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JMJ 2000 avec les Foyers de Charité |
Ce que Jean-Paul II a dit aux jeunes
Saint-Pierre
: Cérémonie d 'accueil
Tor Vergata : Veillée de prière avec le Saint-Père
Tor Vergata : Célébration eucharistique
Audience Générale du mercredi 23 Août 2OOO
Saint-Pierre:
Cérémonie d 'accueil et inauguration de la XV è
Journée mondiale d e la Jeunesse.
" Qui êtes-vous venus chercher ? "
Après la cérémonie d'accueil à Saint-Jean-de-Latran, le Pape Jean-Paul II s'est rendu à Saint-Pierre, où l'attendaient des centaines de milliers de jeunes. Au cours de la rencontre qui marquait l'ouverture officielle de la Journée mondiale de la Jeunesse en l'Année Sainte, le Saint-Père a prononcé un discours que nous publions ci-dessous:
" 1. Chers amis qui avez parcouru,
avec toutes sortes de moyens, tant de kilomètres pour venir
ici à Rome, aux tombeaux des Apôtres, permettez-moi
de commencer ma rencontre avec vous en vous posant une question:
qu'êtes-vous venus chercher ? Vous êtes ici pour célébrer
votre Jubilé, le Jubilé de l'Eglise jeune. Votre
voyage n'est pas un voyage quelconque: si vous vous êtes
mis en route, ce n'est pas seulement pour des motifs de distraction
ou de culture. Alors laissez-moi vous répéter ma
question: qu'êtes-vous venus chercher ? Ou mieux, qui êtes-vous
venus chercher ?
Il ne peut y avoir qu'une seule réponse: vous êtes
venus chercher Jésus-Christ ! Mais c'est Jésus-Christ
qui, le premier vient vous chercher. En effet, célébrer
le Jubilé n'a pas d'autre sens que de célébrer
et de rencontrer Jésus-Christ, le Verbe qui s'est fait
chair et qui est venu habiter parmi nous.
Les paroles du Prologue de saint Jean, qui viennent d'être
proclamées, sont en un sens sa " carte de présentation
". Elles nous invitent à fixer notre regard sur son
mystère. Ces paroles sont un message particulier adressé
à vous-mêmes, chers jeunes: " Au commencement
était le Verbe, et le Verbe était auprès
de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement
auprès de Dieu " ( Jn 1, 1-2 ).
En nous désignant le Verbe consubstantiel au Père,
le Verbe éternel engendré comme Dieu par Dieu, et
comme lumière, l' Evangéliste nous mène au
coeur de la vie divine, mais aussi à la source du monde:
ce Verbe se trouve en effet au commencement de toute la création:
" Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait
ne s'est fait sans lui " ( Jn 1, 3 ). Avant de devenir réalité,
tout le monde créé fut pensé par Dieu et
voulu par lui dans un dessein éternel d'amour. Si donc
nous observons le monde en profondeur, en nous laissant émerveiller
par la sagesse et par la beauté que Dieu y a prodiguées,
nous pouvons déjà trouver en lui un reflet du Verbe
que la révélation biblique nous dévoile en
plénitude dans le visage de Jésus de Nazareth. D'une
certaine manière, la création est une première
" révélation " de lui.
2. L'annonce du Prologue continue ainsi:
" En lui était la vie, et la vie était la
lumière des hommes; la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée
" ( Jn 1, 4-5 ). Pour l' Evangéliste, la vie est la
lumière, et la mort- l'opposé de la vie - constitue
les ténèbres. Par le Verbe, toute vie est née
sur la terre, et sans le Verbe, elle trouve son accomplissement
définitif.
En identifiant la vie à la lumière, Jean pense
également à cette vie particulière qui ne
consiste pas seulement dans les fonctions biologiques de l'organisme
humain mais qui est puisée dans la participation à
la vie même du Christ. L'Evangéliste dit: "
Le Verbe était la vraie lumière, qui éclaire
tout homme en venant dans le monde " ( Jn 1, 9 ). Cette illumination
a été accordée à l'humanité
la nuit de Bethléem, quand le Verbe éternel du Père
a pris corps de la Vierge Marie, s'est fait Homme et est né
dans ce monde. Depuis lors, tout homme qui participe par la foi
au mystère de cet événement fait dans une
certaine mesure l'expérience de cette illumination.
Le Christ lui-même, se présentant comme la lumière
du monde, dira un jour: " Pendant que vous avez la lumière,
croyez en la lumière: vous serez alors des hommes de lumière
" ( Jn 12, 36) . C'est une exhortation que les disciples
du Christ se transmettent de génération en génération,
cherchant à la mettre en pratique dans la vie de tous les
jours. En référence à cette exhortation ,
saint Paul écrira: " Vivez comme des fils de la lumière;
or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice
et vérité " (Ep 5, 8-9 ).
3. Le coeur du Prologue de Jean est
l'annonce que " le Verbe s'est fait chair, il a habité
parmi nous " ( 1, 14 ). Un peu avant, l'Evangéliste
avait déclaré: " Il est venu chez les siens,
et les siens ne l'ont pas reçu. Mais tous ceux qui l'ont
reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné
de pouvoir devenir enfants de Dieu " ( 1, 11-12 ). Chers
amis, êtes-vous parmi ceux qui ont reçu le Christ
? Votre présence ici est déjà une réponse.
Vous êtes venus à Rome, en ce Jubilé du deux
millième anniversaire de la naissance du Christ, pour recevoir
en vous la puissance de vie qui est en lui. Vous êtes venus
pour redécouvrir la vérité sur la création
et pour être à nouveau émerveillés
par la beauté et la richesse du monde créé.
Vous êtes venus pour renouveler en vous la conscience de
la dignité de l'homme, créé à l'image
et à la ressemblance de Dieu.
" Et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son
Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité
" ( Jn 1, 14 ). Un philosophe contemporain a souligné
l'importance de la mort dans la vie humaine, jusqu'à affirmer
que l'homme est " un être pour la mort ". Au
contraire, l'Evangile met en évidence que l'homme est un
être pour la vie. L'homme est appelé par Dieu à
participer à la vie divine. L'homme est un appelé
à la gloire.
Ces journées que vous passerez ensemble à Rome
dans le cadre des Journées mondiales des Jeunes devront
aider chacun d'entre vous à voir plus clairement la gloire
qui est propre au Fils de Dieu et à laquelle nous avons
été appelés en lui par le Père. C'est
pourquoi il faut que croisse et que s'affermisse votre foi dans
le Christ.
4. C'est de cette foi que je désire
témoigner devant vous, mes jeunes amis, sur le tombeau
de l'Apôtre Pierre, auquel le Seigneur a voulu que je succède
comme Evêque de Rome. Aujourd'hui, je désire avant
tout vous dire que je crois fermement dans le Christ Jésus
notre Seigneur. Oui, je crois, et je fais miennes les paroles
de l'Apôtre Paul: " Ma vie aujourd'hui dans la condition
humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé
et qui s'est livré pour moi " ( Ga 2, 2O ).
Je me rappelle que dès mon enfance, dans ma famille, j'ai
appris à prier Dieu et à me confier à lui.
Je me rappelle l'atmosphère de ma paroisse à Wadowice
et de celle de Saint-Stanislas Kostka, à Debniki à
Cracovie, dans lesquelles j'ai reçu la formation fondamentale
de la vie chrétienne. Par ailleurs, je ne peux pas oublier
l'expérience de la guerre ni les années de travail
en usine. La maturation définitive de ma vocation sacerdotale
a eu lieu dans la période de la seconde guerre mondiale,
pendant l'occupation de la Pologne. La tragédie de la guerre
a donné une coloration particulière au processus
de maturation de mon choix de vie. Dans ce contexte, une lumière
se manifestait de plus en plus clairement en moi: le Seigneur
veut que je devienne prêtre ! Je me souviens avec émotion
de ce moment de ma vie où, le matin du premier novembre
1946, j'ai reçu l'ordination sacerdotale.
Mon credo continue dans mon service actuel de l'Eglise. Lorsque,
le 16 octobre 1978, après l'élection au Siège
de Pierre, me fut adressée la demande: " Acceptes-tu
? ", j'ai répondu: " Obéissant, dans la
foi, au Christ, mon Seigneur, mettant ma confiance en la Mère
du Christ et de l'Eglise, et malgré les difficultés
si grandes, j'accepte " ( Cf. Encycl. Redemptor hominis,
n° 2 ) . Depuis lors, je m'efforce d'accomplir ma tâche
en puisant chaque jour lumière et force dans la foi qui
me lie au Christ.
Mais ma foi, comme celle de Pierre et comme celle de chacun de
vous, n'est pas seulement mon oeuvre, ma propre adhésion
à la vérité du Christ et de l'Eglise. Elle
est essentiellement et avant tout l'oeuvre de l'Esprit Saint,
le don de sa grâce. Le Seigneur me donne, comme il vous
donne, son Esprit pour nous faire dire " Je crois ",
se servant ensuite de nous pour témoigner de lui en tout
lieu de la terre.
5. Cher amis, pourquoi ai-je voulu,
dès le début de votre Jubilé, vous apporter
ce témoignage personnel ? Je l'ai fait pour montrer que
le chemin de la foi passe à travers tout ce que nous vivons.
Dieu agit dans l'histoire concrète et personnelle de chacun
de nous: à travers elle, parfois de manière vraiment
mystérieuse, se présente à nous le Verbe
" fait chair " venu habiter parmi nous.
Chers jeunes, garçons et filles, ne permettez pas que
le temps que le Seigneur vous donne s'écoule comme si tout
était un hasard. Saint Jean nous a dit que toute chose
a été faite dans le Christ. Croyez donc fermement
en lui. Il guide l'histoire des personnes comme celle de l'humanité.
Bien entendu, le Christ respecte notre liberté, mais dans
toutes les vicissitudes joyeuses ou amères de la vie, il
ne cesse de nous demander de croire en lui, de croire en sa Parole,
en la réalité de l'Eglise, en la vie éternelle.
Vous ne devez donc jamais penser qu'à ses yeux vous êtes
des inconnus, des numéros d'une foule anonyme. Chacun de
vous est précieux pour le Christ, chacun est connu personnellement,
est aimé tendrement, même quand il ne s'en rend pas
compte.
6. Chers amis, vous qui vous élancez
avec toute l'ardeur de votre jeunesse vers le troisième
millénaire, vivez intensément l'occasion que vous
offrent les Journées mondiales de la Jeunesse en cette
Eglise de Rome, qui est aujourd'hui plus que jamais votre Eglise.
Laissez-vous modeler par l'Esprit Saint. Faites l'expérience
de la prière, laissant l' Esprit parler à votre
coeur! Prier, cela veut dire consacrer un peu de son temps au
Christ, se confier à lui, rester à l'écoute
silencieuse de sa Parole, la faire résonner dans son coeur.
Ces jours-ci, comme si c'était une grande semaine de retraite,
réservez-vous des moments de silence, de prière,
de recueillement. Demandez à l'Esprit Saint d'éclairer
vos esprits, demandez-lui le don de la foi vive, qui donne pour
toujours un sens à votre vie en l'enracinant dans la personne
de Jésus, le Verbe fait chair.
Puisse la Vierge Marie, qui par l'Esprit Saint a donné
naissance au Christ, Marie Salus Populi Romani et Mère
de tous les peuples, et puissent les saints Pierre et Paul, ainsi
que tous les autres saints et martyrs de cette Eglise et de vos
Eglises, soutenir votre marche ! "
Tor Vergata : Veillée de prière avec le Saint-Père.
" C'est Jésus que vous cherchez quand vous rêvez de bonheur "
Dans la soirée du 19 août 2OOO, une veillée de prière a eu lieu à Tor Vergata, près de Rome, dans le cadre de la XV è Journée mondiale de la Jeunesse. Au cours de la soirée, le Saint-Père a adressé le discours suivant aux deux millions de jeunes venus de toutes les parties du monde:
1. " Et vous, que dites-vous
? Pour vous, qui suis-je ? " ( Mt 16, 15 ).
Chers jeunes, c'est avec grande joie que je vous retrouve de
nouveau à l'occasion de cette veillée de prières,
durant laquelle nous voulons nous mettre ensemble à l'écoute
du Christ, que nous sentons présent au milieu de nous.
C'est lui qui nous parle.
" Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? "
Jésus pose cette question à ses disciples, dans
les environs de Césarée de Philippe, Simon-Pierre
lui répond: " Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant
" ( Mt 16, 16 ). A son tour, le Maître lui adresse
ces paroles surprenantes: " Heureux es-tu, Simon fils de
Yonas: ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé
cela, mais mon Père qui est aux cieux " ( Mt 16, 17
).
Que signifie ce dialogue ? Pourquoi Jésus veut-il entendre
ce que les hommes pensent de lui ? Pourquoi veut-il savoir ce
que ses disciples pensent de lui ?
Jésus veut que les disciples se rendent compte de ce qui
est caché dans leurs esprits, et dans leurs coeurs et qu'ils
expriment leurs convictions. Mais en même temps il sait
que le jugement qu'ils porteront ne sera pas seulement leur jugement,
parce que s'y révélera ce que Dieu aura mis dans
leurs coeurs par la grâce de la foi.
Cet événement, près de Césarée
de Philippe, nous introduit en un certain sens dans " le
laboratoire de la foi ". Le mystère de la naissance
et de la maturation de la foi s'y révèle. Il y a
d'abord la grâce de la révélation: Dieu qui
se donne à l'homme d'une façon intime, inexprimable.
Il y a ensuite la demande d'une réponse à donner.
Enfin, il y a la réponse de l'homme, une réponse
qui devra désormais donner sens et forme à toute
sa vie.
Voilà ce qu'est la foi ! C'est la réponse de l'homme
raisonnable et libre à la parole du Dieu Vivant. Les questions
que pose le Christ, les réponses qui sont données
par les Apôtres, et à la fin par Simon-Pierre, constituent
comme une vérification de la maturité de la foi
de ceux qui sont les plus proches du Christ.
2. L'entretien près de Césarée
de Philippe a eu lieu avant Pâques, c'est à dire
avant la Passion et la Résurrection du Christ. Il faudrait
rappeler encore un autre événement, pendant lequel
le Christ, alors ressuscité, vérifiera la maturité
de la foi de ses Apôtres. Il s'agit de la rencontre avec
l'Apôtre Thomas. Il était le seul à ne pas
être présent lorsque, après la Résurrection,
le Christ vint pour la première fois au Cénacle.
Quand les autres disciples lui dirent qu'ils avaient vu le Seigneur,
il ne voulut pas le croire. Il disait: " Si je ne vois pas
dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt
à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son
côté, non, je ne croirai pas ! " ( Jn 2O, 25
). Huit jours après, les disciples se trouvaient de nouveau
réunis et Thomas était avec eux. Jésus vint,
toutes portes closes, et il salua les Apôtres en disant:
" La paix soit avec vous ! " ( Jn 2O, 26 ) et, tout
de suite après, il se tourna vers Thomas: " Avance
ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main, et mets-la dans
mon côté: cesse d'être incrédule, sois
croyant ! " ( Jn 2O, 27). Thomas lui répondit alors:
" Mon Seigneur et mon Dieu ! " ( Jn 2O, 28 ).
Le Cénacle de Jérusalem fut aussi pour les apôtres
une " sorte de laboratoire de la foi ". Toutefois, ce
qui s'y est passé avec Thomas va, en un sens, au-delà
de ce qui est arrivé près de Césarée
de Philippe. Au Cénacle, nous nous trouvons devant une
dialectique de la foi et de l'incrédulité plus radicale,
et, en même temps, devant une proclamation plus profonde
encore de la vérité sur le Christ. Il n'était
vraiment pas facile de croire que celui qu'on avait mis au tombeau
trois jours auparavant était de nouveau vivant.
Le divin Maître avait souvent annoncé qu'il ressusciterait
d'entre les morts et il avait souvent donné la preuve qu'il
était le Seigneur de la vie. Et pourtant l'expérience
de sa mort avait été si forte que tous avaient besoin
d'une rencontre directe avec lui pour croire à la résurrection:
Les Apôtres au Cénacle, les disciples sur la route
d'Emmaüs, les saintes femmes près du tombeau... Thomas
lui aussi, en avait besoin. Mais lorsque son incrédulité
eut fait l'expérience directe de la présence du
Christ, l'Apôtre qui doutait prononça ces mots dans
lesquels s'exprime le noyau le plus intime de la foi: S'il en
est ainsi, si Tu es vraiment vivant tout en ayant été
mis à mort, cela veut dire que tu es " mon Seigneur
et mon Dieu ".
Dans ce qui est arrivé à Thomas, " le laboratoire
de la foi " s'est enrichi d'un nouvel élément.
La révélation divine, la question du Christ et la
réponse de l'homme ont eu leur achèvement dans la
rencontre personnelle du disciple avec le Christ vivant, avec
le Ressuscité. Cette rencontre est devenue le début
d'une nouvelle relation entre l'homme et le Christ, une relation
où l'homme reconnaît existentiellement que le Christ
est Seigneur et Dieu; non seulement Seigneur et Dieu du monde
et de l'humanité, mais Seigneur et Dieu de mon existence
humaine concrète. Un jour, saint Paul écrira: "
La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans
ton coeur. Cette Parole, c'est le message de la foi que nous proclamons.
Donc, si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur,
si tu crois dans ton coeur que Dieu l'a ressuscité d'entre
les morts, alors tu seras sauvé " ( RM, 1O, 8-9 ).
3. Dans les lectures de la liturgie
d'aujourd'hui, nous trouvons décrits les éléments
dont se compose ce " laboratoire de la foi ", d'où
les Apôtres sortiront en hommes pleinement conscients de
la vérité en Jésus-Christ, vérité
qui allait modeler leur vie personnelle et celle de l'Eglise au
cours de l'histoire. Notre rencontre d'aujourd'hui à Rome,
chers jeunes, est aussi une sorte de " laboratoire de la
foi " pour vous, disciples d'aujourd'hui, pour ceux qui croient
au Christ au seuil du troisième millénaire.
Chacun de vous peut retrouver en lui-même la dialectique
des questions et des réponses que nous venons de souligner.
Chacun peut mesurer ses propres difficultés à croire
et aussi éprouver la tentation de l'incrédulité.
Mais en même temps il peut faire l'expérience d'une
maturation progressive dans la conscience et dans la conviction
de sa propre adhésion de foi. Toujours en effet, dans cet
admirable laboratoire de l'esprit humain, le laboratoire de la
foi, Dieu et l'homme se rencontrent l'un l'autre. Sans cesse,
le Christ Ressuscité entre dans le Cénacle de notre
vie et permet à chacun de faire l'expérience de
sa présence et de proclamer: Ô Christ, tu es "
mon Seigneur et mon Dieu ! "
Le Christ dit à Thomas: " Parce que tu m'as vu, tu
crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu " ( Jn 2O,
29 ). Tout être humain a en lui quelque chose de l'Apôtre
Thomas. Il est tenté par l'incrédulité et
pose les questions de fond: est-il vrai que Dieu existe ? Est-il
vrai que le monde a été créé par lui
? Est-il vrai que le Fils de Dieu s'est fait homme, est mort et
est ressuscité ? La réponse s'impose avec l'expérience
que la personne fait de sa présence. Il faut ouvrir ses
yeux et son coeur à la lumière de l'Esprit Saint.
Alors, les blessures ouvertes du Christ Ressuscité parleront
à chacun: " Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux
ceux qui croient sans avoir vu ".
4. Très chers jeunes, aujourd'hui
encore, croire en Jésus, suivre Jésus sur les pas
de Pierre, de Thomas, des premiers Apôtres et témoins,
exige de prendre position pour lui, et il n'est pas rare que ce
soit comme un nouveau martyre: le martyre de celui qui, aujourd'hui
comme hier, est appelé à aller à contre-courant
pour suivre le divin Maître, pour suivre " l'Agneau
partout où il va " ( Ap 14, 4). Ce n'est pas par hasard,
chers jeunes, que j'ai voulu que pendant l'Année Sainte
on fasse mémoire, près du Colisée, des témoins
de la foi du XX è siècle.
Il ne vous sera peut-être pas demandé de verser
votre sang, mais de garder la fidélité au Christ,
oui certainement ! Une fidélité à vivre dans
les situations quotidiennes: je pense aux fiancés et à
leur difficulté de vivre dans la pureté, au sein
du monde actuel, en attendant de se marier. Je pense aux jeunes
couples et aux épreuves auxquelles est exposé leur
engagement de fidélité réciproque. Je pense
aux relations entre amis et à la tentation de manquer de
loyauté qui peut s'insinuer entre eux.
Je pense aussi à ceux qui ont entrepris un chemin de consécration
particulière et aux efforts qu'ils doivent souvent affronter
pour persévérer dans le don de soi à Dieu
et à leurs frères. Je pense encore à ceux
qui veulent vivre des rapports de solidarité et d'amour
dans un monde où il ne semble y avoir d'autres valeurs
que la logique du profit et de l'intérêt personnel
ou de groupe.
Je pense encore à ceux qui oeuvrent pour la paix et qui
voient naître et se développer, dans les différentes
parties du monde, de nouveaux foyers de guerre; je pense à
ceux qui oeuvrent pour la liberté de l'homme et qui le
voient encore esclave de lui-même et des autres; je pense
à ceux qui luttent pour faire aimer et respecter la vie
humaine et qui doivent assister aux nombreuses atteintes portées
contre elle et contre le respect qu'on lui doit.
5. Chers jeunes, dans un tel monde,
est-il difficile de croire? En l'An 2OOO, est-il difficile de
croire ? Oui, c'est difficile ! On ne peut pas le nier. C'est
difficile mais avec l'aide de la grâce c'est possible, comme
Jésus l'expliqua à Pierre: " Ce n'est pas
la chair et le sang qui t'ont révélé cela,
mais mon Père qui est au cieux " ( Mt 16, 17 ).
Ce soir, je dois remettre l'Evangile et je le ferai. C'est le
don que le Pape vous fait en cette veillée inoubliable.
La parole qu'il contient est la parole de Jésus. Si vous
l'écoutez en silence, dans la prière, en vous faisant
aider par les sages conseils de vos prêtres et de vos éducateurs,
afin de la comprendre pour votre vie, vous rencontrerez le Christ
et vous le suivrez, engageant jour après jour votre vie
pour lui !
En réalité, c'est Jésus que vous cherchez
quand vous rêvez de bonheur; c'est lui qui vous attend quand
rien de ce que vous trouvez ne vous satisfait; c'est lui, la beauté
qui vous attire tellement; c'est lui qui vous provoque par la
soif de radicalité qui vous empêche de vous habituer
aux compromis; c'est lui qui vous pousse à faire tomber
les masques qui faussent la vie; c'est lui qui lit dans vos coeurs
les décisions les plus profondes que d'autres voudraient
étouffer. C'est Jésus qui suscite en vous le désir
de faire de votre vie quelque chose de grand, la volonté
de suivre un idéal, le refus de vous laisser envahir par
la médiocrité, le courage de vous engager avec humilité
et persévérance pour vous rendre meilleurs, pour
améliorer la société, en la rendant plus
humaine et plus fraternelle. C'est lui, le Christ !
Chers jeunes, face à cette noble tâche, vous n'êtes
pas seuls. Avec vous, il y a vos familles, vos communautés,
vos prêtres et vos éducateurs, il y a aussi tous
ceux, et ils sont nombreux, qui, de façon cachée,
ne se lassent pas d'aimer le Christ et de croire en lui. Dans
la lutte contre le péché, vous n'êtes pas
seuls: beaucoup luttent comme vous et triomphent avec la grâce
du Seigneur !
6. Chers amis, à l'aube du troisième millénaire,
je vois en vous " les sentinelles du matin " ( Cf. Is
21, 11-12 ). Au cours du siècle qui s'achève, des
jeunes comme vous étaient appelés, dans d'immenses
rassemblements, pour apprendre la haine, et ils étaient
envoyés pour se battre les uns contre les autres. Les différents
messianismes séculiers, qui ont tenté de se substituer
à l'espérance chrétienne, se sont révélés
ensuite de véritables enfers. Aujourd'hui, vous êtes
venus ici pour affirmer que, dans le nouveau siècle, vous
n'accepterez pas d'être des instruments de violence et de
destruction; que vous défendez la paix, en payant de votre
personne si nécessaire. Vous ne vous résignerez
pas à un monde où d'autres hommes meurent de faim,
restent analphabètes ou manquent de travail. Vous défendrez
la vie à tous les instants de son développement
ici-bas, vous vous efforcerez de toute votre énergie de
rendre cette terre toujours plus habitable pour tous.
Chers jeunes du siècle qui commence, en disant "
oui " au Christ, vous dites " oui " à chacun
de vos plus nobles idéaux. Je prie pour que le Christ règne
dans vos coeurs et dans l'humanité du nouveau siècle
et du nouveau millénaire. N'ayez pas peur de vous en remettre
à lui. Il vous guidera, il vous donnera la force de le
suivre chaque jour et en toute situation.
Que la Vierge Marie, qui toute sa vie a dit " oui "
à Dieu, que les saints Apôtres Pierre et Paul, et
que tous les saints et saintes qui, à travers les siècles,
ont marqué le cheminement de l'Eglise, vous aident toujours
dans ces bonnes dispositions !
A tous et à chacun, je donne affection ma Bénédiction
".
Aux termes de son discours, le Pape a ajouté:
" Je voudrais conclure mon discours, mon message, en vous
disant que j'ai tant attendu de pouvoir vous rencontrer, vous
voir, d'abord cette nuit, puis demain. Je vous remercie de ce
dialogue, rythmé par des cris et des applaudissements.
Merci pour ce dialogue. Grâce à votre initiative,
à votre intelligence, cela n'a pas été un
monologue, mais un véritable dialogue ".
Aux termes de la célébration,
le Pape a conclu:
" Il existe un proverbe polonais qui dit: " Kto z
kim przestaje, takim Sie staje ". Cela veut dire: "
Si tu vis avec les jeunes, tu deviendras jeune toi aussi ".
Ainsi , je repars rajeuni. Et je vous salue encore une fois tous,
en particulier ceux qui sont loin et qui ne voient rien. Mais
s'ils n'ont pas pu voir, ils ont certainement pu entendre ces
cris de joie. Ces cris ont frappé Rome et Rome ne l'oubliera
jamais ! ".
Tor Vergata : Célébration eucharistique de la XV è Journée mondiale de la jeunesse
" Le Christ nous aime ! "
" Vivez l'eucharistie en témoignant
de l'amour de Dieu pour les hommes "
Dans la matinée du dimanche 2O août 2OOO, le Pape Jean-Paul II a présidé à Tor Vergata une célébration eucharistique qui constituait le sommet de la XV è Journée mondiale de la Jeunesse, en présence de deux millions de jeunes provenant de 160 pays. 34 cardinaux, 6OO archevêques et évêques et plus de 6OOO prêtres ont concélébré la messe avec le Saint-Père. Au cours de la cérémonie, le Pape a prononcé l'homélie suivante:
1. " Seigneur, vers qui pourrions-nous
aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle " (
Jn 6, 68 ).
Chers jeunes et vous participants aux quinzièmes Journées
mondiales de la Jeunesse ! Ces paroles de Pierre, dans le dialogue
avec le Christ à la fin du discours sur " le pain
de vie ", nous touche personnellement. Ces jours-ci, nous
avons médité sur l'affirmation de Jean: "
Le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous "
( Jn 1, 14 ). L'évangéliste nous a reportés
au grand mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, le Fils
qui nous est donné par Marie " lorsque les temps
furent accomplis " ( Ga 4, 4 ).
En son nom, une fois encore je vous salue tous avec affection.
Je salue et remercie le Cardinal Ruini, mon vicaire-général
pour le Diocèse de Rome, Président de la Conférence
épiscopale italienne, pour les paroles qu'il a bien voulu
m'adresser au début de cette messe; je salue aussi le Cardinal
James Francis Stafford, Président du Conseil pontifical
pour les Laïcs, et les nombreux Cardinaux, Evêques
et prêtres réunis ici; je salue de même avec
déférence et gratitude Monsieur le Président
de la République et le chef du gouvernement italien, ainsi
que toutes les autres Autorités civiles et religieuses
qui nous honorent de leur présence.
2. Très chers jeunes, nous sommes
arrivés au sommet des Journées mondiales de la Jeunesse.
Hier soir, nous avons confirmé notre foi en Jésus-Christ,
le Fils de Dieu que le Père a envoyé, comme nous
l'a rappelé la première lecture d'aujourd'hui, pour
" porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux
qui ont le coeur brisé, annoncé aux prisonniers
la délivrance et aux captifs la liberté...consoler
tous ceux qui pleurent " ( Is 61, 1-2 ).
Par la célébration eucharistique d'aujourd'hui,
Jésus nous introduit dans la connaissance d'un aspect particulier
de son mystère. Nous avons écouté dans l'Evangile
un passage du discours qu'il a prononcé dans la synagogue
de Capharnaüm, après le miracle de la multiplication
des pains. Dans ce discours, le Christ se révèle
comme le vrai pain de la vie, le pain descendu du ciel pour donner
la vie au monde ( Cf. Jn 6, 51 ). C'est un discours que les auditeurs
ne comprennent pas. La perspective dans laquelle ils se situent
est trop matérielle pour pouvoir saisir la véritable
intention du Christ. Ils raisonnent dans une perspective charnelle,
qui " n'est capable de rien " ( Jn 6, 63 ). Jésus,
au contraire, ouvre son discours sur les horizons sans limites
de l'esprit: " Les paroles que je vous ai dites- insiste-t-il-
sont esprit et elles sont vie " ( idib. ).
Mais les auditeurs y sont insensibles: " Ce qu'il dit est
intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter
! " (Jn 6, 6O ). Ils s'estiment personnes de bon sens, avec
les pieds sur terre. C'est pourquoi ils hochent la tête
et, tout en grommelant, ils s'en vont les uns après les
autres. La foule au début se réduit progressivement.
A la fin, il reste seulement le petit groupe restreint des disciples
les plus fidèles. Mais sur " le pain de la vie ",
Jésus n'est pas disposé à transiger. Il est
plutôt prêt à s'exposer à l'abandon
même des plus intimes: " Voulez-vous partir, vous
aussi ? " ( Jn 6, 67 ).
3. " Vous aussi ? " La question
du Christ enjambe les siècles et parvient jusqu'à
nous, elle nous interpelle personnellement et sollicite une décision.
Quelle est notre réponse ? Chers jeunes, si nous sommes
ici aujourd'hui, c'est parce que nous nous reconnaissons dans
l'affirmation de l'Apôtre Pierre: " Seigneur, vers
qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle
" ( Jn 6, 68 ).
Des paroles, il en résonne beaucoup autour de nous, mais
seul le Christ a des paroles qui résistent à l'usure
du temps et qui demeurent pour l'éternité. La période
actuelle de votre vie vous impose des choix décisifs: la
spécialisation dans les études, l'orientation dans
le travail, l'engagement même à assumer dans la société
et l'Eglise. Il est important de se rendre compte que, parmi les
nombreuses questions qui se présentent à notre esprit,
celles qui sont décisives ne concernent pas le " quoi
". La question de fond est " qui ": vers "
qui " aller, " qui " suivre, " à qui
" confier sa vie.
Vous pensez à votre choix affectif, et j'imagine que vous
êtes bien d'accord: ce qui compte vraiment dans la vie c'est
la personne avec laquelle on décide de la partager. Mais
attention ! Toute personne humaine est inévitablement limitée:
même dans le mariage le plus réussi, on ne peut pas
ne pas prendre en compte une certaine dose de déception.
Eh bien, chers amis, n'y a-t-il pas en cela la confirmation de
ce que nous avons entendu de l'Apôtre Pierre ? Tout être
humain en vient tôt ou tard à s'écrier avec
lui: " Vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles
de la vie éternelle ". Seul Jésus de Nazareth,
le Fils de Dieu et le Fils de Marie, le Verbe éternel du
Père né il y a deux mille ans à Bethléem
de Juda, est en mesure de satisfaire les aspirations les plus
profondes du coeur humain.
Dans la question de Pierre: " Vers qui pourrions-nous aller
? " , il y a déjà la réponse concernant
le chemin à parcourir. c'est le chemin qui conduit au Christ.
Et le divin Maître peut-être rejoint personnellement:
en effet, il est présent sur l'autel dans la réalité
de son corps et de son sang. Dans le sacrifice eucharistique,
nous pouvons entrer en contact, de façon mystérieuse
mais réelle, avec sa personne, puisant à la source
inépuisable de sa vie de Ressuscité.
4. Telle est la merveilleuse vérité,
chers amis: le Verbe, qui s'est fait chair il y a deux mille ans,
est présent aujourd'hui dans l'Eucharistie. C'est pourquoi
l'année du grand Jubilé, au cours de laquelle nous
célébrons le mystère de l'Incarnation, ne
pouvait pas ne pas être aussi une année " intensément
eucharistique " ( Cf. Lettre apostolique Tertio millennio
adveniente, n° 55 ).
L'Eucharistie est le sacrement de la présence du Christ
qui se donne à nous parce qu'il nous aime. Il aime chacun
de nous de façon personnelle et unique dans la vie concrète
de chaque jour: dans la famille, parmi les amis, dans les études
et au travail, dans le repos et dans les distractions. Il nous
aime quand il remplit de fraîcheur les journées de
notre existence et aussi quand, à l'heure de la souffrance,
il permet que l'épreuve s'abatte sur nous: en effet, même
à travers les épreuves les plus dures, il nous fait
entendre sa voix.
Oui, chers amis, le Christ nous aime et il nous aime toujours
! Il nous aime même lorsque nous le décevons, quand
nous ne correspond pas à ses attentes à notre égard.
Il ne nous ferme jamais les bras de sa miséricorde. Comment
ne pas être reconnaissant envers ce Dieu qui nous a rachetés
en allant jusqu'à la folie de la Croix ? Envers ce Dieu
qui s'est mis de notre côté et qui y est demeuré
jusqu'au bout ?
5. Célébrer l'Eucharistie
" en mangeant sa chair et en buvant son sang " signifie
accepter la logique de la Croix et du service. Cela signifie donc
témoigner de sa propre disponibilité à se
sacrifier pour les autres, comme il l'a fait lui-même.
Notre société a un immense besoin de ce témoignage,
les jeunes en ont besoin plus que jamais, eux qui sont souvent
tentés par les mirages d'une vie facile et confortable,
par la drogue et l'hédonisme, pour se trouver ensuite dans
la spirale du désespoir, du non-sens, de la violence. Il
est urgent de changer de route en direction du Christ, qui est
aussi la direction de la justice, de la solidarité, de
l'engagement pour une société et un avenir dignes
de l'homme.
Telle est notre Eucharistie, telle est la réponse que
le Christ attend de nous, de vous, les jeunes, en conclusion de
votre Jubilé. Jésus n'aime pas les demi-mesures,
et il n'hésite pas à nous bousculer avec sa question:
" Voulez-vous partir vous aussi ? " Avec Pierre, devant
le Christ, Pain de vie, nous aussi, aujourd'hui, nous voulons
redire: " Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as
les paroles de la vie éternelle " ( Jn 6, 68 ) .
6. Chers amis, en entrant dans vos
pays, mettez l'Eucharistie au centre de votre vie personnelle
et communautaire: aimez-la, adorez-la, célébrez-la,
surtout le dimanche, jour du Seigneur. Vivez l'Eucharistie en
témoignant de l'amour de Dieu pour les hommes.
Chers amis, je vous confie ce qui est le plus grand don que Dieu
nous ait fait, à nous pèlerins sur les routes du
temps, mais portant dans le coeur la soif de l'éternité.
Puissiez-vous avoir toujours dans chaque communauté, un
prêtre qui célèbre l' Eucharistie ! C'est
pourquoi je demande au Seigneur que fleurissent parmi vous de
nombreuses et saintes vocations au sacerdoce. L' Eglise a besoin
d'hommes qui célèbrent aujourd'hui, avec un coeur
pur, le sacrifice eucharistique. Le monde a besoin de ne pas être
privé de la présence douce et libératrice
de Jésus vivant dans l' Eucharistie !
Soyez vous-mêmes des témoins fervents de la présence
du Christ sur nos autels. Que l'Eucharistie façonne votre
vie, la vie des familles que vous formerez ! Qu'elle oriente tous
vos choix de vie ! Que l'Eucharistie, présence vivante
et réelle de l'amour trinitaire de Dieu, vous inspire des
idéaux de solidarité et vous fasse vivre en communion
avec vos frères disséminés en tous lieux
de la planète !
Que la participation à l'Eucharistie, en particulier,
jaillisse une nouvelle floraison de vocations à la vie
religieuse, afin d'assurer dans l'Eglise la présence de
forces fraîches et généreuses pour la grande
tâche de la nouvelle évangélisation ! Si l'un
ou l'une de vous, chers garçons et filles, entend l'appel
du Seigneur à se donner totalement à lui pour l'aimer
" d'un coeur sans partage " ( Cf. 1 Co 7, 34 ), qu'il
ne se laisse pas arrêter par le doute ou par la peur ! Qu'il
dise avec courage son " oui " sans réserve, en
se confiant à Celui qui est fidèle en toutes ses
promesses ! N'a-t-il pas promis, à ceux qui ont tout laissé
pour lui, le centuple ici-bas et ensuite la vie éternelle
( Cf. Mc 10, 29-3O ) ?
7. Au terme de ces Journées
mondiales, en vous regardant, en regardant vos jeunes visages,
votre enthousiasme sincère, je veux exprimer, du fond du
coeur, un profond merci à Dieu pour le don de la jeunesse,
qui par vous demeure dans l'Eglise et dans le monde.
Merci à Dieu pour le chemin des Journées mondiales
de la Jeunesse ! Toutes les Journées mondiales: Rome, Buenos
Aires, Santiago de Compostelle, Czestochowa, Denver, Manille,
Paris et à nouveau Rome ! Merci à Dieu pour les
nombreux jeunes qui se sont engagés tout au long de ces
seize années ! Ce sont des jeunes qui maintenant, devenus
adultes, continuent à vivre dans la foi là où
ils habitent et ils travaillent. Je suis sûr que vous aussi,
chers amis, vous serez à la hauteur de ceux qui vous ont
précédés. Vous porterez l'annonce du Christ
dans le nouveau millénaire. En rentrant chez vous, ne vous
dispersez pas. Confirmez et approfondissez votre adhésion
à la communauté chrétienne à laquelle
vous appartenez. De Rome, de la ville de Pierre et de Paul, le
Pape vous accompagne avec affection et, paraphrasant une expression
de sainte Catherine de Sienne, il vous dit: " Si vous êtes
ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier
! " ( Cf. Lettre 368 ).
Je regarde avec confiance cette nouvelle humanité qui
se prépare par vous, je regarde cette Eglise sans cesse
rajeunie par l'Esprit du Christ et qui aujourd'hui se réjouit
de vos résolutions et de vos engagements. je regarde vers
l'avenir et je fais miennes les paroles d'une prière ancienne,
qui chante à la fois le don de Jésus, de l'Eucharistie
et de l' Eglise:
" Nous te rendons grâce, notre Père,
pour la vie et la connaissance
que tu nous as fait découvrir par Jésus, ton serviteur.
A Toi la gloire pour les siècles !
Comme ce pain rompu,
qui était dispersé sur les montagnes et sur les
collines,
a été rassemblé pour ne faire plus
qu'un ,
ainsi que ton Eglise soit rassemblée
des extrémités de la terre dans ton Royaume...
C'est Toi, Maître tout-puissant,
qui a créé l'univers,
pour la gloire de ton nom,
qui a donné aux hommes nourriture et boisson
pour qu'ils en jouissent,
afin qu'ils te rendent grâce.
Mais tu nous as gratifiés d'une nourriture
et d'une boisson spirituelles
et de la vie éternelle, par ton Serviteur...
A toi la gloire pour les siècles ! " ( Didachè
9, 3-4; 1O, 3-4) .
Amen.
Audience Générale du mercredi 23 Août 2OOO
Les J.M.I : Un évènement inoubliable
1. "
Rome a vécu, la semaine dernière, un événement
inoubliable: La Journée mondiale de la Jeunesse qui a suscité
chez tous une intense et profonde impression. Ce fut un pèlerinage
à l'enseigne de la joie, de la prière et de la réflexion.
Le premier sentiment qui me vient spontanément au coeur
est un remerciement sincère au Seigneur pour ce don, immense,
non seulement à cette ville et à l'Eglise qui est
en Italie, mais au monde entier. Je remercie tous ceux qui, de
diverses manières, ont collaboré à la réalisation
concrète de cette rencontre qui s'est déroulée
avec sérénité et dans le plus grand ordre.
A tous, du Conseil Pontifical pour les Laïcs, au Comité
Central du Jubilé, à la Conférence Episcopale
Italienne, au Diocèse de Rome, aux Autorités civiles
et administratives, aux forces de l'Ordre, aux Services Sanitaires,
à l'Université de Tor Vergata, aux diverses Organisations
de Volontaires, je renouvelle ma reconnaissance.
Ils sont venus chercher Jésus-christ
2. Je reviens naturellement sur cette
rencontre vraiment extraordinaire qui est allée au-delà
de toute attente et, je dirai, au-delà de toute expectative
humaine. Je désire très vivement redire ma joie
à ces garçons et à ces filles d'avoir pu
les accueillir, au soir de la fête de l'Assomption, sur
la place saint-Jean-de-Latran et sur la place saint-Pierre.
Je garde en moi l'émotion profonde avec laquelle j'ai
participé à Tor Vergata à la veillée
du samedi soir et présidé, le jour suivant, la célébration
eucharistique solennelle finale.
En survolant cet espace en hélicoptère, j'ai admiré
d'en-haut un spectacle unique et impressionnant: un énorme
tapais humain de gens en fête, heureux d'être ensemble.
Je ne pourrai jamais oublier l'enthousiasme de ces jeunes. J'aurai
voulu tous les embrasser et exprimer à chacun d'entre eux
l'affection qui me lie aux jeunes de notre temps à qui
le Seigneur confie une mission importante au service de la civilisation
de l'amour.
Que sont venus chercher ces jeunes, sinon Jésus-Christ
? Qu'est la Journée mondiale de la Jeunesse sinon une rencontre
personnelle et communautaire avec le Seigneur qui donne son véritable
sens à l'existence humaine ? En réalité,
c'est lui qui, le premier, les a cherchés et appelés
pour les conduire vers le salut et le bonheur. Et, à la
fin de la rencontre, c'est lui encore qui a confié aux
jeunes la mission singulière d'être ses témoins
partout sur la terre. Ces journées ont été
marquées par la découverte d'une présence
amie et fidèle, celle de Jésus-Christ dont nous
célébrons la naissance, il y a deux mille ans.
Leur mission: Incendier le monde de l'amour du Père !
3. Les jeunes, avec l'enthousiasme
typique de leur âge, ont répondu qu'ils entendent
suivre Jésus. Ils veulent le faire parce qu'ils se sentent
une partie vivante de l'Eglise. Ils veulent le faire en marchant
ensemble parce qu'ils se sentent le Peuple de Dieu en chemin.
Leur fragilité ne leur fait pas peur parce qu'ils comptent
sur l'amour et la miséricorde du Père céleste
qui les soutient dans la vie de chaque jour. Au-delà de
toute race et culture, ils se sentent des frères unis par
une même foi, une unique espérance, une même
mission: incendier le monde de l'amour de Dieu. Les jeunes ont
montré que leur exigence est une exigence de sens. Ils
cherchent des raisons d'espoir et ils ont faim d'authentiques
expériences spirituelles.
Puisse le message de la Journée mondiale de la Jeunesse
être accueilli et approfondi par tous ceux qui y ont part,
comme par ceux de leur âge qui en ont suivi les différentes
phases et manifestations à travers les journaux, la radio
et la télévision !
Il est nécessaire que le climat évangélique,
respiré en ces jours, ne se dissipe pas mais au contraire
il continue d'être le climat des communautés de jeunes
et des associations, des paroisses et des diocèses, en
particulier au cours de cette Année jubilaire qui invite
tous les croyants à rencontrer le Christ, mort et ressuscité
pour nous.
Je voudrais redire à tous ces jeunes: soyez fiers de la
mission que le Seigneur vous a confiée et accomplissez
la avec une humble et généreuse persévérance.
Que l'aide maternelle de Marie vous soutienne, elle qui a veillé
sur vous durant les jours du Jubilé. Le Christ et son Eglise
comptent sur vous ! "
Jean-Paul II.