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Numéro 232
Décembre 2005 |
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SOMMAIRE
Actualité
Charles de Foucauld invite à redécouvrir Jésus
de Nazareth
Mgr Maurice BOUVIER, Postulateur
Témoignages : Une semaine dans le désert du Hoggar
« Sur les pas du Père de Foucauld »
Dossier : La prière des enfants
« Mon Dieu, vous qui écoutez toujours la prière
des enfants »
Françoise DEGAUD et Véronique ROUCHER
Témoignages
Fondements pour aider les enfants à
prier
Père Godefroy DELAPLACE
Rencontre de Benoit XVI avec les enfants
La prière en famille
Père Georges FINET
Petitesse, Abandon, Confiance
Père Gabriel IMBERT
... dans toutes les nations
En République Démocratique du Congo : Le groupe
des enfants et jeunes adorateurs
En Equateur : La prière des enfants et le Foyer de la Croix
du Sud
En Hongrie : La naissance des Ecoles de prière
Au
Foyer de Tressaint : Une « Ecole de prière »
Engagements au Foyer de Tressaint
Programme des Retraites Janvier - Février - Mars 2006
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Fondements pour aider les enfants à prier |
Père Godefroy DELAPLACE
Foyer de Courset
Au coeur des témoignages, des expériences de la prière des enfants en famille, à l'école, pendant les retraites, il nous est bon de revenir aux fondations pour mieux exercer cette grâce et la rayonner.
Une des fondations se trouve dans le Coeur de Jésus à la Lumière des Evangiles
Jésus nous fait passer par trois mouvements :
- Première expression, dans la suite de la Mission des 72 disciples (Mt 11, 25-27 - Lc 10, 21-22).
Chez St Luc : « A l'instant même, Jésus exulta sous l'action de l'Esprit Saint et dit : 'Je te loue Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, c'est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance. Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît qui est le Fils si ce n'est le Père, ni qui est le Père si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler ».
* C'est un mouvement de révélation dans la louange du Coeur de Jésus. Les « tout-petits » sont pour Jésus ceux qui lui sont le plus disponibles à la réception et transmission de la Bonne Nouvelle du don de Dieu : l'intime du Coeur de Dieu : Père, Fils et Saint-Esprit.
- Deuxième expression - Cette réalité est une oeuvre, un travail de conversion (Mt 18, 1-7-10 ; Mc 9, 33-37 ; Lc 9, 46-48).
Chez St Matthieu : Après l'annonce de la passion, mort et résurrection de Jésus, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : 'Qui donc est le plus grand dans le Royaume de Dieu ? ' Appelant un enfant, Il le plaça au milieu d'eux et dit : « En vérité, je vous le déclare, si vous ne changez pas et ne devenez comme les enfants, non, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Celui-là donc qui se fera petit comme cet enfant, voilà le plus grand dans le Royaume des Cieux. Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m'accueille moi-même ».
* Ce mouvement de conversion pour devenir semblable, « se faire petit comme cet enfant » est défini par Jésus comme une clé pour le Royaume des cieux dans l'élan qui le conduit au sommet de sa mission.
- Troisième expression - Jésus vit lui-même et se donne auprès des enfants (Mt 19, 13-15 ; Mc 10, 13-16 ; Lc 18, 15-17).
Chez St Marc « Des gens lui amenaient des enfants pour qu'Il les touche, mais les disciples les rabrouèrent. En voyant cela, Jésus s'indigna et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux. En vérité je vous le déclare, qui n'accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n'y entrera pas. Et il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains ».
C'est un mouvement d'incarnation qui ne demeure pas au plan des idées mais s'inscrit dans la réalité, le réalisme de la vie de Jésus et des disciples.
Redonner la première place aux citations de l'Evangile,
c'est retourner à la source première : le Coeur
de Jésus.
Il est l'Enfant bien-aimé du Père, son Unique et
son chéri. Cette réalité transparaît
dans l'attention, l'attitude de Jésus vis à vis
des enfants au milieu de ses disciples et apôtres.
Se laisser imprégner, habiter par la Parole de Jésus, c'est permettre à l'Esprit Saint d'enflammer nos esprits et nos coeurs pour entrer dans les battements du coeur de Jésus : mouvement de révélation, de conversion, d'incarnation.
Le secret du bonheur de prier avec les enfants, de faire aimer
la prière aux enfants se trouve caché dans l'Evangile.
La deuxième fondation est dans la grâce et la vie du sacrement du Baptême.
Celui-ci nous rend fils de Dieu par l'union à Jésus, Fils bien aimé du Père. Cette vie filiale d'enfant bien-aimé du Père dans le Fils nous dispose au plus profond de notre être à l'exercice de ces relations filiales. L'Esprit Saint est alors dans nos vies de baptisé et de confirmé le grand artisan de cette oeuvre de conversion, de révélation, d'incarnation dans notre vie.
« O grandeur inouïe de la vie chrétienne Elle nous transporte et nous absorbe en Dieu, elle fait de nous des enfants de Dieu, étroitement unis à leur Père, comme Jésus Fils de Dieu est uni à son Père ».Marthe Robin - 22 février 1930
La bénédiction des mamans et la prière des parents, entourés de leurs grands enfants est une célébration dans la foi, la joie, la simplicité de la vie de famille. Cette bénédiction nourrit ce regard de voir un enfant dans sa puissance de prière. Il ne s'agit pas seulement de prier pour cet enfant - mais aussi de s'ouvrir et d'accueillir le mystère de vie, de prière qu'est cet enfant. Ce tout-petit, dans le ventre de sa maman, est entouré d'attention, de présence, d'amour. Il reçoit les témoignages et le don de la vie extérieure et intérieure. La maman communie à son bébé dans toutes les dimensions de sa personne ; les écographies permettent à elle et à son entourage de suivre cette vie réelle et cachée. La célébration liée à cette bénédiction nourrit l'attitude du respect de cette vie et fortifie cette attention à la prière pour les tout-petits en relation avec leurs parents, leurs familles
A la célébration de baptême des tout-petits - souvent je dis aux parents, aux familles, aux amis, la joie de Jésus aujourd'hui, le merci de Jésus : Vous ne les avez pas empêchés de venir à Lui, Jésus. En demandant à l'Eglise le Baptême pour vos enfants, vous mettez en pratique cette parole de Jésus : « Laissez les enfants venir à Moi, ne les empêchez pas. » Cependant - en grandissant - il y aura d'autres sollicitations le foot, les copains, l'ordinateur, la télé.. ; et le catéchisme, la messe auront plus de difficultés à voir la présence de vos enfants - d'où la dimension commune, ecclésiale qu'il faut développer, nourrir, soutenir.
Les enfants comprennent d'autant mieux le rôle de la prière que le but et le terme de leur vie sont expliqués tôt ; quand on sait où l'on veut aller et où l'on ne veut pas aller, les chemins deviennent plus clairs et les plis plus faciles à prendre.
La troisième fondation est l'exercice de la Communion des Saints dans la grâce, la vie, la croissance du sacrement de l'Eucharistie
« Nous formons un même Corps. Bien plus, les membres du corps que nous tenons pour les plus faibles sont nécessaires Dieu a disposé le corps de manière à donner davantage d'honneur à ce qui en manque afin qu'il n'y ait point de division dans le corps mais qu'au contraire les membres se témoignent une mutuelle sollicitude ». (1 Co 11, 22-24-25).
La transmission à l'intérieur du Corps du Christ demande, oblige, conduit les parents et particulièrement la maman à vivre de cette relation de coeur avec Jésus pour éveiller l'enfant à la présence de Dieu et à aimer la prière - non pas seulement dire des prières, faire des gestes. C'est seulement en faisant soi-même oraison, en pratiquant elle-même l'oraison que la maman pourra éveiller, nourrir le coeur et l'âme de son enfant.
Un enfant découvre ses parents en les entendant se parler
et lui parler. Un enfant découvre Dieu en entendant ses
parents, ses frères et soeurs parler à Dieu. Il
ne raisonne pas, mais inconsciemment, le ton de voix, l'attitude
de ceux qu'il voit prier - qui ne sont plus le ton, l'attitude
des conversations familiales - ouvre son coeur à Quelqu'un
qui est là et qu'il ne voit pas.
Alors il n'y a pas d'âge pour commencer - ou plutôt
si - l'âge des premiers jours.
Pour que l'enfant puisse découvrir et s'ouvrir à
cette présence - à travers votre prière -
une seule condition : Parler vraiment à Dieu.
Ne prions pas pour lui apprendre une prière - ou lui montrer
comment on fait - mais prions vraiment - avec une prière
de l'Eglise (Notre Père, Je vous salue Marie) ou par des
mots de son coeur et de sa journée d'enfant : « Merci
Jésus, j'ai été si heureux de voir grand-mère
; pardon, Seigneur, je n'ai pas voulu prêter ma pelle ;
Seigneur, je te confie Timothée »
La prière avec les enfants est nourrie de la prière
personnelle des parents avec ses combats (recueillement, fidélité),
ses difficultés (quand la faire ? quelle durée ?).
Eduquer au silence pour conduire, ouvrir, se tenir en présence
de l'Esprit Saint
Au coeur de cette attitude, nous expérimentons la nécessité
et la force de l'action de l'Esprit Saint. Une des premières
tâches éducatives est de conduire, de mettre en présence
de l'Esprit Saint en apprenant à dominer son corps, à
écouter avec son coeur, à s'unir avec notre pensée,
notre expression aux mouvements de l'Esprit Saint. La présence
de l'adulte (parents, catéchiste, éducateur, prêtre)
est essentiellement pour encourager, répéter, soutenir
cette attention-ouverture-reconnaissance et invocation de l'Esprit
Saint.
Cette relation à la personne de l'Esprit Saint - le grand
acteur de notre vie spirituelle et de prière - permet de
donner à une parole ordinaire, même banale, richesse
et intensité. Elle est dite avec le coeur - non pas chargé
d'émotions mais riche en présence, riche de Celui
qui habite notre coeur de chair.
Transmettre et confier des intentions, des réalités
de la vie
Le coeur des enfants saura alors accueillir une personne confiée
par une intention de prière. L'Esprit Saint, uni à
l'enfant avec toutes ses capacités, saura inventer, réaliser
la manière dont il portera ces intentions ; souvent nous
en serons émerveillés, étonnés. Quelquefois
il nous faudra le leur rappeler et les encourager à persévérer
et, surtout, à rendre grâce, à remercier.
Le mieux, comme pédagogie de la foi, c'est d'inviter à
remercier Jésus, l'Esprit Saint de cette confiance exprimée
dans le fait que Jésus compte sur notre prière ;
des pas réalisés ; des grâces obtenues dans
le mystère et la vie de la Communion des Saints.
La prière aidera aussi à voir quels changements
opérer dans le rythme de notre vie, le choix de nos activités.
La prière va nous éclairer sur le contenu de la
journée (que changer ? que garder ?) et le contenu de la
journée va préparer le chemin intérieur et
donc la prière.
La prière commune : grâce et difficultés
La prière en commun avec des enfants n'est pas sans difficulté - liée à la variété des âges, à la diversité des tempéraments et des coeurs, à leur docilité pour s'unir et s'écouter au travers de leur caractère et humeur.
Voyons les soutiens, les richesses, les grâces :
- Le calendrier de l'année liturgique peut offrir un réel
soutien visuel, biblique qui n'est pas obligé d'être
limité à la crèche de Noël - les mystères
lumineux de la vie publique de Jésus ; le récit
de sa passion, de sa crucifixion, de sa résurrection. Les
fêtes de famille : anniversaires, mais aussi Baptême,
Première Communion et autres étapes de la vie personnelle
et familiale peuvent nourrir la prière commune.
- La diversité des âges et donc des comportements
entre l'enfant et l'ado et l'adulte peut devenir une occasion
de croissance et de communion : un grand rechigne à la
prière oser lui interdire de rechigner devant les plus
petits.
Un petit fait le bête encourager les plus grands à
ne pas en profiter pour distraire la prière.
- La présence des anges - avec la communion des Saints - est une réalité à mettre en place. Non pas seulement connaître la vie de tel saint, de telle sainte, mais comment les prier, les inviter à venir au milieu de nous, avec nous pour cette rencontre avec le Seigneur.
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La prière en famille |
Père FINET
La prière est un élément essentiel pour climatiser la famille, lui donner un climat surnaturellement chaud.
Normalement, il faut que cette prière soit présidée par le père, le chef de famille. C'est lui qui a qualité pour parler de Dieu au nom de tous les siens. Il remplit à ce point de vue une sorte de rôle sacerdotal. De quel respect il s'entourerait s'il savait s'en rendre digne et le bien remplir. C'est très beau lorsque, dans une prière de famille, le père a une belle attitude. Il n'a pas besoin de faire des sermons à ses enfants. Rien que son attitude, lorsqu'il prie en famille, est extrêmement parlante. Cela bouleverse tous les coeurs. Cela forme toutes les âmes. A défaut de père, c'est la mère qui remplit ce rôle : la plus digne.
Il faut ensuite que cette prière soit adaptée : ni trop longue, ni trop courte. Ce n'est pas simplement une oraison jaculatoire, mais non! Et pas non plus trop longue, car cela pèserait sur les membres de la famille. Il faut qu'elle soit très adaptée. Elle peut aussi varier : certains jours, on peut mettre l'accent sur des psaumes, ou encore des chants, mais le tout, c'est que cela soit bien adapté, et que cela reste une prière faite par tous.
En outre, dans une prière de famille, on aime souvent introduire certaines prières qu'on connaît et qu'on aime bien. Par exemple, beaucoup d'anciens retraitants et élèves disent :"O Mère bien aimée", prière que nous récitons ici tous les matins. Cette prière est une action de grâce de Marthe, un jour de Toussaint. C'est une prière qui lui est directement descendue dans le coeur du haut du ciel, elle est merveilleuse et on aime beaucoup la réciter. Dans la prière de famille, on peut dire également - et c'est fort conseillé - la litanie des saints dont les noms sont portés par le père, la mère et les enfants. Alors, on termine par cette litanie des saints de la famille, sans oublier les prénoms des "pièces rapportées" quand ils se marient.
Ce qui est important ensuite c'est que cette prière soit dite avec dignité et respect, qu'elle soit un véritable hommage de la famille à Dieu. Enfin, qu'elle vienne à propos.
A quel moment convient-il de faire la prière en famille ?
Il y a des circonstances qui semblent plus naturellement l'appeler et où elle revêt comme d'elle-même sa signification. Par exemple, au début et à la fin des repas : pour la bénédiction de la table et pour l'action de grâces. C'est très beau lorsque le chef de famille bénit la table comme Anne Vercors dans "l'Annonce faite à Marie". Et également pour remercier à la fin des repas. Actuellement, les jeunes ménages retrouvent beaucoup le Benedicite et les Grâces.
Que faut-il encore ? Prier ensemble à la fin de la journée, lorsqu'il semble que les sentiments d'amour et de reconnaissance pour les bienfaits reçus, et de repentir pour les fautes commises, devraient spontanément jaillir des coeurs pour monter vers Dieu. Donc, la prière de famille est souvent une prière du soir.
Lorsque les enfants sont jeunes, on la fait immédiatement en sortant de table, avant qu'ils aillent se coucher. Il est bon que les petits enfants soient portés, même par la maman, et à côté du papa, qu'ils soient habitués à la prière de famille dès leur enfance.
Quand ils sont plus grands, on fait plutôt la prière
à la fin de la soirée, mais pas trop au milieu,
car on est en train de jouer aux cartes et de s'amuser, et cela
choque tout le
monde. Au moment où on appelle alors pour la prière,
on entend quelqu'un dire : "Je coupe!" En fait, il coupe
à la prière, vous comprenez ! Il faut la situer
au bon moment. Et si on ne peut pas être tous réunis
le soir, par exemple si le père travaille et n'est pas
libre, que la prière de famille soit une prière
du matin. Et si on ne peut pas non plus se réunir le matin,
qu'on le fasse à 2 heures de l'après-midi. Une prière
de famille, c'est une fois par jour. La prière paroissiale,
c'est une fois par semaine : le dimanche ou le samedi soir.
Il y a encore quelque chose de très important sur lequel je veux mettre l'accent : c'est également la plus grande prière de famille, celle que l'on fait lorsqu'on se réunit autour du grand-père et de la grand-mère.
Il faut que, de temps en temps, les grands-parents réunissent chez eux leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Ils ont une vocation magnifique d'unité entre tous les ménages de leurs enfants. Comme c'est beau ! Il ne faut pas qu'ils aient peur, de temps en temps, d'inviter tous leurs ménages pour un repas, et même si c'est un peu lourd pour la grand-mère, elle se fait aider par ses petites filles... mais il ne faut pas manquer les repas familiaux. C'est très important pour l'unité de la famille.
Voyez l'importance que Jésus donne aux repas dans l'Evangile. On le voit souvent dans des repas. Il ne faut pas négliger cela. Il ne faut pas non plus négliger la prière de famille lorsqu'on est ainsi tous ensemble autour des grands-parents.
... Autrefois, quand on ne courait pas tout le temps partout, on avait beaucoup plus de paix dans les familles, on avait davantage le temps de vivre la vie spirituelle en famille, la véritable vie de famille : la prière et notamment la prière familiale. C'est bon, cette prière fait autour des grands parents.
Je ne puis m'empêcher de vous dire qu'en 67 ans de mariage, ma grand-mère m'a fait souvent la confidence que mon grand-père et elle n'ont pas manqué une seule fois leur chapelet. Quand on a eu pendant 67 ans la prière d'un grand-père et d'une grand-mère, quelle bénédiction pour toute la descendance. "Nous sommes les enfants des saints". Veillons beaucoup là-dessus. Ah ! le chapelet des grands parents ! Je me rappelle aussi, le samedi, lorsque je confessais (à peu près 8 heures chaque samedi); lorsque le lendemain dimanche j'allais voir mon grand-père et ma grand-mère, elle me disait :"Qu'as-tu fait hier après-midi ? Tu as confessé ?" "Oh oui!" Eh bien, pendant que tu confessais, ton grand-père et moi nous disions notre Rosaire pour toutes les personnes que tu confessais". Quelle bénédiction ! N'oublions pas cela. Il faut donc bien penser à l'efficacité de la prière de famille.
(Extraits - 1978)
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Petitesse, Abandon, Confiance |
Père Gabriel IMBERT,
Foyer de
Châteauneuf
Jésus appela un petit enfant et le plaça au milieu
de ses disciples : « Si vous ne retournez pas à
l'état de enfants, vous ne pourrez entrer dans le Royaume
des cieux . Qui donc se fera petit comme ce petit enfant, voilà
le plus grand dans le Royaume des cieux ! (Mt. 18 -3). Que
veut nous dire Jésus ? Qu'est-ce qui caractérise
un enfant ? C'est la confiance et l'abandon.
Tant qu'il est tout petit, un enfant fait totalement confiance
en l'amour de son papa et de sa maman. Il est sûr de la
tendresse de sa maman et est abandonné entre ses bras,
même s'il faut traverser des obstacles ou des tunnels !
Il ne peut pas compter sur ses propres forces .
Avec quelle admirable précision Ste Thérèse
de l'Enfant Jésus nous dit ce que c'est qu'être petit
pour arriver à l'abandon et la confiance :
« Etre petit, c'est reconnaître son néant,
attendre tout du Bon Dieu comme un petit enfant attend tout de
son père. C'est ne s'inquiéter de rien !
« Etre petit, c'est encore ne point s'attribuer à
soi-même les vertus que l'on pratique, se croyant capable
de quelque chose, mais reconnaître que le Bon Dieu pose
ce trésor de vertu dans la main de son petit enfant pour
qu'il s'en serve quand il en aura besoin.
Enfin, être petit, c'est ne point se décourager de
ses fautes, car les enfants tombent souvent mais ils sont trop
petits pour se faire beaucoup de mal.
La sainteté n'est pas dans telle ou telle pratique, elle
consiste en une disposition du coeur qui nous rend humble et petit
entre les bras de Dieu, conscient de notre faiblesse, mais confiant
jusqu'à l'audace en sa bonté de Père ».
Quand il s'agit de la prière, l'enfant transpose en l'amour de Dieu cette confiance et cet abandon. Il parle à Dieu avec son coeur comme à son papa, et à la Sainte Vierge comme à sa maman. D'où la puissance de la prière des enfants !
Quoi d'étonnant que Marthe l'ait encouragée dans nos écoles !
Que de grâces, que de soulagement dans la souffrance, et de guérisons obtenues par la prière des enfants, car leur foi est un acte de confiance et d'abandon dû à leur petitesse.
Accablé d'épreuves et au bord du découragement, un tel accepte de se reconnaître tout petit, abandonné et confiant entre les mains de Dieu sans chercher à s'en sortir avec ses seuls moyens humains.
Mais, attention ! petitesse ne veut pas dire naïveté ou enfantillage, mais humilité qui reconnaît sa faiblesse et son incapacité. De même, abandon ne veut pas dire passivité ou mollesse, mais audace et courage pour s'accepter incapable de remonter seul du gouffre où l'épreuve nous a précipité. Et la confiance, c'est se fier à l'amour et au secours du Seigneur et de la Vierge Marie qui sont là pour nous garantir que toute épreuve est porteuse de grâces !
Petitesse. Abandon. Confiance, cela donne comme première lettre : P.A.C. si bien que, pour un agriculteur, le rapprochement est facile avec Politique Agricole Commune ! Et la formule est facile à retenir pour être vécue à travers gestes et témoignages.
Conclusion : faisons prier les enfants pour tous les découragés,
les éprouvés afin qu'ils sachent recourir à
la recette P.A.C. et la Vierge Marie leur répondra par
un sourire maternel comme aux enfants de l'Ile-Bouchard.
N'hésitons pas de confier des intentions de prière
à la puissance d'intercession de nos petits, tel ce garçon
qui s'est engagé de dire une dizaine de chapelet, tous
les jours, pour telle personne qui lui a été recommandée.
Et cette petite trisomique qui a pris en charge l'apostolat d'un
vieux prêtre. Quel soutien merveilleux, et que de grâces
obtenues !
P A.C. te cum : Que la Petitesse, l'Abandon et la Confiance soient toujours avec toi !
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Témoignage |
Tamanrasset, Hoggar, Assekrem, Charles de Foucauld...
Autant de noms qui me faisaient rêver depuis longtemps ! et le rêve devient réalité !!! Une semaine avant la béatification de Charles de Foucauld, me voici dans le désert du Hoggar, partie marcher sur ses pas, de Tamanrasset jusqu'à l'Assekrem ! Que de grâces durant ce pèlerinage ! Découvrir les lieux où vécut Frère Charles, les Touaregs avec lesquels il partagea sa vie, les paysages qu'il contempla , tout cela remplit le coeur et invite à l'adoration.
Tamanrasset : Quel contraste entre la grande ville que
nous découvrons et "la frégate", premier
ermitage de frère Charles, maintenant entourée par
les maisons de la ville ; ici, tout est petit, pauvre, dépouillé
; C'est en silence que nous pénétrons dans ce lieu,
accompagnés par frère Antoine tout imprégné
de l'esprit de son fondateur. Nous sentons - comme partout durant
notre marche - la présence de frère Charles "Aussitôt
que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais
faire autrement que de ne vivre que pour Lui".
Nous continuons par la visite du bordj : petit fortin construit
pour frère Charles et pour les habitants en cas d'attaque
; c'est aussi une réserve de nourriture et autres choses
à partager ; c'est là que frère Charles fut
assassiné.
Hoggar : nous partons pour le désert, la marche
dans un paysage extraordinaire de rochers, de pics, de pierres,
mais aussi de fleurs et d'acacias, d'oueds remplis d'eau et de
lauriers. Nous avançons au rythme des Touaregs, ce qui
nous permet de méditer, de prier, de nous imprégner
- un peu - de la pensée de frère Charles ; tout
est grand, immense et nous tourne vers Dieu dans sa grandeur et
sa Bonté.
Désert : lieu du combat, de la purification, de la vérité.
En silence la plupart du temps, nous méditons sur un thème
proposé et la solitude ouvre notre coeur à des questions
ou des certitudes. " Il faut passer par le désert
et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu : c'est
là qu'on se vide, qu'on chasse devant soi tout ce qui n'est
pas Dieu et qu'on vide complètement cette petite maison
de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul."
Le prêtre nous accompagnant n'aura pas beaucoup de temps
à lui, répondant à chacun en particulier
et, le soir, durant l'Eucharistie, nous remettons tout cela dans
l'offrande.
Quel bonheur d'être avec nos frères touaregs et de vivre avec eux, en toute simplicité, avec beaucoup de respect réciproque pour chacune de nos religions, chacune de nos cultures et même avec quelques partages - eux avec qui frère Charles a voulu tout partager jusqu'à être appelé "Frère universel" -N'avons-nous pas le même Dieu ? Au bout de 8 jours, nous aurons même de la peine à nous quitter !
De jour en jour, nous nous approchons de l'Assekrem,
sommet de notre marche ; dans un silence étonnant, nous
gravissons le sentier caillouteux jusqu'à l'ermitage, où
frère Charles vécut 6 mois dans la prière
et la contemplation et où il rédigea un dictionnaire
de la langue touarègue, situé à quelques
2800 m : époustouflant de Beauté de Calme, de Paix
; nous avons du mal à retrouver la parole ! Tout porte
à la contemplation "Qu'il fait bon dans ce grand
calme et cette belle nature, si tourmentée et si étrange,
élever le coeur vers le Créateur et le Sauveur Jésus
!" Là-haut, nous sommes accueillis par
un petit frère, présent en ce lieu depuis 33 ans
; son regard transparent et son beau visage, pétri par
la prière et l'adoration, nous font imaginer celui de son
frère aîné ! Sans beaucoup de paroles, il
nous dit l'essentiel et nous laisse contempler ce paysage unique
; nous avons la grâce de célébrer l'Eucharistie
dans la petite chapelle : que c'est grand !!
Notre action de grâce se prolonge dehors, les yeux tournés
vers la lumière du couchant qui nous élève
vers notre Dieu et Père.
C'est le terme de notre pèlerinage ; nous avons rencontré celui qui dans quelques jours sera Bienheureux ! Qu'il nous aide à laisser Jésus vivre en nous, à Le donner par toute notre vie et à ne rechercher que Lui ! Bienheureux Frère Charles, priez pour nous !
Isabelle de Laborderie, membre de Foyer