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Numéro 258 Avril 2010 |
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SOMMAIRE
Événement :
20ème anniversaire
du décès du Père Finet :
une journée à Châteauneuf, le samedi 22 mai
2010
« Un apôtre d'une
très grande influence »
Père Michon
Le Père Finet :
Trois
rencontres qui éclairent la vie du Père Finet
Mgr Didier Léon Marchand
Témoignages
Le chrétien
agit par rayonnement
Père Finet
Témoignages
Vivre le plan de Dieu en plénitude
Père Finet
Grâces et faveurs
obtenues par l'intercession
de Marthe Robin
Année sacerdotale
Les clins d'oeil du
Seigneur
Père Eric Chang
L'Eglise en Afrique après
le 2ème Synode
Père Théodore
Mudiji
De toutes nations :
Au Foyer de Kotobi, en Côte
d'Ivoire
Au Foyer de Giheta, au Burundi
Au Foyer de Paipa, en Colombie
Programme des Retraites : juin -juillet - août 2010
La Fête missionnaire des écoles du Foyer de Charité
Paroles du Père Finet
Pour être fort, il faut
être vivant ;
pour être vivant, il faut être aimant ;
et pour être aimant, il faut être priant.
Il faut prier pour aimer, aimer pour vivre, vivre pour être
fort.
Vous n'êtes pas chargés
du monde d'hier !
Vous n'êtes pas chargés du monde de demain !
Vous êtes chargés du monde d'aujourd'hui.
Quelle est la prière
de la foi ?
« Seigneur, fais que je voie ce que Tu veux ;
Seigneur, fais que je veuille ce que Tu veux ;
Seigneur, fais que je fasse ce que Tu veux. »
C'est une prière très importante ; retenez-la bien
durant toute votre vie. »
Ne soyons pas des diffuseurs
de problèmes,
mais des porteurs de certitude.
Ces quatre mots doivent être
pour chacun de nous, un programme de vie :
Connaissance - amour - dévouement - bonheur.
Comme après l'Ascension
j'ai envie de dire : « Ne restez pas à regarder Là-Haut.
Allez vite rejoindre vos frères. » Car, comme le
dit saint Paul, vous qui avez communié au Corps et au Sang
de Jésus, ce n'est plus vous qui vivez, c'est le Christ
qui vit en vous. Allez donc vous faire manger par vos frères
! Que ce soit au milieu des usines, des champs, des villes ou
des pays lointains. Et comment ? par votre charité fraternelle,
votre dévouement à toute épreuve. «
Sans cesse à chacun et à tous, dans un don total
à Dieu » : c'est la vocation des Foyers de Charité.
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Trois
rencontres qui éclairent la vie du Père Finet |
Mgr Didier Léon MARCHAND
Evêque émérite
de Valence
On ne peut parler du P. Finet
sans parler de Marthe. En effet, la vocation de Marthe et celle
du P. Finet se complètent. Que pourrait-on dire du P. Finet
sans Marthe ? Il aurait sûrement été un grand
serviteur de l'Eglise dans le diocèse de Lyon ou ailleurs
? Mais pour dire ce qu'il a été réellement,
il faut lier l'inspiratrice et le réalisateur des Foyers
de Charité. C'est ce que je veux faire en écrivant
cet article à la demande de l'Alouette et à l'occasion
des 20 ans de la mort du P. Finet.
Pendant toutes les années de mon épiscopat à
Valence, mes rencontres avec le P. Finet ont été
nombreuses. De plus, l'enquête diocésaine concernant
Marthe en vue de sa béatification, m'a fait entrer davantage
encore dans la connaissance du P. Finet. Je situerai donc mon
propos à partir de trois moments qui permettent à
mon avis, d'éclairer la vie du P. Finet : sa rencontre
avec Marthe en 1936 ; ma première rencontre avec Marthe
et le P. Finet en 1979 ; la rencontre du P. Finet avec Jean Paul
II en 1986.
Rencontre de Marthe et du P. Finet en 1936
On a beaucoup écrit
et dit au sujet de cette rencontre. Le P. Finet lui-même
l'a relaté dans le détail. Je ne veux pas reprendre
ici cette scène telle qu'on la connaît déjà,
mais faire une réflexion sur sa signification et la personnalité
du P. Finet qui s'en dégage.
Voilà un prêtre qui a fait ses études à
Rome, qui est déjà un brillant conférencier,
qu'on vient de nommer sous-directeur de l'enseignement catholique
de Lyon, et qui rencontre cette jeune personne handicapée
qui lui parle de la Ste Vierge, et en quels termes. « Tu
m'as séduit Seigneur et je me suis laissé séduire
» dit Jérémie. « Tu m'as saisi »
dira St Paul. Ici le Seigneur intervient dans la vocation de ce
prêtre en l'appelant par la profondeur mystique et apostolique
de Marthe et par son humilité et son abandon au Seigneur.
Apparaît ici la qualité spirituelle du P. Finet. C'est fou de se laisser prendre de la sorte. Pourtant cette capacité de reconnaître les signes que Dieu fait à travers les paroles de Marthe, montre un abbé Finet ouvert. Or ces signes sont à la manière de Dieu. Ils sont tout petits. Ils arrivent par une personne faible, petite et malade. Dieu parle, il faut avoir un coeur de « pauvre » pour l'entendre. Dieu parle par la « petite Marthe » et l'abbé Finet entend. Sans trop savoir immédiatement, il se rend compte que Dieu qui s'est incarné, qui s'est fait tout petit, se révèle pareillement dans la pensée et la prière d'une Marthe toute petite. Et il va se mettre en route.
Ce qui ressort beaucoup dans cette rencontre, c'est une spontanéité et une grande audace. L'accord que va donner le P. Finet, son oui à un appel pas forcément lisible du premier coup, fait découvrir quelqu'un capable de sortir de lui-même pour se laisser interpeller. Un homme attentif à ce que Dieu fait par une jeune personne malade toute orientée vers l'amour du Christ, souffrant avec Lui pour l'humanité.
Il est une deuxième
caractéristique de la personnalité du P. Finet qui
ressort de cette rencontre de 1936. Lorsqu'il a découvert
Marthe, avec le P. Faure qui l'a conduit chez elle, après
avoir entendu cet appel surprenant qu'elle lui adresse, il va
se confier à l'Eglise. Il en parle à son directeur
spirituel, puis au directeur diocésain de l'enseignement
catholique de qui il dépendait et enfin à son évêque
et à l'évêque de Valence dont Marthe était
diocésaine. Il fait le chemin de ceux qui ont un grand
sens de l'Eglise. Ce n'est qu'après qu'il se mettra en
route pour prêcher la première retraite à
Châteauneuf qui sera suivie de plusieurs centaines d'autres.
Il réalisera ainsi l'Oeuvre des Foyers de Charité.
Il aura su allier le sens de l'Eglise et la liberté d'entreprendre.
Affronté à des incompréhensions et des critiques,
son caractère volontaire et obéissant lui permettra
d'être un homme d'action que plus rien n'arrêtera.
Cette Oeuvre dont il avait reçu la charge dans la chambre
de Marthe, il la mènera à bien par l'implantation
de Foyers à travers le monde entier. Cela il le doit à
la rencontre de Marthe toute entière habitée par
le Seigneur et docile à l'Esprit Saint.
Ma première rencontre avec Marthe et le Père Finet en 1979
Arrivé depuis peu comme évêque du diocèse de Valence, j'avais entrepris la visite de tous les prêtres. Ce fut pour moi un temps fort de grâce et de dialogue. J'arrivai à Châteauneuf. Après avoir été accueilli par les prêtres de la paroisse, je « montais » au Foyer où le P. Finet m'attendait ainsi que les autres prêtres présents au Foyer. C'était en 1979. A cette époque il y avait quelques turbulences au Foyer mais je les ignorais. La rencontre avec le P. Finet fut longue. Il avait tellement de choses à dire à son nouvel évêque.
J'ai senti un prêtre passionné par son ministère de père du Foyer. Il m'expliqua que la première place dans cette aventure spirituelle revenait à Marthe. C'est avec elle et grâce à elle qu'il pouvait mettre en oeuvre avec énergie ce que le Seigneur lui avait demandé. C'était une nouvelle vie en Eglise qui allait rejoindre ce que le Concile révèlera quelques années plus tard.
Il me fit faire, le tour des Foyers du monde avec quelques anecdotes pour chacun. Il me montrait combien Marthe était présente dans les décisions à prendre et combien elle intervenait à bon escient pour chaque pays où se construisait un Foyer de lumière, de charité et d'amour. Avec la Vierge Marie que Marthe chérissait, elle était le pilier sur lequel on pouvait construire. Je fus impressionné d'entendre le Père Finet mettre Marthe au centre de ce qu'il était en train de faire, spécialement pour ce qui concernait ces nouvelles communautés qui se multipliaient.
J'ai compris ce jour-là, que la forte impulsion créatrice des Foyers était conçue et réalisée par le duo Marthe- P. Finet. Comment ne pas penser alors aux nombreuses créations ecclésiales faites en duo : Thérèse d'Avila et Jean de La Croix ; François de Sales et Jeanne de Chantal ; et on pourrait en citer bien d'autres. C'était là que se trouvait l'énergie extraordinaire du P. Finet.
Dans sa description des Foyers, le Père insista sur la place de Marie. Il avait cette expression qui m'est restée en mémoire : un Foyer c'est une communauté dans laquelle se trouve une Mère, la Vierge Marie, et un Père, qui vit une paternité pour toute la famille du Foyer.
Après avoir vu tous les autres prêtres du Foyer, je partais avec le P. Finet chez Marthe. Pendant ce court voyage j'appris encore beaucoup de « merveilles » de la vie de Marthe. Mais aussi de sa vie quotidienne, du fait qu'elle ne mangeait pas, qu'elle recevait beaucoup et qu'elle offrait toute sa vie. Qu'elle était visitée par des cardinaux, des évêques et des personnalités politiques et autres, mais surtout par les retraitants et les petits qui venaient lui parler et lui demander conseil. Qu'elle vivait tous les vendredis la Passion avec son Seigneur. Quelle formidable préparation à cette première rencontre de Marthe que j'allais faire ! Et je ne fus pas déçu.
Je ne raconterai pas ici cette rencontre. Elle fut pour moi, jeune évêque, une découverte dont je me souviens encore. J'avais demandé au P. Finet d'être présent une partie de la rencontre.
En revenant avec le P. Finet jusqu'au Foyer, je compris comment et pourquoi ce prêtre était si passionné pour faire réussir « l'Oeuvre des Foyers ». Il avait saisi, qu'il devait, comme premier Père de Foyer, être témoin de la Paternité de Dieu. Témoin dans les communautés, ou la famille des Foyers comme il aimait dire, mais aussi auprès de tous ceux et celles que le Seigneur envoyait pour faire retraite et qu'il enseignait, témoin dans les écoles. Il voulait aussi, à la demande de Marthe, faire oeuvre d'évangélisation en étant fidèle serviteur de l'Eglise Corps du Christ. C'est la prière et l'offrande de Marthe qui étaient une source par où s'écoulait la grâce de Dieu.
Après avoir prié ensemble, je le quittais convaincu que l'Esprit du Seigneur était à l'oeuvre dans le coeur de Marthe et du P. Finet. Je découvrais, sans encore bien les connaître, le travail de l'Esprit dans les Foyers.
Rencontre du P. Finet avec Jean Paul lI en 1986
Le 7 octobre 1986, Jean Paul
II faisait une visite pastorale dans la région Centre-Est
et se trouvait à Annecy. C'est là que se fit cette
rencontre du P. Finet avec le Pape. Le P. Finet était accompagné
du P. Wouters et du P. Pagnoux. J'ignorais sa présence
à Annecy. Mais la cérémonie terminée,
je vis le P. Finet de loin. Je m'approchais en me disant : quelle
belle occasion de lui faire rencontrer Jean Paul II. Je lui proposais
et il accepta avec une joie non dissimulée. Il fallait
arriver maintenant jusqu'au Pape qui prenait quelques instants
de repos. Je vins filialement vers lui et lui demandais s'il accepterait
de rencontrer le P. Finet. Il faut dire que nous avions plusieurs
fois parlé de Marthe qu'il connaissait. Je lui avais remis
aussi le premier livre sur Marthe de Raymond Peyret. Il accepta
immédiatement et sortit avec moi pour aller au-devant du
P. Finet.
Si je raconte cela, c'est parce que cette rencontre a une grande
signification dans la vie du P. Finet. C'était pour lui
comme une consécration. Il ne s'était donc pas trompé
en écoutant Marthe, puisque le Pape lui-même l'accueillait
comme « le directeur spirituel de Marthe » et le «
co-fondateur avec Marthe des Foyers ». Il accueillait par
lui Marthe dont il dit : « Marthe Robin participe à
la rédemption pour le monde d'aujourd'hui ». Enfin
il s'entend redire par le Pape qu'il a été le prêtre
le plus proche de Marthe. Je ne peux garantir l'exactitude mot
à mot des paroles du Pape, mais j'en ai gardé le
sens dans mon coeur. C'est pourquoi je dis que cette rencontre
éclaire toute la vie du P. Finet. Elle donne du relief
à une personnalité forte et exigeante pour elle-même.
Mais aussi elle fait apparaître un P. Finet tout donné
à l'Oeuvre que le Seigneur avait suggéré
à Marthe. Cela ne fait pas disparaître les traits
de caractère de celui que d'aucun trouvait parfois autoritaire
ou fier. Mais comment réussir une telle Oeuvre sans être
sûr de la mission reçue ?
Le P. Finet a sûrement
été celui qui a le mieux connu la Passion du Christ
à travers la passion de Marthe. Il a compris et aidé
Marthe à « participer à la Rédemption
» en l'encourageant dans les moments difficiles. Il a été
fortifié par la foi et la confiance de Marthe. Il a entendu
Marthe priant le Père : « Oui Père votre volonté
est aussi la mienne. Je ne saurai vivre autrement que dans l'amour
de Jésus. Souffrir sa passion et ses agonies pour être
rédemptrice avec Jésus, comme Jésus ».
Il s'est exposé au rayonnement de Marthe toute petite et
si grande qui pouvait dire : « Ma seule valeur, ma seule
beauté, c'est de rester toute petite, adorante et silencieuse,
à ma place voulue par Dieu ».
C'est ainsi qu'allait se terminer la vie terrestre du P. Finet
dans la prière, le silence et l'adoration.
En forme de conclusion
Marthe a tenu sa place dans
l'Eglise en transformant ce qu'elle avait à vivre en offrande
pour l'humanité. Le P. Finet a bien tenu sa place en mettant
en oeuvre ce que Marthe avait reçu de son Seigneur pour
le bien de l'Eglise.
Aujourd'hui les Foyers de lumière, d'amour et de charité
sont présents dans le monde entier. La présence
accueillante de ces communautés est un plus pour l'évangélisation
et la rencontre de Dieu. Elles tiennent leur place dans l'Eglise.
Rendons grâce à Dieu.
Le P. Finet fut un homme libre et d'une certaine manière un prophète. Il a pu vivre ces deux qualités sans heurts, grâce à la prière et aux conseils éclairés de Marthe. Il fut un homme autant d'action que de prière. Très marqué par le Concile Vatican II, il a su inscrire les Foyers dans la « nouvelle Pentecôte d'Amour » que Marthe a reçue de son Seigneur. Avec Marthe il a compris et mis en oeuvre une véritable reconnaissance des laïcs comme membres responsables dans l'Eglise et dans les Foyers. Le statut canonique des Foyers en ont fait des laïcs consacrés, rattachés au « Conseil Pontifical pour les Laïcs »
Il fut un « enseignant » pour qui « la vérité ne s'impose pas, mais se propose ». Pour qui aussi la famille des chrétiens « est chargée de dire la Bonne Nouvelle », d'où l'importance de ceux que Jean Paul II appellera les «laïcs fidèles du Christ ».
Marthe a offert sa vie. Son
offrande l'a conduite jusqu'à tout vivre dans la Passion
du Christ et à s'abandonner totalement.
Le P. Finet a créé, appelé, construit, pour
que la « famille » des Foyers puisse exister dans
l'unité et la paix au service de l'évangélisation.
Il aimait dire : « Un Foyer de Charité n'est pas
un couvent, n'est pas une prison, mais c'est une famille ».
Notre vocation dans les Foyers, disait-il à l'occasion
de retraites qu'il prêchait, « c'est de rejoindre
le silence de la Sainte Vierge, dans le fiat de l'obéissance
». Il prêchait aussi ce qu'il avait reconnu chez Marthe
: « Ce qui est essentiel dans la vie d'un chrétien,
c'est l'offrande ». (Alouette N°257- février
2010)
Comment mieux reconnaître
l'action du Père Finet qu'en rendant grâce pour les
Foyers de lumière, de charité et d'Amour qu'il a
si bien servis.
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Le
chrétien agit par rayonnement |
Père FINET
Quand Jésus donne le
Sermon sur la Montagne, il termine par ces mots :
"Celui qui écoute ce que j'ai dit et qui ne le
met pas en pratique, est un insensé qui construit sur le
sable". (Mt ch. 5). A la première tempête,
tout s'écroule. "Celui qui entend ce que j'ai dit
et qui "le met en pratique, est un fort qui construit sur
le roc" et ça tient ! ça résiste
aux tempêtes. Autrement dit : tout ce que vous avez appris
avant et pendant la retraite demande à passer dans la pratique
de votre vie. Cela ne doit pas rester seulement intellectuel,
car sinon cela s'écroulera.
C'est pour cela que, dans
le discours avant et après la Cène, Jésus
nous a dit : "Je suis la Voie, la Vérité
et la Vie", et comme ce sont trois substantifs qui sont
juxtaposés en araméen, sans adjectifs, je traduis
avec des adjectifs : Je suis la Route vivante et vraie !"
"Suivez-Moi ! ".
Jésus est la Vérité : Jésus-Lumière.
Nous avons eu l'occasion de Le rencontrer pendant la retraite.
Mais attention ! A quoi sert la lumière ? à éclairer
la route de notre vie. C'est pourquoi nous devons nous avancer
sur la route, les pas dans les pas de Jésus, à sa
suite dans la Lumière qu'Il nous a donnée pour être
vraiment vivants.
Jésus nous dit aussi
: "Je suis la Route, suivez-Moi ! "Et je vous
ferai remarquer que nous entrons dans une période où
la route atteint le monde entier. Elle atteint maintenant les
grands plateaux du Tibet, le centre de l'Orénoque ; elle
atteint le coeur de la grande forêt d'Afrique, elle atteint
enfin le pôle nord et le pôle sud.
La route atteint le monde entier par le macadam, le train, l'avion,
la télévision, etc... Donc si vraiment Jésus
est la Route - et c'est Lui qui est la vraie Route - et si ces
symboles nous conduisent jusqu'aux extrémités de
la terre - c'est donc avec le Christ, notre Route, la grande période
missionnaire ! Nous devons donc suivre Jésus dans la lumière
de son enseignement pour être des témoins et des
apôtres.
Jésus a dit aussi : "Imitez-moi !" Qu'est-ce que nous devons imiter du Christ ? Devons-nous chercher à mourir sur une croix ? Pas question ! ou à naître dans une étable? un peu tard ! Ce que nous devons imiter du Christ, c'est son esprit, car il y a un esprit du Christ. Celui-ci est dans l'esprit du Christ qui vit, évidemment, dans l'esprit filial pour le Père et fraternel pour ses frères. C'est pour cela que, pratiquement, il faut nous avancer sur la Route vivante et vraie dans l'amour filial pour notre Père et la charité fraternelle vis-à-vis de nos frères. Saint Paul n'a pas eu peur de dire qu'il fallait "nous revêtir du Christ" et de son esprit ! Celui-là n'est pas du Christ qui ne se revêt pas du Christ et de son esprit. C'est pour cela que Jésus n'avait pas peur d'appeler ses amis : ses disciples.
Alors qu'est-ce qu'un chrétien? D'abord un pratiquant ? D'abord un croyant ? D'abord un bien-pensant ? Non ! Un chrétien, c'est d'abord et en premier lieu celui qui a l'esprit du Christ ! On voit même des gens qui ne pratiquent pas et qui ont beaucoup plus l'esprit du Christ que d'autres qui pratiquent. Est-ce que pour autant nous devons négliger la pratique ? Non ! Nous devons suivre la pratique pour acquérir l'esprit, pour développer l'esprit. C'est essentiel ! Il s'agit de se pénétrer de l'esprit du Christ. C'est absolument essentiel.
Que doit donc être l'apostolat
d'un chrétien ? Le chrétien doit agir d'abord par
rayonnement. Le rayonnement de l'esprit du Christ à la
place de l'esprit du monde. Et c'est tellement vrai que Jésus
nous a donné beaucoup de leçons là-dessus.
Parce qu'on peut se demander aujourd'hui quel est l'esprit qui
va régner demain dans le monde : est-ce que ce sera l'esprit
mondain ou l'esprit du Christ ? Voilà notre mission : le
rayonnement d'un esprit dans le monde d'aujourd'hui.
Extraits d'un
enseignement
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Son
enseignement, porteur de la Nouvelle Pentecôte |
Il nous est impossible de parler du Père Finet sans parler de Marthe car leurs vocations sont intimement liées et complémentaires. Nous ne voyions d'abord le Père qu'à travers l'insondable vocation de Marthe mais nous comprenions vite, par ce qui émanait de lui, que Dieu l'avait choisi à cause de son charisme exceptionnel, capable d'assumer l'immense responsabilité d'être le père spirituel de Marthe.
C'est principalement comme retraitant que nous avons pu apprécier l'enseignement et le rayonnement du Père. Il s'inscrivait totalement dans la vision de l'Église. Une Église qu'il respectait, qu'il aimait et qu'il nous faisait aimer. Il était très incarné, de son temps, ouvert au renouveau et simultanément comme projeté dans l'avenir de l'Église. Il nous parlait beaucoup de la Sainte Trinité et de l'action de l'Esprit Saint. C'était assez nouveau pour nous. Son enseignement, si fortement ancré dans le présent, était déjà porteur des valeurs et des fruits de la Nouvelle Pentecôte d'Amour dont il parlait avant même que le Concile Vatican II ne l'annonce. Nous trouvons d'ailleurs dans les textes de Vatican II et les écrits des Papes qui les ont commentés et éclairés, les principaux thèmes présentés dans ses retraites fondamentales.
Le Père Finet était un prêtre dans l'Église. Il était conscient du rôle que les laïcs y auraient à jouer de plus en plus par l'exercice de leur sacerdoce royal. Il insistait sur le fait que la sainteté doit être l'état normal du chrétien. Que nous sommes des sauvés. Que Dieu nous a aimés le premier et que notre vocation est d'être la réponse de l'amour créé à l'Amour incréé. En commentant la parabole de l'enfant prodigue, le père nous mettait en présence de l'amour inconditionnel de Dieu.
Le Père Finet et Marthe ont complètement changé notre vie. Toute notre vie en est éclairée : notre vie de ménage, nos enfants, nos petits enfants, nos vies professionnelles et ce que nous avons pu réaliser dans la société, tout porte le sceau de nos retraites. Nous avons essayé de vivre ce que nous avons reçu. C'est ce que le Père Finet nous invitait à faire.
Les retraites auxquelles nous participions et que nous suivions silencieusement se terminaient dans une explosion de joie. Nous avons essayé de transposer ces réalités dans nos vies.
De tout coeur, merci au Ciel, merci à Marthe, merci au Père Finet.
Denis et Denise DUQUETTE
- Canada