Numéro 229

 

Juillet 2005

SOMMAIRE

La Divine Miséricorde

Miséricorde et avenir
Père Jacques RAVANEL

Ce dont le monde a le plus besoin c'est de la Miséricorde
Père Christian FAIMONVILLE

Face à l'angoisse du monde le Message de Jésus
Père FINET

La Miséricorde divine révélée à Soeur Faustine
Père Zdzislaw ZYWICA

Témoignage


De toutes nations

Au Foyer d'Ottrott en Alsace

Au Foyer de Naña, au Pérou

 

Programme des Retraites : juillet - octobre 2005



 

 



Miséricorde et avenir

Père Jacques RAVANEL

Foyer de La Flatière



«C'est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon » (Lc 24,34). Ainsi la mort n'a pas été victorieuse. La haine, la violence, le péché, se sont enlisés dans les profondeurs de la miséricorde divine. «Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé» (Rom 5,20). Nous croyons que Dieu ne nous repoussera jamais, puisqu'«Il nous a aimés jusqu'à mourir pour nous» (Jn 15,12). Notre avenir est entre ses mains.

Si Dieu ne pardonnait pas, dans quelle angoisse serions-nous plongés ! A vrai dire c'est l'inverse qui se produit. Nos relations avec le Seigneur s'enracinent dans la certitude de l'espérance chrétienne. Aucun de nous, se tournant vers Dieu, ne sera rejeté. Comme disait le Cardinal Ratzinger : «Le croyant est sûr que Dieu veut son salut». Tout en constatant notre faiblesse, nous croyons que grâce à la miséricorde du Ciel, nous serons un jour «parfaits comme le Père Céleste est parfait» (Mt 5,48). Ce n'est pas présomption mais exigence de la confiance filiale envers le Père. En nous aussi, l'amour finira par triompher. L'avenir n'est pas grevé par un découragement nourri d'inquiétude ou par une attente anxieuse d'une réponse imprévisible de la part du Seigneur, mais tonifié par la joie des enfants qui se précipitent dans les bras accueillants de Dieu : «Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi, je ne mérite pas d'être appelé ton fils, traite-moi comme l'un de tes mercenaires tandis qu'il était encore loin son Père l'aperçut et fut pris de pitié, il courut se jeter à son cou et l'embrassa longuement» (Lc 15,18-20). La miséricorde divine nous assure pour l'avenir une communion totale dans sa Lumière et son Amour.

S'il en est ainsi dans la profondeur de nos âmes avec Dieu, il en va de même dans nos relations avec nos proches. Dans nos coeurs il ne peut y avoir de situations réciproques définitivement bloquées. On raconte que, jadis, lorsque deux personnes qui avaient quelques divergences allaient voir Marthe Robin, cette dernière après avoir écouté disait : «Eh bien ! maintenant on va dépasser tout cela ! ». Les personnes étaient invitées à se plonger dans la miséricorde divine, à prendre de la hauteur pour goûter la joie de la réconciliation dans l'accueil de l'immense sérénité du Seigneur. Il peut arriver que l'un ou l'autre refuse, excuses et pardon. Dans ce cas nous sommes amenés à confier la personne à la tendresse du Seigneur qui assume une situation au-delà de nos capacités personnelles. La porte reste ouverte même si personne ne veut y entrer. Nous vivons alors un combat intérieur, parfois violent pour lutter contre toute forme d'amertume ou d'agressivité qui rompt avec la plénitude du Seigneur. A nous de savoir recevoir de la tendresse divine ce qui rétablira notre âme dans l'unité et dans la paix. Comme le dit Isaïe : «Oui ! Tu me guériras, tu me feras vivre : mon amertume amère me conduit à la paix» (Is 38, 17). Intérieurement, le coeur reste douloureux mais l'âme demeure dans la sérénité. «Alors Pierre s'avançant dit à Jésus : Seigneur combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrais-je lui pardonner ? Irais-je jusqu'à sept fois ? » Jésus lui dit : «Je ne dis pas sept fois, mais jusqu'à soixante dix sept fois» (Mt 19,22). Et encore : «Vous avez entendu qu'il a été dit : oeil pour oeil, dent pour dent. moi je vous dis de ne pas tenir tête aux méchants» (Mt 5,39) Par la miséricorde nos relations humaines restent ouvertes sur l'avenir.

Dans notre conception du monde nous envisageons une étape où la miséricorde et l'intelligence l'emporteront. La guerre n'apparaîtra plus comme la solution normale des conflits entre nations. Nous constatons que déjà des contrées entières, Amérique du Nord et Canada, Europe nouvelle, renoncent à l'affrontement militaire. Depuis 1950 des catholiques Français et Allemands ont envisagé une coopération industrielle dans l'extraction du charbon et la fabrication de l'acier. Schuman et Adenauer ont opté pour l'efficacité de la miséricorde. On ne parle plus revanche possible en vue d'un triomphe humain toujours fragile, temporaire et aléatoire. Depuis le Pape Benoît XV, refusant la guerre et se déclarant pour la paix, la Papauté n'a cessé d'opter pour des solutions pacifiques. On se souvient de la première encyclique de Jean XXIII : «Pacem in terris» (Paix sur la terre) qui a touché les coeurs des multitudes, croyants ou incroyants. Dans son exhortation apostolique Post-Synodale «L'Eglise en Europe», Jean Paul II décrivait le nouveau visage de l'Europe. N 111 : «Dire Europe doit vouloir dire «ouverture» L'Europe s'est construite, en allant au-delà des mers, à la rencontre d'autres peuples, d'autres civilisations » N° 112 : L'Europe doit prendre une part active dans la promotion et dans la mise en pratique d'une mondialisation, « dans la solidarité» L'Europe qui nous est léguée par l'histoire a vu, surtout au siècle dernier, s'affirmer des idéologies totalitaires et des nationalismes exacerbés qui, faisant perdre l'espérance aux hommes et aux peuples du continent, ont nourri des conflits au sein des Nations et entre les Nations elles-mêmes, jusqu'à l'effroyable tragédie des deux guerres mondiales. Les luttes ethniques plus récentes, qui ont à nouveau ensanglanté le continent européen, ont montré elles aussi à tous que la paix est fragile, et qu'elle a besoin d'un engagement actif de tous et qu'elle ne peut être garantie qu'en ouvrant de nouvelles perspectives d'échange, de pardon et de réconciliation entre les personnes, entre les peuples et les Nations. Face à cet état de fait, l'Europe avec tous ses habitants doit s'employer inlassablement à construire la paix à l'intérieur de ses frontières et dans le monde entier».

A l'échelle mondiale, en Afrique, en Asie, en Amérique centrale de nombreux pays demeurent des foyers de guerres endémiques. Nous sommes sortis de la guerre froide mais à nous d'assumer les séquelles d'Irak, les violences des affrontements terroristes, et les conséquences de la mondialisation économique. Jean Baptiste déclara : «Je suis la voix de celui qui crie dans le désert rendez droit le chemin du Seigneur» (Jn 1,23). Une fois encore l'avenir passe par l'efficacité de l'espérance.

Comment parler de miséricorde à l'échelle du monde quand les pays riches continuent à s'enrichir alors que les contrées pauvres poursuivent leur appauvrissement ? A titre documentaire, d'après le rapport de 1998 des Nations Unies sur le développement humain, nous apprenons que «les 225 personnes les plus riches du monde regroupent entre leurs mains plus de richesses que la moitié de la planète. Dans le monde 15 personnes disposent de plus de richesses que toute l'Afrique Sub-saharienne, soit 600 millions de personnes 3 personnes (par discrétion, je n'indiquerai pas leur nom) disposent d'une richesse supérieure à celle des 48 pays les plus pauvres de la planète réunis. Les Nations Unies estiment que le coût total pour l'éducation, les soins de santé, le traitement des eaux en direction de 4,4 milliards de personnes qui vivent sur la planète en situation précaire, avoisinerait 40 milliards de dollars soit 4% du budget des 225 personnes les plus riches de monde. Comment vivre nous-mêmes la miséricorde sans supplier l'Esprit Saint d'éclairer nos frères riches en espérant que leurs coeurs soient touchés, car Jésus veut sauver tous les hommes (1Tim 2,6) y compris les riches. Nos partages financiers nous ouvrent largement le coeur. «Jésus levant les yeux vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le trésor, il vit aussi une veuve indigente qui mettait deux piécettes et il dit : Vraiment, je vous le dis cette veuve qui est pauvre a mis plus que tous. Car tous ceux là ont mis de leur superflu dans les offrandes mais elle dans son dénuement a mis tout ce qu'elle avait pour vivre » (Lc 21, 1-2)

Nous savons que, dans notre propre pays, il existe une fracture sociale douloureuse. Si nous nous situons dans la clarté de la miséricorde, nous ne pouvons que nous engager à agir pour faire grandir un accueil réciproque des divers milieux qui constituent notre société. Le nouveau pape Benoît XVI a déjà tracé la route quand, au soir de son élection, il nous a dit : «Les cardinaux ont élu un humble travailleur dans la vigne du Seigneur». Il n'y a pas de miséricorde sans rupture avec un comportement d'orgueil. Plus profondément, nous sommes attirés par le Christ à porter sur autrui un regard d'amour qui s'origine dans le Mystère Trinitaire : «Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît» (Jn 10, 14-15). Que notre regard sur les autres, notre compréhension de leurs âmes s'imprègnent de la compréhension du Seigneur. Savoir rejeter les préjugés défavorables pour être à contre courant des a priori qui se cachent dans notre égoïsme. Comment Jésus, dans son Amour et sa compassion, regarde ceux qui nous entourent : «J'étais malade, j'étais en prison, j'avais faim je n'avais pas de réputation» (Mt 25, 36). Nos engagements divers et concrets doivent permettre à ceux que nous approchons de croire que la tendresse de Dieu est aussi pour eux. C'est pourquoi, dès son Homélie prononcée le 20 avril 2005, Benoît XVI se situant dans la lignée de ses prédécesseurs invite les fidèles à «témoigner de l'Evangile par l'ardeur de la charité envers tous, spécialement envers les pauvres et les petits». Le plus grand don que nous puissions transmettre aux humbles est le respect avec lequel «nous demandons aux pauvres de nous pardonner le pain que nous leur offrons», selon une expression de Saint Vincent de Paul. Déjà Jean Paul II avait dit aux Evêques du Brésil, le 10 décembre 1998 : «Je vous confie ce souci : que le désir d'être toujours proches des hommes, en particulier des plus pauvres, de promouvoir et de défendre la dignité et les droits de l'homme n'atténue jamais dans votre Eglise la volonté de toujours préserver sa véritable nature les droits de l'homme, n'ont de vigueur en réalité que là où sont respectés les droits de Dieu».

«N'ayez pas peur ! » nous avait-il dit le premier jour de son pontificat. La tâche est immense.

Fort heureusement le Seigneur nous a confié le trésor de son Eucharistie Miséricordieuse. Chaque dimanche, nous venons puiser dans le Corps du Christ le renouvellement de nos sentiments. Dans le combat de la miséricorde au quotidien, nos forces faiblissent tant la violence du mal est grande sur la terre : «Et voici que je suis avec vous jusqu'à la fin du monde» (Mt 28,20). Au début de la liturgie nous expérimentons la puissance du rayonnement miséricordieux du Père qui plonge l'assemblée dans la purification intense de nos âmes. Nous nous sommes détournés de l'Amour par pensée, par parole, par action et par omission. Tout notre être se trouve saisi par la miséricorde qui nous plonge dans l'Esprit Saint et dans la limpidité de l'Amour Divin. Nous sommes en état de goûter l'humanité sainte de Jésus qui dilate notre coeur et l'entraîne à aimer davantage. Libérés de nos entraves, nous nous épanouissons dans le moment présent. Nous vivons avec le Christ un avenir transfiguré par la présence de son Corps glorieux : «Frères, disait Saint Paul aux Ephésiens (4,1-13) je viens vous supplier de mener une vie digne de votre vocation soyez très humbles, soyez très doux, soyez patients, supportez vous mutuellement dans la charité. Ayez souci de garder dans la paix qui vous lie tous ensemble l'unité de l'esprit. Vous ne formez qu'un seul corps, vous n'avez qu'un seul esprit, de même que votre vocation vous appelle à partager une seule espérance le corps poursuit sa croissance et se construit dans l'amour».

Nous comprenons mieux pourquoi Jean Paul II, dans un de ses derniers écrits, nous incitait à découvrir la richesse de la messe du dimanche ainsi que la beauté de ce jour consacré au Seigneur. En nous tournant vers l'avenir, combien il est heureux pour nous de nous soutenir dans cette rencontre priante avec nos frères et soeurs. Nous ne sommes pas seuls à croire que le Seigneur est maître de l'impossible. Sa miséricorde continue à toucher nos coeurs à travers notre humble démarche d'amour fraternel, Jésus poursuit son oeuvre de rédemption. Par sa miséricorde il est vraiment le Sauveur du monde "pour que tous les hommes aient la vie et la vie en abondance." (Jn 10,10).

 

 

 

 

 

Parole du Père Finet

 

Face à l'angoisse du monde ... le Message de Jésus

Y a-t-il quelque chose, y a-t -il quelqu'un,
qui puisse me dire pourquoi je vis, pourquoi je meurs ?
Où est ce que je vais ? loin des enfants
Où est ce que je vais ? loin de leur sourire
Y a t il une réponse sur leurs doux visages
qui me dise pourquoi je vis, pourquoi je meurs?
Descendant au ruisseau,
Descendant au bas de la pente,
Jusqu'à la ville où la vérité meurt.
Où est ce que je vais ? loin des enfants, loin de leur sourire,
loin de mon coin chaud
loin de ma maison.
Où me conduit on ?
Où arriverai je à découvrir
pourquoi je vis, pourquoi je meurs ?

Ainsi s'exprimait douloureusement dans «Hair», l'angoisse du monde... Car il est dans les ténèbres celui qui ne sait pas pourquoi il est né, pourquoi il vit et pourquoi il meurt.

Mais voici qu'au milieu des ténèbres, la Lumière a brillé. Saint Jean nous dit dans le prologue de son Evangile : « La Lumière a brillé dans les ténèbres ». Quelle est cette Lumière ? Cette Lumière s'appelle Jésus qui a dit : « Moi, je suis la Lumière venue éclairer tout homme en ce monde ».

Quelle est la Lumière apportée par Jésus ?

Nous sommes nous posé quelquefois la question ? Jésus est il venu sur terre, s'est ll incarné, a t Il vécu parmi nous dans sa vie publique pour nous dire que Dieu existait ? Non! La grande lumière apportée par Jésus ne porte pas sur l'existence de Dieu, car les Juifs au milieu desquels Il a vécu croyaient tous en Dieu... Quand on voyage un peu dans les pays qui n'ont pas encore reçu le message de Jésus, en Chine, dans la vallée de l'Orénoque ou dans la Grande Forêt africaine, on est frappé d'une chose : I'âme humaine est naturellement religieuse. L'homme a toujours recherché Dieu avec ses moyens à lui. Depuis la venue de Jésus, nous sommes surnaturellement religieux. Nous avons une vérité révélée et cette vérité est merveilleuse. Jésus est venu nous dire non pas l'existence de Dieu (on le savait) mais la pensée et l'attitude de Dieu à notre égard.

Quelle est donc la pensée de Dieu à notre égard ?

Dans le fond de notre coeur, essayons de répondre à cette question : c'est la pensée d'un Père ! Jésus nous a dit que Dieu est Père et qu'Il est notre Père. Quelle est donc l'attitude de Dieu à notre égard ? celle d'un Père au coeur plein de tendresse et de miséricorde. Depuis le péché originel jusqu'à la venue de Jésus sur la terre, l'humanité avait perdu son père, car elle s'était coupée de l'origine de la Vie et de l'Amour. Par le péché, elle avait mis sa volonté en travers de celle de Dieu. Dans l'Ancien Testament, il n'est pas question du Père, il est question de Dieu, Yahvé, Elohim... Devenus des créatures en face du Créateur, on avait cessé d'être des enfants en face du Père. Et voici que Jésus, non seulement s'est incarné parmi nous, mais, sur la Croix, est devenu notre Rédempteur. Il a pris tous nos péchés, tous ces péchés qui nous coupaient du Père, Il les a expiés, et Il nous a rendu la vie divine. C'est par le baptême qu'on reçoit maintenant la vie divine qu'on recevrait à la naissance par voie de génération si l'homme n'avait pas péché. Non seulement Jésus nous a rendu la vie divine, mais Il nous a rendu le Père. Il nous a dit que Dieu était Père, son Père et notre Père. Voilà la grande lumière qui a brillé dans le monde et dont nous sommes les témoins. Quand le Concile Vatican II demande aux chrétiens d'être des « témoins par la Parole et par l'action », quelle est notre parole ? C'est la parole d'un enfant qui sait témoigner de son Père. Quelle est notre action ? c'est l'action d'un enfant qui a confiance en son Père.

Si Dieu est Père, notre Père, quelle sera notre réponse ?

L'esprit filial

Et quelle est la caractéristique de l'esprit filial ? C'est la confiance de l'enfant en face de son père. Un fils qui n'a pas confiance en son père détruit sa famille. Un chrétien qui n'a pas confiance en son Père des cieux détruit la famille de Dieu sur terre, et c'est là qu'est le péché.

Faire confiance à quelqu'un, c'est risquer pour lui : un enfant qui fait confiance à son père se risque pour lui. Un chrétien qui ne sait risquer pour Dieu tombe dans une espèce d'athéisme pratique... Oui, c'est très exigeant pour nous de faire confiance.

La confiance doit être la caractérlstique et l'attitude fondamentale du chrétien.

...Quand, sur la place rouge de Marrakech, devant la mosquée royale, dominée par un minaret, l'un des trois plus beaux du monde, le voyageur entend l'appel à la prière du muezzin, il voit les musulmans se prosterner la face contre terre, en adoration devant la grandeur d'Allah. Et cela cinq fois par jour, c'est beau ! Ce qui les caractérise, c'est le respect de Dieu ; ce qui nous caractérise, nous, c'est la confiance en notre Père. Ce n'est pas seulement l'esprit filial qui caractérise le chrétien, c'est aussi :

L'esprit fraternel

Car, si nous sommes enfants de Dieu, tous ceux qui sont enfants de Dieu sont nos frères. Nous constituons une famille : la famille de Dieu sur terre...

Saint Jean l'a écrit : « Celui qui dit : j'aime Dieu, et qui hait son frère, est un menteur », car l'esprit filial que nous avons dans notre coeur ne se voit pas... c'est le secret du Saint Esprit. Mais ce que l'on voit très bien, c'est notre attitude envers les autres. Suis je serviable ? patient ? miséricordieux ? Le chrétien n'est pas jugé sur l'amour filial qui ne se voit pas, mais il est jugé sur ses actions et son esprit fraternel Et alors, on dira volontiers en regardant vivre des baptisés : « Voyez comme ils s'aiment ». C'est ce qu'on disait des premiers chrétiens et c'est à ce signe, dit Saint Jean, qu'on reconnaîtra que vous êtes disciples du Christ, à l'amour que vous aurez les uns pour les autres ». Jésus l'a dit bien souvent dans l'Évangile :
« Je vous donne un commandement nouveau : Vous aimer les uns les autres ; comme Je vous ai aimés, aimez vous les uns les autres.
A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres ». Jean 13,34-35.

La grande lumière qui a brillé, c'est que Dieu est Père et notre Père. Nous sommes les enfants de Dieu et, par ce fait même, les frères de nos frères. Et cette lumière, c'est le Message de Jésus : L'Evangile.

Extraits d'une conférence

 

 

 

Témoignage

 

La Miséricorde du Seigneur, à jamais je la chanterai

La Miséricorde de notre Père du ciel m'avait particulièrement touchée lors d'une première confession après une vie loin de Lui pendant 20 ans. Depuis cette date, je vénère aussi l'image de la Miséricorde révélée à soeur Faustine, représentant Jésus avec deux rayons sortant de son coeur ouvert. Mais je me rends compte maintenant que, seulement, peu à peu, cette Miséricorde du Seigneur a pu entrer dans ma vie de tous les jours. Dans la vie avec les autres, nous sommes appelés à devenir miséricordieux comme Jésus en Croix afin de pouvoir accepter leurs limites et les aimer comme ils sont grâce à l'Amour que Jésus nous donne par son Coeur ouvert.
Récemment le Seigneur m'a fait le cadeau de comprendre cela un peu mieux. Je me souviens d'un moment très intense où le Seigneur m'a fait ressentir Son immense Miséricorde pour une personne qui m'avait beaucoup blessée par son comportement. Au moment de la Communion, j'ai croisé le visage de cette personne et, à ce moment-là, j'ai été traversée par la Miséricorde que le Seigneur avait envers cette personne et sa situation. J'en étais bouleversée et remplie d'une grande espérance. Mon coeur s'est élargi et maintenant je peux regarder cette personne et sa situation sans reproche et dans une grande paix. Merci Seigneur pour ce grand moment de communion avec tes entrailles de Mère, avec Ta Miséricorde qui nous dépasse infiniment et que nous sommes appelés à vivre avec Ta grâce.

Un membre de Foyer