comme Mère des disciples, le sacerdoce commun du peuple de Dieu et le sacerdoce des apôtres et de leurs successeurs, la glorification des fils de Dieu et de l'univers lui-même, en un mot le salut. Jésus, dès le début de son existence, et en plénitude dans sa mort et sa résurrection, est le seul « Sauveur du monde » (Jn 4, 42 ; Ac 4, 12), le Sauveur de tout ce qui est sur la terre et dans le ciel (Ep 1, 10).

L'Eucharistie est le sacrement du Christ dans son sacrifice


L'Eucharistie est le sacrement de la présence du Christ dans la totalité et la plénitude de son sacrifice. Elle est « la Coupe de la Synthèse » (Saint Irénée), la Coupe dans laquelle est contenu et offert tout le Mystère du salut. Tout dans l'Eglise est ordonné à nous unir au Christ, Fils de Dieu, Seigneur et Sauveur. L'Eucharistie est la présence la plus haute et le don le plus total de l'infinie richesse du Christ dans son sacrifice.

Elle est cela parce que Jésus a voulu que ce qu'il a fait dans sa Sainte Cène, c'est-à-dire dans son dernier Repas avec ses disciples, soit sans cesse rendu présent dans son Eglise. « Prenez, mangez : ceci est mon Corps Buvez-en tous, car ceci est mon Sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés » (Mt 26, 26-28). Saint Luc ajoute : « Faites cela en mémoire de moi » (Lc 22, 19).

Saint Paul est en pleine fidélité avec la Cène quand il écrit: « Je vous ai pourtant transmis, moi, ce que j'ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur : la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit et dit : 'Ceci est mon Corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi '. Après le repas, il fit de même avec la coupe en disant : 'Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi'. Ainsi, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Co 11, 23-26).

Il écrit un peu avant : « La coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au Sang du Christ ? Le pain que nous rompons n'est-il pas communion au Corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (1 Co 10, 16-17).

Quant à saint Jean, il écrit : « Le pain que je donnerai, c'est ma Chair, donnée pour que le monde ait la vieSi vous ne mangez pas la Chair du Fils de l'Homme, et si vous ne buvez pas son Sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang a la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma Chair est la vraie nourriture et mon Sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra par moi » (Jn 6, 51-57).

Par ses gestes et ses paroles à cet instant solennel entre tous, Jésus annonce que sa mort est proche et il en dit le sens. Sa mort est la mort du Fils à qui le Père a confié la réalisation de son dessein sur l'humanité et l'univers. Il demande à ses apôtres et à leurs successeurs de refaire, jusqu'à la fin du monde, ce qu'il fait. Il s'engage à rendre présent par eux son sacrifice, et, par lui, à communiquer à ceux qui y prendront part l'Alliance nouvelle et éternelle, la rémission des péchés, la vie éternelle, son habitation en eux et leur habitation en lui, leur unité en son Corps, l'espérance de la résurrection.

L'Eucharistie est le sommet et la source de la vie chrétienne et de la vie de l'Eglise.


En étant la présence sans cesse renouvelée de la sainte Cène, l'Eucharistie est le sacrement du Christ dans son sacrifice. Par là elle est le sommet et la source de toute la vie sacramentelle. Elle est le troisième sacrement de l'initiation chrétienne. Le baptême et la confirmation ont leur achèvement dans la participation à l'Eucharistie et dans la réception de l'Eucharistie. Le sacrement de l'Ordre consacre les évêques et les prêtres en vue de présider et consacrer l'Eucharistie. Le sacrement de la Réconciliation remet le chrétien pécheur dans l'Alliance dont l'Eucharistie est le sommet et la source. Les autres sacrements sont comme les perles précieuses de cette couronne du salut qu'est l'Eucharistie. Le vrai milieu de leur célébration est la Messe.

L'Eucharistie est le sommet et la source de toute la prière chrétienne. En elle sont présentes toutes les formes de la prière et elle est la grande éducatrice de la prière. La Liturgie des Heures, les différentes bénédictions, les divers sacramentaux sont comme le rayonnement de l'Eucharistie sur le temps quotidien, hebdomadaire, annuel, comme sur l'environnement matériel et cosmique de la vie des hommes. En l'Eucharistie se trouve concentré tout le contenu de la foi. Elle est le lieu par excellence où l'Ecriture redevient Parole de Dieu. « Parole de Dieu », dit le lecteur à la fin des lectures, et « Acclamons la Parole de Dieu », dit le diacre ou le prêtre à la fin de la proclamation de l'Evangile.

L'Eucharistie est l'expression et la nourriture de la foi. Elle est le sommet vers lequel tend toute l'activité missionnaire des chrétiens. Elle est l'envoi en mission de ceux qui y participent. « Allez », dit le célébrant ou le diacre au terme de chaque Messe, comme Jésus ressuscité disait à chacune de ses apparitions : « Allez ». « L'Eucharistie est bien la source et le sommet de toute l'évangélisation », dit le concile (Les prêtres, n° 5). Elle est, pour l'Eglise et l'humanité, le Mémorial vivant du Christ passé, présent et à venir. En elle, nous trouvons l'origine et le terme de notre destinée, le sens de notre vie et de notre mort, l'espérance en la vie éternelle, l'attente de notre glorification et de celle du cosmos (Rm 8, 19-22), l'assurance que l'acte le plus libre que nous puissions faire est celui de nous offrir par amour pour Dieu et pour les autres...

Quand nous disons de l'Eucharistie qu'elle est le « Saint Sacrement », nous exprimons la certitude, pleine d'émerveillement et d'adoration, qu'elle est le sommet de la présence du Christ mort et ressuscité, et par lui de Dieu Trinité, au milieu de nous, et la source de sa présence en nous. Elle est le sommet et la source du ministère des évêques, des prêtres et des diacres, de la fécondité de leur action, de la joie de leur vie.

Pour tout dire, l'Eucharistie est le sommet et la source de la vie de l'Eglise. « C'est l'assemblée eucharistique qui est le centre de la communauté des fidèles présidée par le prêtre », dit le Concile Vatican II (Les prêtres, n° 5). Le mot Eglise dit en premier lieu l'assemblée réunie pour l'Eucharistie. C'est dans la célébration de l'Eucharistie que l'Eglise devient le plus elle-même, qu'elle prend chaque fois conscience de son identité de Corps du Christ, de Temple de l'Esprit Saint, de Peuple de Dieu, qu'elle se manifeste le plus pour ce qu'elle est, à savoir « en quelque sorte le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain » (L'Eglise, n° 1).

L'Eucharistie est vraiment le sommet et la source de toute la vie chrétienne comme de la vie et de la mission de l'Eglise. Jamais nous n'aurons fini de connaître, de méditer, d'intérioriser et de vivre l'inépuisable richesse de l'Eucharistie. Elle est vraiment « le Mystère de la foi », la Réalité, plus réelle que toute réalité, en laquelle est présente et nous est offerte la plénitude du salut qu'a réalisé et que nous propose sans cesse le Père par le Christ dans le Saint Esprit.

L'Année eucharistique, dont le Saint Père a célébré l'ouverture le dimanche 17 octobre dernier, est un temps privilégié pour mieux connaître, contempler et vivre le grand « Mystère de la foi » qu'est l'Eucharistie. Elle est un appel pressant à ne jamais manquer, le dimanche spécialement, le grand rendez-vous que nous fixe le Christ par son Eglise. Elle est une invitation à passer du temps, dans le silence et la prière, devant le « Saint Sacrement », qui est le sacrement où converge et d'où rayonne tout le reste de la vie chrétienne. Par une telle prière, nous entrons en communion avec le coeur de l'Eglise une et catholique, et nous rejoignons les hommes connus et inconnus au plus profond de leur humanité.

 



 

 

 

Témoignages

 

"Attire à toi tous les hommes"'

Comment rendre témoignage à la Vérité sans venir à la source J'ai choisi d'écrire ces quelques lignes devant Jésus-Eucharistie :
J'ai vraiment eu cette impression que l'adoration a été au centre de la vie de nombreuses paroisses à Paris pour Toussaint 2004. C'était le cas à Notre Dame de Lourdes, dans le 20ème.

Pendant ces temps d'adoration, résonnait en moi cette phrase : « Attire à toi tous les hommes ». Moi, j'avais la chance d'être face à la Vérité et le monde extérieur, qui passait avec indifférence devant cette église, ignorait que son bonheur était là, à quelques mètres de lui, vivant sur l'autel. C'était une véritable inquiétude !
Alors comment faire ?Avec Thierry et le Père Stéphane, nous avons distribué des tracts pour inviter les passants aux différents temps de prière proposés par la paroisse.
Bien sûr, ce n'était pas grand chose ! Mais quelle joie lorsqu'une jeune dame a accepté, suite à notre brève discussion, de passer 10 minutes à l'adoration avec « ce Jésus » quasi inconnu. Qui sait si Jésus n'a pas opéré de grandes choses en son cur pendant ces 10 minutes ?

Au cours de la semaine, l'adoration a été pour moi : « ce coeur à coeur avec Jésus, par qui je suis tellement attirée que je ne peux plus Le quitter des yeux bien que je ne voie rien ! Je ne dis rien de spécial, quelques balbutiements, mais je suis captivée par Jésus présent dans cette hostie. A Saint-Sulpice, je serais restée devant Lui toute la nuit si j'avais pu du moins j'en avais le désir !

En effet, nous y avons fêté "Holywins", au rythme de la pop-louange, mais aussi par le sacrement du pardon et de l'adoration.
La place et l'église étaient remplies ; les gens priaient, se confessaient, allaient, venaient, chantaient, dansaient ...Mais le plus impressionnant, c'était Jésus dans l'Eucharistie qui était adoré dans un si grand recueillement !
Il semblait régner, en Maître ; plein de majesté, solide comme un roc, silencieux et agissant dans les coeurs.
C'était la splendeur de St Sulpice ce soir-là !

Tout homme doit pouvoir faire cette expérience de la présence réelle et intense de Jésus dans l'Eucharistie, tout simplement parce qu'il en a besoin pour vivre.

« Prends et mange, sinon le chemin sera trop long pour toi ! »

Marie-Anne

Je redécouvre la présence de Jésus


Cette retraite a été pour moi comme un second baptême, j'ai fait peau neuve. Avant, j'allais à la messe, « rarement », en traînant les pieds, avec mille excuses pour éviter la messe : cela allait de la fatigue au mauvais temps, au curé qui ne me plaisait pas, enfin bref ! Ou alors j'écoutais le prêche d'une oreille, la routine, voire la tiédeur, s'était bien installée.
Le père, avec ses conférences, a tout fait voler en éclats. Il m'a déstabilisée, et la belle forteresse s'en est allée. Pour aboutir à l'ouverture de mon coeur à Jésus par l'oraison. Jésus travaille dans le silence. La persévérance dans l'oraison porte des fruits surprenants. Tout doucement, je redécouvre la présence de Jésus pendant la messe, et j'en suis fortifiée.
Une aide-soignante.