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Numéro 236-237
Octobre 2006 |
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Actualité : L'Evangélisation
« Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples »
Père Emmanuel FRANCOIS
Inculturation et évangélisation
Père Jude MBI
Mystique de l'engagement social : un chemin de sainteté pour tous
Père Georges LOEMBA
Témoignages : L'évangélisé devient évangélisateur
De toutes nations
Marie et Joseph, modèles pour les Foyers ?
Mgr Aloys JOUSTEN
A Châteauneuf : Première retraite en polonais
Au Foyer de Sanshia, à Taïwan
Semaine Missionnaire Mondiale : 15-22 octobre 2006
Engagements au Foyer de Courset
Engagement au Foyer d’Aledjo, au Togo
A-Dieu :
Au Père Michel de Dinechin, au Foyer du Mexiqua
Au Père Gabriel Imbert, au Foyer de Châteauneuf
Au Père Paul Vo van Bô, au Vietnam
Programme des retraites novembre décembre 2006 janvier 2007

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Inculturation et évangélisation |
Père Jude MBI
Foyer de Charité de Bonjongo, au Cameroun anglophone
L’inculturation est une matière que nous ne pouvons pas prétendre traiter exhaustivement dans un bref article comme celui-ci, les enjeux étant si nombreux et si complexes. Nous allons donc nous contenter de présenter une simple piste de réflexion sur quelques points saillants.
Nous allons donc nous contenter de présenter une simple piste de réflexion sur quelques points saillants : Les païens convertis au christianisme doivent-ils être ou non circoncis selon la tradition juive? Les chrétiens doivent-ils suivre les mêmes rites, quels que soient leur pays et leur culture? Ce débat des débuts de l'Eglise est finalement toujours actuel. C'est celui de l'inculturation, grand défi pour une Eglise catholique qui a tant de mal à ne pas confondre "universalité" et "unité". [i]
L’inculturation est au coeur du message révélé. Né dans une culture donnée, le message du Salut a successivement emprunté aux diverses cultures, qui ont jalonné l’histoire sainte, de quoi s’exprimer pleinement et de quoi dire sa richesse qui dépasse tout entendement. Et c’est l’Esprit Saint, agent principal de l’inculturation, qui a guidé les premiers disciples vers l’insertion de l’Evangile dans les cultures de peuples autres que le peuple juif.
Et pourtant, au cours de l’histoire, depuis l’édit de Milan en l’an 313, se développa entre l’Eglise et l’Etat, entre le christianisme et la culture gréco-romaine, une fusion qui engendra la culture occidentale chrétienne. Le christianisme adopta la pensée philosophique grecque comme schéma pour exprimer la foi, reprit dans une large mesure les structures civiles et juridiques du droit romain et s'appropria le latin comme langue universelle de l'Eglise.[ii] Ainsi naquit une culture dite chrétienne, et l'évangélisation des peuples, qui se trouvait en dehors de I'Eglise, consista en l'expansion de l'Orbis Christianus (le monde chrétien) comme unique ordre légitime et possible voulu par Dieu. L’Eglise ne trouva rien à apprendre au contact des autres peuples. Il n'y eut pas de dialogue interculturel pouvant donner lieu à une nouvelle version possible de la foi, en partant de l'univers culturel des peuples avec lesquels le christianisme entrait en contact.
Le résultat de cette réalité historique, si douloureuse, a été la rupture entre Evangile et Culture, et l’Eglise en est devenue vivement consciente depuis Vatican II. Dans son Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi sur l'évangélisation des hommes de notre temps (1975), le Pape Paul VI affirmait, préoccupé, que "la rupture entre Evangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d'autres époques" (EN 20).
Ce problème est plus ressenti en Afrique, semble-t-il, que parmi d’autres peuples. Le Saint Siège, depuis Vatican II, n’a pas cessé d’exhorter sur la priorité et l’urgence de l’inculturation pour l’évangélisation de l’Afrique. Le 31 juillet 1969, le pape Paul VI, s’adressant aux évêques africains à la fin de la 1ère Assemblée Plénière du SECAM à Kampala, Ouganda, a fait cette remarque bouleversante : «
C’est également sous la bannière de l’inculturation que, en 1995, Jean-Paul II est allé en Afrique promulguer l’Exhortation apostolique post-synodale « Ecclesia in Africa ». Il affirme dans son homélie de Yaoundé : « Parmi les thèmes mis en relief, celui de l’inculturation mérite une attention particulière, car il est lié à l’annonce de la Bonne Nouvelle aux peuples et aux nations de votre continent ainsi qu’à leur entrée dans la vie selon l’Evangile. »
Et dans Ecclesia in Africa, il déclare : Le Synode considère l'inculturation comme une priorité et une urgence dans la vie des Églises particulières pour un enracinement réel de l'Évangile en Afrique, « une exigence de l'évangélisation », « un cheminement vers une pleine évangélisation», l'un des enjeux majeurs pour l'Église dans le continent à l'approche du troisième millénaire ». (EA 59)
Sans inculturation, la foi chrétienne ne pourra jamais s’enraciner en Afrique. Qu’est-ce qui justifie cette affirmation ? Le constat est que, pour la plupart des Chrétiens africains, la foi vacille ; tour à tour ils pratiquent le christianisme et leur religion traditionnelle africaine. Comme l’ont dit certains des pères synodaux, ils sont comparables à des grenouilles qui ont deux pattes dans l’eau et deux pattes sur la terre - quand il y a une perturbation dans l’eau, ils sautent sur la terre et quand il y a un trouble sur la terre, ils se précipitent dans l’eau. Ou encore : certains chrétiens prient le chapelet le matin et pratiquent la sorcellerie le soir.
Pour résoudre la « rupture » entre Evangile et Culture, l’Eglise propose « l’inculturation » de l’Evangile dans toutes les églises particulières. A tout juste cent ans d’existence, l’Eglise d’Afrique a encore la possibilité d’échapper aux erreurs qui ont été commises dans d’autres continents.
Qu’est-ce que « l’inculturation ? Le mot de base « culture » vient d’une racine latine : « colo,- ere » qui signifie « cultiver ». Cela se rapporte aux tendances globales que prennent les activités humaines et les structures symboliques qui prêtent une signification à ces activités. Jean Paul II explique : « La culture n’est rien d’autre que l’action de cultiver, l’inculturation, tout ce qui confirme la présence du Christ dans vos cultures africaines, et donc, dans vos langues, dans votre littérature, dans vos chants, dans vos danses, dans la façon de célébrer l’Eucharistie et aussi dans la manière de vivre votre vie quotidienne. » (homélie à Yaoundé au Cameroun, 1995). Nous retenons les mots « présence du Christ ». Le Christ est présent dans toutes les cultures humaines, Lui le Verbe Eternel, par qui et pour qui tout a été fait. Et chaque peuple n’a qu’à « cultiver », par sa conscience, de la présence du Christ parmi eux depuis toujours.
La théologie de l’inculturation est fondée sur le mystère de l’Incarnation. L’Incarnation est le mystère de Dieu devenu homme. Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1,14). Mais la Parole de Dieu ne s’est pas incarnée dans un vide : Elle a pris la forme d’un individu (Jésus) dans un lieu précis (en Orient). Il s’est enraciné dans le peuple juif, à un moment précis de l’histoire. Il s’est incarné parce qu’il s’est inculturé. De même que l’Incarnation c’est le mystère de Dieu devenu homme, l’inculturation c’est le mystère de Dieu devenu cet homme. Nous retrouvons là la tension entre le particulier et l’universel. L’inculturation entre toujours dans le particulier et, en même temps, elle est toujours reliée à l’universel de la catholicité ecclésiale.
Le missionnaire, qui s’incarne dans un peuple particulier, établit un pont entre ce peuple et l’universalité de l’histoire du Salut. Cette tension est le mystère même du Christ qui s’est fait homme, qui s’est fait juif, qui s’est fait juif parmi les juifs et qui, en même temps, est homme pour tous les hommes, sauveur de chaque homme. Si le Christ peut rencontrer chaque homme, c’est qu’il y a, en chaque homme, une préparation à l’accueil de sa Personne, une semence évan-gélique.[iii]. C’est pourquoi Jean Paul II n’hésite pas à affirmer dans son discours aux évêques kenyans à Nairobi : « not only is Christianity relevant to Africa, but Christ in the members of his Body, is himself African », « non seulement le Christianisme est applicable à l’Afrique, mais le Christ, dans les membres de son Corps, est lui-même africain ». [iv]
L’inculturation, donc, c’est l’incarnation de la vie chrétienne et du message chrétien dans un contexte culturel particulier, de telle manière que cette expérience trouve expression, non seulement par des éléments propres à la culture en question, (ce qui ne serait qu’une adaptation super-ficielle), mais qu’elle devienne un principe qui anime, dirige et unifie la culture, et la transforme ainsi en une « nouvelle création », avec une nouvelle communion, au sein de la culture elle-même mais aussi avec un enrichissement de l’Eglise universelle.
L’évangélisation ne peut se réaliser que par le moyen de l’inculturation. Qu’est-ce que l’évangélisation ? Le pape Paul VI, dans son Exhortation Apostolique Evangelii Nuntiandi, explique :« Evangéliser, pour l’Eglise, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux de l’humanité et, par son impact, transformer du dedans, rendre neuve l’humanité elle-même : “ Voici que je fais l’univers nouveau ! ” Mais il n’y a pas d’humanité nouvelle s’il n’y a pas d’abord d’hommes nouveaux, de la nouveauté du baptême et de la vie selon l’Evangile. Le but de l’évangélisation est donc bien ce changement intérieur et, s’il fallait le traduire d’un mot, le plus juste serait de dire que l’Eglise évangélise lorsque, par la seule puissance divine du Message qu’elle proclame, elle cherche à convertir en même temps la conscience personnelle et collective des hommes, l’activité dans laquelle ils s’engagent, la vie et le milieu concrets qui sont les leurs. » (EN 18).
Le plus important donc, c’est d’évangéliser la culture de l’homme ; non d’une manière superficielle, folklorique mais à fond, aux racines mêmes, « partant toujours de la personne et revenant toujours aux rapports des personnes entre elles et avec Dieu » (EN 20) Le lien entre l’inculturation et l’évangélisation est clair : de même que, par l’Incarnation, le Verbe de Dieu s’est fait en tout semblable aux hommes, sauf dans le péché, ainsi l’Evangile assume toutes les valeurs humaines mais refuse de prendre corps dans les structures de péché. L’inculturation, qui n’aurait pas pour but d’amener des individus et des peuples à la conversion et à la sainteté, serait fausse. Toute inculturation, qui n'atteint pas l'homme, reste dans les limites de la culture et ne saurait y opérer un changement qui affecte sérieusement et durablement l'homme.
Jésus est le modèle de l’inculturation : « Il vint à Nazareth où il avait été élevé. Il entra selon la coutume dans la synagogue le jour du sabbat » (Lc 4). Jésus s’est incarné dans la continuité de la tradition juive. Pour évangéliser une culture, pour toucher les coeurs et convertir, il faut commencer par vivre avec son peuple. Dans la lumière de ce mystère de l’inculturation comme continuité, il convient, dans les peuples, de commencer par regarder leurs cultures propres, par les connaître, par les respecter. Mais Jésus ne s’est pas conformé aveuglement à la tradition juive, Il a fait des ruptures irréversibles. Par ses paroles, Il fait comprendre qu’Il n’est pas venu abolir la Loi de Moïse mais l’accomplir. « Il vous a été dit dans la Torah... moi je vous dis Sans rompre le dialogue avec eux, par ses paraboles, Il les conduit vers toute la nouveauté de son message. Jésus est le pont jeté entre l’homme et sa culture et le Mystère de Dieu. Le mystère de l’inculturation comme rupture nous fait comprendre qu’il n’est pas question de compromettre la Parole de Dieu ni de la vider de la croix, sagesse et puissance de Dieu, qui dépasse la sagesse et la puissance humaines. C’est un processus lent qui demande la participation de toute une communauté, en communion avec l’Eglise universelle, et sous la direction du Saint-Esprit.
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Témoignages |
Du Thabor à la plaine
En 1981, Marthe venait de mourir, et ce n’est pas par hasard que nous sommes conduits au Foyer de Charité de Saint Denis. Première retraite, fondamentale. Très vite, nous avons su que nous avions trouvé ce que nous cherchions, ce que nous désirions depuis longtemps. Presque chaque année, nous sommes revenus pour continuer dans la joie de suivre le Seigneur malgré les chutes et les épreuves.
En 1982, le texte des évêques de France "Pour de nouveaux modes de vie" nous interroge : dans 3 ans, Claude sera atteint par la limite d’âge et devra choisir entre envisager une seconde carrière, profiter du ‘farniente’ de la retraite professionnelle ou mettre notre nouvelle disponibilité au service de l’Eglise. Après concertation en couple et avec nos deux plus jeunes enfants encore à la maison, nous choisissons cette troisième voie. En 1984, intervient l’interpellation en vue du diaconat.
Nous commençons le parcours de formation régionale des diacres avec leurs épouses ; en même temps, le soutien priant du Foyer, l’accompagnement résolu du père Emile Ricart et son émerveillement communicatif devant la Parole au début d’une retraite avec l’Evangile de Jean : « Nous allons entrer dans une cathédrale ! » - pétrissent et modèlent notre vie de couple et notre vie ecclésiale. Quelques jours avant l’ordination, nous faisons retraite personnelle à Notre Dame de Lacépède sous la direction bienveillante et pleine d’humour du Père Gabriel Imbert : « Votre mari va être sous la douche de l’Esprit Saint - dit-il à Josiane et vous, vous en recevrez bien quelques gouttes ! »
Faire une retraite en Foyer est toujours une aventure personnelle et communautaire, aventure incontournable pour continuer la vie ordinaire ‘dans le monde’. Descendre du Thabor n’est jamais anodin, avec au coeur cette brûlante parole du Père « Ecoutez-Le ! » et celle de Jésus « Ne craignez pas ! » (Mt. 17,7).
Comment et dans quels lieux allons-nous, à notre tour, être lumière ? Question simple et lancinante à la fois. Simple car la famille et les missions confiées sont les premiers lieux d’évangélisation. Comment ? Puisque nous avons reçu dans le silence de la prière, nous sommes rendus capables de donner dans notre vie active.
En famille, avec tact et affection, savoir montrer ce qui pour nous est important, affirmer les valeurs sur lesquelles nous fondons notre vie, ne rien revendiquer pour nous-mêmes mais savoir être présents en conciliant les engagements ecclésiaux : tout cela relève parfois de l’acrobatie ! C’est maintenant plus à nos petits-enfants que s’adresse notre témoignage.
Les rencontres à l’occasion des missions ecclésiales ou associatives sont autant de lieux d’évangélisation. Mais, évangéliser, ne serait-ce pas aussi se laisser évangéliser ?
Nous avons beaucoup reçu de nos amis turcs assyro-chaldéens, réfugiés politiques, longtemps persécutés : sens aigu du sacré, de la prière, de l’engagement dans une église à la fois proche et lointaine dans son expression ; hospitalité, dignité, partage, confiance intrépide en Dieu !
L’aide au travail scolaire du soir nous fait côtoyer des enfants réfugiés des bouts du monde, russes, afghans, vietnamiens, sri-lankais, peinant sur l’apprentissage en Français de l’ensemble du programme scolaire : pauvretés, échecs, fierté, courage !
A travers la mission de la Coopération Missionnaire confiée par notre Evêque, c’est le soutien d’une équipe de laïcs très engagés sur leurs lieux de vie, c’est l’accueil d’évêques et de personnes venus d’ailleurs, Afrique, Guatemala, Chili, Timor, Cambodge, ’intelligence aux dimensions du monde grâce à nos missionnaires.
La préparation au mariage, dans le cadre du C P M, nous confronte à une quasi-ignorance du message de la foi, nous conduit à l’action de grâce pour l’ouverture du coeur de tous ces jeunes, nous interroge sur notre propre relation de couple et sur la façon dont nous devrions porter tout cela dans la prière, prière que nous avons pris le parti de leur proposer à la deuxième rencontre : moment intense pour eux et pour nous !
Allons-nous céder à la fatigue des jours ? Les douze premières années du diaconat de Claude, riches en ‘choses à faire’ ont été, en quelque sorte très gratifiantes. Il nous faut passer petit à petit, d’une activité soutenue à plus de temps de prière, d’écoute, de méditation de la Parole, de repos... Nous avons toujours été accompagnés par un prêtre, mais le Jubilé de l’an 2000 nous a façonnés en secret, si bien que nous avons décidé, en couple, de recourir plus souvent au sacrement de pardon ; depuis, grâce à l’Esprit Saint, nous n’avons jamais failli à ce rendez-vous de la tendresse et de la joie. « L’important, ce n’est pas ce que nous disons, mais ce que Dieu nous dit et dit à travers nous. » (Mère Teresa) : témoigner de notre amour de couple, sans bruit, en étant simplement nous-mêmes, écouter, nous laisser toucher par les joies et les peines des uns et des autres, nous pardonner et pardonner à notre tour ; tout cela bien enraciné dans la prière et dans l’Eucharistie, ‘fournaise d’amour de la Trinité’, selon la belle expression d’un moine bénédictin de Maylis, autre port d’attache spirituel dans notre diocèse des Landes.
La miséricorde du Seigneur est infinie ; elle appelle toujours une réponse : conformer sa vie aux exigences évangéliques n’est pas facultatif mais la foi nous y entraîne dans une réponse d’amour. Puissions-nous être porteurs de cette Bonne Nouvelle tout autour de nous.
Josiane et Claude
Le nouveau rituel du mariage, dans son annexe sur les anniversaires, invite les époux à formuler une prière d’action de grâce. Nous venons de célébrer nos noces d’or ; notre prière est allée à l’essentiel :
Josiane : Béni sois-tu, Seigneur, tu as été avec nous dans le bonheur comme dans l’épreuve.
Claude : Béni sois-tu, Seigneur : tu nous as gardé sur tes chemins, en particulier par deux évènements décisifs :
Josiane : Il y a 25 ans nous avons rencontré les Foyers de Charité.
Claude : Il y a un peu plus de 17 ans, tu m’as appelé au diaconat.
Ensemble : Bénis Seigneur nos 6 enfants, leurs épouses, leurs époux et nos 21 petits-enfants. Nous te prions de nous aider encore : garde-nous dans l’amour mutuel, que nous soyons des témoins fidèles de l’alliance que tu as conclue avec l’humanité.
Avance au large
Toujours la même joie, et toujours le même désir, plus pressant à l’approche du rendez-vous. Car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Tout a commencé en 2002. Je reçois ma lettre « d’appel » à l’équipe d’Animation paroissiale pour 3 ans renouvelables. Une paroissienne, engagée dans notre paroisse, me parle et me montre des photos de la Flatière. J’arrive avec elle, pour « suivre » le père Bourland sur le thème « Avancez au large ». Au même moment, de nouvelles responsabilités dans mon travail confirment l’insistance du thème, et le bien-fondé du choix.
Je retrouve aujourd’hui mes notes à l’issue de cette retraite : la première grâce a été la prière nocturne qui transforme l’insomnie en moment de communion de prière. Savoir que, partout dans le monde, des religieux, des croyants priaient ensemble et se retrouvaient dans un souffle divin, me combla.
La deuxième grâce fut le moment d’adoration dans la nuit du vendredi, à la chapelle. Cette heure de « coeur à coeur » avec Jésus, sous la protection de Marie, me submergea d’amour divin ; le souffle de l’Esprit passait. Tout ceci était nouveau pour moi.
C’est avec audace que j’entamai mes nouvelles responsabilités, mais aussi dans la confiance : « avance au large ». Pour moi, qui ai peur en mer, j’avançai au pied des sommets enneigés (que je ne gravirai jamais), mais où il me semble être plus proche de notre Père.
Des différentes retraites, je retiendrai ce jour d’août 2005 où la messe fut célébrée dans la « prairie ». Quelle émotion au moment où la dizaine de prêtres avançait vers nous. Jésus et ses apôtres étaient là.
Ces retraites se vivent en silence, dans une fraternité palpable, dans un amour qui transpire, dans l’émerveillement des yeux, dans le confort, où je m’abandonne, ne décidant rien, me laissant porter, accompagner, par Marie jusqu’à Jésus avec les témoins réels des transformations au jour le jour : regards, visages, qui deviennent plus détendus
D’évangélisée suis-je devenue évangélisatrice ? Si peu, il y a tant de chemin à parcourir ; mais avance au large, ose, témoigne, n’aie pas peur, prie, vis le silence, sont des mots communs à toutes les retraites, et dont j’essaie de faire mon quotidien.
Alors, si tu savais le don de Dieu, je vous invite à venir vous abreuver à la source d’eau vive, et demain sera différent d’hier. Bien fraternellement, dans l’amour de Jésus.
Martine.