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Numéro 234
Avril 2006 |
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SOMMAIRE
Actualité
Présentation de l'Encyclique du
pape Benoît XVI :« Dieu est Amour »
Père Jacques RAVANEL
Dossier : Communiquer l'Amour de Dieu
- Témoignage : Une expérience
de volontariat en Thaîlande
- Qui est mon prochain ?
Père Georges FINET
- Témoignages :
- Si tu savais le don de Dieu : en Nouvelle Calédonie
- Evangéliser par la musique
: les Glorious
- Le lien de l'homme à la terre : les Journées Paysannes
Enseignement :
La pédagogie de Dieu ou comment Dieu s'y prend
avec nous
Père Bernard MICHON
De toutes nations
- Le Foyer de Rebero, nouveau Foyer au Rwanda
- A Dieu au Père Cadas
Les Foyers de Charité présents dans l'Eglise
:
- Bogota : les nouvelles communautés en Amérique
Latine
- Rome : 3 et 4 juin 2006
- Châteauneuf : 11 juin 2006
Programme des Retraites juin - juillet 2006
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Présentation
de l'encyclique du pape Benoît XVI « Dieu est Amour » |
Père Jacques RAVANEL
Foyer de Charité de La Flatière
Beaucoup ont déjà lu cette première encyclique du pape Benoît XVI. Ils ont constaté, sans doute comme moi, que ce texte n'était pas celui d'un théologien spéculant sur la Trinité, mais d'un pasteur s'adressant à ses brebis pour s'émerveiller, avec elles, des splendeurs de la Tendresse du Seigneur pour chaque être humain. C'est une synthèse de la foi catholique qui réchauffe le coeur des hommes en les plongeant dans le Mystère de l'Amour de Dieu et de Celui qui aime les hommes.
Désirant nous transmettre la « vérité » (Jn 14, 6), le Pape enracine sa réflexion dans la Révélation : « Dieu est Amour, celui qui demeure dans l'Amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4, 16). En quelques mots l'essentiel est dit : « Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est Amour ». De même, le Pape nous rappelle le livre du Deutéronome : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout coeur [...] ton prochain comme toi-même » (Dt 6, 5 ; Lv 19, 18). Le sens plénier de l'Ecriture, comprise dans la tradition vivante de l'Eglise, nous indique où est la « Vérité ». Le Pape va éclairer la signification profonde de l'Amour dans le Mystère de Dieu : « C'est pourquoi, écrit-il, ... je désire parler de l'amour dont Dieu nous comble et que nous devons communiquer aux autres. Par là sont indiquées, précise-t-il encore, deux parties : la première plus spéculative ... sur l'Amour que Dieu, de manière mystérieuse et gratuite, offre à l'homme..., la seconde partie plus concrète qui traitera de la pratique ecclésiale de la charité » (N. 1).
I - Analyse de l'Amour en Dieu
Le Pape ne s'avance pas dans la métaphysique en tant que telle mais, lisant la Bible, constate que le terme amour est la traduction de deux expressions grecques : « eros ou agapè ». En français courant, nous pourrions parler d'un amour mondain, voire possessif ou sensuel, et d'un amour désintéressé, oblatif, don de soi à l'autre. Le mot « eros » n'est pas utilisé dans le grec biblique qui s'en réfère toujours à celui d'« agapè », un amour d'autrui purifié, transparent. Le christianisme apporte donc une réalité nouvelle à la notion d'amour. Le Saint Père montre comment nous avons à prendre conscience de la nécessité d'entrevoir la grandeur de l'Amour en Dieu. Elle ne serait être une froide présentation d'un pouvoir inhumain écrasant les hommes dans une indifférence majestueuse et froide, comme le dit Aristote. « Celui qui veut donner de l'amour, écrit le Saint Père, doit lui aussi le recevoir comme un don [...] le bon pasteur doit être nourri dans la contemplation » (N. 7).
Parce qu'il est Amour, Dieu crée les hommes qu'Il aime. D'une manière originale, le Pape présente la création, non à partir de la Genèse, mais d'un Dieu Unique : « Ecoute Israël, notre Dieu est l'Unique » (Dt 6, 4). L'affirmation de la Bible est plus clairement exprimée que dans les autres cultures religieuses dont les formules sont plus approximatives : « L'idée d'une création existe aussi ailleurs, mais c'est là seulement qu'apparaît de manière absolument claire que ce n'est pas un dieu quelconque, mais l'unique vrai Dieu [...] la puissance de sa Parole créatrice ; cela signifie que sa créature lui est chère, puisqu'elle a été voulue précisément par Lui-même » (N. 9).
Osée et Ezéchiel sont choisis comme référence par le Pape. Il ne retient pas les nombreux anthropomorphismes qui évoquaient l'absolu de l'amour en des termes d'une rare violence. Il souligne par contre le célèbre passage d'Osée qui ira jusqu'à écrire : « Mon coeur se tourne contre moi [...]. Je n'agirai pas selon l'ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car je suis Dieu, et non pas homme » (Os 11, 8-9). La transcendance de l'amour révèle le Père. « Le mariage fondé sur un amour exclusif et définitif devient l'Icône de la relation de Dieu avec son peuple » (N. 11).
Le Pape souligne dans l'Evangile le fait que le comportement de Jésus révèle l'intensité de l'Amour Divin. De la richesse infinie de la vie du Verbe Incarné sera retenue l'intensité du témoignage de Jésus. La nouveauté n'est pas dans des idées révélées déjà citées dans l'Ancien Testament mais dans la profondeur et la puissance de Dieu qui agit. L'Amour de Dieu s'exprime dans le don de son Coeur transpercé et crucifié. C'est Lui-même qui pardonne et guérit le paralysé. Dans la parabole du fils prodigue c'est lui aussi qui manifeste sa miséricorde. La signification du geste éternel de l'offrande à la Croix est sacramentellement vécue à l'Eucharistie. L'action d'amour du Christ se poursuit de nos jours. Dans son développement, le Pape rappelle que chacun, uni à Jésus, entre en communion avec tous les hommes qui deviennent alors « son corps ». L'infini de l'amour est entrevu à travers la multitude (des milliards) des enfants de Dieu.
Deux questions se posent alors : comment aimer Dieu que l'on ne voit pas ? Comment un amour peut être «commandé», ce qui en soi est contradictoire ? A la première question le Saint Père répond : « Si Dieu est invisible, Il n'en est pas moins perceptible » et à la seconde : que l'amour peut être commandé parce qu'il est précédé par l'Amour gratuit de Dieu Lui-même (N. 16). Comment ne pas répondre à un Amour qui, le premier, touche votre coeur !
II- L'exercice de l'Amour Divin de la part de l'Eglise en tant que communauté d'Amour
Le style de cette deuxième partie est plus concret et traduit une approche mystique du Coeur de Dieu dans une expression très humaine des besoins d'amour de notre prochain. Après une brève évocation du Mystère Trinitaire dans l'amour du prochain : « Tu vois la Trinité quand tu vois la charité», (citation de saint Augustin), le Pape présente la charité comme un devoir de l'Eglise, enraciné dans l'Amour de Dieu. « L'Esprit Saint est la puissance intérieure qui met le coeur des fidèles au diapason du Coeur du Christ, et qui les pousse à aimer leurs frères comme Lui les a aimés quand Il s'est penché pour laver les pieds de ses disciples (Jn 13,1) et surtout quant Il a donné sa vie pour tous (Jn 15, 13). L'Esprit est aussi la force qui transforme le coeur de la communauté ecclésiale afin qu'elle soit, dans le monde, témoin de l'Amour du Père qui veut faire de l'humanité, dans son Fils, une unique famille » (N. 19).
Après l'évocation de la tradition vivante de l'Eglise qui, depuis les Apôtres et leurs successeurs, a témoigné à travers les siècles de l'Icône du Christ dans des gestes de charité, le Saint Père aborde la période moderne qui se caractérise par de nombreuses solidarités humaines qui se sont développées en dehors de l'Eglise. C'est pourquoi il lui paraît nécessaire de maintenir une spécificité catholique qui transmette aux hommes cet Amour divin, ce regard du « Père qui les aime ». Ceci ne saurait s'opposer à une collaboration avec d'autres organismes.
Le Pape donne les précisions suivantes : « Les années passant, avec l'expansion progressive de l'Eglise, l'exercice de la charité s'est affirmé comme l'un de ses secteurs essentiels, avec l'administration des Sacrements et l'annonce de la Parole : pratiquer l'amour envers les veuves et les orphelins, envers les prisonniers, les malades et toutes les personnes qui, de quelque manière, sont dans le besoin, cela appartient à son essence au même titre que le service des Sacrements et l'annonce de l'Evangile. L'Eglise ne peut pas négliger le service de la charité, de même qu'elle ne peut négliger les Sacrements ni la Parole » (N. 22).
Le Pape est amené à rappeler les rapports entre l'Eglise et l'Etat. Deux structures propres et différentes qui laissent à chacun l'originalité de sa responsabilité. En schématisant, on pourrait dire : la justice concerne l'Etat et l'amour l'Eglise.
Le Pape poursuit : « Il est certain que la norme fondamentale de l'Etat doit être la recherche de la justice et que le but d'un ordre social juste consiste à garantir à chacun, dans le respect du principe de subsidiarité, sa part du bien commun [...]. La naissance de l'industrie moderne a vu disparaître les vieilles structures sociales et, avec la masse des salariés, elle a provoqué un changement radical dans la composition de la société, dans laquelle le rapport entre capital et travail est devenu la question décisive, une question qui, sous cette forme, était jusqu'alors inconnue [...] » (N. 26).
Un long développement met en valeur la doctrine sociale de l'Eglise. Devant l'effondrement du marxisme, qui devait apporter le bonheur aux multitudes et qui accusait faussement la charité chrétienne de freiner la capacité révolutionnaire et de bloquer l'avènement d'un monde meilleur, le Pape encourage l'humanité à s'ouvrir aux besoins des hommes qui ont soif non seulement de nourriture mais aussi de « coeur ».
Le Pape indique les éléments constitutifs qui
forment l'essentiel de la charité chrétienne et
ecclésiale :
a) « selon le modèle donné par la parabole
du bon Samaritain, la charité chrétienne est avant
tout simplement la réponse à ce qui, dans une situation
déterminée, constitue la nécessité
immédiate : les personnes qui ont faim doivent être
rassasiées, celles qui sont sans vêtements doivent
être vêtues [...].
b) L'activité caritative chrétienne doit être
indépendante de partis et d'idéologies. Elle n'est
pas un moyen pour changer le monde de manière idéologique
et elle n'est pas au service de stratégies mondaines mais
elle est la mise en oeuvre ici et maintenant de l'amour dont l'homme
a constamment besoin. [...]
c) De plus, la charité ne doit pas être
un moyen au service de ce qu'on appelle le prosélytisme.
L'amour est gratuit [...] C'est toujours l'homme tout entier qui
est en jeu. Souvent, c'est précisément l'absence
de Dieu qui est la racine la plus profonde de la souffrance [...].
Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu
et quand il est juste de Le taire et de ne laisser parler que
l'Amour » (N. 31).
Voici les lignes maîtresses du cheminement de la pensée du Pape qui se laisse porter par la logique interne de la vérité et de l'Amour :
Conclusion
Le témoignage des saints et de la Vierge dans la révélation de l'Amour Divin : « Montre-nous Jésus, Vierge Marie [...] enseigne-nous à L'aimer [...] à être sources d'eau vive au milieu d'un monde assoiffé » (N. 40).
Pour clore, quelques diamants parmi beaucoup d'autres : «
Chaque jour, nous prenons conscience de l'importance de la souffrance
dans le monde, causée par une misère tant matérielle
que spirituelle » (N. 30).
S'adressant à Marie : « La Vierge, la Mère,
nous montre ce qu'est l'amour et d'où il tire son origine,
sa force toujours renouvelée ».
Puissiez-vous être émerveillés, comme je
l'ai été, et nourris par la lecture de cette magnifique
encyclique.
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Qui est mon prochain ? |
Parole du Père FINET
Nous sommes dépositaires d'un don extraordinaire : la Lumière du Christ dans nos coeurs. Pensons bien que nous avons une responsabilité très grande : nous avons à être des témoins par la parole et par l'action. Le Concile nous l'a dit sur tous les tons.
Lorsque je donne à l'autre ce qu'il est en droit d'attendre de moi, chrétien, je "fabrique" mon prochain. Le chrétien doit toujours être en fabrication de son prochain: rendre proche de lui, et par lui du Christ, celui qui approche de lui. Mais quand cet autre, c'est mon ennemi ? Jésus nous dit : "Aimez vos ennemis". Ah, combien c'est important de penser que lorsque vous allez quitter la retraite, vous partez tous pour fabriquer votre prochain. Quel mystère d'Amour et quelle obligation extraordinaire de déverser dans le coeur des autres ce que nous autres nous avons reçu, afin de les aider à trouver la Lumière. Nous devons donc toujours "fabriquer" notre prochain. Cela n'est pas toujours bien facile. Ne pas décevoir ! Car il ne faut pas manquer les rendez vous de Dieu ! Dieu approche de nous celui ci ou celle-là ; qu'est ce que je dois lui donner ? Qu'est ce que je peux lui donner ? Je dois toujours être en fabrication de mon prochain. Si les chrétiens comprenaient cela, que d'âmes découvriraient Jésus. Elles n'entendent jamais parler de Lui parce que les chrétiens ne fabriquent pas leur prochain.
Quand nous récitons notre : "Je confesse à
Dieu ", nous disons :
"J'ai péché par action et par omission".
Qu'est ce qu'un péché par omission ? Ce que les
autres attendent de moi et que je ne leur donne pas. C'est pour
cela que Jésus a donné beaucoup de conseils sur
ce point-là, notamment dans l'Evangile de Saint Luc.
Le bon Samaritain
Cette question a été posée à Jésus : "Et qui est mon prochain ?" Et vous savez qu'à ce moment-là Jésus a répondu par la parabole du Bon Samaritain, Luc, ch. X, 29 à 37.
C'est extrêmement important de méditer la qualité
de cette parabole.
"Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho
et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir dépouillé
et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à
demi mort. Un prêtre, par hasard, descendait par ce chemin
; il le vit, prit l'autre côté de la route et passa.
Pareillement, un Lévite, survenant en ce lieu, le vit,
prit l'autre côté de la route et passa.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut touché de compassion. Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le conduisit à l'hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l'hôtelier en disant : Aie soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, c'est moi qui le paierai lors de mon retour. Lequel de ces trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands ? ".
Il répondit : "Celui-là qui a pratiqué la miséricorde à son égard". Et Jésus lui dit: "Va, et toi aussi, fais de même".
Comprenez bien le sens de cette parabole. D'abord, vous situez bien l'endroit : cette route qui descend de Jérusalem à Jéricho, qui traverse le fameux désert de Juda, pendant 12 kilomètres, pour arriver à Jéricho. C'est là que se situe, dans ce lieu très désertique, cette parabole et c'est là que cet homme est attaqué par les brigands. En premier lieu arrive un prêtre, très Ancien Testament, qui ne s'arrête pas. Qu'a t il dû se dire ? "Oh, si je m'arrête, quel sera l'inconvénient pour moi?" Qu'aurait il dû se dire ? "Si je ne m'arrête pas, quel sera l'inconvénient pour ce pauvre blessé que je ne soignerai pas? ". Il a regardé par rapport à lui et non par rapport au blessé. C'est très éclairant : il ne faut pas regarder les choses par rapport à nous, mais par rapport à l'autre. Vous voyez donc son attitude.
Par contre, tout de suite après, arrive un Lévite.
C'est un séminariste, très Ancien Testament et qui,
également, le vit et passa en se disant : "Oh, si
je m'arrête, je risque bien d'arriver en retard au séminaire"
ou quelque chose comme ça... Et il passe.
Arrive enfin un Samaritain. Notez bien la situation : les Samaritains
sont les ennemis héréditaires des Juifs. Jésus
met en face l'un de l'autre deux hommes qui sont ennemis héréditaires.
Le Samaritain fut touché de compassion et s'arrêta.
Jésus répond à la question : "Qui
est mon prochain ?"
Comptons un peu sur nos doigts ce qu'il a fait :
1 Il s'approche ;
2 Il bande ses plaies ;
3 Il verse de l'huile et du vin¬;
4 Il le charge sur sa propre monture ;
5 Il le conduit à l'hôtellerie ;
6 Il prend soin de lui ;
7 Le lendemain, il tire deux deniers et les donne à l'hôtelier
;
8 En disant : " Prends soin de lui",
9 "Tout ce que tu auras dépensé en plus,
c'est moi qui le paierai lors de mon retour".
Il fait neuf choses. Voilà la réponse de Jésus.
Il va jusqu'au bout de la charité. Ce n'est pas toujours
facile. Non seulement il va jusqu'au bout de la charité,
mais cela dépasse les limites. Car ce qu'il y a de caractéristique
dans cette parabole, c'est qu'il n'y a pas de limites : Tout ce
que tu auras dépensé (je ne te donne pas de limites),
c'est moi qui le paierai lors de mon retour.
Souvent notre charité va simplement aux 5/9°, voire
aux 6/9° ; mais quant à aller aux 9/9° c'est à
dire totalement, c'est extrêmement difficile, c'est très
exigeant. Celui qui a donné sa Vie et son Sang pour nous
peut nous donner cette leçon d'exigence. Cela va jusqu'au
bout de la charité chrétienne. C'est très
exigeant ! Et c'est facile à enseigner, mais pas toujours
facile à pratiquer.
![]() Edith Gueyne - esprit-photo.com |
Evangéliser par la musique : les Glorious |
Nous avons été invités à donner
le témoignage de l'engagement de nos 3 fils dans le projet
que le Seigneur a mis sur leur coeur : évangéliser
par la musique.
C'était 20 ans après la mort de Marthe, en février
2001 !
Heureusement que les garçons ont pris la peine de nous
inviter à nous asseoir pour recevoir leur demande, car
elle a de quoi faire vaciller. Lancer un groupe de musique pour
toucher les coeurs. C'est un chemin pour le moins nouveau. Marthe
aussi avait lancé du nouveau.
Nos hésitations, nos maigres craintes, nos inquiétudes, même justifiées, n'ont pas résisté au 'tsunami' du feu de l'appel qui les brûlaitQuand les portes doivent s'ouvrir, le Seigneur ne s'embarrasse pas. Tout pour Lui ! Ils quittent tout et s'engagent. Mariés ou pasEt tout se met étonnamment très vite en place. Le nom du groupe est trouvé : c'est GLORIOUS, pour la Gloire de Dieu...
Il est important de mettre en avant le fait qu'ils soient trois
frères de sang
Franchement, vous qui lisez cet article, si vous aviez à
choisir des jeunes pour fonder un groupe de musique vous auriez
choisi un chanteur dans une famille, un guitariste dans une autre
famille et un bassiste enfin dans une autre. Vous auriez en bon
gestionnaire réparti les risques. N'est-ce pas ? Voilà
comment a choisi le Seigneur. Pas comme nous ! Le fait qu'ils
soient frères sur scène touche les coeurs.
Nous vivons au coeur de leur engagement tout en n'étant pas le coeur. Ce n'est pas l'oeil du cyclone, mais çà y ressemble parfois. Nous avons une mission d'accompagnement discret et presque distant. C'est leur projet. C'est l'oeuvre du Seigneur sur eux. Cela ne nous appartient pas. Les concerts sont précédés très souvent d'une messe et toujours d'un temps de louange et de prière. Nous sommes témoins des merveilles que le Seigneur réalise dans les concerts.
A la fragilité économique du projet nous répondrons
qu'ils agissent dans une vision à très long terme.
Même si parfois les médias peuvent donner l'image
d'une brièveté 'paillette'.
Oser
le long terme dans l'Eglise et prendre le temps dans l'urgence
est à l'inverse de toutes les tendances. Nous rejoignons
là la grâce du prophétisme de Marthe. Rien
de son offrande n'est perdu, au contraire. 70 ans après
! Tout porte du fruit. Et le développement se poursuit
Comme elle doit être heureuse de voir, par cette initiative,
des jeunes se lever, donner leur coeur au Seigneur, vivre l'expérience
de la rencontre fulgurante d'amour de Jésus.
La grâce de leur appel s'affine et se précise.
Ils veulent toujours davantage rejoindre les coeurs loin du Seigneur.
Ils prient et demandent au Seigneur lumière et paix pour
écrire et composer afin de toucher et de toucher encore
le plus loin possible en élargissant le cercle.
Car, dans un premier temps, le cercle catholique a répondu
relativement présent à l'initiative qu'il a gentiment
applaudie. Aujourd'hui se prépare le 3ème album
qui va aller encore plus loin dans l'expression spirituelle. Il
s'agira d'être attentif aux paroles. Ils espèrent,
à très court terme, investir les radios par la signature
d'un contrat avec ce qu'on appelle une grosse maison de disques.
Marthe a prophétisé en annonçant une nouvelle
Pentecôte et une Pentecôte d'amour. Mais a-t-on vu
seulement la Pentecôte ? Tout porte à l'espérance
!
Marie-Claire et Christian Pouzin, les parents des Glorious
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Témoignage |
Au Rwanda : Les jeunes de Saint-Bonnet, à Remera
A la suite d'une précédente expédition missionnaire de jeunes de l'école de Saint-Bonnet au Rwanda en 2004, une nouvelle équipe a poursuivi l'aventure, l'été 2005. Voici leur témoignage.
Nous avons vécu au Rwanda une expérience extraordinaire.
Durant ces quatre semaines, nous avons tout d'abord participé
à la construction d'une maison pour une famille pauvre
avec l'aide d'une association locale. Nous avons apporté
le financement, mais nous avons aussi mis la « main à
la pâte » : nous avons fabriqué les briques
avec de la boue et les échafaudages en bois d'eucalyptus
Nous avons dispensé des cours de français, d'anglais,
de mathématiques et de culture générale dans
les écoles primaire et secondaire de Remera. Nous étions
en période de vacances et pourtant les élèves
étaient présents tous les jours. Nous avons également
procédé à la remise des livres (1000), manuels
scolaires et matériel pédagogique acheminés
par bateau pour commencer la bibliothèque scolaire.
Avec l'aide des membres de Foyer de Remera, nous avons aussi assuré
la catéchèse aux enfants. Pour cela nous avons utilisé
les vidéos de « Jésus Mafa » : c'est
une illustration de l'Evangile réalisée par des
catéchistes du Cameroun, avec des personnages et des décors
africains. Les enfants ont ainsi pu s'identifier davantage à
travers le Nouveau Testament.
Nous nous sommes aussi rendus à Kigali, aux éditions
Bakamé pour acheter des livres à nos élèves.
C'est une maison d'édition qui est apparue après
la guerre de 1994 et qui a pour but de permettre aux enfants d'accéder
à la lecture et à la culture traditionnelle en kinyarwanda.
C'était pour nous tous le premier voyage en Afrique. Nous avons donc profité de l'occasion pour partir à la découverte de ce magnifique pays. Nous avons passé un week-end à Kigufi, au bord du lac Kivu, dans un couvent de bénédictines. C'est un lieu somptueux. Nous avons aussi été accueillis chez des amis du Foyer à Kigali. Là, nous avons pu nous rendre compte d'une autre face de ce pays du tiers-monde. Les contrastes au sein de la population sont énormes. Nous étions logés dans des familles aisées et avions l'impression que deux mondes se côtoyaient sans jamais se rencontrer.
Nous avons aussi fait connaissance avec cette formidable Eglise d'Afrique. Nous sommes allés à une messe dominicale en paroisse. Il y a trois cérémonies dans la matinée et à chaque fois l'église est pleine. C'est impressionnant de voir une telle ferveur. L'évêque de Ruhengeri a passé quelques jours au Foyer et nous avons pu le rencontrer. C'est toujours stupéfiant de voir à quel point l'histoire si mouvementée de ce pays influe sur sa situation actuelle. Toutes les personnes ont connu leur lot de malheurs et pourtant ils essaient de prendre la vie du bon côté. Nous avons assisté à une messe en plein air pour le jubilé de l'évêque à Ruhengeri avec plus de douze milles fidèles. Cette Eglise est vraiment très vivante et les gens mettent leur espoir en Dieu.
Nous étions partis pour donner et nous revenons en ayant reçu beaucoup plus. Le Foyer de Remera nous a offert un cadre de paix et de prière. Nous ressentions en ce lieu une ambiance familière, celles des Foyers de Charité. Nous avons pu discuter et partager avec les membres de la communauté. Ce sont des gens discrets et généreux qui se sont mis à notre service. Cette expérience humaine restera à jamais gravée dans nos coeurs. Nous avons tenté de nous imprégner de cette culture totalement différente en multipliant les contacts et en allant dans les familles. Les enfants aussi ont été formidables. Ils n'ont rien au niveau matériel et pourtant, ils sourient toujours. Ainsi pendant les prières d'action de grâce, après la catéchèse, ils avaient toujours une pensée pour les plus malheureux qu'eux. Cette spontanéité et cette générosité nous ont littéralement bouleversés.
Après un mois passé avec ce peuple rwandais
si accueillant et qui a fait tant d'efforts pour nous recevoir,
nous ne pouvons nier que nous avons eu du mal à les quitter.
Aujourd'hui nous laissons grandir en nous les fruits de cette
expérience et attendons un possible prochain projet. Merci
encore de nous avoir aidé à accomplir cette aventure.
L'équipe Rwanda 2005 : Pascal, Matthieu, Pierre-Marie,
Simon, Emilien, Jean-Baptiste.