Numéro 250

Décembre 2008

SOMMAIRE


Actualité

La Bible, c'est Dieu qui vient à notre rencontre
Synode sur « La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l'Eglise »
Marguerite LÉNA

« Mon Dieu, vos Ecritures sont la meilleure source de méditation »
Marthe Robin


Dossier : Elle est vivante la Parole de Dieu et toujours nouvelle
« Tu as les paroles de la vie éternelle »
Mgr Joseph BOISHU

Témoignages
- Une source intarissable
- Toujours nouvelle !

L'amour de la Parole, héritage commun entre les chrétiens
Régine MAIRE

Judaïsme et Parole de Dieu
Mgr Maurice GARDÈS

Témoignage : La Bible sur le Terrain

« Je leur ai donné ta Parole »
Père FINET

Témoignages :
L'importance de la Parole de Dieu dans ma vie
J'ai commencé à lire la Parole de Dieu
« Gardez la parole de vie : vous serez pour le monde des foyers de lumière »
Les Brebis de Jésus :« Viens Jésus Tendresse pour la terre ! »


De toutes nations
L'Assemblée des Foyers de Charité à Châteauneuf de Galaure
Le Foyer de Sufferchoix en fête
Engagements au Foyer de Tressaint
Programme des Retraites Janvier - Mars 2009


 

"Tu as les paroles

de la vie éternelle"

Jn 6,68

 

Mgr Joseph BOISHU , Evêque auxiliaire de Reims

« Ignorer les Ecritures, c'est ignorer le Christ ». Cette affirmation de saint Jérôme, reprise par le Concile Vatican II, sonne depuis comme un appel. Mais combien l'ont entendu ? Beaucoup d'efforts ont été faits pour mettre en oeuvre les textes du Concile sur la Liturgie ou l'Eglise. Mais c'est plus récemment que les diocèses de France ont pris des initiatives pour donner au plus grand nombre le goût des Ecritures, en s'appuyant sur la Constitution dogmatique publiée en 1965, dont le titre « Dei Verbum » peut se traduire « Le Verbe de Dieu » ou « La Parole de Dieu ». Les Pères conciliaires terminaient ainsi ce document : « De même que l'Eglise reçoit un accroissement de vie par la fréquentation assidue du mystère eucharistique, ainsi peut-on espérer qu'un renouveau de vie spirituelle jaillira d'une vénération pour la Parole de Dieu, qui demeure à jamais. » (D.V. n° 26).

C'est pour redonner une nouvelle vigueur à cette mise en pratique du Concile que Benoît XVI a convoqué un synode sur ce thème de la Parole de Dieu. De l'accueil de la Parole dépend la vitalité et l'avenir de l'Eglise et de son témoignage dans le monde.

« Ouvre le livre et lis »
Beaucoup de familles ont une Bible dans leur bibliothèque. De nombreuses éditions et commentaires existent. Mais il s'agit « d'ouvrir le livre et de le lire » (cf. Ap 5, 3), tous les jours de sa vie comme le futur roi d'Israël : «Cette loi restera auprès de lui, il la lira tous les jours de sa vie, pour apprendre » (Dt 17, 19). Cette lecture doit donc être assidue, comme le demande aussi Paul à Timothée : « En attendant ma venue, consacre-toi à la lecture de l'Ecriture » (1Tm 4, 13) et comme Luc le dit de la première communauté de Jérusalem : « Ils étaient assidus à l'enseignement des Apôtres » (Ac 2, 42). Car il y a de quoi apprendre comme on l'entend dans la mission que les Apôtres reçoivent de Jésus : « Allez, de toutes les nations faites des disciples () leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 19-20). Et personne n'a fini d'apprendre, car chacun est toujours disciple d'un Maître qui nous dit : « Mettez-vous à mon école » (Mt 11, 29). L'école est le lieu où on apprend. Et cela demande du travail et de la persévérance.

Dans sa lettre pour le nouveau millénaire, Jean-Paul II souhaitait qu'on diffuse largement le livre de la Bible dans les familles (n° 39). Mais est-ce à dire que le christianisme est une religion du Livre comme l'Islam ? Le Christianisme est une religion de la Parole. Plus précisément, de la Parole incarnée. L'Islam reconnaît le Coran comme médiation entre Dieu et les hommes, mais la foi chrétienne confesse une personne, le Christ, seul médiateur entre Dieu et les hommes. Benoît XVI l'a rappelé lors de son voyage récent en France : « Le christianisme n'est pas au sens classique seulement une religion du Livre. Le christianisme perçoit dans les paroles la Parole, le logos lui-même. » C'est le Christ ressuscité qui est au coeur de la foi et de la vie des chrétiens et non un livre. Celui-ci doit conduire à la personne du Christ.

« Ecoute Israël »
Que fait le Christ au milieu de ses disciples ? Il enseigne et les disciples écoutent. Aujourd'hui encore, c'est ce que fait le Christ : « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux » (Mt 18, 20). Et c'est l'assemblée liturgique qui est le lieu privilégié de cette écoute. A la fin de l'Evangile, le prêtre dit : « Acclamons la Parole de Dieu », les fidèles répondent : « Louange à toi, Seigneur Jésus ». La Parole est donc reconnue comme la personne du Christ Ressuscité. Et en disant « toi », l'assemblée confesse sa présence. On dit « lui » quand on parle d'un absent. En s'adressant au Christ, les croyants confessent bien une réelle présence du Christ au coeur de leur assemblée liturgique. C'est Lui qui la préside, c'est Lui qui parle au coeur de chacun, c'est Lui qui donne et se donne. Comme dit le Concile, « C'est le Christ qui parle tandis qu'on lit dans l'Eglise les Saintes Ecritures » (SC n°7).

Il s'agit donc de passer de la lecture à l'écoute de quelqu'un. Lorsqu'un disciple du Christ lit les Ecritures, il cherche à entendre le Christ qui parle. C'est pourquoi dans l'assemblée, il s'agit non de lire dans son missel mais d'écouter celui qui a reçu le ministère de lecteur ou plutôt Celui que le ministre représente, c'est-à-dire « rend présent ». A condition bien sûr que le texte soit bien proclamé. Et même pour la lecture individuelle, la tradition invite à lire tout haut les Saintes Ecritures pour être en même temps auditeur. En tout cas, lire des yeux seulement n'est pas lire. Il est nécessaire de prononcer les mots pour les ruminer et les digérer.

Jésus avertit ses disciples : « Faites donc attention à la manière dont vous écoutez » (Lc 8, 18). En effet, écouter n'est pas si simple. On écoute souvent à la manière de celui qui ouvre la radio pour connaître la météo du lendemain. Qu'importe la personne qui donne l'information. On peut aussi écouter autrement. Imaginons le petit Paul qui revient le soir de l'école. La maman est en train de préparer le repas du soir. Paul commence à raconter sa journée jusqu'au moment où il hausse le ton : « Maman, tu ne m'écoutes pas ! » Et alors, la maman laisse son repas, s'assoit dans un coin du salon avec son enfant pour être tout oreille. Elle pressent que Paul a des choses importantes à lui dire. Elle écoute avec ses oreilles mais aussi tout son corps. Plus profondément encore avec son coeur. Car écouter est une affaire d'amour. Que va-t-il se passer ? Des informations vont être échangées mais plus profondément, deux personnes vont se rencontrer. L'amour va grandir. Paul aura eu vraiment l'impression d'avoir été écouté par sa maman.

Notre écoute de la Parole tend ainsi à rencontrer le Verbe qui se donne à nous sur la Table de la Parole pour la Vie du monde. En effet, un texte est mort. Une parole est toujours vivante puisqu'elle a besoin d'un souffle pour être proférée et entendue. Le Christ ne fait rien sans l'Esprit. Lorsqu'il explique les Ecritures aux disciples d'Emmaüs, il le fait dans le souffle de l'Esprit, Lui dont la puissance a ressuscité Jésus d'entre les morts. « La proclamation de la Parole de Dieu renfermée dans les Ecritures est une action de l'Esprit : tout comme il a agi pour que la Parole devienne Livre, maintenant dans la liturgie, il transforme le Livre en Parole. La tradition liturgique alexandrine présente une double épiclèse, c'est-à-dire une invocation de l'Esprit avant la proclamation des lectures, et une autre après l'homélie : c'est l'Esprit qui guide celui qui préside dans la tâche prophétique de comprendre, proclamer et expliquer la Parole de Dieu à l'assemblée de façon adéquate et, en même temps, d'invoquer un accueil juste et digne de la Parole de la part de la communauté rassemblée. » (Document préparatoire au synode n° 34, cf. Documentation Catholique n° 2406 p. 693)

Ajoutons que plus nous saurons écouter la Parole, mieux nous saurons écouter nos frères, et, plus nous aurons une oreille attentive pour nos frères, plus notre coeur sera ouvert à la Parole de Dieu car, dans un cas comme dans l'autre, c'est une affaire de coeur.

« Obéir à l'Evangile » (Rm 10, 16)
« Tu écouteras Israël et tu veilleras à mettre en pratique toutes ses lois et ses commandements, ainsi tu seras heureux » (Dt 6, 3). En latin, les verbes « écouter » et « obéir » ont même racine. Obéir, c'est tendre l'oreille vers, être prêt à faire ce qu'on a entendu. C'est l'attitude du disciple d'être docile.

Cette attitude du coeur est faite d'humilité, d'ouverture, de confiance. Elle est habitée par un grand désir de chercher et trouver Dieu. Elle met en oeuvre toute la personne : son intelligence pour comprendre, sa mémoire pour garder et sa volonté pour mettre en oeuvre. La mémoire est la mémoire du coeur, car c'est au coeur que Dieu vient parler. Et combien nous devons être attentifs à ne pas encourir le reproche que Dieu fait si souvent à son peuple : « Tu as oublié l'instruction de ton Dieu » (Os 4, 6), « Mon peuple m'a oublié » (Jr 2, 32). Jésus lui-même nous met en garde quand il nous parle de la semence qui, faute de racines, sèche (cf. Mc 4, 17). La Parole de Dieu est toujours une parole inspirée par l'Amour. Elle est à garder précieusement dans la mémoire du coeur.

De la tête, la parole passe dans le coeur pour être mise en pratique. Elle est puissance de vie pour animer nos mains, nos démarches, nos actes. « Tout homme qui vient à moi, qui entend mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. Il est comparable à un homme qui a bâti une maison : il a creusé, il est allé profond et a posé les fondations sur le roc » (Lc 6, 47-48). Celui qui écoute, garde et met en pratique la Parole (cf. Dt 6, 3), peut vivre dans la confiance et dire à Dieu : « Ma forteresse et mon roc, c'est toi ; pour l'honneur de ton nom, tu me guides et me conduis» (Ps 30, 4).

« Vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume » (Lc 22 ; 30)
« Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi » (Apoc 3, 20). Nul doute que la rencontre dont je parlais, entre Paul et sa maman, n'ait nourri leur amour et leur communion. C'est ainsi que l'écoute de la Parole, étant une question d'amour, tend à la communion avec Dieu, à une connaissance savoureuse du Christ en son mystère. La cène dont il est question réunit le Christ et son disciple autour de « la table tant de la Parole de Dieu que du Corps du Christ » (D.V. n° 21). Alors qu'un autre texte du Concile parle de deux tables, celui-ci semble bien ne parler que d'une table où on reçoit le Pain de Vie sous les deux formes. C'est ce que St Jérôme nous dit à sa manière : « La chair du Seigneur est vraie nourriture et son sang vraie boisson ; c'est là le vrai bien qui nous est réservé dans la vie ici-bas, se nourrir de sa chair et boire son sang, non seulement dans l'Eucharistie, mais aussi dans la lecture des Saintes Ecritures. En effet, la Parole de Dieu que l'on puise à la connaissance des Ecritures est vraie nourriture et vraie boisson » (Document préparatoire au synode n° 49 cf. Documentation Catholique p. 694).

Ceci ne veut pas dire qu'il n'y a pas de différence entre la présence du Christ en sa Parole et sa présence en son Corps livré et son Sang versé. Les deux sont réelles mais seule la seconde est substantielle et sacramentelle. C'est bien dans ce sacrement de l'Eucharistie que « le Christ Homme-Dieu se rend présent tout entier » (JP II, « L'Eglise vit de l'Eucharistie » n° 15). Comme catholiques, nous avons beaucoup communié depuis quelques décennies. Mais ces communions n'ont pas donné tout leur fruit de charité parce qu'on ne s'est pas suffisamment nourri du Pain de la Parole. Nous avons trop souvent communié sans avoir une foi suffisamment vive et éclairée sur le mystère célébré. Car « il est grand le mystère de la foi ! » Il consiste à reconnaître le Fils de Dieu dans le crucifié du Golgotha. Le reconnaître dans toute sa grandeur au moment où il s'abaisse jusqu'à la mort et la mort de la Croix. C'est bien ce mystère que Paul annonçait et rappelait aux Corinthiens : « J'ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié » (1 Co 2, 2).

« Le langage de la Croix »
Ce mystère de la foi, c'est l'abaissement de notre Dieu par amour pour nous. Il s'est abaissé en « adaptant son langage ». Pensons aux paraboles : « En effet, les paroles de Dieu, passant par les langues humaines, ont pris la ressemblance du langage des hommes, de même que jadis le Verbe éternel du Père, ayant pris l'infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes » (D. V. n°13). C'est ce que fait la maman qui s'abaisse vers son enfant et lui dit des mots qu'il peut comprendre. Mais cette Parole divine s'exprime aussi dans les événements comme la naissance à Bethléem ou la mort de Jésus sur la Croix C'est le langage de l'Amour qui se dit jusque sur la Croix. La Parole de Dieu s'est faite Corps livré et Sang versé et elle proclame avec tant de force l'Amour que Dieu a pour l'homme (cf. He 12, 24). Pourrait-on imaginer une telle déclaration d'amour ?

Mais comment entendre ce langage ? Qui est à hauteur de Dieu pour porter le poids de sa Parole et de sa Gloire car « le langage de la Croix est puissance de Dieu » (1 Co 1, 18). Mais l'Esprit vient au secours de notre faiblesse « répandu dans nos coeurs » (Rm 5, 5). Il nous apprend à nous approcher du mystère pascal avec humilité et confiance. N'est-ce pas pour cela que l'Eglise a mis dès le début de la messe un rite pénitentiel, afin que nous sachions faire comme Moïse qui se déchausse pour approcher le Buisson ardent de l'Amour (cf. Ex 3, 5) ? « Je vous donnerai un coeur nouveau et un Esprit nouveau Je mettrai en vous mon Esprit et je ferai que vous marchiez selon mes lois » (cf. Ez 36, 26-27).

Sur la Croix, le Christ ne parle plus que par sa vie donnée. Abaissement absolu ! Amour absolu ! « Tout est accompli » (Jn 19, 30). A nous de demander avec persévérance « un coeur et des oreilles qui entendent » (Bar 2, 31).

* * *

Notre monde de communication bavarde plus qu'il ne parle et n'écoute parce qu'il a perdu le sens du silence. Or, il ne peut y avoir écoute et parole sans silence. « Fais silence, écoute Israël » dit Moïse (Dt 27, 9). Marie est l'icône de l'Eglise qui fait silence et écoute. « Alors qu'un silence paisible enveloppait toutes choses du haut des cieux, ta Parole toute puissante s'élança du trône royal » (Sg 18, 14-15). Et le Verbe s'est fait chair en elle : « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 18). Que Marie nous aide à méditer, garder et incarner la Parole dans nos vies (cf. Lc 2, 19 et 51), et à « connaître la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur de l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance pour être comblés jusqu'à recevoir toute la plénitude de Dieu » (Eph 3, 18-19). Et bien sûr, à témoigner.

 


 

"Je leur ai donné ta Parole"

Père FINET


Suivons Jésus au chapitre 17 de Saint Jean,
connu sous le nom de "prière pour l'unité ». Recevez ces paroles, comme une prière à laquelle vous êtes unis et que l'Esprit Saint donne à ces paroles, leur véritable sens de vie.
Jésus a fait cette prière en sortant du Cénacle, après l'institution de l'Eucharistie, alors qu'Il cheminait sur la route de Gethsémani, ses onze Apôtres l'accompagnent. Judas l'a déjà quitté. Jésus en marchant s'arrête. Puis levant les yeux au ciel il dit : " Père l'heure est venue ».
Tous les mots de cette prière trouvent maintenant un écho dans votre coeur, comme vous remarquerez que tous les mots de l'Ecriture Sainte sont vivifiés. Des mots, qui étaient un peu ternes, retrouvent tous leur délicatesse et leur jeunesse. Maintenant l'heure est venue, c'est l'heure de la Croix.
"glorifie Ton Fils, afin que Ton Fils te glorifie, puisque tu lui as donné autorité sur tout chair ".
Il veut être glorifié en nous, avec tout son corps mystique, nous tous, épouse Eglise
« afin qu'à tous ceux que tu lui as donnés, Il leur donne la vie éternelle. La vie divine. C'est la mission de Jésus parmi nous. L'Epoux qui a l'épouse et lui donne sa vie. Or, la vie éternelle, c'est qu'Ils te connaissent, Toi le seul vrai Dieu - non pas qu'ils t'observent, mais te connaissent.
"et Celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Pour moi, Je t'ai glorifié sur la terre. Ayant achevé l'oeuvre que Tu m'as donné à faire ». Pourtant, Il n'est pas encore monté sur la croix.
"achevé l'oeuvre que Tu m'avais donné à faire, - donc Il nous a enseigné que Dieu est Notre Père, c'est vrai ; ensuite la Rédemption sur la croix. Jésus, au cours du repas eucharistique de la Cène, a fait l'offrande de la victime. Ce n'était pas à Lui à se mettre à mort, c'était à Lui à s'offrir. Il s'est sacrifié. Il a achevé l'oeuvre qu'il avait à faire.
"Et maintenant, ô Père, glorifie moi auprès de Toi de la gloire que j'avais auprès de Toi, avant que le monde fut .
"J'ai manifesté ton Nom aux hommes, que Tu as tirés du monde pour me les donner ". Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai manifesté ton Nom aux retraitants, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ton nom, c'est Père. Je leur ai dit que "tu es Père, mon Père et notre Père", je le leur ai dit dans chaque conférence.
"J'ai manifesté ton nom aux hommes. Ils étaient à Toi et Tu me les as donnés, ils ont gardé Ta parole, ils savent à présent que tout ce que Tu m'as donné vient de Toi, car les paroles que Tu m'as données, je les leur ai données. Ils les ont reçues " Ils ont gardé ta parole, ils savent à présent que tout ce que tu m'as donné vient de Toi. Car moi, Jésus je suis une vie reçue, tout ce que j'ai je l'ai reçu de Toi et nous sommes en Jésus, tous, des vies reçues.
"Tout ce que tu m'as donné vient de Toi, et ils ont compris que je suis sorti d'auprès de Toi, ils ont cru que je suis sorti d'auprès de Toi, que Tu m'as envoyé, - ils ont cru vraiment que je suis Ton Fils. C'est pour eux que je prie," - c'est pour mes retraitants que je prie.
"je ne prie pas pour le monde " En voilà une phrase curieuse, cependant Jésus est venu pour le salut du monde tout entier : Il n'a pas peur, au moment où Il fait sa suprême prière, avant d'aller à la croix, de dire qu'Il ne prie pas pour le monde. Alors si Jésus ne prie pas pour le monde, nous tous en face du monde et de l'esprit du monde, qu'avons-nous à faire ? Est-ce qu'il est suffisant, pour qu'un chrétien remplisse sa mission dans le monde, de prier pour le monde ? Avons-nous peut-être autre chose à faire ?
" mais pour ceux que Tu m'as donnés, car ils sont à Toi et tout ce qui est à Toi est à Moi et tout ce qui est à moi est à Toi ". En voilà une parole d'amour, d'échange. La joie de l'amour, c'est la joie de l'échange .
Ce soir, vous allez tous reprendre cette prière, vous irez rejoindre Jésus, qui vous attend dans le tabernacle, et vous répèterez, " Père, tout ce qui est à Toi, est à moi ", vous le direz lentement. La joie de l'amour, la joie de l'échange. Et vous penserez lentement, Père, ce qui est à Toi : Ta vie divine, tu me l'as donnée. Ton Fils, tu me l'as donné ; la Sainte Vierge, tu me l'as donnée ; l'Esprit Saint, tu me l'as donné ; mais, Père, tout ce qui est à Toi est à moi, alors que votre prière monte en louange. Père je te remercie, Tout ce qui est à moi est à Toi. « Tout ce qui est à Toi est à moi » ; et quand vous aurez goûté le don de Dieu, vous pouvez vous unir à cette prière.
« Désormais, je ne suis plus dans le monde, eux sont dans le monde. Tandis que je vais à Toi, Père Saint, gardes-les en Ton Nom, que Tu m'as donné, afin qu'ils soient Un comme nous. » L'amour ne peut pas demander autre chose, que le fruit de l'amour : l'unité.
"Et je parle ainsi dans le monde, afin qu'ils aient en eux-mêmes la plénitude de ma joie". La plénitude de la joie, c'est le Saint-Esprit dans chacune de nos vies et de nos âmes. Soyez des tabernacles du Saint-Esprit.
"Je leur ai donné ta Parole, et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, mais pour que Tu les gardes du mal. Ils ne sont pas du monde, comme Je ne suis pas du monde. Sanctifie-les dans la vérité, ta parole est Vérité. Comme tu m'a envoyé dans le monde, moi aussi je les envoie ". Vous serez des chrétiens de vérité.
" Je me consacre moi-même pour eux, afin qu'ils soient eux-mêmes sanctifiés en vérité. Je ne prie pas seulement pour ceux-ci - les Apôtres - mais aussi pour ceux qui croiront en moi, à cause de leur parole afin que tous soient UN comme toi-même, ô Père, tu es en Moi et Moi en Toi - Jésus demande aussi pour nous notre unité, pas n'importe quelle unité, mais celle du Père et du Fils, faite par le Saint-Esprit - afin qu'eux aussi soient en nous, de façon que le monde croie. "
Si vous vivez demain dans l'unité, le monde croira à l'amour. Le monde vous verra vivre dans l'unité qui est le signe de l'amour. Quand on croit à l'amour, le coeur est déjà tourné vers Dieu. Il sera déjà prêt à se convertir. La clé de la conversion du monde, c'est cette fidélité à votre témoignage communautaire. C'est la communauté qui convertit. Et le Christ ajoute à sa prière " Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée afin qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient consommés dans l'unité. "


Extraits d'une retraite de 1965


 

"Gardez la parole de vie :

vous serez pour le monde

des foyers de lumière"

 

Témoignage sur la lectio divina

Jeune membre de Foyer, fraîchement baptisée (en 2002), je ne savais trop comment m'atteler aux « Ecritures », par quel bout prendre ma Bible pour prier. Mais j'avais une très grande soif de découvrir la Parole de Dieu. Aussi, lorsqu'une retraite sur la lectio divina nous a été proposée, il y a un an et demi, je me suis précipitée !

La lectio n'est pas une simple « technique », c'est le moment où Dieu me parle à travers sa Parole et où je fais silence pour L'écouter. Dans l'Esprit Saint, « déchiffrer ta parole illumine et les simples comprennent. » (Ps 118,30)
La Parole s'adresse à l'intelligence du coeur et devient alors une nourriture qui réjouit même les plus petits. Car c'est une prière où nous vivons une réelle rencontre avec le Christ vivant.

Cette retraite a donc été pour moi une véritable illumination intérieure. Jusque là, le désir de Dieu bouillonnait en moi et j'étais parfois frustrée de ne pouvoir accorder assez de temps à la prière dans ma vie de Foyer. Mais maintenant, cette rencontre du Verbe, au début du jour, me permet de prolonger cette prière toute la journée. Je me suis sentie libérée, comme la sève qui monte et qui permet à l'arbre que j'étais de se mettre enfin à fleurir !

Cela change la vie ! Aujourd'hui, pour rien au monde, je ne manquerais ce rendez-vous d'amour quotidien, ce temps de la contemplation émerveillée de toutes les attitudes de Jésus, ses gestes, ses paroles, ses élans vers les autres.
Le Verbe me guide, me fait grandir ; comme un roc, sur lequel je m'appuie, sa Parole me permet de prendre plus de recul par rapport aux événements, en les relisant sous son regard.
« La Parole est vérité, et elle nous consacre dans cette vérité. » (Jn 17,17)
En m'éclairant, la Parole m'engage. Jour après jour, quel que soit mon état, et l'aridité des réveils matinaux difficiles, dans la fidélité, la Parole transforme doucement ma vie. Si je consens à cette Parole qui m'interpelle, elle simplifie tout et elle m'apaise, en me purifiant et m'émondant. Elle me comble car c'est l'Amour, le désir de Dieu qui vient me rejoindre, me faisant communier à ce qu'Il est.

Il y a un mois, à Tressaint, nous avons eu la grâce de suivre cette même session de lectio divina. C'est une aventure communautaire magnifique ! La Parole vient rejoindre chacun et c'est une communauté entière qui tombe amoureuse, renouvelée dans l'Esprit ! Car le but de la lectio est de nous permettre de porter amoureusement la Parole tout au long de la journée, pour tenter de l'incarner par un surcroit de charité, de générosité, d'humilité. La Rencontre nous ouvre à toutes les rencontres.

Comme le rappelaient les évêques durant le Synode à Rome, l'Eglise a besoin d'un nouveau souffle en découvrant la puissance de vie de la Parole, pour retrouver ce premier regard d'émerveillement du Père, qui nous crée, nous unit et nous permet de devenir parole de vie et d'espérance pour nos frères.

Camille A.

 



"Mon Dieu,
vos Ecritures sont
la meilleure source de méditation"


« Mon Dieu,
vos Ecritures sont la meilleure source de méditation (...)
Devant de telles pages, il faut (...) un premier regard large,
puis il est bon de les scruter ensuite plus profondément,
et enfin, sous peine de s'égarer dans les détails,
il faut, avant de s'éloigner,
jeter de nouveau les yeux sur l'ensemble,
relire doucement les textes pour s'en bien imprégner (...)
Il arrivera peut-être que mes réflexions m'entraîneront
parfois assez loin de mon point de départ.
Peu importe. J'ai à ma disposition le lien qui unit.
Et ce que je cherche, ne sont pas les pensées élevées,
mais celles qui me font du bien,
qui m'aident à sanctifier ma vie chaque jour,
celles qui, peu à peu, façonnent mon être intérieur
et le forment sur le modèle divin de Jésus. »


Marthe Robin