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Numéro 235
Juillet 2006 |
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SOMMAIRE
Actualité : Pentecôte 2006 à Rome
Ensemble avec l'Eglise universelle
A Rome, au fil des jours
Père Bernard MICHON
La beauté d'être chrétien et la joie de
le communiquer
2ème Congrès des Mouvements ecclésiaux et
des communautés nouvelles à Rocca di Papa
Nous sommes prêts pour la mission
Allocution de Mgr Stanislaw RYLKO - Veillée de Pentecôte,
place St Pierre
Faire l'expérience d'une Pentecôte renouvelée
Benoît XVI - Veillée de Pentecôte
Demeurer ensemble
Benoît XVI - Messe de Pentecôte
Album de photos
Assemblée familiale des Foyers de Charité
Ensemble pour la mission
L'appel à la sainteté
Mgr Didier-Léon MARCHAND
« Ils n'étaient qu'un coeur et qu'une âme
»
Mgr Josef CLEMENS
Au service de la mission
Mgr Jean-Christophe LAGLEIZE
Marthe Robin, une spiritualité
pour notre temps et pour demain
Bernard PEYROUS
Album de photos
Ensemble avec tous les Foyers de Charité et les amis
Célébration des 70 ans du Foyer de Châteauneuf
présidée par le Cardinal Philippe Barbarin
Une journée réussie pour une vie réussie
!
Anne-Céline DENIS
Album de photos
Témoignages
Programme des Retraites octobre - novembre
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L'appel à la sainteté |
Mgr Didier-Léon MARCHAND
Evêque émérite du diocèse de Valence
- 7 juin 2006
Après ces journée romaines de rassemblement et de ressourcement avec de nombreux mouvements d'Eglise, qui ont montré que « l'Esprit dans ses dons est multiforme » suivant la belle expression de Benoît XVI, nous voici à Châteauneuf pour fêter les soixante dix ans des Foyers. Venus de tous les Foyers du monde, vous goûtez à la joie d'être une grande famille rassemblée là où le premier Foyer est né. Dans le village où Marthe est née et a vécu. Là où le Seigneur l'a saisie pour qu'elle devienne la « petite Marthe » toute donnée au Seigneur, toute attentive à ses désirs. Là où elle s'est rendue disponible, « offerte » pour faire la volonté de son Seigneur. Là où Marthe a réussi sa vocation à la sainteté. C'est aussi le lieu où se fit la « rencontre décisive » avec le P.Finet et la première retraite. C'est bien à Châteauneuf que les fruits de fondation des Foyers à travers le monde ont pris racine.
Je suis très heureux d'être avec vous pour fêter cet anniversaire et pour rendre grâce. La présence de Mgr Clémens, du Conseil pontifical pour les laïcs, magnifie le lien vital des Foyers avec l'Eglise, ce lien d'unité et d'amour que Marthe, fille de l'Eglise, a sans cesse privilégié. Marthe a toujours voulu que les Foyers soient bien insérés dans l'Eglise par les diocèses avec les Evêques et dans l'Eglise universelle avec les différents Papes qu'elle a connus et, pour certains qui l'ont connue.
En rendant grâce ce matin, je voudrais m'arrêter
un instant sur quelques phrases de St Paul qui nous sont données
dans l'épître de ce jour. (II Tim. I)
Paul invite Timothée à « réveiller
» en lui le don de Dieu. Il l'incite à recevoir et
à faire fructifier en lui « l'esprit que Dieu
lui a donné, qui n'est pas un esprit de peur, mais de force,
d'amour et de raison ». C'est pour cela qu'il lui recommande
de n'avoir jamais honte pour rendre témoignage à
Notre Seigneur. Il lui demande de « prendre sa part de souffrance
pour l'annonce de l'Evangile ». Pourquoi tout cela ? Pourquoi
ces recommandations insistantes ? Parce que Dieu nous a appelés
par un saint appel. Par ce qu'il nous a donné une vocation
sainte. Il nous a appelés à la sainteté et
on pourrait dire à sa sainteté, car lui seul
est saint.
Permettez-moi d'insister sur cet appel à la sainteté. Je voudrais méditer avec vous sur ce point : l'importance de raviver en vous cet esprit de sainteté ; pour vous, membres des Foyers, et pour l'avenir de ces Foyers et de ceux qui continueront de naître. Et pour cela je partirai de Marthe.
Oserai-je m'aventurer sur ce terrain de la sainteté de Marthe. L'appel à la sainteté a été pour Marthe comme pour chacun. Elle a voulu y répondre de toutes ses forces et de tout son amour. Cela évidemment ne veut en aucun cas être une canonisation avant l'heure, mais un simple regard sur la manière dont Marthe a répondu à la vocation commune à la sainteté, comment elle a vécu cet appel à la sainteté.
La sainteté consiste d'abord à se laisser « saisir » par l'amour de Dieu. Se laisser envahir par sa grâce. C'est dire « oui » au Christ et continuer de le dire dans toutes les situations de la vie. Il s'agit bien de persévérer dans ce oui qui n'est pas seulement un oui à ce que Jésus a prescrit. C'est beaucoup plus qu'une obligation. On n'aime pas par obligation. C'est un oui au Christ qui « demeure en nous ». La Sainteté, c'est rejoindre Jésus qui « demeure en nous ». Le laisser nous envahir par son Amour. Lui laisser prendre la place qu'il veut, c'est-à-dire toute la place.
Marthe n'a eu qu'un souci : se laisser rejoindre par Jésus « son bien-aimé » qui « demeurait » en elle, comme Il veut « demeurer » en chacun de nous. Pour ce faire, elle s'est dépouillée d'elle-même, elle s'est abandonnée, car l'Amour de Dieu ne peut être que total. Pour elle, comme pour les « vrais adorateurs », dans tout Amour vrai, il n'y a d'Amour suffisant que total. Marthe a laissé grandir en elle cet Amour. Elle a dit et redit un oui sans condition à l'exemple de Marie, sa «Maman bien-aimée ». Elle l'a dit avec Marie. Et ce oui était le oui de l'Amour. « Je n'ai qu'un désir, aimer toujours mieux » confiait-elle. Ou encore : « Ma mission est de faire aimer Dieu en débordant d'amour ».
Membres des Foyers de charité, vous devez mettre en premier dans vos vies engagées, la réussite de votre vocation à la sainteté. Vous répondez à l'appel de Dieu qui vous « a donné une vocation sainte, non pas à cause de vos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce » comme nous le dit St Paul dans l'épître que nous venons d'entendre. Il me semble que chaque fois que cette réponse a été faite, les Foyers ont toujours mieux remplis leur mission. Cette réponse donnée et non reprise a permis aux Foyers de remplir leur vocation de « Lumière, de Charité et d'Amour ».
(Extraits de l'homélie)
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Marthe Robin, une spiritualité pour notre temps et pour demain |
Père Bernard Peyrous
Extraits du livre de référence, par le postulateur
de la cause de béatification de Marthe Robin, Bernard Peyrous,
dans : « Vie de Marthe Robin »,
Editions de l'Emmanuel / Editions Foyer de Charité.
Les angoisses et les désirs des hommes d'aujourd'hui
Depuis le XVIIIeme siècle une crise s'est produite dans le monde occidental, le premier christianisé. Cette crise a peu à peu été exportée, au moins partiellement, vers le Nouveau Monde et le Tiers Monde.
(...)Parmi les questions suivantes, retenons :
D'abord, l'éloignement de l'homme par rapport à
Dieu, engendrant les attitudes suivantes : incompréhension
de Dieu, peur de Dieu, souvent mal présenté : la
religion est comprise comme jouant sur la peur. D'où une
profonde incompréhension de la manière dont Dieu
veut toucher les hommes par le Christ et l'Eglise qui le continue.
Le Christ est vu comme un mythe, l'Eglise comme une structure
malfaisante. La foi est donc assimilée à une idéologie,
une création de la pensée.
(...) Notre monde est donc bien, selon le mot de Pual VI "fascinant et redoutable", et est "capable du meilleur comme du pire". Nous jouons actuellement la partie laplus importante que le monde ait jamais connue. L'avenir de l'humanité est entre nos mains. mais qui influera sur cet avenir ? Qui aidera l'humanité à prendre des décisions sages et fécondes ?
L'expérience spirituelle de Marthe
Ces questions ont été très présentes au coeur du concile Vatican II. Personne ne peut dire que l'Eglise s'est désintéressée de l'avenir de l'humanité dans laquelle elle existe. Le magistère de l'Eglise enseigne et fait des propositions à l'humanité. Celles-ci sont d'autant plus autorisées et frappantes, quand elles viennent d'un homme aussi puissant et aussi « saint » que Jean-Paul II. Mais cela ne suffit pas. La sainteté des simples chrétiens est une autre forme de réponse et de proposition. En quoi Marthe Robin est-elle une parole de Dieu pour le monde qui vient ?
Pour répondre à cette question, on peut présenter de plusieurs manières son expérience, car celle-ci est très riche. Voyons-en simplement quelques traits dominants.
L'expérience de Marthe est d'abord une expérience de vie. Marthe n'a pas fait de théories sur l'homme et sur Dieu. Elle a vécu et témoigné de ce qu'elle vivait, non par ses paroles, mais par ses actes et son don à Dieu et aux autres. On ne discute pas une expérience. Aux théories, elle oppose simplement sa vie. C'est pourquoi elle a pu toucher de grands intellectuels comme Couchoud, Guitton ou Garrigou-Lagrange. A un monde malade de ses idées, elle propose comme remède la simplicité de sa vie. Aussi chacun peut-il suivre cette voie tracée par Marthe, qui reprend d'ailleurs celle de Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Vierge Marie elle-même. Chacun peut avoir ainsi une fécondité par l'authenticité de sa vie.
La vraie vie est d'abord la vie intérieure. L'expérience de Marthe est d'abord de cet ordre. Marthe ne bougeait pas. Dans un monde agité, elle a montré que la fécondité venait du dedans et non de la réussite en puissance ou en argent. Cela aussi, chaque chrétien peut le vivre, s'il a le souci de sa vie intérieure et cultive en priorité sa prière. La fécondité vient d'abord de la beauté de la relation personnelle avec Dieu. Dans un monde agité, c'est quelque chose de prophétique et de très fort.
Toute la vie de Marthe Robin a été une expérience
d'amour. Marthe s'est laissée rejoindre par l'amour.
Un amour qu'elle n'a pas produit, mais qui est objectif, parce
que c'est Dieu même, un amour prévenant et qui donne
la vie. Elle a ainsi fait l'expérience :
- de l'amour du Christ comme ami, comme frère, comme époux,
reçu dans l'Eucharistie. En elle, Dieu s'est rendu proche
en Jésus-Christ. Par cette expérience, elle dément
complètement cette idée que Dieu est loin des hommes,
qu'il est indifférent ou dangereux.
- de l'amour du Père. Cela est essentiel chez Marthe. Dans
un monde souvent sans paternité, elle a vécu de
manière incroyable l'affection de Dieu comme Père.
Là aussi, elle prolonge Thérèse de l'Enfant
Jésus. Elle a été un des artisans du «
retour au Père » qui est l'un des beaux aspects du
catholicisme français contemporain ;
- de la tendre présence de Marie. Marthe a eu un contact
avec la Vierge d'une intensité, d'une simplicité
et d'une continuité rares. La Vierge s'est vraiment conduite
avec elle comme une maman, bonne, compréhensive, agissante,
prévenante.
La vie de Marthe a ainsi baigné dans l'amour, c'est-à-dire dans une présence constante de l'Esprit Saint. La vie de relation avec Dieu doit passer de la crainte à l'amour, de l'éloignement à la proximité. Notre effort pour cela est nécessaire, et Dieu mène ensuite beaucoup plus loin.
Marthe a eu une vision belle et positive du monde et de la vie. Marthe est partie de très bas : un milieu non porteur, une santé délabrée, pas d'amis, pas d'études, pas de conseillers. Elle a magnifiquement réussi sa vie. Elle a fondé les Foyers, reçu dans sa chambre une foule de gens, changé l'existence de milliers de personnes. Elle donne l'exemple de la réussite dans la petitesse. Par là, elle offre un espoir à chaque homme, en particulier aux malades, aux faibles, aux rejetés. Marthe est le triomphe de la petitesse, comme Thérèse de l'Enfant-Jésus également : grâce à la bonté de Dieu, si on y croit, toute vie peut être réussie.
Pour cela les moyens ne manquent pas. Ils sont d'abord d'ordre surnaturel. Le premier est le baptême. Marthe est d'abord une baptisée, une fille de l'Eglise, qui a pris au sérieux son baptême. Le baptême est la porte d'entrée dans la vraie vie. La grâce du baptême est continuée et développée par les sacrements, singulièrement l'Eucharistie. Grâce à ces forces surnaturelles, dans la déprime plus ou moins masquée d'une bonne partie du monde, les chrétiens sont appelés à redonner le sens de la vie et de la joie de vivre.
Enfin, Marthe a eu le sens de l'avenir de l'Eglise. L'Eglise est le grand cadeau de Dieu. C'est une famille de frères et de soeurs animés de l'Esprit de Jésus. Marthe a voulu le renouvellement de l'Eglise et annoncé une nouvelle Pentecôte d'amour qui se répandrait ensuite sur toute l'humanité. Dans l'Eglise, par son baptême, chacun a une place. Le sacerdoce baptismal des fidèles se joint au sacerdoce ministériel des prêtres. Ainsi, il y a une complémentarité des vocations qui, quand elle est bien vécue, donne un témoignage de vie et d'amour auquel les hommes ne sont pas insensibles. Chaque chrétien est appelé à cette vie, et quelle que soit sa vocation, joue un rôle en vue de la nouvelle Pentecôte d'amour voulue par le Concile Vatican II.
Marthe Robin a vécu la « sainteté »,
à sa manière, simple, humble, amicale. Elle a été
la première sur une longue route qu'ont empruntée
ensuite les membres de Foyers, laïcs et prêtres, les
retraitants, tous ceux qui l'ont aimée et ont reçu
son message. Marthe Robin n'est pas un cas mystique extraordinaire,
comme on l'a parfois présentée. Ce n'est pas le
problème. C'est une femme aimante, qui a vécu du
Christ et voudrait que tous les hommes le connaissent. Elle invite
non à participer à ses états mystiques, mais
à la suivre dans son amour de Jésus. Cela n'est
hors de la portée de personne, si on veut bien faire confiance
à Dieu et se laisser faire par lui.
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Témoignages |
Une richesse de grâces reçues
Nous habitons dans la région de Châteauneuf de
Galaure, et nous pouvons dire que nous avons toujours eu un lien
avec le Foyer et Marthe, un lien qui s'est renforcé au
cours des années.
En effet, mon mari a été scolarisé dès
la maternelle dans l'école du Foyer. Suite à sa
sortie de l'école, 20 années se sont écoulées
avec parfois une réunion d'anciens ou une participation
à la fête du 8 décembre.
Nous nous sommes mariés, et lorsque nos enfants sont arrivés
en âge scolaire, nous avons décidé de les
inscrire à l'école du Foyer. Lors des journées
de parents, les conférences, les célébrations,
les échanges, les partages ont été chaque
fois une richesse de grâces reçues. L'occasion de
consolider notre foi dans notre couple et notre famille.
Nous avons également eu la chance que notre maman soit accueillie et puisse finir sa vie à la maison Saint Joseph. Ce fut un vrai cadeau pour elle et pour nous de passer quelques années dans la famille des Foyers : les relations humaines, la chaleur, la messe et la prière qui habitaient cette maison réchauffaient les coeurs et furent d'un grand soutien.
Désormais, nous continuons d'aller régulièrement chez Marthe. Nous allons y puiser réconfort et soutien et nous la remercions pour tout ce que le Seigneur fait dans notre vie par son intermédiaire.
De plus, depuis le Jubilé, l'adoration, le chapelet et le sacrement de réconciliation nous sont proposés chaque dimanche au Sanctuaire. Chaque fois que nous le pouvons, nous répondons à cet appel que nous fixe le Seigneur. Pouvoir prier et se confier nous aide à mieux vivre notre quotidien.
Michel et Marinette Pousse
Cette multitude de « OUI » de par le monde entier
70 ans des Foyers !! Quelle action de grâce monte dans
mon coeur pour la multitude de « Oui » qui ont permis
la présence du « Royaume » depuis cette terre
féconde de Châteauneuf.
« Oui » quotidien de Marthe, du Père, des membres
du Foyer, des professeurs, mais aussi des élèves
dont je fus.
Merci pour le « Oui » de mes parents qui, dès
1943, « découvraient un trésor, un lieu où
se passaient des choses surprenantes pour ce temps de guerre ».
Leur vie durant ils vinrent prier et recueillir les avis de Marthe
et du Père « On sortait toujours de chez Marthe la
Paix au coeur ».
Dès l'âge de 12 ans je recevais le « Oui »
du Père Finet pour m'accepter dans l'école de Marthe.
Quatre années d'un regard d'Amour et de sollicitude des
professeurs que j'ai conservé jusqu'à ce jour puisque
j'y passe de temps en temps, et y reçois le même
accueil comme enfant du Foyer.
Au cours des retraites, le Oui de chacun des membres du Foyer
formait ce terreau où l'on pouvait refaire le plein à
la Source des « Oui »
Bien sûr, mes visites chez Marthe et le Père ont
jalonné ma route, comme un accompagnement de fidélité,
permettant la découverte des « Oui » à
donner.
On se sentait tellement portée par leur prière.
Et puis cette multitude de « Oui » de par le monde
entier où résonne le Oui de Marthe puisé
dans le Oui de Marie, et du Christ à la Gloire du Père
Il est beau de fêter cet anniversaire des 70 ans du Foyer
le jour de la Fête de la Trinité que Marthe aimait
tant.
Isabelle Lamy de la Chapelle,
ancienne élève