Notre mission essentielle :
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La retraite fondamentale |
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Chers amis, Nous apprécions vivement l'excellent travail spirituel accompli en chacune de vos maisons, grâce aux retraites exigeantes que vous offrez aux divers membres du peuple de Dieu. Malgré tant d'autres signes négatifs, nombre de nos contemporains manifestent aujourd'hui une faim de la Parole de Dieu et de la prière. Nous félicitons chaleureusement les responsables de donner un enseignement doctrinal et spirituel authentique, dans un climat de silence, de charité, de dévotion mariale, qui ouvre les âmes à la conversion, approfondit leur vie avec Dieu, les provoque à l'apostolat.
Puissent tous les retraitants de vos Foyers de Charité contribuer au renouveau spirituel des communautés chrétiennes où ils sont appelés à s'insérer ! De tout coeur, nous bénissons tous ceux qui consacrent leur vie à l'animation des Foyers et ceux qui viennent y chercher un supplément d'âme.
De nombreux retraitants tout au long de l'année.
Ils sont un peu plus de 2500 par an à venir pour une retraite d'une semaine à Châteauneuf. D'autres retraites identiques ont lieu dans plus de 70 Foyers de Charité dans le monde, et tous reconnaissent dans ces retraites un cadeau de Dieu qui passe par la prière de Marthe Robin.
Ces retraitants sont de toutes origines géographiques : voisins, de l'autre bout de la France, et du monde tout entier.
Ce qui caractérise ces retraites, c'est l'enseignement des bases les plus solides et les plus ouvertes de la foi et de la vie chrétienne. Depuis les débuts, en 1936, ces retraites de 5 jours se font en silence : les retraitants en découvrent peu à peu l'immense bienfait. L'enseignement est donné par un prêtre, en général le père du Foyer, mais c'est toute la communauté, y compris les plus âgés, qui porte les retraitants devant Dieu par l'accueil, le travail et l'offrande de chaque instant.
Témoignage de Mgr Guy Thomazeau, Evêque de Beauvais, Noyon et Senlis, prédicateur de retraite, dans la Revue des Foyers de Charité : "L'Alouette" Décembre 1997
"A chaque retraite, ce dernier été encore, j'observe l'étonnant paysage que représentent les participants, de 17 ans à plus de 80 ans, avec tous les états de vie mélangés, une petite Eglise. Certains viennent la joie au coeur pour rendre grâce, d'autres réfléchissent à une décision grave à prendre, certains portent des épreuves secrètes ou connues. Il y a toujours quelques prêtres et religieuses, et aujourd'hui des diacres. Ensemble, ils font route cinq jours et six nuits, solidaires dans l'aventure de se livrer à l'expérience de la présence de Dieu, dans le creuset du silence".
Au fil des années, les Foyers répondent à de nouveaux appels : tout en restant fidèles à l'esprit des origines, ils organisent d'autres formes de retraites.
Nous en revenons fortifiés
Cette retraite
m'aura redonné le goût de la Parole, Parole de confiance
et d'espérance. J'ai compris toute la profondeur de l'adoration
nocturne. Quand on est dévoré par la vie active,
seule une retraite permet une telle intimité avec le Seigneur
et nous en revenons fortifiés, dans la joie. C'est tout
simple et pourtant si grand.
Une retraitante
A travers les enseignements, beaucoup de choses s'éclaircissent
Ce temps de
retraite m'a beaucoup apporté. En étant en retrait
de ce monde mouvementé dans lequel nous vivons, cela m'a
permis un temps de pause, de réflexion dans la lumière
du Christ, temps précieux d'intimité avec Jésus,
où l'on arrive à faire un petit bilan sur sa vie
spirituelle. Et toujours guidée par la lumière du
Christ, à travers les enseignements, il y a beaucoup de
choses qui s'éclaircissent. Chaque jour est différent
malgré le silence maintenu de la retraite, et c'est vraiment
dans le silence que l'on peut être à l'écoute,
et ouvrir réellement son coeur a Jésus, et c'est
à partir de ce moment qu'il peut agir en nous.
Une jeune maman
Un réel réveil des grâces de notre baptême
Nous sommes
frappés de voir que la prière des frères
et soeurs de la communauté avec les enfants de l'école
nous aide à recevoir autant de grâces et que celles-ci
continuent à descendre sur nous au retour dans notre vie
quotidienne - un réel réveil des grâces de
notre Baptême - la force de continuer de prier et de mettre
Dieu à la première place dans notre vie.
Eliane
Une expérience très enrichissante
Le silence m'a permis de faire un vide intérieur, après toute une année passée pleine d'activités. Il oblige à se voir soi-même tel que l'on est, il nous aide à ne plus dresser de mur entre notre coeur et notre moi, en quelque sorte : « Jeter le masque ». Cette première étape incontournable nous aide à faire notre bilan intérieur et elle nous amène à un cheminement intérieur pour renaître dans la lumière de Jésus.
Le silence ne m'a pas empêchée de connaître les autres retraitants, nous sommes beaucoup plus attentifs aux sourires et aux regards qui sont le reflet de l'âme : nous voyons avec quoi chacun vient : peine, joie, fatigue, stress, recherche Cela nous rend plus solidaire, plus fraternel. Le silence nous permet aussi d'être plus transparent : les autres nous voient et nous connaissent plus en vérité, nous nous prenons tels que nous sommes, tels que Dieu a voulu que nous soyons.
Le silence m'a fait un bien énorme, on se sent plus serein et cela nous rapproche beaucoup de Dieu. La prière et le silence permettent d'être en communion spirituelle avec Dieu et avec les autres. C'est une expérience très enrichissante sur le plan spirituel et humain que je désire partager à d'autres jeunes pour leur donner envie de la vivre.
Héloïse
- 16 ans
Le pur silence est louange
Le silence est comme une porte qui ouvre sur l'invisible. Il révèle l'être derrière le paraître.
Le silence me rend attentif à ce qui se passe en moi et autour de moi. Il me conduit à l'essentiel, à la contemplation, à l'adoration. Il me fait pressentir le monde divin dans lequel j'ai la vie et l'être. Il m'ouvre à la présence de Dieu. Dieu était là et je ne le savais pas.
Le silence
me fait comprendre que mon coeur est fait pour plus grand que
le créé.
Il change mon regard, l'approfondit. Il embellit les yeux, il
fait transparaître la beauté de Dieu. Il m'entraîne
tout au fond de mon coeur, bien profond, là où règne
le Silence de Celui qui est tout Amour, toute Lumière et
toute Bonté.
Le silence est le langage de l'Esprit, la langue de Dieu. Le Silence de Dieu est cette lance acérée qui transperce ce qu'il y a de plus profond dans mon coeur.
Le silence des Béatitudes, le silence des pauvres, des petits, des sans-voix, de ceux qui n'ouvrent pas la bouche, qui sont conduits à l'abattoir, des persécutés à cause du Christ, Jésus, doux et humble de coeur, Jésus inlassable à faire le bien, dans un total effacement, une infinie discrétion. Lui qui ne froisse pas l'herbe sous ses pas, qui n'éteint pas la mèche qui fume.
Le silence d'amour, le silence par amour, pour l'amour, dans l'amour : Tu m'aimes, je t'aime, nous nous aimons, toi-moi, moi-toi, nous.
Le silence de vie, ce chant silencieux et incessant de la vie, cette activité intense et continue d'une vie débordante. Le silence me fait communier à la profusion fantastique de la vie.
Pour Toi, Seigneur, le pur silence est louange.
Yves
" Ta Parole me réveille chaque matin. Chaque matin elle me réveille "
Ta Parole me nourrit, Seigneur. Elle me nourrit, parce qu'elle est profonde, consistante. Elle me nourrit et j'ai faim d'elle.
"
Déjà vous êtes purs grâce à la
Parole que je vous ai fait entendre. " (Jn 15,3)
J'ai faim d'elle et j'en ai besoin. Ta Parole purifie. Elle est
agissante. Elle est plus grande que nous. Elle ne surcharge pas
mais, dans sa pureté, traverse en profondeur notre être.
J'ai faim d'elle, parce que j'ai faim de Toi, Seigneur. Lire ta Parole, c'est déjà une forme de communion avec Toi, parce que c'est Toi qui nous parle. En même temps, elle Te révèle à nous, nous permet de Te connaître, en vérité, de devenir tes familiers. Elle touche tout homme.
J'ai faim d'elle, parce qu'elle est vraie et sobre et qu'en l'abordant il me semble parfois pénétrer dans un désert ... Le désert n'est-il pas le lieu de l'intimité avec Toi ? Le lieu où, libéré de tout ce qui nous détourne de Toi, nous sommes doucement portés à nous appuyer sur Toi seul.
Donne-nous la foi, Seigneur, que nous puissions vivre de ta Parole. Donne-nous d'être, à travers elle, en communion avec tous nos frères qui s'en nourrissent.
Dans la grâce et l'élan de son engagement au Foyer de Châteauneuf, Patrick Berger a accepté de nous confier son témoignage de vocation et de nous exprimer combien aujourd'hui, comme laïc dans la famille du Foyer, il se sait d'Eglise selon l'esprit du Concile Vatican II.
« Moi,
le Seigneur, en temps voulu,
j'agirai vite. » Is 60,22
Quand je faisais mes études à Lille, je ressentais ce décalage entre mes faibles connaissances de la foi et la solide formation profane que je recevais : j'avais soif d'une formation chrétienne sérieuse. J'avais commencé depuis un an à lire la Bible tout seul. Je me mis alors à lire les textes du Concile Vatican II - pour le sérieux j'étais servi - et je continuai avec quelques livres achetés d'occasion à l'Institut Catholique. Ma foi devenait personnelle et allait bientôt trouver tout son contenu dans celle de l'Eglise. Les vies de saints achevèrent de préparer mon coeur et de me conduire à la prière.
Jusque-là, je connaissais la prière communautaire de la messe, mais je n'étais jamais entré dans la prière intime. Dans le silence, seul, à genoux, sans artifice, on s'adresse à Dieu comme à une personne, une personne d'abord inconnue, tout autre, mais capable d'écouter et de répondre : "Seigneur, si tu existes, manifeste-toi à moi." Merci, mon Dieu, pour ces chapelles où j'ai pu balbutier mes premières prières du coeur ! et continuer.
Ensuite, avec quelques amis, il y eut la découverte du chapelet - nous avions décidé de le dire ensemble une fois par semaine -, j'étais d'abord hésitant, mais en un mois tout était fait : Marie était vraiment entrée dans ma vie - "et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui." Avec Marie, je découvrais aussi Saint Louis-Marie Grignion de Montfort dont l'enseignement et la consécration devaient orienter toute la suite de mon cheminement.
Peu après, je retrouvai le chemin de la confession. Bientôt mon coeur fut prêt à accueillir l'appel du Seigneur : appel clair et constant mais dont je ne devais trouver le véritable point d'ancrage que dix ans plus tard
Je poursuivis mes études à Toulouse où j'eus la grâce de faire partie d'un très beau groupe de prière et de formation chrétienne. Vint ensuite le temps du service militaire, acquitté avec zèle. Puis j'entrai au séminaire. Durant ces cinq années de bonne formation à Ars, une question revenait : comment pourrai-je demain, comme prêtre, enseigner et vivre le mystère du Christ alors que je ne comprends encore rien à la Croix ? Je voudrais qu'on me laisse le temps de devenir chrétien.
J'allais entrer en dernière année, je sentais bien que je ne pouvais pas continuer vers le sacerdoce : je devais prendre une décision, mais je ne voyais pas du tout laquelle. Le 4 août, un ami me dît, plein d'assurance, qu'il fallait absolument que j'aille faire une retraite au Foyer de Charité de Châteauneuf C'était l'ultime chance, je n'avais rien à perdre, je fis le pas.
Le lundi soir, venant d'entrer dans ma chambre de retraitant, je feuillette le numéro spécial de l'Alouette qui présente le Foyer. Formation chrétienne des adultes, silence et prière, Marie, le chapelet, Grignion de Montfort, le service humble dans un esprit familial, les Ecoles et finalement, en Marthe, une parole vivante sur le mystère de la Croix : tout correspond à mes aspirations intérieures et à mes attentes. Je comprends, je n'ai plus à hésiter.
Le 15 août, je rencontre le Père Michon : on a justement besoin d'un homme à l'Ecole de garçons de St Bonnet. Juste le temps de régler mes affaires et de prévenir mes parents, et dix jours plus tard j'arrive à St Bonnet, dans les préparatifs de la rentrée scolaire. Depuis, je repense souvent à cette parole d'Isaïe, reçue à mon dernier anniversaire au séminaire : « Moi, le Seigneur, en temps voulu, j'agirai vite. »
L'Eglise, mystère de communion missionnaire.
Le 7 décembre 2002, au milieu des élèves qui finissaient leur petite retraite annuelle par la messe solennelle de l'Immaculée Conception, je fis mon engagement dans l'Oeuvre du Foyer. Je ne voulais pas que cet acte qui officialisait mon entrée dans le Foyer fût célébré en l'absence des élèves. Nous sommes une communauté de prière et de travail ; or, dans les Ecoles, notre prière et notre travail se réalisent avec et pour les élèves. Ce 'oui' de consécration dans le Foyer, je ne le voyais pas autrement que dans la continuité - et comme un couronnement - de ces quatre années que je venais de passer au milieu des jeunes.
Cet engagement dans l'action me fait penser à ces belles Annonciations du Bienheureux Fra Angelico où, derrière la Sainte Vierge recueillie qui dit son 'Fiat', il y a une porte ouverte : la Visitation est le rayonnement immédiat de l'Annonciation, l'appel de Dieu nous dispose toujours au service. Aussi, je demande pardon à ceux qui ne m'ont pas vu à la sortie de la messe, mais il fallait bien que je m'occupe d'abord des élèves ; n'était-ce pas justement le sens de l'engagement que je venais de faire publiquement ? Ensuite, assuré que le départ des élèves s'était bien passé, je suis monté retrouver les invités et la famille. C'est simple la vie au Foyer - et la vie chrétienne en général -, on fait d'abord ce qu'on a à faire et le reste suit.
Beaucoup m'avaient assuré de leur prière à l'occasion de cet événement. Je les remercie de tout coeur. Nous avons effectivement pu vivre un temps de grâce, particulièrement en goûtant à cet esprit de famille si essentiel au Foyer et auquel nous avons tous étés si sensibles.
Cette communauté de prière et d'action, cette famille avec le Père du Foyer, ce mystère de communion dans le Christ et de communion au service d'une même mission, voilà le coeur du Foyer. Ce mystère de l'Eglise-Communion est au centre de tout l'enseignement du Concile*, et il est indissociable de l'efficacité missionnaire. C'est dans cette communion de prière, de travail et d'offrande de nous-même que nous réalisons notre vocation de baptisés et que nous sommes efficaces. Au Foyer, tout seul on ne peut rien faire de bien. Il faut sans cesse rechercher cette communion avec Dieu, et cette communion entre nous et avec le Père ; c'est alors que la grâce est donnée. De leur côté, le Père et le (la) responsable ont le souci de faire grandir, de permettre à chacun de prendre ses responsabilités à son niveau, de réaliser sa vocation. Voilà comment 'nous sommes d'Eglise' selon l'esprit du Concile Vatican II.
O Marie, Mère de l'Eglise et Mère du Foyer, tu es vraiment notre maman du Ciel qui nous donne cet Esprit de communion missionnaire ; je t'en prie, garde-nous fidèles, dans la prière et le service, à notre si belle vocationet puis, donne-nous encore beaucoup d'autres petits - ou grands - frères et surs.
Patrick BERGER, 'pauvre pèlerin que votre charité voulut bien recueillir'.
* cf. Christifideles laici n°18-19