Numéro 239

 

Février 2007

 

 

SOMMAIRE

FEVRIER 2007

 

Actualité :

Benoît XVI et l'oecuménisme
Père Pierre CHARIGNON

Dossier : Dieu nous a faits pour le bonheur

La richesse du bonheur que Dieu nous offre
Père Jacques RAVANEL
Témoignage

Bonheur et Sagesse
Père Guillaume-Marie PROTAIS
Confucius : le maître d'une éthique pour le bonheur

Dieu nous as faits pour le bonheur
Père FINET
Témoignages

Qui me fera voir le bonheur ?
Marie-Hélène MATHIEU
Témoignages

De toutes nations :

Au Foyer du Cap des Biches, au Sénégal

Au Foyer de Remera-Ruhondo au Rwanda

Programme des Retraites mai-juin 2007


 

 

 

 

 

La richesse du bonheur

que le Seigneur nous offre

 

Père Jacques RAVANEL
Foyer de La Flatière

Nous aspirons tous au bonheur. C'est ce que je constate. J'entends encore cette petite fille de 11 ans dire à sa maman avec l'accent du midi : « Maman ! Je suis heureuse ! Je voudrais toujours garder mes 11 ans ! Profites-en bien, fut la réponse, car l'année prochaine tu en auras douze ! ».

Chacun a sa conception de la vie. Les uns vivent de Dieu, d'autres non. Je n'envisagerai pas les conceptions multiples présentées par toutes les religions ou les synthèses des agnostiques, voire des athées. Je me contenterai de m'émerveiller avec vous, à la lumière de la foi catholique, de la richesse du bonheur que Jésus nous offre.

Tous les dimanches, je célèbre la messe avec des croyants qui viennent boire aux sources vives de l'Amour : « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ». Sans attendre, j'invite toute l'Assemblée à goûter cette paix immense qui jaillit du Coeur de Jésus, tout en sachant que beaucoup restent angoissés et inquiets. Ce n'est que peu à peu que le bonheur promis par Dieu sera accueilli. Dans chaque messe, je prononce le mot « bonheur ». Peu après la magnifique prière que Jésus nous a enseignée et qui nous établit dans la tendresse de la Paternité Divine, la liturgie officielle de l'Eglise latine met sur nos lèvres cette prière que le Seigneur prononce avec nous : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la Paix à notre temps, par ta miséricorde, libères-nous du péché rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l'avènement de Jésus Christ notre Sauveur ».

Le mot est prononcé avec le Seigneur qui nous fait vivre sa messe : « le bonheur que tu promets ». Pourquoi refuser ce bonheur que Jésus veut nous donner? Pourquoi n'en serions-nous pas dignes ? Pourquoi estimer que dans notre situation présente nous ne goûterions jamais ce « bonheur » qui est à la limite « pour les autres ». En langage de la république, je dirais que nous avons « droit » à ce bonheur. Il ne dépend que de nous de sortir de nos tensions et de nous laisser attirer par les splendeurs du Coeur de Dieu.

La prière de l'Eglise commence par évoquer la puissance libératrice de Dieu qui s'est incarné pour nous sauver de notre misère : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la Paix à notre temps ». Nous reconnaissons que notre vie est un véritable « combat de l'Amour » contre le mal sous toutes ses formes et nous avons beaucoup de peine à l'endiguer. Nous vivons dans un climat de tensions et d'affrontements. Souvent nous commençons notre Messe en étant crispés par une ultime mauvaise nouvelle de la famille, des enfants ou par des ennuis professionnels ou politiques qui s'infiltrent dans notre silence intérieur alors que nous recherchons le recueillement. « Tout le monde sait, dit Saint Paul, ce que produit la chair : impureté, libertinage, idolâtrie, maléfices, inimitiés, discorde, envie, emportements, cabales, dissensions, jalousie et autres choses semblables » (Ga. 5,19-21) « Délivre-nous de tout mal Seigneur ». Nous ne vivons pas dans une sphère éthérée et croyons en toute confiance que le Seigneur est capable de nous libérer de ces tensions ou agacements car « il est maître de l'impossible » (Lc 2,1). Nous croyons en l'efficacité du rayonnement du Saint Esprit : «Le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, douceur, tempérance » (Ga. 5, 22) « Si nous vivons par l'Esprit, laissons-nous conduire par l'Esprit » (Ga. 5, 25).


Après ce combat pour nous ouvrir à la sérénité, nous accueillons la paix que Jésus nous donne car il tient ses promesses. Au moment tragique de sa Passion, Jésus soutient ses disciples de son Amour pour les préparer à l'ultime épreuve : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). Et pour que tout soit clair : « Je vous ai dit toutes ces choses pour qu'en moi vous ayez la paix » (Jn 16, 33). C'est donc bien auprès de toi que nous trouvons le véritable bonheur en goûtant cette paix du coeur et de l'âme qui rayonne de ta présence divine. Nous voyons poindre cette sérénité lumineuse quand, en toute humilité et simplicité, nous sommes touchés profondément par ta miséricorde. « Par ta miséricorde, libère-nous du péché » disons-nous avec certitude de foi car Toi Seigneur tu peux transfigurer notre âme et l'établir dans la plénitude de Ton coeur. Souvent nous sommes stagnant dans notre cahot intérieur parce que nous doutons de la puissance de ton amour pour transformer notre coeur. Nous hésitons devant les signes qui ne cessent de nous donner de ton amour. « Dis une parole et je serai guéri » : cette pensée qui habite chacune de nos démarches de communion eucharistique devrait nous remplir d'audace et de sérénité ! Tu viens jusqu'à nous pour nous manifester ton amour et hélas ! nous n'ouvrons pas notre coeur. Frappez et l'on vous ouvrira : « Allons ! Un peu d'ardeur, et repens-toi ! Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j'ai siégé avec mon Père sur son trône.(Ap 3, 19-20). D'où cette prière de l'Eglise « rassure-nous devant les épreuves en cette vie ».

Nous sommes progressivement amenés à transformer nos souffrances, nos désillusions en épreuves, c'est-à-dire à donner un sens nouveau aux situations douloureuses en les percevant dans l'immense Amour de Dieu. Rien ne peut nous séparer de l'Amour de Dieu : « Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni quoi que ce soit de créé ne saurait nous arracher à l'Amour que Dieu nous manifeste dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 38). Les obstacles que nous rencontrons dans la vie, les échecs dans le travail, les tensions dans l'éducation des enfants ou les relations familiales, peuvent être subis avec découragement ou tristesse. Au contraire, nous pouvons réagir avec la certitude que l'Amour du Seigneur nous stimulera dans l'espérance et fera jaillir le bien du mal. Parce que nous manquons de foi en la puissance du coeur de Jésus nous demeurons parfois accablés.
« L'amour est fort comme la mort (que même la médecine la plus intelligente ne peut endiguer), ces flammes sont des flammes brûlantes, c'est un feu divin Rien ne pourra l'arrêter car les torrents ne peuvent éteindre l'Amour, les fleuves ne l'emporteront pas » (Ct 8, 6-7). Etre croyant c'est avoir cette certitude que, jour après jour, nous pouvons intérieurement ressusciter et reprendre vie. Rappelons-nous l'expérience de Saint Paul : « S'il me manque l'Amour, je ne suis rien » (Cor 13,2). Cet amour en Dieu est décrit dans un comportement humain extrêmement simple : « L'Amour prend patience, il n'entretient pas de rancune il trouve sa joie dans ce qui est vrai il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout, l'Amour ne passera jamais » (1 Cor 13, 4).

Il est vrai que nous sommes entraînés bien au-delà des apparences, dans le mystère même du Coeur du Père. Nous enracinons cet Amour Divin dans les humbles réalités de la vie quotidienne. Marthe Robin avait découvert plus que le bonheur, la joie divine que Jésus nous transmet : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jn 15, 11). A la messe les paroles de Jésus deviennent nôtres et nous établissent dans une véritable action de grâce. « Demeurez- en moi comme moi en vous ! Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés, demeurez dans mon amour » (Jn 15,9).
Nous voici plongés dans le véritable bonheur humain, détachés de toute forme d'égoïsme, pour rendre grâce à Dieu comme Marie dont on nous a dit qu'elle était bienheureuse parce « qu'elle avait cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1, 45).
Avec son Fils, elle nous a tracé la voie qui au-delà de la Croix nous transfigure par la résurrection : « Bienheureux vous qui avez un coeur de pauvres, car le royaume des Cieux est à vous » mais « malheureux êtes-vous les riches ! car vous avez votre consolation » (Lc 6, 20 et 24). Quelle joie de pouvoir transmettre à d'autres les lueurs de l'espérance !
Saint Paul dans l'épître aux Ephésiens insiste encore :« Soyez dans la joie dans le Seigneur, je vous le redis encore soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes » (Phi 4, 4).

 

 



 

 

 

 

 

 

 

Bonheur et Sagesse


Père Guillaume-Marie PROTAIS

Foyer de Kuo Yi, à Taïwan

Heureux ! Voici le premier mot que Jésus prononce dans sa grande prédication publique de l'Evangile, appelée le sermon sur la montagne (Mt 5, 3). C'est dire si le thème du bonheur est au coeur de la prédication de Jésus (CEC 1716), et au coeur de la vie et de la vocation chrétienne.

Saint Augustin affirme que tous les hommes sont d'accord sur un point : tous veulent vivre heureux (cf. CEC 1718). Si tous les hommes sont d'accord, comment se fait-il qu'il y ait tant de divisions ? Les divisions ne proviennent pas de la question du désir du bonheur, mais de celle du moyen d'y parvenir.

Dieu a mis dans le coeur de l'homme un désir naturel de bonheur. Le bonheur se trouve par le désir du bien. La grandeur du bonheur est proportionnelle à la bonté de ce qui est désiré.

Dans le rythme de la création rapporté par le livre de la Genèse, tout paraît bon ; et soudain, il y a comme une rupture, quelque chose n'est pas bon : il n'est pas bon que l'homme soit seul. Dieu a fait l'homme à son image : une intelligence pour connaître, une volonté pour aimer. Il faut donc trouver pour l'homme un objet digne de sa capacité de connaître et d'aimer. Dieu va créer une 'socia', une aide en face de lui (Gn 2, 18). Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa (Gn 1, 27). On peut comprendre ici un appel à participer à une communion d'amour : les deux deviendront une seule chair (Gn 2, 24), communion à l'image de la Trinité, trois Personnes en un seul Dieu. La communion d'amour entre les hommes est l'image de la bonté de Dieu.

Ceci nous aide à connaître la voie du bonheur, notamment en découvrant les soifs fondamentales - relatives à cette image - que Dieu a suscitées au coeur de l'homme : soif de vérité, d'éternité et d'amour. La clé du bonheur se trouvera dans la manière dont nous chercherons à étancher ces soifs. C'est en cela que nous parviendrons, ou non, au bonheur. Pour cela, il nous faut comprendre les pièges tendus par tous les faux bonheurs : comprendre ce que le bonheur n'est pas.

Il y a plusieurs genres de vie morale qui peuvent nous éloigner du bonheur. Citons-en quelques-uns : l'hédonisme, le stoïcisme et le légalisme.
- L'hédonisme considère que le bonheur se trouve dans la jouissance passagère que donne la créature. Par amour du plaisir, il refuse de considérer la soif de bonheur éternel qui habite l'homme et marche ainsi vers le néant.

- L'erreur du stoïcisme consiste à s'imposer à soi-même une loi de contrôle sur soi par la décision, en niant l'importance des désir, des passions et des affections. On en arrive même à nier la douleur. Le stoïque n'est pas fort, il est dur : il est incapable d'assumer ses affections, alors il les rejette. Il n'y a pas d'amour dans cette morale qui considère tout sentiment affectif comme une faiblesse, sinon celui de la satisfaction d'être arrivé à sa fin par ses propres forces. Mais de quelle fin s'agit-il ? Admirons la justesse de la méditation de sainte Catherine de Sienne : La recherche de leur satisfaction personnelle égare donc ces mondains et les abuse sur leurs propres actions ... S'ils avaient cherché leur contentement dans le bien, pour l'amour même du bien et de la vertu, ils n'en auraient pas perdu le goût, bien au contraire, il se fût développé et accru. Mais comme l'exercice de la vertu n'était soutenu que par l'intérêt de leur propre satisfaction sensible, on comprend qu'ils se relâchent et cessent bientôt (Dialogue, ch.37). Le stoïcisme est une forme d'égoïsme subtil qui se décourage bien vite quand il n'est plus satisfait.

- Le légalisme consiste à rechercher la pratique parfaite dans l'accomplissement d'une liste de préceptes. Il n'y a pas de vraie recherche de vérité, et encore moins de sagesse, dans cette conception de la morale. La satisfaction d'avoir accompli son devoir suffit. Jésus s'oppose radicalement à cette lecture de la loi : malheur à vous - c'est bien le contraire du bonheur -, Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toutes les plantes potagères et qui négligez la justice et l'amour de Dieu ! C'est ceci qu'il fallait pratiquer sans omettre cela (Lc 11, 42). Pour lui, l'Ecriture est source de sagesse avant que d'être code de bonne conduite. On peut respecter le code sans aimer, on ne peut pas être sage sans aimer. Il faut comprendre l'orgueil qui se cache derrière une telle pratique : on se justifie soi-même par ses propres oeuvres. En faisant cela, on dénature la loi, en faisant du moyen la fin .

- A ceci on peut ajouter une erreur plus moderne, qui consiste à faire de la liberté le bien absolu de l'homme. Ce que je désire, ce que je décide, c'est cela que je déclare bien. Le désir ou l'intention prend la primauté sur l'objet désiré. Dans ce cas, Dieu devient un concurrent de mon bonheur. En effet, si Dieu existe, il est nécessairement le bien suprême. Mais alors, où est ma liberté de choix ? La liberté, dans cette conception, au lieu que d'être la capacité du choix d'aimer, devient l'objet ultime de ma recherche : j'aime ma liberté, au lieu que d'être libre pour aimer. Cette conception amène à une négation de Dieu, qui interdit à jamais à l'homme de trouver le vrai bonheur.

Toutes ces erreurs fondamentales ont pour point commun qu'elles cherchent à "posséder" le bonheur ici-bas, indépendamment de la bonté de Dieu.

Revenons maintenant à l'image de Dieu dans l'homme : pour garder sa valeur, elle doit rester en référence à son modèle. Toute tentative d'autonomie par rapport à Dieu ne peut apporter qu'un bonheur illusoire. Dieu seul, en définitive, peut répondre pleinement au désir de bonheur inscrit dans l'homme. Le bonheur avec l'autre, initié par la découverte de la 'socia', ne trouvera sa plénitude que par une ouverture sur le Tout-Autre, un être d'éternité, de lumière et d'amour.

La béatitude promise par Jésus nous place donc devant des choix moraux décisifs (cf. CEC 1723). Elle nous détourne des moyens faciles, et nous fait entrer dans le combat du bonheur. Il y a en effet deux dimensions de l'action de Dieu dans nos vies : Il veut nous rendre heureux, et pour cela, il veut nous rendre meilleurs. Deux dimensions au service d'une seule intention : nous rendre meilleurs pour nous rendre pleinement heureux. Entrer dans la voie des béatitudes, c'est se laisser dépouiller de tout ce qui est illusoire - la richesse, la violence, l'orgueil, les fausses consolations, l'auto-justification, la jouissance de la créature - pour vivre déjà, par la sagesse, d'un bonheur qui n'est pas de ce monde.

Si le bonheur n'est pas de ce monde, car nous ne sommes pas du monde, le bonheur cependant commence dès ce monde : Jésus ne dit pas heureux au futur. Certes, le bonheur ne réside dans aucune créature, mais en Dieu seul (cf. CEC 1723) ; cependant, celui qui a choisi le chemin de la sagesse vit déjà de ce bonheur dans son coeur, car on trouve l'immortalité dans l'union avec la Sagesse, dans son amitié une jouissance pure, dans les travaux de ses mains d'inépuisables richesses (Sag. 8, 17-18).

Des observateurs récents ont remarqué que les hommes ont aujourd'hui une nouvelle conception du bonheur. Ils disent que vers les années 1950, on est passé de la conception du surhomme, pour qui les progrès de la technique devaient apporter toute satisfaction, à la conception de l'homme fragilisé, contre qui les progrès de cette même technique se sont retournés. Cela a engendré une crise profonde d'identité, et une recherche de sécurité dans un enfermement intérieur, ainsi qu'une aspiration à "se réaliser" et à être reconnu dans un monde où la personne trouve de moins en moins sa place. Cette conception fait de l'autre un concurrent. Le monde est donc habité par la conception d'un bonheur-compétition à laquelle l'Evangile ne répond plus.
L'Eglise saura-t-elle relever le défi, et re-proposer aux hommes du troisième millénaire la réalité d'un bonheur qui ne peut se construire sans l'autre ?

 

 



 

 

 

 

Dieu nous a faits

pour le bonheur

 



Père FINET

Le plan de Dieu sur l'humanité. Le message de Jésus peut se résumer en trois vérités essentielles :
Dieu est Amour : Père, Fils et Saint-Esprit
Son Père est également notre Père
Il est notre Père par le don de sa vie divine.

De cet enseignement, je voudrais tirer une conclusion : nous devons recevoir le Don de Dieu.
Quel est le plan de Dieu sur l'humanité ? Ce plan est un plan de Père ! Un Père qui nous a aimés éternellement dans son Fils Jésus. Il veut tous nous récapituler dans son Fils Jésus, pour faire de nous tous des fils de Dieu.

Je pose des questions qui découlent de ces vérités premières, fondement de toute vie chrétienne.

Pourquoi Dieu nous a-t-Il créés ?
Pour faire de nous des enfants de Dieu : c'est pourquoi Il nous fait, au baptême, le don de Sa Vie.
Il faut que nous soyons des fils et des filles de Dieu. Le mariage appelle à l'existence des êtres destinés à devenir des enfants de Dieu. Dans le plan de Dieu, si les parents donnent la vie, c'est pour faciliter l'accès à cette grâce insigne d'être des enfants de Dieu. Les parents chrétiens doivent s'en souvenir. Le foyer chrétien doit être ce lieu de prédilection où vont naître et grandir des fils et des filles de Dieu.

Pourquoi Dieu a-t-Il voulu faire de nous ses enfants ?
Pour que nous devenions, de droit, membres de Sa Famille : la Famille de Dieu sur la terre, et la Famille de Dieu éternellement au ciel. La Famille de Dieu sur la terre s'appelle l'Eglise, et c'est cette participation à la vie de l'Eglise qui nous permet de vivre comme enfants de la Famille. Cette Famille de Dieu sur la terre participe à la Vie de la Famille Eternelle au Ciel, car le Ciel sera la Famille de Dieu éternellement pour nous...

Pourquoi Dieu a-t-Il voulu que nous devenions membres de cette Famille éternelle?
Pour participer à la Vie Divine qui y règne. En quoi consiste la Vie Divine ? C'est une véritable vie de famille. Qu'est-ce que c'est qu'une vie de famille ? Elle consiste dans les relations entre les membres de la famille, relations auxquelles nous devons participer dès maintenant.

Relations entre les Trois Personnes divines.
Dans la Famille éternelle du Ciel, quelles sont les relations entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit ? Ce sont des relations de connaissance et d'amour : "Je connais Mon Père, et Mon Père me connaît". "J'aime Mon Père et Mon Père M'aime". Jésus le répète constamment dans l'Evangile : "Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent". "Comme Mon Père me connaît, Je connais Mon Père".

Voilà en quoi consistent les relations de la Famille Divine : connaissance - amour - dévouement. Jésus se dévoue pour faire la Volonté de son Père parmi nous. Le Saint-Esprit continue son dévouement en venant nous inviter à faire la Volonté du Père. Et quel est le fruit de la connaissance, de l'amour et du dévouement ? C'est le Bonheur. Alors ces quatre mots doivent être, pour chacun de nous, un programme de vie: connaissance - amour - dévouement - bonheur...

Ce qui est vrai dans les relations des Trois Personnes de la Famille Eternelle est également vrai dans toutes nos relations humaines, car nous sommes créés, ici-bas, à la ressemblance de la Sainte Trinité.

Dans la famille humaine, communauté de base, que doivent se dire les époux?
"Je connais ma femme, et ma femme me connaît". "J'aime ma femme, et ma femme m'aime". "Je me dévoue pour ma femme, et ma femme se dévoue pour moi", et nous avons tous les deux beaucoup de bonheur. Mais le mot "connaissance" demande une explication. Il vient du mot "connaître" qui signifie "naître avec" ; la connaissance nous fait naître à l'autre. L'épouse peut dire : "Je connais mon époux, je nais un peu avec lui, je nais à lui : son tempérament, son caractère, ses pensées intimes, je les connais, et lui me connaît". Et à cause de cela, nous avons de l'amour l'un pour l'autre. "J'aime mon mari, mon mari m'aime". Si nous avons de l'amour l'un pour l'autre, on se dévoue l'un pour l'autre. Et ce foyer se développe dans la joie.

Mais il faut bien faire attention aux mots qu'emploie Jésus. Jésus n'a jamais dit : "J'observe mon Père, et mon Père m'observe". Il dit : "Je connais Mon Père, et Mon Père Me connaît". Si le mari dit : "J'observe ma femme et ma femme m'observe".... Quand on s'observe, on est tenté de se juger ! Quand on se juge, on est tenté de se condamner ! Alors au lieu de s'aimer, on se divise de plus en plus, et c'est la catastrophe dans des quantités de foyers....
Car aimer, ce n'est pas se rechercher soi, c'est se quitter, c'est faire abnégation de soi-même pour se livrer à l'autre. C'est vrai dans le mariage, c'est vrai dans les relations entre parents et enfants, c'est vrai dans les fiançailles, c'est vrai dans toutes les sociétés.

Dans la famille, quelles relations établir entre parents et enfants ?
Les parents doivent connaître leurs enfants et les enfants connaître leurs parents. Supposons des parents qui, au lieu de connaître, observent leurs enfants : "Ce petit est un paresseux.! Rien à faire avec lui !" Le voilà condamné. Si, au lieu de l'observer, ils le connaissent, ils vont naître à lui, naître à sa paresse, le porter, avec sa paresse, l'aider à se dégager de sa paresse, si bien que le connaissant, ils vont par le fait même, l'aider à sortir de sa paresse. Ils vont devenir les sauveurs de leur enfant. Voilà qui est très chrétien. Mais conséquence extrêmement importante de ce que je vous dis là, c'est que, pour se connaître, il faut se faire connaître...

Nous ne sommes pas faits pour n'importe quel bonheur ? Nous sommes faits pour un bonheur très déterminé. Les hommes, souvent, cherchent leur bonheur là où il n'est pas et ils ne rencontrent qu'amertume et souffrance. Si nous recherchons notre bonheur dans les biens de consommation et de production, nous ne trouverons pas beaucoup de joie et nous serons dans la souffrance. C'est le drame d'aujourd'hui. Du coeur d'une partie de notre jeunesse, on a enlevé Dieu. On leur propose un bonheur matérialiste de production, de consommation des biens de la terre! Or, le bonheur est dans l'amour, le bonheur est un fruit de l'amour ; voilà ce qu'il ne faut jamais oublier. Le plaisir n'est pas le bonheur, il est un fruit de l'instinct, il est égoïste ; mais le bonheur, au contraire, est un fruit de l'amour car, aimer c'est cesser de s'appartenir pour se donner à l'autre...

Nous sommes faits pour le bonheur même de Dieu! Créés à l'image et à la ressemblance de Dieu infini, nous portons en nos coeurs des besoins indéfinis. Et Seul l'infini peut combler l'indéfini. Donc, nous sommes faits pour le bonheur même de Dieu.

 

 

Témoignages

Le chemin du bonheur

Chacun de nous est en quête de bonheur, de ce bonheur qu'il a éprouvé dans sa vie lors d'une fête où toute la famille était réunie, partageant un moment de joie à l'occasion d'un anniversaire de mariage, lors d'une ballade au détour d'un sentier découvrant un paysage magnifique ou en montagne au lever du soleil, dans la contemplation d'une mère émerveillée devant son bébé, ou encore au travail lors de l'aboutissement d'un projet difficile mené avec d'autres et où chacun a donné le meilleur de lui-même A moins que ce ne soit dans l'admiration d'un bel ouvrage d'art ou à l'écoute d'un concerto superbement interprété ou simplement, tout simplement lorsque nous nous sentons aimé.

Bonheur survenant comme à l'improviste, nous portant dans un état de bien être total.
Instants de plénitude. Instants où l'on se sent comblé de paix, de bienveillance, de bonté, de douceur, de joie.
Mais instants fugitifs, éphémères, que nous souhaiterions voir durer, à défaut pouvoir reproduire, ou retrouver.

Avec le psalmiste, nous nous demandons « Qui nous fera voir le bonheur ? ».

Or nous ne le trouvons pas dans le commerce ni l'accumulation de biens.
Il ne se conquiert pas sur autrui ni ne se dérobe à un voisin que nous voyons heureux.
Il n'est pas dans la quête incessante de la dernière nouveauté, ni de la dernière vanité.

Il n'est pas au bout du monde, et ne fixe pas de rendez-vous.
Il ne se conserve pas comme une denrée au congélateur.
Il dépérit si nous le gardons jalousement pour soi.

Le bonheur ne s'achète pas : il se donne à qui sait l'accueillir.
Il suscite la louange et le partage.
Il ouvre à l'amitié, à la relation.
Pour durer il a besoin de rayonner, d'être partagé, de se multiplier.
Partagé, il ne s'épuise pas mais grandit chez celui qui le donne.
Il est contagieux.
Il est ici et maintenant si nous savons le révéler.

« Qui nous fera voir le bonheur ? »
Pour nous, Seigneur, que s'illumine ton visage.

Et Jésus a pris notre humanité pour nous donner sa paix, sa joie, cette joie que nul ne pourra nous ravir. C'est en Le voyant dans l'humanité de nos frères qu'avec eux nous trouverons le chemin du bonheur.


Bertrand DUPONT

 

 

Quel bonheur ! Mais pourquoi ?

D'après moi et ceux qui m'entourent, je suis HEUREUSE ! Depuis longtemps ? Oh que oui !
J'ai une famille en or pour qui, même quand ça ne va pas, tout va bien ! Elle positive en toute circonstance
Mes parents ont eu beaucoup à faire car je n'étais pas le genre de personne à positiver facilement
Et pourtant je suis heureuse !

Voulez-vous savoir les p'tits trucs qui m'aident ?
- Rire et sourire
- Apprécier les détentes
- Trouver des moments de ressourcement indispensables au Foyer !!!
- Ne pas rester avec quelque chose sur le coeur, en parler.
- Faire plaisir aux autres !!
- Donner, toujours donner

Je respire la joie de vivre ! Quel bonheur !
Mais pourquoi ?

Je suis infirmière depuis quelques mois maintenant. Au quotidien, j'ai de la joie dans mon travail. J'aime le contact relationnel avec mes malades et j'apprécie les relations privilégiées qui s'instaurent entre eux et moi. Mes patients m'apportent énormément, je reçois beaucoup. Quel bonheur !

J'ai également la chance d'avoir beaucoup d'amis avec lesquels je peux partager les moments de joie mais aussi les peines. C'est absolument génial de se dire que l'on peut compter sur les amis ! Ils contribuent à mon bonheur.

Mais ce qui illumine toutes ces rencontres, ces échanges c'est LA FOI ! Quel TRESOR ! Et oui au quotidien je rencontre le Seigneur par Marie dans la prière.
Mon bonheur est de savoir que j'existe pour Dieu, de savoir qu'Il m'aime !
Non seulement j'ai conscience qu'Il m'aime maintenant mais que j'ai la certitude que je serai TOUJOURS aimée de Lui. Le monde peut s'écrouler, Il sera toujours à mes côtés ! C'est géant !!

Quoi qu'il arrive, même dans l'épreuve, je sais que le Seigneur est ma force et mon rempart. C'est inscrit au plus profond de moi. Sachant cela comment ne serai-je pas heureuse ?

Juliette