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Numéro 240
Avril 2007 |
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SOMMAIRE
Avril 2007
Actualité
L'exhortation apostolique post-synodale sur l'Eucharistie
Benoît XVI (extraits)
Dossier :
Les personnes
âgées : leur dignité et leur mission
La vie montante : l'âge de l'espérance
Père Christian FAIMONVILLE
Témoignage
Vieillir ou apprendre à naître
Père Etienne DUCORNET
Le sacrement des malades
Père Joseph ANTIN
La valeur des personnes âgées en Afrique
Père Théodore MUDIJI
De toutes nations
La Maison Saint François à Dinard
Témoignages
Engagement au Foyer du Pérou
La Journée missionnaire à Châteauneuf
Editions Foyer de Charité
Programme des retraites juillet-août 2007
Aux Editions Foyer de Charité
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La vie montante : l'âge de l'espérance |
Père Christian FAIMONVILLE
Des constats
Au cours du siècle dernier, les sciences et les techniques se sont considérablement développées, combien de découvertes extraordinaires !Tous les espoirs étaient alors permis : la souffrance, pensait-on, peu à peu sera atténuée par le confort, puis elle disparaîtra, vaincue par la science, et les hommes pourront enfin être heureux. Or, c'est plutôt le contraire qui est arrivé : le nombre de gens angoissés s'est multiplié...
Une autre caractéristique de notre époque est la prolongation de la vie et l'augmentation du nombre de personnes âgées ; nous serons de plus en plus nombreux à devoir faire l'apprentissage de la vieillesse. Bien sûr, le problème ne se pose pas dans les mêmes termes partout ; les différences sont en effet énormes d'un point du globe à l'autre, par exemple entre l'Europe et l'Afrique.
Ce qui ne va pas sans difficultés, sans souffrances ; nous connaissons tous, dans notre entourage des personnes âgées qui ont du mal à assumer le temps de la retraite ; il leur arrive de vivre ce passage comme un rejet, soit de leur famille, soit de la société. Certaines personnes du troisième âge sont possédées par une fringale de voyages, tandis que d'autres ne quittent plus leurs quatre murs. Certaines rayonnent d'optimisme, d'autres s'aigrissent dans l'apathie. certaines attendent chaque jour du neuf, d'autres ont fermé pour de bon les volets.
Une question
Devant de tels faits, une question, toujours la même, vient à la pensée : pourquoi l'homme a-t-il été créé ? Quel est le sens de notre vie ? Où est notre véritable accomplissement ? Chrétiens, nous savons que l'homme a été créé pour vivre en communion de vie et d'amour avec Dieu et avec ses frères humains.
Dans cette perspective de la Révélation de l'Amour, ce sont ceux qui essaient d'aimer le plus, humblement, pauvrement, ce sont les pauvres de coeur, les petits, ceux qui ont faim et soif de justice qui, paradoxalement, réussissent leur vie sur terre, parce qu'ils sont les plus proches de Dieu.
Le mystère de la vieillesse : l'âge de l'Esprit Saint
Là, nous nous trouvons en plein dans le mystère de la vieillesse qui achemine vers le grand passage et que l'Eglise a l'audace d'appeler « Vie montante ». En effet, que vivez-vous ?
Cette époque de la vie est la période des dépouillements, des pauvretés non choisies ; vous sentez votre faiblesse, vous constatez vos peurs, vous êtes parfois rejetés ; vous voudriez encore faire beaucoup de choses, mais vous ne le pouvez plus. Au milieu de toutes ses insatisfactions, il y a un seul Roc, sur lequel vous pouvez vous appuyer : c'est Dieu, Lui-même, qui vous donnera l'Esprit Saint.
Nous touchons là, en un certain sens, le mystère le plus profond de la vieillesse : on peut dire que la vieillesse est l'âge de l'Esprit Saint. L'enfant a peut-être plus besoin de la révélation du Père ; le jeune, l'adulte a besoin de savoir Jésus, auprès de lui, comme Ami, ou Compagnon de route.
Lorsque nous avançons en âge, ce dont nous avons le plus besoin, c'est de nous abandonner au souffle de l'Esprit. l'Esprit Saint vient illuminer et pacifier la personne âgée, en transformant ses angoisses en espérance. Il nous fait expérimenter un amour pour Dieu qu'il est impossible d'obtenir, avant d'avoir souffert, en particulier la douceur qui envahit tout.
Nous percevons combien cette période peut être
féconde ; ô combien. Par votre vie, dans votre être
même, et non plus tellement par votre action, vous montrez
ce qu'est l'espérance théologale, vraiment chrétienne.
Ce n'est plus l'espérance en la nature, en vos propres
forces ; ce n'est plus l'espérance en la société,
ni même parfois en votre famille ; c'est l'espérance
qui s'appuie uniquement sur Dieu, sur Jésus, sur Marie,
sur les saints.
« Instinctivement nous voyons des signes d'espérance
dans les choses neuves, les initiatives inédites, et dans
la présence d'êtres jeunes, tout en promesses ; et
nous avons raison, car, au niveau des choses humaines et dans
la perspective de la vie terrestre, ce sont les jeunes d'aujourd'hui
qui vont traverser le temps, assurer la course de la parole et
la survie des communautés.Mais quand il s'agit des réalités
de l'au-delà, de l'amitié avec Dieu dans la vie
éternelle, même la fin des choses et le soir de la
vie peuvent être signes d'espérance. La manière
dont on donne à Dieu les années du grand âge
ou de l'inaction, la joie que l'on apporte à servir dans
l'ombre, la liberté de coeur avec laquelle on range l'un
après l'autre les outils que Dieu avait donnés,
tout cela rend témoignage à la vie de Dieu, à
la puissance de son amour, à la révélation
de sa gloire. » (Homélie de Jean
Lévêque, carme,sur le site "Bible et vie monastique").
Vous êtes signes d'espérance par les charismes
que vous mettez en valeur et qui sont propres à la vieillesse
( D'après le document du Conseil Pontifical pour les Laïcs
du 1-10-1998 : « Dignité et mission des personnes
âgées dans l'Eglise et dans le monde » )
- La gratuité. La culture dominante mesure la valeur de nos actions avec les paramètres d'une efficacité qui ignore la dimension de la gratuité. La personne âgée, qui vit le temps de la disponibilité, peut attirer l'attention d'une société trop occupée sur l'exigence d'abattre les barrières de l'indifférence qui avilit, décourage et endigue le flux des impulsions altruistes. Avec la dimension de la gratuité, se renouvelle la faculté de l'émerveillement, de l'écoute, la possibilité de prendre du temps pour vivre, en particulier la relation, la rencontre, et donc la capacité de vivre l'échange, la communion.
- La mémoire. Les générations les plus jeunes sont en train de perdre le sens de l'histoire et, avec lui, celui de leur identité. Une société qui minimise le sens de l'histoire élude la formation des jeunes. Une société qui ignore le passé risque aisément de reproduire ses erreurs. La perte du sens de l'histoire est également imputable à un système de vie qui a éloigné et isolé les personnes âgées, rendant ainsi plus difficile le dialogue entre les générations.
- L'expérience. Nous vivons aujourd'hui dans un monde où les réponses de la science et de la technique semblent avoir supplanté l'utilité de l'expérience de vie accumulée par les personnes âgées au cours de toute leur existence. Cette sorte de barrière culturelle ne doit pas décourager les personnes des troisième et quatrième âges car elles ont beaucoup de choses à dire aux jeunes générations, beaucoup de choses à partager avec elles.
- L'interdépendance. Personne ne peut vivre seul, mais l'individualisme, et la volonté exagérée des personnes de toujours se mettre au premier plan, masquent cette vérité. Les personnes âgées, qui recherchent la compagnie des autres, contestent une société au sein de laquelle les plus faibles sont souvent livrés à eux-mêmes. Elles rappellent la nature sociale de l'homme et la nécessité de recoudre le tissu des rapports interpersonnels et sociaux.
- Une vision plus complète de la vie. Notre vie est dominée par la hâte, par l'agitation, et souvent même par la névrose. C'est une vie dispersée, qui oublie les interrogations fondamentales concernant la vocation, la dignité et la destinée de l'homme.
Les valeurs affectives, morales et religieuses vécues par les personnes âgées, représentent une ressource indispensable pour l'équilibre de la société, des familles et des personnes. Elles vont du sens de la responsabilité, de l'amitié, de la non-recherche du pouvoir à la prudence de jugement, à la patience et à la sagesse, en passant par l'intériorité, le respect de la création et l'édification de la paix. La personne âgée saisit bien la supériorité de l'« être » sur le « faire » et sur l'« avoir ».
- La contemplation et la prière. Le troisième
âge est aussi l'âge de la simplicité, de la
contemplation. À ce propos, s'adressant aux participants
du Forum international sur le vieillissement actif, Jean-Paul
II déclarait :
« Les personnes âgées, par leur sagesse et
leur expérience, fruits de toute une vie, sont entrées
dans une phase de grâce extraordinaire qui leur ouvre des
occasions inédites de prière et d'union à
Dieu. De nouvelles énergies spirituelles leur sont données
et elles sont appelées à les mettre au service des
autres, faisant de leur vie une fervente offrande au Seigneur
et Donneur de la vie ».
- L'endurance, la ténacité dans l'épreuve.
Vous êtes signes d'espérance par le combat que vous
menez contre la maladie, le handicap, pour ne pas vous enfermer
dans votre souffrance, pour vous dépasser vous-mêmes,
pour aller jusqu'au bout, dans vos limites. C'est ce combat que
vous menez qui vous permet de vivre debout intérieurement,
qui vous donne le courage de vivre. « Même si l'homme
extérieur tombe en ruine, l'homme intérieur se renouvelle
de jour en jour. » (2 CO 4,16)
- L'engagement en faveur de la « culture de la vie. A travers tout cela, vous êtes le rappel vivant que toute personne humaine a une dignité infinie, du fait même qu'elle existe, que toute vie est précieuse aux yeux du Seigneur. (cf. Isaïe 43,1-4) Vous êtes le rappel vivant que l'homme n'est pas d'abord une force physique ou une puissance intellectuelle, mais qu'il est d'abord un coeur, c'est-à-dire en être qui porte en lui un désir infini d'aimer et d'être aimé et que sans amour l'homme ne peut pas vivre, se construire, s'épanouir. L'homme est créé par amour et pour l'amour.
Conclusion
La présence de tant de personnes âgées dans le monde contemporain est un don, une richesse humaine et spirituelle nouvelle. C'est un signe des temps qui, s'il est pleinement compris et accueilli, peut aider tant de nos frères et soeurs, en humanité, proches ou lointains, à retrouver le sens de la vie, le goût de vivre, que ni la société de consommation, ni la mentalité dominante ne peuvent leur donner Les sociétés humaines seront meilleures si elles savent bénéficier des charismes de la vieillesse.
La vie est un don que Dieu fait aux hommes créés par amour à son image et à sa ressemblance. Cette compréhension de la dignité sacrée de la personne humaine conduit à accorder une valeur à toutes les étapes de la vie. C'est une question de cohérence et de justice.
En effet, il est impossible d'accorder véritablement une valeur à la vie d'une personne âgée si l'on ne donne pas vraiment sa valeur à la vie d'un enfant dès le moment de sa conception. Personne ne sait où l'on pourrait arriver si la vie n'était plus respectée comme un bien inaliénable et sacré ». La construction d'une société prenant en compte toutes les générations ne perdurera que si elle est fondée sur le respect de la vie dans toutes ses phases.
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Le sacrement des malades à l'occasion de la Journée
Mondiale des Malades, |
Père Joseph ANTIN
- Comment accueillons-nous l'épreuve de la maladie dans nos vies et dans celle de nos proches ? Dans notre famille, chez nos amis, dans nos communautés familiales
Brusquement ou progressivement, nos forces physiques et nos capacités intellectuelles sont diminuées. Nos projets, notre service, notre mission sont modifiés. Vous réalisez combien beaucoup auprès de nous ou dans le monde vivent l'épreuve de la maladie. Même si nous ne sommes pas malades, nous sommes concernés.
- Benoît XVI, dans le Message pour la Journée
des malades :
« Etre malade comporte inévitablement un moment
de crise et une sérieuse confrontation avec sa propre situation
personnelle
La vie humaine a ses limites intrinsèques, elle se termine
par la mort. Il s'agit d'une expérience à laquelle
chaque être humain est appelé et à laquelle
il doit être préparé ».
Benoît XVI nous précise que la maladie nous éprouve
; et combien il est sage de se préparer à faire
l'expérience de nos limites humaines dans la maladie. Elle
nous prépare à envisager notre mort sereinement.
Il nous faut avoir un regard élargi sur les malades
du monde entier : « En outre, des millions de personnes
dans le monde vivent encore dans des conditions insalubres et
n'ont pas accès aux ressources médicales nécessaires,
souvent même à celles de base, avec pour résultat
que le nombre d'êtres humains considérés comme
"incurables" a beaucoup augmenté ».
L'Eglise, dit Benoît XVI, interpelle la communauté
des hommes pour qu'elle développe un accueil et une prise
en charge des malades.
- Mission de l'Eglise : « L'Eglise désire
soutenir les malades incurables et ceux qui sont en phase terminale
en exhortant à des politiques sociales équitables,
qui puissent contribuer à éliminer les causes de
nombreuses maladies et en demandant de manière urgente
une meilleure assistance pour les personnes qui meurent et pour
lesquelles aucun traitement médical n'est disponible »
Et il nous redit :
« L'Eglise, suivant l'exemple du Bon Samaritain, a toujours
fait preuve d'une sollicitude particulière pour les malades
».
- Jésus accueille longuement les malades.
Nous ne pouvons pas découvrir le sens du Sacrement
des malades sans contempler et suivre Jésus dans son accueil
et sa relation avec les malades au travers de l'Evangile.
En St Luc 6, 17,nous lisons : « Il y avait une foule de gens qui étaient venus pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris et toute la foule cherchait à Le toucher parce qu'une force sortait de Lui et les guérissait tous ».
En St Marc 6, 54 nous avons aussi de nombreux malades qui viennent
à Jésus :
« Ils parcoururent toute la région et se mirent
à transporter les malades sur des brancards là où
l'on apprenait sa présence. Et dans tous les endroits où
Il était, dans les villages, les villes ou les champs,
on déposait les infirmes sur les places. Ils Le suppliaient
de leur laisser toucher, ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchaient étaient sauvés ».
Dans ces deux passages, nous voyons que les malades sont attirés
par Jésus. Ils aiment venir jusqu'à Lui. Jésus
prend son temps pour les accueillir et les rencontrer. C'est avec
foi qu'ils viennent à Lui. Le fait de toucher son vêtement
est une démarche de foi. Cela est bien souligné
dans la rencontre avec la femme atteinte d'hémorragies
depuis douze ans. Jésus perçoit que quelqu'un l'a
touché et Il veut faire grandir la foi. En St Luc, Jésus
dit : « Qui est-ce qui m'a touché ? »
Dès que la femme lui a dit le sens de sa démarche,
Jésus la confirme dans la foi :
« Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix ».
Jésus invite les malades à désirer recevoir
une grâce. Ainsi en St Marc 10, 51, lorsque Jésus
a entendu l'appel de Bartimée et que celui-ci a bondi jusqu'à
Lui, Il lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi
? » « Rabbouni, que je recouvre la vue » ! Jésus
lui dit : « Va, ta foi t'a sauvé ».
En faisant exprimer son désir à Bartimée,
Jésus le fait grandir dans sa foi.
Ainsi Jésus accueille longuement, avec disponibilité,
les malades, Il les aide à venir à Lui avec foi
et à grandir dans la foi en exprimant leur désir,
leur attente.
Le sacrement des malades : la grâce reçue
1 - Un don particulier de l'Esprit Saint : Don de réconfort, de paix, de courage pour vaincre les difficultés propres à la maladie qui est la nôtre. Cette grâce renouvelle la confiance et la foi en Dieu. Elle fortifie contre les tentations d'angoisse et de découragement.
2 - Une grâce d'union à la Passion du Christ.
Le malade reçoit la force et le don de s'unir plus intimement
à la Passion du Christ. Le malade est ainsi comme consacré
pour porter du fruit par une configuration, une union plus grande
à Jésus dans sa Passion. La souffrance du malade,
uni à celle de Jésus dans son Amour, fait que le
malade, comme le Christ et en Lui, donne sa vie.
Benoît XVI : « Je vous encourage à contempler les souffrances du Christ crucifié et, en union avec Lui, à vous adresser au Père avec une confiance totale dans le fait que toute la vie, et la vôtre en particulier, est entre ses mains. Sachez que vos souffrances, unies à celles du Christ, se révéleront fécondes pour les besoins de l'Eglise et du monde. Je demande au Seigneur de renforcer votre foi dans Son amour, en particulier au cours de ces épreuves que vous affrontez. Je forme le voeu que, partout où vous êtes, vous trouverez toujours l'encouragement et la force spirituelle nécessaires pour nourrir votre foi et vous conduire plus près du Père de la Vie.».
C'est là que l'on peut dire qu'un processus d'apaisement
et de guérison se met en route ou se poursuit.
Ce processus va conduire dans certains cas à une guérison
qui manifeste la puissance du Christ ressuscité sur la
maladie et la mort et, dans d'autres cas, il va conduire à
l'adhésion libre du malade pour communier au Christ dans
sa Passion.
Un exemple : Tous ceux qui ont accompagné des malades à Lourdes l'ont bien perçu. Les malades accueillis à Lourdes vivent un beau pèlerinage par les sacrements du pardon, des malades et de l'Eucharistie. Ils sont renouvelés dans la grâce de leur baptême. De temps en temps l'un d'entre eux est totalement guéri. Mais tous retrouvent la paix, ils se sentent aimés par ceux qui les accompagnent. Ils redécouvrent l'amour de Dieu pour eux. Ils prennent conscience de leur mission. Et voilà qu'ils reviennent transformés. Ce sont eux, à ce moment-là, qui rayonnent et nous donnent le Christ.
3 - Une grâce ecclésiale
Ainsi, unis au Christ en croix, les malades apportent leur
part pour le bien du peuple de Dieu.
- L'Eglise intercède pour le malade. Elle l'accueille d'une
façon nouvelle en son sein (comme à Lourdes).
- De son côté, le malade contribue à la sanctification
de l'Eglise et au salut du monde.
4 - Préparation au dernier passage
Force pour vivre l'agonie et le dernier passage.
« L'onction des malades achève de nous conformer
à la mort et à la Résurrection du Christ,
comme le baptême avait commencé de le faire.
Cette dernière onction munit la fin de notre vie terrestre
comme d'un solide rempart en vue des dernières luttes avant
l'entrée dans la Maison du Père (CEC N° 1523).
Comment nous y préparer ?
1) Qui est invité à se préparer à
le recevoir, à le vivre ?
- Celui ou celle qui est malade
- Celui ou celle que la vieillesse handicape
Le droit Canon dit : celui ou celle dont la maladie ou la vieillesse
le met en danger
- Pour une maladie grave
- Une vieillesse qui handicape réellement
2) Benoît XVI :
« A travers ses prêtres et ses collaborateurs
pastoraux, l'Eglise désire vous assister et être
à vos côtés, en vous aidant à l'heure
du besoin et en manifestant ainsi la miséricorde pleine
d'amour du Christ envers ceux qui souffrent ».
3) L'Eglise conseille un dialogue avec un prêtre
pour aider à se préparer et aussi de vivre, si possible,
le sacrement de la réconciliation auparavant.
4) Enfin, puisque c'est l'ensemble de l'Eglise, l'ensemble du Corps du Christ qui est concerné et touché par le fait que certains de ses membres sont malades, il me paraît logique que nous nous préparions tous par la prière à cette célébration.
La journée mondiale des malades est précieuse
pour rester en éveil vis-à-vis de ceux qui souffrent.
Continuons ensuite, tout au long de l'année, à visiter
ceux qui sont malades, à les écouter, à prier
avec eux. C'est à nous de faire le lien avec la communauté
humaine et chrétienne à laquelle ils appartiennent.
Ainsi ils percevront qu'ils sont aimés et ils nous feront
partager, par leur regard ou leur sourire, l'amour du Christ.
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Témoignage |
On se sent bien près d'une personne âgée
Pourquoi vieillir, voir sa peau se flétrir et sa mémoire défaillir ? Un corps jeune c'est si beau ; une pensée aisée, une imagination débordante, des souvenirs infinis, c'est si précieux !On ne peut le nier, on en perd des choses quand on prend de l'âge.
Mais si, si la vieillesse était en fait le seul moyen de
réussir enfin, le corps moins beau,
à détourner de soi son regard et à être
moins égoïste en quelque sorte, les forces déclinant,
à faire appel aux autres et à devenir plus humble,
à transmettre l'essentiel puisque la mémoire s'envole
?
Si la vieillesse était davantage qu'un dénuement physique, et si elle permettait au coeur, désormais dépouillé de sa carapace, de se laisser enfin dilater par le brûlant amour de Dieu ?
Tout être qui vieillit devient un trésor sans s'en rendre compte, où les autres peuvent puiser sans crainte d'être refoulés. Pauvre de corps, riche de coeur : cet homme porte en lui les conclusions des expériences d'une vie entière.
Essayez et vous verrez : on s'y sent bien, près d'une
personne âgée. Son âge lui fait prendre du
recul. Passer un moment avec elle vous emmène un peu hors
du temps, elle a déjà un pied dans l'éternité,
c'est peut-être pour cela qu'elle peine à marcher.
Avec elle on relativise alors, on prend confiance, et on ressort
en paix.
Mais ce tableau est trop beau, direz-vous ; et ceux qui, cloués
sur un lit de souffrances, ne parlent plus, ni ne mangent, ni
ne bougent, ni ne voient ?
Mystère de Dieu.
Cependant ils offrent au moins à ceux qui s'occupent d'eux,
la grâce de pouvoir se donner, de pouvoir servir et devenir
meilleur.
Pourquoi avoir peur de vieillir ?
Toute vieillesse est grâce.
Anne-Marie, ancienne élève