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Numéro 253 Juillet 2009 |
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SOMMAIRE
Actualité
Une
année sacerdotale : juin 2009 - 2010
Père Jacques RAVANEL
Fidélité du
Christ, fidélité du prêtre
Mgr Keith BARLTROP
Dossier : Etre prêtre ?
« L'espérance
que donne son appel » (Ep 1, 18)
Guénolé BERRE
Témoignages :
Faire régner
en maître l'amour dans ma vie
Père Florent GUYOT
Soyons des éveilleurs, le Seigneur
fera le reste
Bernadette GUYOT
J'avance dans une
grande confiance
Père Olivier FOULON
Etre prêtre ?
Charles MÉNAGE
Comment
s'orientera votre vie
?
Père Georges FINET
Témoignage :
Le père Finet,
éveilleur de vocations sacerdotales
Père Stéphane BIAGGI
Grâces et faveurs
obtenues par l'intercession
de Marthe Robin
De toutes nations
Inauguration
du Foyer de Ngozi, au Burundi
Rencontre des Foyers de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, au
Togo
Rencontre des Foyers de l'Afrique de l'Est, au Rwanda
Engagement du père Emmanuel Aine, au Foyer de Trinité,
en Martinique
Programme des retraites août-septembre-octobre
2009
Encart : « Les passions de Marthe Robin, relatées
par le père Faure »
Editions Foyer de Charité, coll. « Les cahiers de
Marthe Robin »
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Une année sacerdotale : juin 2009 - 2010
Père Jacques RAVANEL
Foyer de La Flatière
Le Pape Benoît XVI a annoncé une année « sacerdotale » à l'occasion des 150 ans de la mort du saint Curé d'Ars. Il a ouvert solennellement cette année sacerdotale dans la Basilique Saint Pierre de Rome en présence des reliques de Jean-Marie Vianney. C'était le 19 juin 2009, journée internationale pour la « sanctification des prêtres », en la solennité du Sacré-Coeur.
Nous ne pouvons pas aborder
la fidélité du prêtre sans évoquer
celle du Christ. Vingt
siècles après sa Résurrection, Jésus
demeure avec nous dans l'intimité de son Amour, comme au
matin de Pâques : « Demeurez en moi comme moi je
demeure en vous » (Jn 15, 10). « Il faut que
le monde reconnaisse que j'aime le Père » (Jn
14, 31).
Cette volonté à nous aimer est d'une telle puissance
qu'elle parvient à nous rassurer et à nous faire
goûter la joie de la fidélité : «
Je vous verrai de nouveau et votre coeur sera dans la joie et
votre joie, nul ne l'enlèvera » (Jn 16, 22).
Les disciples, touchés par ce même amour, comme
les Apôtres, vivront dans ce climat de douceur et de paix,
qui émanait et rayonnait de la personne de Jésus.
« Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent
en vous, demandez ce que vous voudrez et vous l'aurez. C'est la
gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit »
(Jn 15, 7 et 8).
C'est ainsi que l'affection
divine transforme notre coeur en fidélité au dessein
du Seigneur : « Comme le Père m'a aimé,
moi aussi je vous ai aimés, demeurez en mon amour »
(Jn 15, 9).
Jésus incarne la fidélité dans le don de
son Coeur. Paradoxalement, Il nous aime au moment où nous
Le faisons souffrir. Jésus disait : « Père
pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc
23, 34). Pour nous il ne peut y avoir de fidélité
sans miséricorde, au point que nous pensons que Dieu est
« miséricorde infinie » dans le secret mystère
de son Amour.
Pour le prêtre, être
fidèle c'est demeurer en communion avec la Passion et la
Résurrection de Jésus.
Pierre nous a transmis
cette richesse dans sa lettre : « Je m'adresse à
ceux qui exercent parmi vous la fonction d'anciens, car je fais
partie des anciens. Je suis témoin de la Passion du Christ
et je communierai à la gloire qui va se révéler.
Soyez les bergers du troupeau de Dieu qui vous est confié.
Veillez sur lui non par contrainte, mais de bon coeur, comme Dieu
le veut ; non par misérable cupidité mais par dévouement,
sans commander en Maître à ceux dont vous avez la
charge, mais en devenant les modèles du troupeau. Quand
se manifestera le berger suprême, vous remporterez la couronne
de gloire qui ne se flétrit pas ».
(1 P 5, 1 et suiv).
Le disciple exprime sa fidélité
au Christ, Souverain Prêtre, en se laissant peu à
peu pénétrer par le Coeur de Jésus en croix.
Chaque jour, en célébrant la messe, il sait que
le Seigneur est « vraiment ressuscité »
(Lc 24, 34) et chante, dans son coeur, la prière qui atteint,
par son amour, les âmes du monde entier.
Dans l'invocation « par Lui, avec Lui et en Lui »,
Il s'offre à son Père dans une expression rédemptrice
totale. La préface de la messe est le chant par excellence
de son abandon et de son amour. La prière et l'oraison
contemplative font partie de son activité sacerdotale et
deviennent progressivement celle de Jésus, entraînant
les siens qui vivent de la véritable Lumière. Le
prêtre accueille les souffrances de ses paroissiens dans
l'espérance de la rédemption. L'ivraie demeure au
milieu de la bonne semence, mais les ténèbres ne
peuvent étouffer la véritable Lumière. Le
soir de Pâques, Jésus a transmis à ses Apôtres
l'une des plus belles tâches du sacerdoce : « les
péchés seront remis à ceux à qui vous
les remettrez » (Jn, 20, 23). Ainsi le prêtre
a la joie d'offrir, aux hommes qui le souhaitent, de pouvoir entrevoir
partiellement leur résurrection dans celle du Christ, dès
ici-bas sur cette terre. L'issue, pour chaque homme, de sa propre
mort prend ici toute sa signification. L'espérance l'emporte
dans la miséricorde.
Le prêtre, par fidélité
au Christ, ne se contente pas d'écouter les confidences.
Il demande au Père d'agir
Lui-même par les paroles sacramentelles de l'absolution.
Ainsi, le péché n'existe plus. Le coeur du Seigneur
envahit l'âme du pécheur qui expérimente la
miséricorde infinie du Seigneur. Dans la paroisse, le prêtre
devient source de réconciliation entre tous. Selon la volonté
du Très-Haut, se crée « un monde nouveau »
engendré par l'immense amour exprimé dans la Résurrection.
Cette fidélité à Jésus ne serait pas
authentique si elle ne se traduisait pas par l'adhésion
à la Volonté du Père : « Je vous
donne un commandement nouveau : comme je vous ai aimés,
aimez-vous les uns les autres » (Jn 13,34).
C'est donc avec beaucoup de réalisme et de bon sens que nous partageons la vie du Christ. Nous sommes loin d'un idéal utopique et irréalisable. La foi nous rappelle que, comme dans la vie du Seigneur, Marie, sa Mère et notre Mère, crée une atmosphère de famille spirituelle, dans la paroisse. «Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici ton fils." Puis il dit au disciple : "Voici ta mère." Dès cette heure le disciple l'accueillit chez lui » (Jn 19,26).
Marie remplit toujours
sa mission et nous atteint, avant même que nous ayons pu
nous émerveiller.
Plongés dans cette maternité libératrice,
Marie nous révèle la douceur, l'humilité,
la miséricorde de son Fils.
Selon le grand dessein du Père, elle nous aide à
goûter l'intimité Divine, dans un combat quotidien,
sans cesse renouvelé par l'Esprit Saint.
« Dans le monde vous aurez à souffrir, mais gardez
courage ! j'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).
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Comment s'orientera votre vie ? |
Père Georges FINET
Je voudrais que vous fassiez
cette prière devant le Saint Sacrement : « Père,
tout ce qui est à Toi est à moi. » Oui,
Père, ta vie divine, Tu me l'as donnée. Ton Fils,
Tu me l'as donné. Oui, ton Esprit, Tu me l'as donné.
Oui, la Sainte Vierge, Tu me l'as donnée. Vraiment tout
ce qui est à Toi est à moi, c'est vrai ».
Et vous devriez lui dire : « Père, tout ce qui
est à moi est à Toi ».
Et je m'adresse aux parents et grands parents. J'aimerais
que jaillisse de votre coeur cette prière : demandez la
grâce qu'il y ait, parmi vos enfants ou petits enfants,
un prêtre, une vocation sacerdotale, et même une vocation
consacrée d'une manière ou de l'autre. Il faut demander
actuellement des vocations sacerdotales, religieuses ; il faut
le demander pour l'Église. Notre Episcopat vient de nous
le recommander encore. «Père, tout ce qui est
à moi est à Toi » ; demandez cela pour
votre famille. Les parents, souvent, portent bien longtemps avant,
dans leur coeur, la vocation de leur fils ou de leur fille. Il
y en a parmi vous qui le savent déjà. Il est bon
d'être ainsi formé et appelé par toute cette
prière de nos parents et de nos grands parents chrétiens.
Voilà votre vocation, c'est merveilleux.
ll y a également
la prière de ceux qui s'engagent dans la vie et qui ne
savent pas encore ce qu'ils feront.
Dites simplement au Seigneur : « Père, tout ce
qui est à moi est à Toi ». Comment s'orientera
votre vie ? Peut-être dans le mariage : il faut des ménages
chrétiens. Ou bien dans telle ou telle autre activité.
L'essentiel : soyez fidèles au Seigneur ! Présentez-Lui
toutes vos richesses intellectuelles, spirituelles, culturelles.
Tout, tout, tout ! Et cultivez-vous ! Soyez les meilleurs parmi
les meilleurs dans l'humanité. Il faut que les chrétiens
brillent : ils doivent se dépenser avec tous leurs talents
qui leur viennent du Seigneur. Voilà pour les jeunes !
Que tous ceux qui sont déjà engagés dans
la vie, qui se donnent d'une manière ou d'une autre, fassent
la même prière.
o Et puis, il y a aussi les prêtres qui ont fait la retraite
en même temps que vous. Ils ont répété
la même chose : « Père, tout ce qui est
à moi est à Toi ». Je vous demande une
promesse : priez pour eux. Vous devez les suivre dans votre prière,
là où le Seigneur les enverra. « Désormais,
je ne suis plus dans le monde ; eux pourtant sont dans le monde,
pendant que je vais à toi. Père Saint, garde-les
en ton nom que tu m'as donné, afin qu'ils soient UN comme
nous ».
o Je peux dire la même chose pour vous : «Garde-les
en ton nom ». Soyez fidèles au nom du Père.
Dans la mesure où nous nous rapprochons du Père,
nous sommes unis entre nous. Plus on monte vers son Père,
plus on est UN entre fils et entre enfants. L'Amour demande toujours
l'unité. Si vous priez, si vous vivez dans l'unité,
le monde croira. « Pendant que j'étais avec eux
je les gardais en ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé
sur eux et nul d'entre eux n'a péri, hormis le fils de
perdition Je leur ai donné ta Parole et le monde les a
haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde »
Mais non, vous n'êtes pas de l'esprit du monde, vous êtes
de l'Esprit du Christ. Vous serez souvent en opposition avec l'esprit
du monde.
« Comme je ne suis
pas du monde. Je ne te prie pas pour que tu les enlèves
du monde». Mais
non, ce serait bien dommage. Soyez de vrais chrétiens au
milieu du monde. Soyez des témoins. - « Mais pour
que tu les gardes du mal. Ils ne sont pas du monde, comme Je ne
suis pas du monde. Sanctifie-les dans la vérité
».
La vérité, c'est Dieu notre Père, et Marie
notre Mère. La voilà la vérité.
- « Ta parole est vérité. Comme tu m'as
envoyé dans le monde, moi aussi je les envoie dans le monde
». Partez dans le monde.
- « Et je me consacre moi même pour eux afin qu'ils
soient, eux aussi, sanctifiés en vérité.
Or, je ne prie pas seulement pour ceux ci ». ... mes
Apôtres...
- « Mais je prie aussi pour ceux qui croiront en moi
à cause de leur parole ».
Nous croyons en Jésus à cause de la parole des Apôtres. Par exemple, je descends de l'Eglise de Lyon où j'ai reçu mon sacerdoce des mains des successeurs de Saint Irénée et de saint Pothin ; eux-mêmes étaient disciples de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, lequel était disciple de saint Jean et de la Sainte Vierge. Voyez la lignée de nos ancêtres spirituels. - « Je ne prie pas seulement pour ceux ci, mais pour ceux qui croiront en moi, à cause de leur parole, afin que tous soient un, comme toi même, ô Père, tu es en moi et moi en toi». Vous devez être un, mais pas de n'importe quelle unité : l'unité du Père et du Fils, qui est faite par l'Esprit Saint. Il y a beaucoup d'appelés, tout le monde est appelé, mais ceux qui répondent ne sont pas très nombreux. Vous en êtes. Ceux qui répondent ont la mission de vivre dans l'unité, mais dans l'unité qui est celle du Père et du Fils. Pourquoi ?
- « De façon que le monde croie ». Ce monde pour lequel Jésus ne prie pas : il n'est pas prêt à Le recevoir. Si vous priez, si vous vivez dans l'unité, le monde croira. Mais si vous ne vivez pas dans l'unité, le monde ne croira pas. Autrement dit, si le monde vous voit vivre dans l'unité, il dira : «Voyez comme ils s'aiment ». Le monde changera dans son coeur, il sera prêt à recevoir la prière de Jésus et la conversion. Mais, si vous ne vivez pas dans l'unité, le monde ne se convertira pas. D'où notre responsabilité : elle est très grande, très grave. - «Je ne prie pas pour le monde ». Je prie pour mes fidèles, pour que mes élites vivent dans l'unité ; pour que le monde, en voyant mes fidèles vivre dans l'unité, croie à l'amour. Et que, croyant à l'amour, il change son coeur et se convertisse. Voilà le secret de l'apostolat.
Extraits d'une conférence
de retraite - 1978
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Soyons des éveilleurs : le Seigneur fera le reste |
En tant que maman d'un
prêtre, je me pose la question : comment naît une
vocation ?
En tout premier lieu, n'est-ce
pas le bain familial ?
Une initiation du tout petit à la présence de Jésus
se poursuit naturellement par la prière de l'enfant.
Mais, qui est là pour favoriser cet éveil des petits
si ce ne sont les parents ? Un papa, une maman qui prient, permettent
à l'enfant de pressentir une présence invisible
qui le dépasse : c'est l'éveil au surnaturel.
Je me souviendrai toujours du petit mot écrit avec application par mon fils à huit ans, à l'occasion de la fête des mères : « merci maman de m'apprendre à prier ». La prière du soir, une petite prière pour confier la route, la louange devant un beau paysage, un remerciement après une difficulté confiée et surmontée.
Le rendez-vous dominical en paroisse aide à prendre conscience de cette grande famille qu'est l'Eglise. C'est un point d'ancrage pour toute la vie. Mais de grâce, plaçons-nous dans les premiers rangs pour que nos enfants puissent voir le célébrant. Etre derrière un dos d'adulte empêche toute participation et entraîne de l'agitation.
Un enfant peut être servant de messe : la célébration prend une autre couleur, et une part active permet de mieux connaître le prêtre et une initiation au déroulement de la messe. Approcher le célébrant démystifie le «personnage » et l'enfant puis le jeune comprendra que ce prêtre a été avant tout, lui aussi, un enfant puis un homme qui s'est donné à Dieu.
Le prêtre, vivant la
joie de son sacerdoce, est un témoignage très fort
pour un futur adulte.
Inviter son pasteur dans la famille est enrichissant pour tous
les âges et permet un rapprochement humain constructeur.
Avec mon mari, nous avons côtoyé des prêtres
dans nos familles très nombreuses : trois oncles, quatre
cousins et un neveu ; même si certains ont été
plus proches que d'autres, selon leur ministère, cela a
créé un climat porteur.
Au moment de l'orientation
du jeune, en tant que parents, évoquons-nous la possibilité
d'une vie consacrée ?
Pour sa part, notre fils a demandé la Confirmation en 1ère,
et ce sacrement, préparé et reçu, a permis
d'approfondir la prière personnelle à l'exemple
de la responsable d'aumônerie.
Notre fils a été un élève étourdi, rêveur, turbulent et plein de vie, sa scolarité un peu difficile a été couronné par un bac tout juste décroché. Rien ne laissait présager que ce serait celui de nos cinq enfants qui serait appelé aux plus hautes études. L'Esprit Saint et la prière ont vraiment oeuvré très fort pour le soutenir et le guider dans son long parcours jusqu'à l'ordination sacerdotale. J'en suis sûre et témoigne avec émotion de l'aide et de l'attention du Ciel reçues par celui qu'Il a choisi. J'en suis toujours émerveillée.
Habitant Dardilly, village natal du curé d'Ars, nous venons de vivre deux jours de jubilé à l'occasion des 150 ans de la mort de Jean-Marie Vianney. Au cours de sa visite pastorale, Monseigneur Barbarin a évoqué l'importance de l'ambiance familiale dans la vocation de ce petit enfant de Dardilly. C'est pourquoi, cette maison natale prend actuellement une vocation d'accueil pour la famille. « Famille : terreau des vocations ».
En terminant, je veux proclamer la grande joie qu'apportent la vocation et la présence de notre fils dans la famille. Je remercie et rends grâce de l'appel reçu auquel Florent a répondu avec générosité.Soyons des éveilleurs, le Seigneur fera le reste.
Bernadette GUYOT